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25/08/2018

Le vallon de Casselouvre

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Selon l’Institut National d’Etudes Démographiques, la moitié de la population mondiale vit dans les villes, proportion qui atteint 74% en Europe et 80% aux Etats Unis. L’environnement quotidien de ces citadins est constitué d’air pollué, de foules stressées, d’immeubles en béton et d’asphalte avec, ici et là, des confettis de verdure. C’est ainsi que j’ai vécu pendant longtemps et que vivent mes enfants et petits enfants, contraintes professionnelles obligent. Aussi quel bonheur, les vacances venues, de pouvoir s’évader dans ces espaces encore vierges et sauvages que recèle notre pays. En ce matin brumeux, nous avons décidé d’arpenter en famille la serre de More et le frais vallon du Casselouvre, impétueux torrent en hiver, réduit, l’été, à un simple filet d’eau. Un incendie a détruit les genêts qui recouvraient la serre, mettant à nu son ossature rocheuse parsemée de terre rouge, ce qui nous donne le sentiment de marcher sur Mars ! Ce fada d'Elon Musk qui veut dépenser des milliards pour explorer cette planète, ferait mieux de me laisser un commentaire : je l'emmènerai arpenter la serre de More et il économisera ainsi des milliards qu'il pourra consacrer à des causes humanitaires plus urgentes !

 

 

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Chacun va à son rythme, perdu dans ses pensées et la contemplation d’un environnement vierge de toute trace humaine. Alors qu’à chaque instant dans les villes nous sommes confrontés à la présence intempestive de la foule, houle qui nous bouscule et menace à tout moment de nous renverser, ici notre corps peut se mettre en roue libre et notre âme prendre son envol et rejoindre là haut la buse, le milan ou l’épervier qui tournoient à l’affut d’un imprudent mulot ou campagnol.

 

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Nous évoluons dans l’un des environnements rocheux les plus vieux de la Terre, vestige du massif hercynien qui, il y a 600 millions d’années, se dressait aussi haut que l’Himalaya. On ne peut qu’être goguenard face à ces impudents et arrogants humains qui cherchent à devenir immortels alors même, qu’avec le temps, les montagnes deviennent plages. De fait, la mort est la vraie source de jouvence.

 

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La nature est un livre qui nous enseigne la formidable capacité d’adaptation de la vie. Ainsi les zones arborées révèlent les zones de convergence des eaux de ruissellement où les débris s’accumulent, créant un humus fertile qui retient l’humidité et favorise l’éclosion des graines apportées par l’eau, le vent les rongeurs ou les oiseaux. On croit le monde végétal condamné à l’immobilité mais ce règne est constitué d’infatigables voyageurs !

 

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Nous contournons un dernier obstacle rocheux avant de descendre vers le vallon du Casselouvre. Le chemin est encombré de pierres en équilibre instable qui sont autant de chausse–trappes qui mettent à l’épreuve notre verticalité. Il faut alors mettre son «cerveau» dans ses pieds, faisant ainsi mentir ceux qui prétendent que les idiots raisonnent comme leurs pieds.

 

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Nous apercevons l’antique chemin qui traverse le portail de Roquandouire (curiosité géologique) et se dirige vers le vallon du Casselouvre. Des milliers de marcheurs ont suivi ce chemin au cours des siècles, liés secrètement entre eux par l’écho de leurs pas dont résonne encore la Terre.

 

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Un arbre mort tend une branche dénudée au dessus du chemin dont la pointe plonge au cœur du soleil, peut être pour y puiser l’énergie qui le fera renaître.

 

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Nous passons discrètement près d’un gnome ridé par les siècles, perdu dans une profonde méditation.

 

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Nous parvenons au hameau en ruine de Caissenols le Bas qui fut occupé jusqu’à la fin du XIXème siècle. L’agencement des pierres de toutes formes et de toutes tailles dont sont constitués les murs, chaque fois, me fascine. Je pense à ceux qui les ont choisies, soupesées, agencées avec patience et génie. Si le bois des charpentes ne s’était pas rompu, ces murs seraient encore intacts aujourd’hui.

 

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Plus somptueuses et impressionnantes encore sont les ruines du hameau de Caissenols le Haut où nous nous arrêtons pour le pique-nique. Puis vient l’heure de la sieste bercée par l’écho des chants et des rires de ceux qui y ont vécu. Certains de mes lectrices et lecteurs me feront remarquer qu’il y eut aussi certainement des pleurs et des cris de colère, mais pour vivre sereinement il faut ne se souvenir que des belles choses *

 * Magnifique film à voir et revoir

 

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Bien que le retour se fasse par le même chemin, nous découvrons un autre paysage : l’axe de notre regard et la lumière ont changé, nous offrant une perspective et des couleurs différentes. Les frondaisons des arbres et les champs de fougères comportent un camaïeu inouï de verts qui contrastent avec le mauve plus ou moins intense des champs de bruyère.

