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20/06/2015

Un trio sur l’arête de St-Eutrope

Pris par d'autres activités, j'ai laissé les clés de mon blog à l'ami Gibus, mon inséparable compagnon de randonnée, auteur de cette note et des photos qui l'illustrent.

A bientôt... 

************ 

 

st eutrope,roquendouire,genêts

Par une superbe météo, nous sommes partis à trois ; Marie, mon épouse, Pierrot , un ami suisse de longue date et moi, l’habituel Gibus du blog ! Notre objectif du jour est l’ascension de l’arête de St-Eutrope.

 

st eutrope,roquendouire,genêts

Dès le début de la montée notre sente serpente au travers des genêts en fleurs, dont le parfum intense et sucré nous enivre de ses arômes. Marie, seule femme, se met au rythme des enjambées masculines. 

 

 

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Mais très vite, des escaliers de pierres rendent son ascension plus pénible, car elle n’a pas l’entraînement de l’ami Pierrot qui randonne deux fois par semaine dans les alpes. 

 

 

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Vous pouvez observer des vrais mollets de vieux suisses, garantis IGP. L’ami Pierrot, originaire du jura Neuchâtelois, nous vente depuis des décennies la beauté de sa région et tout particulièrement le Creux du Van, site qu’il tient à nous faire découvrir. Mais nous craignons que cela ne reste un vœu pieux car les années passent et comme le commun des mortels nous n’allons pas en rajeunissant…

 

 

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On aperçoit la chapelle de St-Eutrope hautement perchée  et Marie qui escalade péniblement ce rude escalier. De tout temps, des hommes se sont retirés, sous prétexte de méditation religieuse, dans des sites difficilement accessibles où des femmes montaient pour se confesser et se repentir de leurs péchés  ou en commettre d’autres avec ces ermites en manque de relations humaines.

 

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 La chapelle ne possédant aucun bien de valeur,  l’église est ouverte à tous les gens de passage, chose rare à notre époque où le vandalisme n’a plus de limite. L’abri de l’ermite est utilisé comme refuge pour les randonneurs de passage les jours de gros temps. Il y a quelques hivers, Ulysse et moi sommes montés chargés de fagots de bois pour faire un feu le temps du pique-nique de notre petite équipe. (voir une note dans l’historique du blog).

 

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Une croix fixée sur un rocher dominant fait face à la grande croix située au sommet du mont Marcou que l’on voit à l’horizon.

 

 

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Même si l’on juge inutile l’installation  d’un lieu de culte dans un endroit aussi inaccessible, on ne peut rester indifférent devant l’effort inhumain accompli pour sa construction.

 

 

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Mais la chapelle n’est qu’une étape et nous ne sommes qu’au quart de l’ascension de notre arête. Très vite le sentier disparaît et se sont des blocs de rochers qu’il nous faut enjamber.

 

 

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 Ou d’étroits couloirs où il faut se faufiler. Mais Marie s’accroche aux pas de Pierrot pour ne pas perdre la trace.

 

 

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Marie qui dans sa jeunesses a bien appris son catéchisme et l’histoire de la Genèse se demande pourquoi le créateur a voulu des océans plats comme la ligne d’horizon et des montagnes aussi chaotiques que celle-ci.

 

 

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Cette randonnée étant particulièrement difficile, chaque passage escarpé franchi est une nouvelle victoire qui nous rapproche  du sommet.

 

 

 

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Une touffe d’œillets sur le bord de la sente nous inspirer une pensée pour notre ami Ulysse, le poète de l’équipe, qui à cette heure doit commencer à faire sauter les bouchons !! A ta santé, l’ami !!

 

 

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Pierrot, arrivé au col le premier, s’étonne en regardant à droite et à gauche, de ne point voir de mat orné d’un grand drapeau comme c’est la tradition sur tous les cols et sommets de Suisse.

 

 

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Au sortir de l’arête, Marie débouche sur le Plo des Brus avec le sourire retrouvé. La montée fût longue et difficile mais la joie de l’avoir vaincue fait oublier toute fatigue.

