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16/05/2009

Dès que sonnent les matines, partons pour le peyre Martine !

 

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Les intégristes de la santé et les hygiénistes qui nous mettent en garde contre le sel, le sucre, le vin,

les saucisses, le calendos, les ships, les pizzas, les gateaux, les charmes de la crémière ou de la patissière

sous le falacieux prétexte de préserver notre santé, nous prépare un monde de centenaires cacochymes

qui s'entasseront dans des mouroirs « clubmedisés » pour les plus fortunés et dans des mouroirs

« potagers » (car nous serons tous des légumes) pour les autres.



Finis le bon vieux temps des infarctus, des pneumonies, des ruptures d'anévrisme foudroyants qui nous

faisaient proprement passer de vie à trépas au cours ou au terme d'un bon repas ou d'une partie de

jambes en l'air, alors que nous étions encore dans la fleur -certes un peu fanée, mais fleur quand même -

de l'age. Maintenant on nous réanime, on nous tuyaute à neuf et on nous installe pour le restant de

nos jours dans une chaise roulante, ce qui permet au demeurant de gonfler l'audience de TF Hun et

de Merde 6, ainsi que de requinquer les cours de bourse de Michelin et consort, qui peuvent ainsi r

ecycler les pneus qu'ils n'arrivent plus à vendre aux constructeurs automobiles!



Pour ce qui me concerne je dis niet : je bois goulûment le sang du seigneur à chaque repas , je dévore

patés, rillettes,rillons, jambonneaux, saucisses et saucissons (je suis né dans la région de Rabelais)

je fais mon affaire d'une pizza pour huit, je pille les boites de gateau, je me gave de chocolat jet je fais

les yeux doux à ma crémière. Ma seule entorse à cette vie de patachon est la marche, et j'espère

bien que le jour où je croiserai la « faucheuse » ce sera sur un sentier,  bien qu'elle semble préférer

les routes et autoroutes , surtout dans l'Hérault. Je n'imagine pas en effet de plus beau « départ »

(ou retour ?) que celui de s'éteindre sur le bord d'un talus où au creux d'un bosquet comme un oiseau

(en l'occurence, pas mal déplumé !)



Et c'est pourquoi dès que je le peux, quand sonnent les matines je me mets en chemin qu'il pleuve,

qu'il neige qu'il vente ou qu'il fournaise.

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Un clair matin d'avril me voilà donc parti avec mes amis Gibus et Georges pour faire l'ascencion du Peyre

Martine, l'un des sommets du massif calcaire de la Séranne et qui atteint la respectable altitude de 798m.



Malgré l'heure matinale le soleil réchauffe nos vieilles jambes (plus d'un demi siècle et pas une rustine !)

qui grimpent avec ardeur le sentier pierreux qui zigzague sur le flanc sud du massif et offre une vue

splendide sur la vallée de la Buèges où trône, perché sur un mamelon, le village de Pégairolles de Buèges,

encore noyé dans la brume.

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Nous atteignons un sentier qui oscille autour de la ligne de crête offrant alternativement des vues sur les

gorges de la Vis au nord et de la Buèges au sud. L'érosion a déchiqueté le plateau calcaire sommital nous

obligeant à sauter de plaque en plaque en prenant garde de ne pas tomber dans des embryons d'aven en

formation.

Nous arrivons en vue du Peyre martine (peyre voulant dire pierre en occitan) qui dresse sa slhouette

trapue au dessus d'une garrigue de buis. L'infinité du ciel immaculé s'ouvre à nos yeux et nos esprits

et nous éprouvons l'intense bonheur d'un (trop) court moment de vie sans nuage.


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Du sommet, on découvre le splendide village de Saint jean de Buèges assoupi au pied dur Roc Trescastel

dont les parois sont appréciées par les hommes et femmes araignées de la région.

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Du haut des cieux les dieux admirent cette oeuvre des hommes, étonnés qu'ils puissent produire de telles

beautés tout en passant la plupart de leur temps à s'entretuer.

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Il nous suffit ensuite de nous laisser porter par le chemin qui descend vers le village bordé par un mur

ancestral délaissé par les hommes d'aujourd'hui, mais qu'ici et là un arbre charitable vient soutenir

pour lui éviter de sombrer.

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Parvenus dans la plaine quelques vénérables oliviers nous tendent une ombre rafraichissante à laquelle

nous ne pouvons résister.

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Requinqués par cette brève pause, nous quittons Saint Jean de Buèges dont la cave coopérative hélas

a fermé. Les coteaux environnants vont peu à peu perdre leur écharpe de vignes qui enverduraient

et, l'automne venu, enchatoyaient le paysage. Quand la terre du pays d'Oc sera ainsi partout mise

à nu, elle mourra d'une pneumonie qui nous décimera avec.

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Nous longeons la Buège dont les eaux fraiches et pures sont bues goulûment par les arbres qui se

pressent sur ses rives et offrent une ombre émeraude et chlorophyllée aux demoiselles ailées qui

vagabondent le long de son cours.

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Nous arrivons à l'endroit de sa source, lieu idyllque et serein où ne manquent que des ondines.

Mais si il s'en trouvait, pourrions nous repartir ?

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Bientôt le village de Pégairolles de Buège apparaît perché sur mamelon entouré d'un cirque de montagnes.

Il nous reste une dernière grimpette à gravir pour retrouver notre char et nos chevaux vapeurs que nous

avions perchés la haut, histoire de pimenter la fin de notre randonnée et d'aiguiser un peu plus notre appétit

et notre soif en vue du dîner !


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Texte & Photos Ulysse