 

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Nous passons près d’un randonneur sans doute épuisé et qui s’est endormi au bord du chemin sans prendre le temps d’enlever son sac à dos !

 

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Nous retraversons le portail de Roquendouire, morceau de plateau sédimentaire porté à la verticale par la poussée des Pyrénées, il y a quarante millions d’années.

 

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Nous effrayons un sanglier qui s’enfuit en couinant, bien que nous n’ayons ni la bedaine ni la pétoire des chasseurs qui leur font habituellement la peau. D’ailleurs, c’est le seul animal que nous verrons au cours de notre balade, tant le monde animal craint ces Nemrods pétaradants qui leur tirent dessus en traitre, tristes rois de la nature affalés sur leur cul. S’il faut réguler certaines populations animales, laissons faire les loups dont c’est le rôle. Les animaux alors ne nous craindront plus et nous pourrons de nouveau les admirer batifolant dans les prés et les montagnes pour notre plus grand bonheur. Et ce ne sont pas les quelques côtelettes de mouton que les loups prélèveront au passage qui mettront l’humanité en péril ! L’homme, cet « homo stupidens » s’en charge lui même !

 

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Nous achevons notre balade au milieu d’une apothéose de couleurs, où l’on aperçoit même la tache rouge chère à Corot, minuscule contrepoint qui amplifie la magnificence du paysage.

 

PS : Pour les défenseurs du loup, de l’ours et de la faune sauvage (renard, belette, fouine, etc) massacrée par « l’homo stupidens  », impitoyable roi des prédateurs, je mets en bonus ma chanson « Lupo » que vous pouvez aussi écouter sur les plateformes musicales.

 

podcast

 

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Trois nouvelles dont "Tu es l'obscur objet de mon désir"

sont postées sur les plateformes musicales

dont DEEZER (cliquez sur le nom)

Certaines sont aussi publiées illustrées par des photos sur mon blog Canta la Vida

la dernière étant "Les doudous et les blessures"

Vous pouvez aussi les écouter classées par album sur mon blog

OLD NUT WIX

(intégralité des chansons - sauf les 2 derniers albums - classées par album)

(cliquez sur les liens dans le haut de la colonne à droite)

 

Texte, Photos & Chanson Ulysse

 

 

01/07/2016

De l'or sur le chemin du Plô des Brus

 

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Cela faisait longtemps qu’avec mon copain Gibus nous n’avions pas eu l’occasion de se faire une rando en « duo » compte tenu de nos nombreuses pérégrinations touristiques et des aléas météorologiques. Mais en ce lundi 20 juin, veille de l’été nous étions disponibles et le temps était quasi idéal ! Nous nous lançons donc à l’assaut du Plo des Brus, vaste plateau herbeux situé à plus de mille mètres d’altitude dans la montagne de Rosis. Partis du village de Compeyre, nous entamons l’ascension de la serre de More, hors d’œuvre qui permet à nos vieilles guiboles de retrouver le rythme avant d’entamer le plat de résistance qu’est la sente rocailleuse qui permet d’accéder au Plo.

 

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Le printemps plutôt maussade et frais a retardé la floraison des genêts qui, exceptionnellement, se conjugue avec celle des bruyères, stimulée par l’arrivée des premières chaleurs. Le mariage est somptueux et révèle le talent et la coquetterie de la nature qui parent ces vieilles montagnes du Languedoc d’une tunique odorante et enchanteresse. Tout au fond, on aperçoit notre objectif, le triangle herbeux du Plo coiffé d’une modeste pointe rocheuse. Autant dire qu’il nous reste pas mal de chemin à faire !

 

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Mais l’environnement est si enchanteur que nous avalons les montuosités de la serre de More sans nous en rendre compte, enfin presque ...!

 

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Après être passés au sommet de la serre (815m) nous dévalons vers le portail de Roquenduire, fragment de plateau sédimentaire porté à la verticale par la surrection des Pyrénées il y a environ 40 millions d’années ! Les dinosaures avaient déjà disparus et je n’étais pas encore né ! Que le temps passe vite !

 

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Une fois dépassé le portail, nous nous retournons pour admirer la serre de More recouverte d’or. Mais cet or, au contraire de celui enfoui dans les coffres des banques, n’a jamais rendu fou aucun homme, bien au contraire ! Sa vision nous réjouit, nous transporte en un pays qui n’a rien à envier au pays des merveilles d’Alice.

 

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Nous voilà engagés sur la sente abrupte qui mène au Plo des Brus et au fur et à mesure que nous prenons de l’altitude, un grandiose paysage se révèle à nos yeux. Peu nous chaut alors que nos articulations grincent, nos cœurs battent la chamade ou que nos poumons jouent les soufflets de forge, la seule vision de ce paysage est un élixir de jouvence.

