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08/10/2016

Périple andorran – 4 – Du pic de la Casamanya (2740m) au pic de l’Estanyo (2915m) (fin)

 

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Dans ma dernière note, nous vous avions laissés, chères lectrices et chers lecteurs, sur un vaste plateau rocheux d’où nous apercevions dans le lointain le but de notre équipée : le pic de l’Estanyo (2915m). Nous nous doutions que l’affaire ne serait pas des plus faciles et nous n’avons pas été « déçus » sur ce point ! Nous voici en effet au sommet d’une barre rocheuse qui par chance a été équipée de chaines par des montagnards prévenants - qu’ils en soient remerciés - pour que l’on puisse la descendre sans mettre trop en péril notre existence.

 

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Gibus en tête, nous nous engageons prudemment dans un goulet fort pentu - pas vraiment fait pour les grands-pères de mon âge - soucieux avant tout de ne pas déraper sur une pierre, incident qui ferait le bonheur des vautours qui planent au dessus de nos têtes (Il faut bien dramatiser un peu n’est ce pas, pour avoir de l’audience !)

 

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Mais après quelques poussées d’adrénaline, nous arrivons en vue d’un second plateau qui semble devoir nous permettre de retrouver notre statut de bipède, alors que pour le moment nous sommes plutôt du genre « coccypède » !

 

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Et c’est donc avec une joie non dissimulée que nous foulons le sol de ce plateau, laissant derrière nous la barre rocheuse qui nous a valu quelques délicieuses frayeurs (mais nous sommes tous un peu masos).

 

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Nous traversons alors un monde idyllique peuplé de chevaux quasi sauvages et nous croyons un court instant être entré par inadvertance au paradis !

 

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Mais ni Saint pierre ni aucun ange ne viennent à notre rencontre et nous en concluons que nous sommes encore sur notre bonne vieille planète.

 

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Je me dis que si les hommes le voulaient vraiment, toute notre Terre pourrait devenir comme ce lieu enchanteur. Mais je crains que cela ne reste à jamais un vœu pieux, quand on voit la barbarie qui sévit à nos portes et un peu partout dans le monde.

 

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Mais nous nous étions réjouis trop vite, car cet ersatz de paradis mène en fait à un enfer minéral : la ligne de crête qui doit nous mener jusqu’au sommet de l’Estanyo, dont le sommet frôle les nuages en haut de la photo. Nous nous lançons vaillamment à l’assaut de ce chaos rocheux qui va nous servir de « chemin » jusqu’à notre objectif .

 

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Nous apprécions finalement d’avoir emmené nos bâtons de marche, qui nous ont quelque peu gênés lors de la descente de la barrière rocheuse. Car ils nous servent mainteant de garde-fou face aux abimes qui nous cernent des deux cotés.

 

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Par endroits de gros rochers nous obligent à quelques contorsions peu élégantes, mais à part les vautours, personne n’est là pour nous observer .

 

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Chacun de nous vérifie de temps à autre que celui qui le suit n’a pas de difficulté. Les montagnards sont comme les mousquetaires, leur devise est « tous pour un, un pour tous ».

 

 

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Gibus qui est toujours devant - comme le petit cheval blanc de la chanson de Georges - recherche le meilleur itinéraire, nous évitant ainsi de nous engager dans des endroits trop risqués.

 

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Mètre après mètre, nous progressons, concentrés sur les endroits où poser nos pieds et inconscients du temps qui passe. Faisant de temps en temps une pose pour souffler, nous sommes étonnés de voir le chemin parcouru malgré les difficultés. La montagne développe notre endurance, fortifie notre mental et nous enseigne la patience, la persévérance ainsi que la solidarité. C’est la plus belle école de la vie.

 

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A l’approche du sommet, les choses se corsent encore un peu plus, les amas rocheux deviennent plus chaotiques et les pentes latérales plus raides.

