11.08.2008
Un bel été au Salagou...
Les vacanciers envahissent les plages,
Qui sont comme d'immense fourmilières,
Où chacun ne pense qu'à son bronzage,
Trophée d'été bien éphémère.
Tandis que l'occident au soleil expose,
Ses brochettes rougeoyantes de Bidochons,
Les mouettes écoeurées par cette overdose,
De ventres grassouillets et de tétons,
Désertent les rives de leur mère nourricière,
La plume en berne, l'âme emplie de blues,
Pour gagner du Salagou les eaux bleu outremer,
Serties d'un écrin de ruffes rouges..
A défaut de maquereaux et de sardines,
Elles y trouvent le calme et la volupté,
D'une eau fraiche et d'une brise caline,
Aux senteurs de romarin et de serpolet.
Les marins qui connaissent bien ces volatiles,
Savent que malgré leur cervelle d'oiseau,
Elles n'ont pas des humains le coté futile,
Et savent apprécier ce qui est beau.
A elles donc ces volcans endormis,
Couverts de leur toison émeraude,
Surgissant vers un ciel bleu inouï,
Où quelques nuages ivoire rodent.
Oui, à elles ces criques secrètes,
Aux eaux polynésiennes,
Où des demoiselles discrètes,
Viennent reposer leur ailes.
Ainsi jouissant d'un paysage,
Mêlant Seychelles et Tombouctou,
Les mouettes passent loin du tapage,
Un bel été au Salagou.
Texte & Photos Ulysse
09:52 Publié dans Fables & poèmes | Lien permanent | Commentaires (14) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : salagou, mouettes, ruffes, volcan
05.06.2008
Etonnez vous, allez au Salagou !
Avec le prix du kérosène qui grimpe plus vite que les avions qu'ils propulsent, les
voyages aériens seront bientôt réservés aux seuls ministres des affaires étrangères (fonction
oblige) et aux quelques "happy few" dont les revenus sont indexés sur les cours de l'or
noir.
Aussi vous qui rêviez d'exotisme pour vous changer de la morosité ambiante vous avez
le moral dans les chaussettes qui avaient déjà tendance à tomber sur vos chaussures (c'est
normal, vu qu'elles sont "merde in china" !)
Haut les coeurs sacrebleu ! car j'ai dans ma besace de randonneur de quoi vous
dépayser sans quitter notre doux et beau pays que le monde entier nous envie avec sa tour
Eiffel, ses 35 heures et sa première dame aussi sexy !.
Il s'agit d'un endroit étrange et fantastique, mélange de Polynésie et d'Arizona, que celles et
ceux qui me lisent régulièrement connaissent déjà : le lac Salagou !
Je vous sens ragaillardi(e)s par la perspective de pouvoir vous dépayser sans devoir
remplacer votre baguette et votre camembert par d'infâmes sushis, hamburgers ou autres
sauterelles grillées. Allez prenez votre gourde, votre maillot de bain et vos godasses de rando et
on y va !
Nous l'aborderons cette fois en nous faufilant le long de la berge en direction du Pioch
de la Roque qui arbore son chicot de basalte (neck) , vestige d'un temps où la chaine des
volcans d'auvergne, qui descendaient jusqu'à la mer, étaient encore en activité (- 700.000 ans)
Ce « neck » émerge aujourd'hui d'une masse de ruffes rouges faite de grès et d'argiles
déposés il y a 250 millions d'années et qui gardent la trace de leurs conditions de formation :
rides de courant, rainures de dessication, empreintes de pas de reptiles (voir la plaque de la
Lieude) et même gouttes de pluie !
Lorsque l'on contourne le Pioch de la Roque on découvre de l'aute coté du lac le village
de Celles niché au pied du Cébérou. Ce village qui a failli disparaître lors de la création du lac
(voir ma note du ...) renaît peu à peu et l'on peut rêver de le voir devenir un centre
d'information sur l'histoire du lac et de sa région (mais on préfère donner de l'argent aux
thoniers pour qu'ils aillent dévaster la mer!)
On contourne ensuite le pioch de la Sure dont les flancs érodés par les violents orages
qui sévissent parfois dans la région n'ont rien à envier au relief tourmenté des parcs nationaux
de l'Arizona
Le Pioch est couronné par une impressionnante masse d'orgues basaltiques dont la
musique wagnérienne s'est tue depuis quelques centaines de milliers d'années.
En face se dresse l'imposante pyramide du Rouens, énorme meringue au chocolat que
semble convoiter deux pêcheurs qui s'en approchent an catimini dans leur minuscule
raffiot.
Nous prenons de la hauteur et découvrons un paysage digne de la Toscane d'où
émerge au loin la montagne de Liausson derrière laquelle se cache le magnifique cirque de
Mourèze (que l'on retournera visiter un de ces jours!)
Notre horizon s'élargissant à l'infini, la pyramide du Rouens revient à des dimensions plus
modestes dans un décor magnifié par les touffes de lilas d'Espagne et les genêts
Notre périple s'achève et nous revenons en vue du Pioch de la Roque en dévalant un
sinueux canyon qui nous donne le tournis
Nous jetons un dernier coup d'oeil au Lac à l'endroit où les vignes viennent y puiser
l'eau pour la transformer en un breuvage plus digeste, que l'on dégustera pour en célébrer la
beauté !
Texte & Photos Ulysse
08:43 Publié dans tourisme | Lien permanent | Commentaires (18) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : salagou, pioch, volcan, ruffes
