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02/10/2009

Périple en Andorre – 4ème partie : le pic de l’Estanyo

 

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Gonflés à bloc par l’ascension du Pic de la Serrera effectuée la veille, nous décidons au matin du 4ème jour d’entreprendre l’ascension du Pic de l’Estanyo qui avec ses 2915m est le 4ème sommet andorran. Notre base de départ se situant à 1780m, nos gambettes vont devoir grimper 1135m de dénivelé, ce qui fait près de 230 fois les marches du Carlton à Cannes. Autant dire que les « pipaule » qui font tout un fromage quand ils ont l’occasion de les monter une fois sont des rigolos.

 Sachant que la montée ne serait pas de tout repos, nous avons pris la précaution la veille au soir de faire le plein de San Miguel et de sangria. Nous devrions donc avoir une autonomie suffisante pour atteindre le sommet .

 Au moment où nous nous mettons en route, Gaïa sort à peine de son sommeil et Amon glisse ses doigts d’or dans la toison de pins qui recouvre le flanc de la montagne. 

 

 

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Puis il dévale les pentes où il sème des paillettes l’or dans l’herbe emperlée de rosée (Dieu qu’elle était bonne la sangria !). Que savent les enfants des villes de la beauté d’une perle de rosée ?  Plutôt que de les bassiner avec les faits et surtout méfaits de la bande de scélérats qui, au cours des siècles ont gouverné la France, Henri IV mis à part, homme généreux et tolérant qui aimait le vin, la poésie et les femmes ainsi que ce pauvre Louis XVI qui se rêvait serrurier et a payé pour les autres, emmenons les contempler la nature et le monde que les hommes ignorés par l’Histoire ont forgé.

 Les bancèl ou restanques , les capitelles, les bergeries aux arcades gothiques soutenues par des charpentes ressemblant à des broderies, les glacières qui permettaient aux limonadiers d’avoir de la glace à Perpignan en plein mois d’août, les moulins à eau et à vent qui permettaient d’exploiter l’énergie des éléments, en apprennent plus sur le génie de l’homme et sa capacité à s’adapter à son environnement que les livres d’histoire.

 

 

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Ainsi voit-on courir sur les pentes herbeuses, les lignes des murs de pierre qui délimitaient les parcelles autrefois cultivées. Il n’est pas question ici d’être nostalgique d’un monde révolu, mais de se remémorer que notre présence ici bas est due au courage et à la ténacité de ceux qui nous ont précédé. En hommage à ces générations oubliées, il est bon de perpétuer ce sens de l’effort et le respect de ce qu’ils ont accompli. Et puis qui sait si un jour nous n’aurons pas à affronter de nouveau les conditions de vie qu’ils connaissaient ? Vu le déficit abyssal que nos élites politiques sont en train de nous creuser nos petits enfants seront sans doute heureux d’avoir un champ de pomme de terres à cultiver !

 

 

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Quelques gros nuages viennent raser nos têtes sans doute pour nous impressionner. Mais leur présence nous laisse de marbre, car comme ce bon vieux Noë nous avons déjà affronté le déluge et nous poursuivons notre ascension sans leur prêter attention.

 

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Ce qui nous inquiète plutôt, à l’image de Rémi qui n’est pourtant pas du genre impressionnable, c’est la pente qu’il va falloir gravir pour accéder au sommet de l’Estanyo.

 

 

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Ce dernier, qui n’a pas oublié qu’hier nous l’avons snobé et lui avons tourné le dos,affiche sa mine des mauvais jours !

 

 

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Mais ceux qui suivent fidèlement ce blog savent que nous sommes plutôt du genre entêtés et que pour nous faire renoncer il faudrait que le ciel nous tombe sur la tête et encore ! . Et puis il faut bien brûler le « carburant » stocké la veille si l’on veut pouvoir de nouveau faire le plein ce soir !

A ce sujet, d’ailleurs j’en profite pour faire passer le message aux viticulteurs que l’on apprécierait un geste commercial, vu la contribution que nous apportons au soutien des cours ! Ce n’est pas le cas de notre président qui ne boit que de l’eau, ce qui à mon avis lui jouera des tours car sa « raulaixe » va finir par rouiller !

Cela dit , vous avez noté la mine réjouie qu’affiche Gigi malgré la pente ! Comme je vous l’ai dit lors de la note précédente , la haute montagne c’est la volupté dans la souffrance !

 

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Parvenus sur la serre del Roc del Rellotge nous faisons une pause pour contempler le lieu de nos exploits de la veille : le pic de la Serrera. Vu de loin le sommet des montagnes apparaît toujours lisse alors qu’ils sont généralement ravinés, à l’image des visages de nos ex monarques républicains, Chichi et Valy grands caresseurs, le premier, de vaches  et, le second, de princesses.

