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11/12/2010

Pérégrinations autour de Puéchabon (fin)

 

Cette note est la suite de la précédente

 

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Depuis un siècle les hommes ont déserté ces lieux,

Que colonise peu à peu le monde végétal,

Qui lance ses guirlandes sur les murs bancals,

Que, reconnaissantes, elles soutiennent de leur mieux.

 

 

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Au cœur de ces bâtisses chargées d’histoire,

Les fantômes errent parfois en silence,

De ceux qui y ont passé leur existence,

Tissée de rires, de larmes, de joies et de désespoir.

 

 

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L’atmosphère qui y règne est si sereine,

Que les promeneurs ignorant les lézardes,

Qui ébranlent les murs, parfois se hasardent,

A y faire insouciants une sieste souveraine.

 

 

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Au sortir du hameau, c’est la rencontre heureuse,

D’un ardent chêne vert et de sa bien aimée,

Engagés dans une salsa endiablée,

D’où naîtront sans doute de nombreux petits « yeuses * ».

 

* yeuse : autre nom du chêne vert

 

 

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Ce géant, non loin,  sans doute l’un de leurs ancêtres,

Constitue à lui seul une forêt,

Sa taille imposante inspire le respect,

Et morts depuis des siècles sont ceux qui l’ont vu naître .

 

 

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Il étend au loin sa vénérable ramure

Afin de capter au mieux les rayons du soleil.

Ce chêne vert, à vrai dire, n’a pas son pareil,

Prétendre le contraire serait lui faire injure !

 

 

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Nous voilà au pied de Saint sylvestre des Brousses,

Campée sur le chemin qui menait à Gellone,

A l’époque où la foi faisait marcher les hommes,

Quand la menace de l’enfer leur fichait la frousse !

 

 

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Mais l’heure avance et le soleil décline,

Les montagnes au loin ne sont plus que des ombres,

La frondaison des arbres prend des teintes plus sombres,

Dans la plaine ne brille plus que l’or des vignes.

 

 

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Un antique mazet fenêtre et porte fermées,

Nous parle d’un temps où les vendanges étaient une fête,

Aujourd’hui des machines polluantes font la cueillette,

Le dieu Bacchus, de ces lieux, s’est enfui atterré. 

 

 

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Dépouillés par l’automne, une vaillante cohorte

De ceps dressent vers un nuage leurs sarments effilés,

Cherchant désespérément à le transpercer,

En vue de préparer, déjà, la prochaine récolte.

 

 

 

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Les vignes ont les couleurs des nectars,

Qui coulent généreusement dans nos timbales,

Et de là réjouissent nos poreuses amygdales,

Quand le vin est tiré, c’est sûr il faut le boire !

 

 

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Pour certains arbres l’automne est un chant du cygne,

Leurs frondaisons offrent en mourant un feu d’artifice,

Quand d’autres gardent leur verdeur, mais qui n’est que factice,

Car la mort saisit leurs feuilles une à une de façon anonyme.

 

 

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Qui peut croire que l’hiver frappe à la porte,

Devant une nature aux si beaux atours ?

Cette loi imparable de l’éternel retour,

Ne rend-t-elle pas la vie chaque fois plus forte ?

 

 

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Un cep résiste vaille que vaille et garde sa livrée,

Mais l’hiver le dépouillera comme les autres,

On s’attache à la vie, on dit des patenôtres,

Mais un jour le corps défaille et on doit le quitter !

 

Texte & Photos Ulysse

 

19/02/2009

Solitude et ivresse à Montcalmès (Fin)

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Je quitte à regret ces lieux imprégnés d'histoire où tant de vies ont fleuri et fané mais qui ont laissé de leur bref

passage la trace de leur courage et de leur génie dans ces poèmes de pierres qui défient les intempéries.


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Le chemin traverse un vaste plateau pierreux qui souligne la détermination de ceux qui ont vécu ici. La force

de leur âme était à la mesure de la frugalité de leur existence suspendue à un fil ténu, sans doute très vite rompu par

les famines qui devaient souvent sévir en ces lieux inhospitaliers. Ces hommes là se nourrissaient de ciel et d'étoiles

alors que vin, jambons, chapons constituaient l'ordinaire des abbés et des moines, ayant pourtant fait voeu de pauvreté,

qui vivaient grassement dans la plaine à l'abri de leurs monastères grâce aux dîmes payées par leurs pauvres ouailles.


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Puis le chemin descend en pente douce au travers d'une garrigue de bruyères en fleurs, de romarins et

d'arbousiers vers l'église Saint Sylvestre de Montcalmès, dénommée aussi Saint Sylvestre des Brousses


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Sa masse imposante apparait soudain au dessus d'une oliveraie séculaire qui lui dresse une couronne de lumière.

Cette église millénaire fut occupée pendant 600 ans par les Bénédictins qui la quittèrent en 1658 au profit de l'Eglise

Saint Pierre de Puéchabon offrant un meilleur confort et sans doute de meilleurs moyens de subsistance.


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Son isolement et les temps troublés qui l'on vu naître expliquent sans doute son allure de forteresse et

l'absence d'ouverture qui ne la rendent guère aimable. Parfois la maison de Dieu ressemble à une prison ou une

maison de correction et c'est pourquoi les gens s'en écartent.


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Mais le site qui l'entoure offre un visage beaucoup plus riant de vignobles où le sang du seigneur coule dans

le secret des sarments. Je préfère de beaucoup le coté « bar à vins «  des églises que le coté « goupillon » !


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La vigne, à l'image de ceux qui ont vécu à Montcalmès, s'adapte aux sols les plus ingrats et les plus difficiles

et comme ces hommes qui ont brodé avec les pierres de merveilleuses dentelles, elle transforme les cailloux en

un délicieux nectar.


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je veux ici une fois de plus m'insurger contre ces pisse-vinaigre qui aujourd'hui diabolisent ce divin breuvage,

pourtant célébré par les anciens égyptiens, les grecs, les romains, et qui a façonné nos merveilleux paysages. Imaginez

le pas d'Oc sans vignes ! Ce serait un crime monstrueux et il faudrait traîner ces tristes sires en justice pour atteinte

au patrimoine mondial de l'humanité !


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Quand j'aperçois un mazet planté au milieu des vignes, j'entends les rires des vignerons attablés tous ensemble

à la saison des vendanges et célébrant la naissance du vin nouveau


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Contemplons, admirons, célébrons sans relâche ces rangées de ceps, vaillant petits soldats indifférents aux

intempéries, supportant d'humeur égale le soleil de plomb et la pluie et qui couvrent de leur patchwork, aux couleurs

sans cesse changeantes selon les saisons, les plaines et coteaux de ce magnifique pays d'Oc .


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Me voilà de retour au Pont du Diable, j'aperçois Lucifer assoupi la mine réjouie sous une pile du pont (sans doute

a-t-il apprécié mes flacons !) et j'en profite pour reprendre mon attelage et rentrer en jubilant à la maison .


PS :Le descriptif du circuit figure en fichier joint


Texte & Photos Ulysse