 

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A certains endroits les bâtons deviennent une gêne et l’entraide est de rigueur.

 

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Et nous, fiers bipèdes, rois de la création, redevenons de piètres quadrupèdes se trainant lamentablement de rocher en rocher.

 

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Mais ouf ! Nous arrivons enfin au sommet, fourbus mais envahis d’un bonheur immense d’être parvenus au but sans qu’aucun de nous n’ait finit ses jours dans le ventre d’un vautour ! (ça c’est un commentaire d’écrivaillon pour dramatiser un peu notre aventure).

 

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Cet « exploit » mérite que l’on vous montre notre bobine afin que nous ayons tous notre quart d’heure de célébrité mondiale (Eldorad’Oc est lu à travers le monde !), comme l’avait prédit Andy Warhol.

 

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Nous avons en face de nous le pic de la Serrera (2913m) que nous avons gravi deux jours auparavant et qui nous demble être aujourd’hui une grosse colline que l’on peut grimper à cloche-pied (bon là j’avoue que je me vante un peu !).

 

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Le Pic de la Serrera et les montagnes qui le prolongent marquent la frontière avec l’Ariège dont les vallées sont submergées par les nuages.

 

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Magique est le spectacle des sommets émergeant de cette mer de nuages. Mais nous préférons ne pas trop nous attarder, car si les nuages avaient la malencontreuse idée de dévaler les pentes andorannes, cela rendrait problématique notre descente vers la plaine.

 

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Nous décidons donc de « plier bagages » et d’aller retrouver nos compagnes qui – le supposons nous - doivent commencer à s’inquiéter (nous nous croyons tous irremplaçables).

 

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Le temps restant finalement au beau, nous prenons néanmoins le temps de nous rafraîchir et surtout de ravigoter nos abattis fourbus dans l’eau plus que fraîche du lac de l’Estanyo.

 

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Revigorés par ce bain « cryogénique », le retour se fait ensuite au pas de course, pressés nous sommes de retrouver nos compagnes mais également nos chères blondes du nord : Heine et Kein ! Aucun membre du groupe ne vous avouera, à ce moment précis, vers lesquelles vont ses pensées !

 

*****

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Texte & Photos Ulysse (sauf Gibus 1,4,19 )

24/09/2016

Périple Andorran 2 - Partis pour la Cabaneta (2848m) nous avons gravi la Serrera (2913m)

 

 

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Après avoir, pendant les deux jours précédents, baguenaudé de lac en lac pour se mettre en jambes, les choses sérieuses commencent. Le groupe des hommes décide de faire l’ascension du Pic de la Cabaneta (2848m) avant de rejoindre leurs épouses à la Collada del Meners (2713m) pour le pique-nique. Partis de bon matin de Sorteny (1780m), nous filons donc bon train pour être à l’heure au rendez-vous. Les maris délicats ne font jamais attendre leurs épouses !

 

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Après une heure de montée agréable ménageant notre cœur et notre souffle et permettant à nos esprits de papillonner de pensée en pensée aussi éphémères que futiles, nous découvrons la masse sombre et imposante du Pic de la Cabaneta (2848m) que nous avons prévu de gravir. Vu à contre jour il paraît assez hostile mais nous ne sommes pas du genre à nous laisser impressionner et nous poursuivons allègrement notre ascension.

 

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Nous abordons la partie terminale – beaucoup plus pentue - du sentier d’approche qui mène à la Collada del Meners (col de la Mina 2713m) d’où part le sentier qui mène au pic de la Cabaneta. Le papillon qu’était notre esprit reste alors scotché sur le bout de nos souliers !

 

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Arrivés au col, nous posons nos sacs afin de nous alléger pour l’ascension du Pic de la Cabaneta et nous nous engageons sur une vague sente pierreuse supposée nous mener au sommet.