 

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En dessous de nous l’étang de l’Estanyo ouvre son œil bleu séducteur mais nous réprimons nos envies de baignade car nous avons encore 400m à monter et l’eau n’est pas le meilleur dopant pour ce genre d’exercice.

 

 

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Nous reprenons notre ascension en suivant le sentier qui chemine en haut de la serre, nous offrant une vue plongeante sur la vallée. La haute montagne a de commun avec les décolletés féminins,  qu’il faut faire un effort sur soi même pour ne pas y sombrer. La différence est que dans le premier cas les chutes sont souvent mortelles alors que dans l’autre cas le seul risque que l’on court est d’y rester piégé.

 

 

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Par ailleurs  la haute montagne inculque des valeurs à l’inverse de nos sociétés où le leitmotiv est toujours d’être le meilleur par rapport aux autres mais jamais par rapport à soi même. Or chercher à être meilleur que les autres ne sert qu’à développer l’égo et  à nous monter les uns contre les autres.

 

 

 

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Ayant laissé nos sacs au début de la serre nous pouvons affronter la pente finale avec plus d’aisance. Nous serions presque tentés d’imiter un vautour fauve, qui intrigué vient nous observer, et de  le suivre dans son vol !

 

 

 

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Mais n’étant pas  consommateur « d’herbe » nous préférons garder les pieds sur terre pour poursuivre notre ascension vers le pays des nuages

Nous parvenons dans un monde minéral où la vie qui subsiste se réfugie sous les pierres. Cet univers préfigure peut être la terre que nous laisserons à nos petits enfants si nous continuons à la saccager comme nous le faisons.  Rappelons nous qu’au rythme actuel 25% des espèces animales et végétales auront disparu en 2025

On aimerait, entre autres exemples, que ceux qui transforment l’hiver leur appartement en sauna et l’été en frigidaire ou encore ceux qui arrosent leurs champs de maïs en plein midi en vidant les nappes phréatiques ou qui continuent d’aller acheter leur baguette et leurs cigarettes en 4X4 connaissent le même taux de disparition.

 

 

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A force de mettre un pied devant l’autre, on arrive finalement au sommet , Gibus toujours  devant, comme le petit cheval blanc de Georges Brassens et nous autres derrière, bien évidemment ! L’Estanyo beau joueur reconnaît avec grâce sa défaite et nous accueille coiffé d’un magnifique ciel bleu

 

 

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Gigi et jean Mi célèbrent l’événement en chantant l’Alleluia de Bach et les anges sortent leurs violons dans le ciel pour les accompagner.

 

 

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Etonnée et ravie d’avoir une telle audience Gigi se refait une beauté. On a beau être une montagnarde confirmée on n’en est pas moins femme ! Alors que pour les hommes la pratique de la montagne a tendance à faire ressortir leur coté « bouc » ! Sauf  chez nous bien sur qui pratiquons les bains de siège dans les lacs gelés !

 

 

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Et c’est la plongée vers la vallée au cours de laquelle il faut prendre garde de ne pas trébucher si l’on ne veut pas  finir son existence dans le ventre d’un vautour fauve qui tourne au dessus de nos têtes en l’attente du moindre faux pas ( il faut bien que je dramatise un peu si je  veux que mon blog ait l’audience de Koh Lanta !)

 

 

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Revenus au début de la serre, nous remettons un peu de carburant solide et liquide dans la machine et nous octroyons un « siestou » bien mérité. Avez vous noté qu’en occitan le mot qui désigne la sieste est du genre masculin. C’est sans doute parce que dans notre région les hommes s’honorent de ne rien faire alors que les nordistes veulent toujours faire croire qu’ils sont affairés.

Mais afin d’éviter que nous servions de pique nique aux vautours fauves nous tirons à la courte paille pour savoir qui va assurer la surveillance et  cette lourde responsabilité échoit à Chri-Chri  vous  vous en doutez en est absolument ravie !

 

 

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Il suffit ensuite de se laisser doucement emporter par la force de la gravité jusqu’à la vallée….. en restant malgré tout vigilant lors de la traversée des torrents !

 

 

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Revenus  à notre camp de base, Marie fort heureuse d’avoir retrouvé le plein exercice de sa cheville (mes fidèles lecteurs et lectrices sauront de quoi je parle) s’octroie sans vergogne une petite douceur ! Qui pourrait l’en blâmer ? Jusqu’à preuve du contraire on ne vit qu’une fois et si le paradis est peuplé de gens comme bénét XVI ça ne donne guère envie d’y  aller ! Et puis ce n’est pas sur que la haut près du soleil, il y ait des glaces au menu !

 

 

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Malgré les intenses efforts physiques de la journée, à l’heure de la sangria qui prélude à un solide repas montagnard tout le monde bien évidemment répond présent !

A suivre...


Texte et photos Ulysse (sauf celles signées J.M-P et Marie.B. que je remercie pour leur copyright))