 

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C’est donc tout sourire que nous posons devant le cairn sommital. Mais la randonnée est loin d’être terminée car nous avons décidé de nous rendre au refuge de Caïssenols pour déjeuner.

 

 

 

st eutrope,roquendouire,genêts

Nous continuons notre chemin au travers d’une magnifique hêtraie, puis plus haut nous rejoignons la sapinière qui se dessine à l’horizon.

 

 

 

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A chaque fois que l’on passe au travers d’anciens hameaux, on ne peut s’empêcher de penser à la rude vie de ces gens d’antan et l’on oublie bien souvent  les  moments de bonheur que ses habitants ont vécu en ces temps ou l’entraide et le soutien entre voisins étaient la règle.

Imaginez ces habitations pleine de vie, les femmes travaillant en chantant, les jeunes filles, levées à l’aube, s’en allant après la traite matinale des chèvres mener le troupeau paître dans un proche pâturage. Alors que la rosée luit encore sur l’herbe tendre, elles se roulent en tenue d’Eve dans les prés humides pour conserver leur peau rose et douce., espérant sans doute que  des garçons y passeront en se rendant au bois ou aux champs accomplir leur ouvrage journalier, et alors je vous laisse deviner la suite….Que du bonheur en ce temps là ! Bon là je rêve un peu ….

 

 

st eutrope,roquendouire,genêts

C’est dans un autre hameau déserté depuis longtemps ; Caïssenols le haut, que nous faisons notre pause déjeuner. Le petit blanc bien frais est apprécié de tous après cet effort soutenu. Bravo à Marie qui a vaillamment suivi le rythme imposé, il faut dire qu’elle n’avait aucune amie à qui parler en chemin et a pu ainsi garder  tout son souffle pour l’effort.

 

 

 

st eutrope,roquendouire,genêts

Au retour, nous passons par le portail de Roquenduire entouré de genets en fleurs. Pour ma part, je n’ai d’or à offrir à Marie que ces genets fleuris, mais c’est un bonheur immense, car comme le chante l’ami Old Nut dans son disque Bidochon Dream, l’excès d’argent n’est pas source de bonheur !

 

 

 

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 Cette randonnée se termine selon notre tradition par un petit bain au pied du moulin de Nougairolle, dont les photos ne peuvent être publiées !!! et par la non moins traditionnelle bière bien fraîche !!!

 

Texte & Photos GIBUS  (  sauf photos 1840-42-46 Pierrot )

 

Si vous avez apprécié ma chanson  « Bidochon dream » sur le triste sort des ultra-riches, je vous invite à aller écouter sur Deezer (cliquez sur le nom pour accéder au site) )  la complainte de ce pauvre «Migrant boy » qui a trouvé refuge dans notre pays, ou celle de ce pauvre hère qui a eu le malheur de croiser le chemin de « Jennifer » ou encore de celui qui a eu la malencontreuse idée d’inviter « La trop belle fille du motel » à boire un verre . Vous pleurerez aussi sur le triste sort des oubliés de la "Star Ac" en écoutant "Mediadead" (Vous pouvez aussi les télécharger sur I-Tunes ou Amazon) N’hésitez pas à laisser un commentaire et à vous déclarer comme « fan » si vous aimez ! Merci d’avance !

        

Vous pouvez également vous tenir au courant de la parution de mes prochains albums en vous inscrivant sur ce nouveau blog Old Nut Zimbalam 

 

Ulysse

22/10/2014

Heures propices dans la montagne de Rosis (Reprise d'archive)

 

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C‘était un de ces jours de félicité dont on voudrait que jamais ils ne finissent et qui ravivent dans notre mémoire quelques vers du poème « le lac »  écrit par le grand Alphonse dans lesquels il s’épanche sur la fuite inexorable du temps :

 

 Ainsi, toujours poussés vers de nouveaux rivages,

Dans la nuit éternelle emportés sans retour,

Ne pourrons-nous jamais sur l'océan des âges

Jeter l'ancre un seul jour:

………

" Ô temps ! suspends ton vol, et vous, heures propices,

Suspendez votre cours :

Laissez-nous savourer les rapides délices

Des plus beaux de nos jours !