 

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Nous arrivons au pied des falaises qui bordent le Plô des Brus. C’est toujours émouvant de contempler les entrailles de notre chère planète qui témoignent de sa jeunesse tumultueuse. Alors que notre société vit de plus en plus dans l’urgence, dans l’instantané, dans l’éphémère, la contemplation de la nature nous réinstalle dans la chaine infinie du temps.

 

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Nous suivons la piste qui longe ses falaises et approchons du but sous le regard bienveillant d’un arbuste qui semble prêt à nous tendre une branche secourable pour franchir le dernier obstacle rocheux.

 

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Nous traversons le Plô des Brus déçus de ne pas y apercevoir des mouflons qui apprécient habituellement cette zone herbeuse. Mais le vent qui ne nous est pas favorable les a probablement avertis de notre présence. De toute façon, hormis le sanglier dont le développement anarchique a été favorisé par les sociétés de chasse dans les années 80,  il est de plus en plus difficile d'observer des animaux sauvages dans notre pays dont les politiques, au lieu de gérer courageusement les affaires du pays, passent leurs mandats à faire la pêche aux voix et à ce titre choient les chasseurs et pseudo éleveurs, et se moquent comme d'une guigne du sort de la faune sauvage, autorisant même l'assassinat de loups pourtant protégés par la convention de Berne. 

 

 

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Nous prenons alors la direction du col de l’Ourtigas en traversant une vaste pinède dont le sol est couvert de myrtilliers qui font le régal des randonneurs vers le milieu de l’été.

 

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Parvenus au col de l’Ourtigas nous descendons vers le refuge de Caissenols où mes fidèles lecteurs se sont souvent régalés d’omelettes cuites au feu de bois lors de nos sorties hivernales. Mais aujourd’hui le temps étant estival, nous nous contentons d’un modeste sandwich arrosé néanmoins d’un nectar du pays d’Oc.

 

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Puis nous repartons vers le portail de Roquenduire où l’intense soleil de l’après midi magnifie l’or des genêts .

 

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Et nous gravissons de nouveau la serre de More, cheminant de tas d’or en tas d’or…..heureux « crésus » épargnés par la malédiction !

 

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Nous abordons une zone où les bruyères l’emportent ce qui repose nos yeux aveuglés par l’or des genêts.

 

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Une fois dépassé le dernier cairn qui orne la serre de More, nous plongeons vers le torrent du Casselouvre en vue d’y rafraîchir nos abattis brûlés par le soleil.

 

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Et l’eau du torrent tient ses promesses, jaillie un peu en amont des entrailles fraiches de la Terre. Ragaillardis, c’est d’un pas allègre que nous parcourons les derniers kilomètres qui nous ramènent à notre monture où nous attendent nos deux fidèles  "blondes" Heine et Ken !

 

 

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Aujourd’hui, 3 juillet, j’ai soixante dix balais, de quoi faire un grand ménage dans mon existence pour me débarrasser de l’accessoire et ne me préoccuper que de l’essentiel. J’ai passé ma vie par monts et par vaux, navigué à travers tous les océans, posé le pied sur presque tous les continents, vécu dans divers pays étrangers, et parcouru au total à pied, à vélo, en voiture, en bateau et en avion environ trois tours de terre. J’ai compris très tôt que c’est le pays, c’est à dire la culture au sein de laquelle on nait, qui nous différencie et non les prétendues races où les illusoires différences de couleur de peau qui ne sont pas plus importantes que celles de nos yeux. Et si l’on peut se trouver heureux d’être né quelque part,   je ne comprends pas que l’on puisse s’en déclarer « fier » car l’on n’ y est pour rien et puis cela dénote un sentiment de supériorité inapproprié. J’ai constaté qu’au delà d’un minimum indispensable, l’argent ne contribue en rien au bonheur et que ceux qui consacrent leur vie à l’accumuler sont des infirmes de l’esprit et du cœur. Je pense que le partage nous enrichi et le repli sur soi nous appauvrit. J’ai constaté qu’il ne servait à rien de vouloir à tout prix avoir raison dans la mesure où la véritable réalité des choses nous échappera toujours et qu’il faut être tolérant vis à vis des opinions d’autrui, même si elles nous dérangent, pour autant qu’elles ne nuisent à personne. Une dernière chose : à force de fréquenter souvent monts et vallons, bois et forêts, j’ai gardé bon pied bon œil mais de la mousse a poussé dans mon nez et mes oreilles, ce qui me permet de prétendre que je suis un peu dur de la « feuille », argument très utile pour n’entendre ce que je veux bien entendre et ne faire que ce que je veux faire ! L’âge a ses faiblesses mais aussi ses privilèges !

 

A votre santé !

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Je viens de publier mon dernier CD "Bulles de savon" sur les plateformes musicales Deezer, Itunes, Fnac Juke box, Google play etc...

Voici le lien vers : DEEZER

 

Mes autres chansons sont publiées sur mon blog musical en accès libre

OLD NUT

(cliquez sur le nom en rouge)

 

Texte & Photos Ulysse