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14/01/2010

Il fait un temps de caribou, allons sur le Caroux !

 

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Notre société se dit « développée », parce qu’elle recourt sans mesure aux technologies modernes et aux produits sophistiqués : moyens de transports mécaniques, électricité, télécommunications, informatique, papier toilette parfumé, faux ongles et faux seins ! Mais de fait, elle est surtout fragile.

En effet, que tombent 5 cm de neige et voilà les autoroutes bloquées, les aéroports fermés, les TGV en rade, les lignes électriques coupées et Nicolas énervé parce que les français, rois du monde des râleurs, mettent ça sur son compte. Il faut dire que lui qui se voyait en Roi Soleil est plutôt devenu un président « purée de poix ».

Mais il faudrait sans doute que l’on réapprenne à vivre avec les intempéries, vu que la Conférence de Copenhague a échoué et que l’on se dirige tout droit vers des perturbations atmosphériques qui mettront en péril notre survie.

 

 

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Avec mon ami Gibus on se prépare donc au grand chambardement climatiques en sacrifiant chaque année à la tradition du bain du 31 décembre et allant taquiner les sommets du Caroux, dès qu’il y fait un temps à ne pas mettre un mouflon dehors.

L’avantage est qu’il n’y a pas non plus, ces jours là, d’autres bipèdes et, qu’alors, le monde nous appartient. Ce n’est pas que l’on n’aime pas nos semblables, bien au contraire, mais un tête à tête avec mère nature nous donne un sentiment inouï de plénitude, avec le sentiment de vivre des moments privilégiés.

Donc avant hier matin, mardi 12 janvier, où le thermomètre affichait – 8°au pied du Caroux, nous voilà partis aux aurores vers les sommets.

La brume qui traînasse dans les vallées confère au reste du monde une apparence de douceur trompeuse qui gomme les tragédies qui s’y déroulent pourtant chaque jour..

 

 

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La neige et le froid ornent l’épiderme rocheux de notre cher Caroux de dagues de glace. Mais nous savons que nous n’avons rien à craindre de ce massif d’un age respectable ( 340 millions d’années) et d’un tempérament débonnaire. On sait qu’il ne profitera pas que l’on ait le dos tourné pour nous en asséner un coup dans l’occiput , vu que nous avons toujours respecté les lieux et ses habitants (mouflons, chevreuils, sangliers, lapins, rapaces etc…. Mais si nous étions chasseurs, on se méfierait !

 

 

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Au fur et à mesure que nous prenons de l’altitude le monde d’où nous venons se transforme en un océan de collines bleutées. Un peu inquiets nous nous demandons si nous en retrouverons à notre retour le chemin d’accès !

Mais si jamais nous étions condamnés à vivre le reste de nos existences sur le Caroux sans doute nous transformerions nous en mouflons, ce qui, finalement, ne serait pas un sort détestable vu le nombre de mouflonnes qui y vagabondent.

 

 

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Arrivant près du sommet, un spectacle nous émeut, comme à chaque fois, immanquablement : celui d’un arbrisseau accroché à la roche au milieu de la « colette » de Luchet (petit col) et sur lequel semble veiller les mamelons rocheux environnants, impressionnés par son courage.

 

 

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Il faut dire que de là où il est , il a une vue imprenable sur la vallée et que malgré le froid et le vent il ne cèderait pour rien au monde sa place. Cet arbre est pour nous un exemple de courage et de ténacité mais aussi, à la fois, de la vulnérabilité et de la prodigieuse énergie de la vie. Son exemple nous incite à poursuivre malgré le froid mordant qui nous agresse alors dans cette zone balayée par le vent.

 

 

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Et nous voilà sur le plateau sommital, foulant une neige fraîche légère et scintillante qui fait renaître nos plaisirs d’enfants. Honte à ceux qui, dans les villes, sous le fallacieux prétexte d’assurer la sécurité des « citoyens, interdisent, dès qu’il neige, l’accès aux parcs et jardins et privent les enfants de cour de récréation de peur qu’ils ne glissent et tombent.