 

Oui vraiment, j’aurais aimé que ce jour là, où je suis parti avec des amis baguenauder sur la montagne de Rosis, le temps suspende son vol .

 

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Imaginez, tout d’abord, un chemin en pente douce couvert de feuilles mortes chuintant avec douceur sous nos pas, tandis que les dernières feuilles accrochées aux branches réfléchissent et diffusent les rayons couleur de miel d’un soleil automnal.

 

 

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Puis soudain de terribles grognements se font entendre qui nous clouent sur place et font se dresser nos cheveux sur la tête (sauf moi qui suis chauve, bien évidemment). De derrière un énorme châtaignier surgit alors le monstrueux sanglier qu’Héraclès (l’Hercule des romains), dans le cadre des travaux d’intérêt public auxquels il a été condamné pour avoir tué ses enfants (on était indulgent à l’époque), a piégé et ligoté sur les pentes de l’Erymanthe pour le ramener à Eurysthée, roi de Thyranthe. Ce fabuleux animal a dû profiter de l’inattention de ses gardes pour s’évader et se réfugier dans notre région où les chasseurs sont d’inoffensifs tartarins qui passent leur temps à banqueter et à courir après leurs chiens perdus. Mais le sanglier n’ayant pas oublié sa capture par Héraclès préfère, en nous voyant, prendre la poudre d’escampette, ce qui n’est pas pour nous déplaire.

 

 

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Pour nous remettre de nos frayeurs, nous restons quelques instants au pied de l’énorme châtaignier derrière lequel le sanglier s’était caché et celui-ci en profite pour nous ouvrir son cœur (aux sens propre et figuré comme l’illustre la photo !)  :

 « Bien malheureux nous sommes, moi et mon peuple, autrefois choyés par les hommes qui nous appelaient arbres à pain et se nourrissaient de nos fruits, ainsi que leur bétail. Mais aujourd’hui les humains nous ont abandonnés et délaissent nos délicieuses châtaignes pour s’empoisonner chez Maquedo. Faute de soins, le chancre et l’encre, deux terribles maladies, nous déciment et si vous n’y prenez garde notre espèce disparaîtra bientôt de la surface de la terre. Malheur alors à vous le jour où vos terres exploitées à outrance et saturées de pesticides seront devenues stériles, nous ne serons plus là pour nourrir vos ventres affamés »

Emus par sa confession, nous l’entourons de nos bras réunis et l’assurons de toute notre affection. Mais que peuvent faire quelques humains pour empêcher le monde d’aller au suicide quand nos dirigeants n’arrivent pas à s’entendre pour restreindre la boulimie dévastatrice de nos économies ?

Vraiment, un jour de félicité pour nous, vous étonnerez vous ! Après avoir été effrayé par un monstre et entendu la confession désespérée d’un vieux châtaignier, comment peut-on se réjouir !

 Le constat apparaît , en effet paradoxal, mais outre le ravissement que procure le spectacle de la nature, la plénitude de la vie ne s’éprouve-t-elle pas justement au travers d’ émotions comme la peur, la tristesse, la compassion, qui aiguisent notre sensibilité, ouvre notre esprit et nous permettent d’enrichir notre vision et compréhension du monde.

 

 

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La marche est, à cet égard,  une source intarissable  d’émerveillements et de méditations. Ainsi ces deux feuilles  quasi-mortes protégées des vents et qui s’accrochent encore quand toutes leur congénères sont tombées attirent notre attention. Nous aussi cherchons à retarder le plus longtemps possible l’heure fatale usant parfois d’artifices. Mais n’est ce pas le caractère éphémère de notre  existence qui lui donne du sens ?

 

 

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Nous approchons du col de la Serre de Majous ou pointe la dent minérale du Portail de Roquendouire. Les nuages poussés par le vent prennent garde à ne pas s’y accrocher.

 

 

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Nous parvenons enfin au col et laissons derrière nous « le portail » pour nous diriger vers le hameau en ruine de Caissenols. Nous mettons nos pas dans ceux de milliers d’hommes et de femmes qui ont emprunté ce chemin au cours des siècles le cœur lourd ou joyeux, l’esprit serein ou préoccupé. Quelque chose d’indicible subsiste de leur passage qui  tisse un fil invisible entre eux et nous.

 

 

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Vous qui  suivez fidèlement nos périples, vous avez sans aucun doute noté que j’ai une prédilection pour les cairns, ces mini phares de la montagne qui permettent en cas de neige ou de brouillard ou dans des zones essentiellement minérales de ne pas perdre le fil du chemin. Cette tradition doit remonter aux premiers temps de l’homme quand les chasseurs les édifiaient  dans une nature alors vierge pour retrouver le chemin de leur abri. Par ailleurs, le cairn a l’énorme avantage sur son substitut moderne, le GPS, de ne pas nécessiter de batterie  et d'être insensible aux intempéries !

 

 

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L’un de mes autres sujets de prédilection en matière de photographies sont les vieilles masures. Chacune d’elles est une leçon de vie qui illustre la détermination et le savoir faire des hommes qui les ont édifiées mais qui nous rappelle aussi que toute oeuvre humaine est éphémère et nous invite donc à jouir du moment qui passe. Et ne croyons pas, orgueilleux que nous sommes, que nos gratte-ciels de 800 mètres de haut échapperont à la destruction !

 

 

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N’oublions pas non plus de prêter attention aux arbres, les seuls êtres vivants  dont la beauté et la vigueur croissent en vieillissant. On les croit immobiles, mais ils sont engagés dans un lent voyage vers le ciel et la lumière qui leur fait prendre parfois d’extravagantes poses et leur donnent l’apparence d’étranges danseurs figés par un sortilège !

 

 

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Leur parure, qui l’été passé absorbait goulûment les rayons du soleil, est tombée à terre qu’elle recouvre d’un dais ocre dont la substance contribuera à la formation de nouvelles feuilles. La nature est bien faite qui pourvoit ainsi à leur nourriture alors que les animaux (dont nous sommes, et certains plus que d’autres !) grâce à leur mobilité peuvent aller en tous lieux la quérir. Mais cette mobilité n’est pas forcément un avantage si, comme le disait le vieux châtaigner, c’est pour aller chez Maquedo !

 

 

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Soudain le ciel s’obscurcit, un énorme nuage engloutit le soleil plus vite que mon petit fils Romain avale une fraise tagada. Un spectacle féerique s’ensuit qui nous laisse sans voix et mon mulot sans mots….D’ailleurs c’est aussi bien car les mots sont parfois incapables de décrire ce qui est …

 

 

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 Le nuage prend possession de la quasi totalité du ciel où ne subsiste plus qu’un halo de lumière dans lequel se dresse la  vigoureuse silhouette d’un vieux châtaignier. Jour de félicité, vous avais je annoncé ! Oui c’en était un, vraiment, si riche du spectacle constamment renouvelé de la nature et des traces que l’homme y a laissées du temps où ils vivaient tous deux en bonne entente. Alors viennent sur mes lèvres, de nouveau, ces quelques vers :

 

" Ô temps ! suspends ton vol, et vous, heures propices,

Suspendez votre cours :

Laissez-nous savourer les rapides délices

Des plus beaux de nos jours !

 

Et si vous avez envie d'un intermède musical je vous convie à vous rendre sur mon blog musical OLD NUT pour écouter ma nouvelle chanson "Les Doudous et les Blessures"

Cliquez :

ICI

Texte (sauf poème ) & photos Ulysse

 

05/01/2013

Jeux de (petites & grandes) guibolles pour aller à Caissenols

 

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Hello, nous  revoilà, Emilie et Romain, les petits parigots blanchots venus mettre un peu de vie, et accessoirement du bazar, dans la maison de nos « ancêtres »  qui se la coulent douce sur les rivages ensoleillés de la « grande bleue » pendant que nous on trime (oui, même à l’école primaire on trime !) sur les berges grisâtres de la Seine. Nous partons ce matin en randonnée avec papi et mamie et leurs inséparables amis Gibus et Marie ainsi que nos géniteurs, trop heureux de nous faire  marcher 15 kilomètres et gravir 500 mètres de dénivelé car ils pensent qu’avec ce régime ils auront enfin une soirée tranquille ! Comme vous pouvez le constater la météo n’est pas vraiment « méditerranéenne » car la tramontane souffle à 70 kilomètres heures et nous nous dirigeons vers les contreforts de la Montagne de Rosis à une heure où le soleil prend encore son petit déjeuner. Bon, je ne veux pas dire que l’on fait partie des enfants maltraités mais c’est tout juste !