 

 

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Au nom de ce principe de sécurité on devra bientôt nous interdire de respirer car l’air sera trop pollué. Nos gouvernants sont des avortons et des crânes d’œuf qui ne sont jamais écorchés les genoux ayant été élevés dans la soie. Ayant peur de leur ombre, ils veulent nous imposer une vie sans risque, de fait, une vie de zombie !

 

 

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Pour quelques instants je vais me taire (ça va être dur !) pour vous laisser contempler ce paysage aux sublimes camaïeux de verts, de gris, de bruns et de blancs……………………………………………...........................................................................................................

Qui a parlé ? chut ! on se tait ! …………………………………………….........................................................................................................

 

 

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Nous empruntons un chemin qui traverse les bruyères brûlées par le gel et où l’on peut « lire » les pérégrinations nocturnes des habitants des lieux.

Ainsi y voit-on les traces d’un lièvre et celles d’un renard et plus loin, des traces de sang, témoin d’un drame ! Jeannot a-t-il été attaqué par Goupil ? Mais que fait le gouvernement ? Il devrait interdire aux renards d’attaquer nuitamment les lapins !

Après le fabuleux succès du plan banlieue , il faudrait lancer un plan « Caroux » en le confiant à la madone du PS, Ségolène, pour qu’elle aille demander pardon aux lapins des crimes commis par les renards.

 

 

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Ca ne vous donne pas envie de nous suivre des chemins pareils ? Voilà la recette  : il faut un bon réveil , un bon petit déjeuner, savoir lire une carte topographique (il y a de bons bouquins sur le sujet) et utiliser une boussole, un peu d’entraînement, un brin de courage, un sifflet, un briquet, un bon sac à dos et des vêtements imperméables et chauds (en toutes saisons !) un vieux journal (pour démarrer le feu) et un copieux pique-nique solide et liquide !

Au début les pentes vous paraîtront un peu dures mais les paysage que l’on découvre la haut vous récompensent au centuple de vos efforts. C’est le plus beau et le meilleur retour sur investissement que vous puissiez faire !

 

 

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Mais je bavarde et l’heure tourne, il est temps maintenant de se diriger vers le refuge de Fontsalès qui dispose d’une cheminée auprès de laquelle nous pourrons nous réchauffer.

 

 

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N’hésitez pas entrez ! J’ai le plaisir de vous présenter mon inséparable compagnon de sentiers, Gibus, que vous voyez toujours de dos vu qu’il est toujours devant, étant déjà à moitié mouflon.

 

 

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Ayant transféré le contenu de nos sacs dans nos estomacs (Au menu : vin chaud, potage, salade de pâtes, fromage, fruit, café/thé et chocolat et vin de pays d’Oc) nous prenons le chemin du retour au moment où le brouillard venu de la vallée commence à envahir les sommets.

 

 

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Quand on est en montagne et que le temps se détériore on éprouve très vite un sentiment de fragilité à l’instar, sans doute, de celui qu’éprouve un marin pris dans une tempête. La température et la visibilité chutent soudainement et il en faut peu en effet pour perdre son chemin. J’avoue que je ne déteste pas ces instants où l’on éprouve une délicieuse angoisse qui magnifie votre sentiment d’existence. On est ainsi ramené à l’aube de l’humanité quand l’homme était démuni face à son environnement.

 

 

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On en apprécie d’autant plus le vin chaud (ou la bière fraîche selon la saison) que l’on prendra une fois revenu à bon port . Cet arbrisseau lui n’a pas la chance qu’ont les humains de pouvoir se déplacer et va devoir affronter jusqu’au bout les frimas de l’hiver !

Dieu fasse que je ne sois pas arbrisseau dans ma prochaine vie , non pas tant à cause du froid pour lequel ils sont adaptés que pour le vin chaud ou la bière dont ils sont privés.

 

 

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Nous avons heureusement retrouvé le fil d’Ariane de notre chemin qui nous ramène au point de départ. A nous donc le vin chaud et à vous le récit de notre périple !


Texte & Photos Ulysse