 

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Fort heureusement, le sentier traverse d’anciennes châtaigneraies qui, bien que dépouillées de leurs feuilles, nous protègent du vent, ce qui fait que je retrouve très vite mon sourire et prend la tête du groupe. L’avantage des randos en montagne c’est que, mis à part les sangliers, les araignées et les serpents (phobies de fille !) on n’y fait pas comme à Paris de mauvaises rencontres et les parents,  nous lâchent un peu « les baskets », ce qui nous permet de nous émanciper.

 

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Dans la montée je devance le groupe à l’exception, bien évidemment de Gibus et de mon papi qui sont à moitié mouflons et sont déjà loin devant. Je suis  talonnée par mon « pater » qui a l’avantage d’avoir des jambes deux fois plus grandes que les miennes. A ce sujet j’aimerais élever une protestation car si l’article un de la déclaration des droits de l’homme et du citoyen proclame que «  Tous les Hommes naissent et demeurent libres et égaux en droits »  aucun n’article ne prévoit qu’ils doivent avoir aussi la même longueur de guibolles et ça c’est une profonde injustice. Je dois, en effet faire deux pas quand mon père en fait un alors que quand vient l’heure du dessert lui s’octroie deux parts quand je n’ai droit qu’à une. Où est la justice dans tout ça ?

 

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Parvenus au Portail de Roquendouire où mon papy vous a souvent emmenés, Romain et moi réclamons une pause. Ce n’est pas tant que l’on soit fatigués mais il y a généralement dans les sacs des anciens quelques friandises que l’on apprécie et nous faisons en quelque sorte du chantage. Où est passée l’innocence enfantine, vous direz vous, mais vu le monde que les adultes vont nous laisser on est en droit de ne pas faire de sentiment !

 

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Notre sentier traverse un torrent et je dois reconnaître que je manque un peu  d’audace pour le franchir sans sourciller. Mais Gibus en galant homme me donne quelques conseils qui me sortent d’embarras.

 

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Je dois admettre que Romain fait preuve d’une plus grande aisance dans cet exercice. Mais il est vrai que les garçons adorent marcher dans les flaques d’eau et n’ont pas peur de salir leurs godasses. Les gènes des garçons sont sans doute plus audacieux que ceux des filles mais les nôtres sont plus raffinés !

 

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Et puis il faut toujours que les garçons la ramènent et cherchent à faire la preuve de leur supériorité physique. Romain, qui va sur son septième printemps, n’échappe pas à la règle, il veut vous faire croire qu’il a soulevé l’arbre abattu pour aider papa à passer mais laissez moi vous dire que malgré tous ses efforts l’arbre n’a pas bougé d’un pouce !

 

IMG_2678.JPGNous arrivons enfin en vue de la « terre promise » il s’agit, en l’occurrence, du refuge de Caissenols le Haut où l’on a prévu de pique-niquer. Et je peux vous assurer que ce pique-nique là on l’attend depuis le début des vacances car il y a au menu des saucisses grillées au feu de bois ! Et ça c’est un plaisir qu‘aucune console de jeux ne peut nous apporter !

 

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En ce début du vingt et unième siècle où l’on peut  avoir des amis en Chine, au Mexique ou aux Iles marquises qu’on n’a jamais vus et les appeler du fond de son lit pour leur dire qu’il pleut à Paris ou qu’il fait chaud à Perpignan, ce dont ils se moquent royalement, c’est un bonheur incommensurable de manger des saucisses grillées avec des chips sur une table en bois bancale ornée de bougies, alors qu’un bon feu crépite dans la cheminée et vous enfume comme des jambons.

 

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En plus ce sont les seuls moments ou les adultes me laissent faire la cuisine. Bon, il est vrai que de faire cuire des saucisses ne demande pas une grande expertise, mais tout le monde ne s’en tire pas aussi bien que moi. Demandez par exemple à mon papi qui un jour s’est mélangé les pinceaux en ouvrant la grille à saucisses ce qui fait qu’elles se sont retrouvées par terre au milieu des crottes de souris. Imaginez ce que ses oreilles ont entendu ce jour là ! Il en rougit encore quand on lui rappelle son « exploit »  .

 

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Après ces agapes, Romain qui s’est gavé de chips et de merguez est moins vaillant pour traverser les torrents et il fait appel à SOS Gibus l’homme providence quand on est en montagne. Je suis certaine que si on se perdait il serait capable de nous construire un abri pour la nuit avec son couteau suisse !

 

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Le grand bonheur de randonner dans ce pays est de découvrir une nature sauvage sous un ciel si bleu que je ne savais pas que ça pouvait exister. A Paris quand vous levez le nez c’est pour apercevoir des nuages gris, des nuages gris et encore des nuages gris !


 

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L’hiver n’est pourtant pas la saison la plus propice pour se balader car la nature hiberne, mais on pressent une vitalité en attente qui ne demande qu’un peu de chaleur pour jaillir !

 

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Et puis quel magnifique panorama l’on découvre en approchant du portail de Roquendouire . Je Comprends que mon papi et Gibus adorent venir roder dans ce coin là .

 

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Nous nous engageons à regret sur le chemin qui doit nous ramener au village d’Andabres (commune de Rosis) d’où nous sommes partis et que l’on aperçoit en contrebas . On découvre en face le Marcou qui culmine à 1081 mètres et sur lequel mon papi m’a promis de m’emmener l’année de mes 12 ans. Cela fait trois ans à attendre et il  y a des jours où l’on est pressé de vieillir !

 

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En attendant, pour être à la hauteur de ce challenge, je vais m’entraîner dur et notamment m’habituer à me raccrocher aux branches parce que mon papi m’a prévenu que pour accéder au sommet du Marcou il y avait une pente si raide que si on ne se penche pas en avant le poids du sac vous fait basculer en arrière ! Bon, je pense qu’il doit, comme à son habitude, exagérer un peu !

 

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Nous approchons du village et nous allons devoir tirer notre révérence jusqu’aux prochaines vacances. J’avoue que je n’ai pas envie de rentrer sur Paris et je suis tentée de rester cachée dans ce vieux châtaignier, mais la perspective de passer la nuit avec des araignées et des souris qui rodent dans les parages me fait changer d’idée !

 

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Vous pouvez voir à la mine réjouie de mon frère que nous avons avalé les kilomètres et le dénivelé sans problème. Nos parents et grands parents qui pensaient pouvoir passer une soirée tranquille ne vont pas être déçus !!

 A la prochaine !

PS : Un grand merci à l'Association "Caissenols" qui a récemment restauré ce refuge, lieu idéal pour un séjour diurne ou nocturne dans la superbe montagne de Rosis. 

Cette association est à la recherche de vieilles photos de Caissenols et des environs pour illustrer un ouvrage en préparation. Merci de la contacter (en cliquant sur le nom ci-dessus) au cas où vous en auriez.

Texte Ulysse et Emilie & Photos Ulysse (sauf la dernière Sébastien)

 

08/10/2008

A travers la montagne de Rosis....(1ère partie)

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Ca y est, elle a fini par crever la bulle immobilière et financière nourrie par la cupidité des spéculateurs

et l'incompétence des dirigeants de banque (la plupart énarques en France) qui se sont fait embobiner par les petits

génies de la finance qui leur promettaient d'immenses profits sans risque aves leurs produits dits « dérivés » et leurs

« fameux » modèles mathématiques présentés comme des « martingales » infaillibles. Pourtant, le terme « dérivés »

aurait du leur mettre la puce à l'oreille, car dans dérivés il y a dérive, et aujourd'hui, ils le sont à la dérive et nous avec !

C'est la panique sur les marchés et des monceaux de ferraris et de porsches vont bientôt être à vendre à des pris

défiant toute concurrence.



Mais rassurez vous je ne vais pas pour autant troquer mes godasses de rando pour une ferrari, je suis certes

ringard mais pas à ce point ! D'ailleurs, il faut raison garder et sans doute se réjouir de de qui nous arrive. Les pays dits

développés qui se sont gavés de confiture (avant de connaître la déconfiture!) vont être obligés de se mettre au régime,

ce qui sera bon pour la planète !. Mais, soyons lucides, même au régime nous continuerons de vivre au « Paradis »

par rapport à la grande majorité des terriens qui ne disposent ni d'eau potable ni de moyen de chauffage

ni du minimum vital en matière d'alimentation. Pendant que les journaux occidentaux consacrent leurs unes

aux « bobos » de l'occident, l'Ethiopie connaît une terrible famine qui décime ses habitants, mais personne

n'en parle !



Mais je ne vais pas vous raser plus longtemps avec mes ratiocinations verbeuses vu que qu'entre les radios,

les télés et les journaux vous ne pouvez guère échapper aux commentaires des experts qui sortent du bois en

disant tous « je l'avais prévu » et qui vous assomment de leurs analyses oiseuses sur le pourquoi du comment

qui ne changeront rien à la situation. Car les belles théories économiques échafaudées depuis Adam Smith n'ont

jamais été capables de prévoir l'évolution des économies et des marchés, sinon les économistes seraient

tous milliardaires .



De fait aujourd'hui dans ce monde globalisé et financiarisé à outrance, notre sort dépend exclusivement

du comportement des individus cupides, veules, cyniques et pétauchards qui sont à l'origine du développement

des marchés financiers. La seule solution c'est effectivement d'affréter plusieurs Airbus A380 et de tous les y

faire monter pour les faire ensuite sauter sans les parachutes dorés qu'ils se sont octroyés sur le dos

des salariés et petits actionnaires.


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Bon je sais, on est loin de la montagne de Rosis, mais rassurez vous on en prend le chemin en suivant

ce sentier séculaire auquel les hommes du passé ont brodé un magnifique mur de pierres qui sera sans doute

encore débout quand toutes les institutions financières du monde auront été balayées.


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Dans le monde instable qui est le nôtre soumis au diktat du changement et de la nouveauté, la randonnée

est pour moi une source d'apaisement et de sérénité. Les murs de pierre, les arbres séculaires, tel ce hêtre

imposant croisé en chemin, plongent dans le passé et redonnent au temps une continuité disparue du monde

moderne où le temps est en miettes à l'instar de nos existences.


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L'altitude permet également d'élargir votre horizon et modifie la perspective que l'on a du monde.

L'espace et le ciel dont on est sevré dans les villes occupent votre champ de vision et donne de l'air à

vos idées qui se meuvent ainsi plus librement.


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De vieux ponts nostalgiques du crissement des charrois d'antan vibrent de plaisir lorsqu'on leur

caresse le dos de nos semelles vagabondes


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Et des masures squattées par les souris et les araignées offrent le trou noir de leurs ouvertures aux

promeneurs aventureux. Une appréhension me saisit toujours au moment d'en franchir le seuil : et si j'étais soudain

projeté dans le passé et ne pouvais plus revenir
?

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Le règne végétal vient parfois au secours de vieux murs affaiblis et leur tend une branche secourable

pour les aider à rester debout


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La montagne de Rosis recèle une curiosité géologique : le portail de Roquendouire qui est une trouée

dans une crête rocheuse dominant un col


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On ne sait si la trouée elle même a été creusée par les éléments ou faite autrefois par l'homme pour

permettre le passage des charrois


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Une fois passé le portail, on s'immerge dans un océan de genets où les générations successives des passants

ont tracé de multiples chemins qui, si l'on n'est pas vigilant, se transforment vite en labyrinthe.


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Puis on émerge sur un plateau ponctué de cairns, providence des randonneurs, et qui à cette

saison (nous étions en août) est couvert d'un tapis de bruyères en fleurs.


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Avouez que dans des endroits pareils on oublie les trous que les rats de la finance ont fait dans nos bas de laine !

A suivre....

PS: La montagne de Rosis domine le village de Saint Gervais sur Mare(34610) et peut être explorée en utilisant la carte IGN TOP 25 2543 OT

Texte & Photos Ulysse