 

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La sente est de plus en plus aléatoire et nous ne trouvons notre chemin que grâce aux balises jaunes qui ornent de temps à autre un rocher. Ces balises nous mènent au pied d’une petite barre rocheuse d’où nous essayons de deviner le sentier qui mène au sommet.

 

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Après quelques minutes d’observation, nous devinons une trace qui traverse en diagonale un immense pierrier. Gibus le guide du groupe estime risqué de s’engager sur un tel sentier sans éléments de sécurité (cordes, piolets).

 

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A la fois dépités, car nous devons renoncer à l’ascension du sommet prévu, et soulagés car cette ascension semblait véritablement périlleuse, nous retournons vers le col. Pour apaiser notre frustration (c’est mauvais pour la santé et le moral d’être frustrés !) nous décidons de faire l’ascension du Pic de la Serrera (2913m) qui se trouve de l’autre coté du col et dont nous apercevons les contreforts en haut à gauche de la photo. Nous avons déjà gravi ce sommet relativement facile d’accès il y a quelques années mais, comme l’on dit, faute de grives, on mange des merles !

 

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En vingt minutes nous arrivons au sommet (une vraie balade de santé que je vous recommande !) qui est presque aussi fréquenté que le parvis de la Tour Eiffel (bon, j’exagère un peu !)

 

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De là haut on a une vue plongeante sur le pic de la Cabaneta qui nous confirme que l’ascension sans équipements en était risquée. Le Pic de l’Estanyo (2915m) qui se trouve à droite de la photo nous intéresse au plus haut point, car nous avons prévu d’y accéder en partant du Pic de la Casamanya qui se trouve hors champ et en empruntant la ligne de crête que l’on devine à l’extrémité de la photo. Vous découvrirez dans une prochaine note que nous avons rencontré à cette occasion quelques difficultés.

 

 

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Pour l’heure nous jouissons sereinement, comme ce montagnard et son compagnon à poils, de la vue à 360° sur le massif des Pyrénées que nous offre le sommet. Lorsque l’on contemple ainsi les montagnes, on les croit immuables, éternelles et pourtant leurs pentes déchiquetées nous montre qu’elles subissent, comme nos corps et le reste de l’univers, la loi de l’entropie. L’alternance de la pluie et du soleil, du froid et de la chaleur érode, fracture, emporte, grain par grain, pierre par pierre ces gigantesques pyramides qui finiront dans quelques millions d’années en pâtés de sable sur de lointains rivages que feront les enfants de nos très lointains descendants.

 

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Nous nous décidons à regret à redescendre au col pour retrouver nos épouses que l’on a vues arriver. Et nous nous dirigeons tous ensemble vers le lac del Meners qui se trouve au pied du pic de la Serrera pour pique-niquer.

 

 

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En raison de la chaleur et de la sécheresse qui ont sévit tout l’été et fait évaporer tous les névés, le lac n’est plus qu’une vague mare peu propice à la baignade et seul l’ami Gibus ose s’y aventurer. Malgré les évidences qui se manifestent dans de nombreux pays (canicules et incendies en Californie, au Canada, au Portugal, en Australie, fonte dramatique des glaces de l’Antartique, pluies diluviennes et tornades ailleurs) Zozo Sarko ose affirmer que l’homme n’est pour rien dans le réchauffement climatique actuel. Triste guignol !

 

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Après nos agapes dignement arrosées de nectars espagnols (la sécheresse ne sévit pas partout) nous prenons paisiblement le chemin du retour.

 

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Bien que nous soyons passé en ces lieux le matin même, c’est un tout autre paysage que nous découvrons, ayant inversé le sens de la marche. C’est l’un des charmes de la montagne d’offrir une infinie diversité scénique selon l’angle sous lequel on la contemple.

 

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La lenteur de notre allure nous laisse le temps d’admirer les beautés qui ornent en tous lieux la nature, telles ces micro-cascades vers lesquelles se penchent - probablement pour se rafraîchir - des ombellifères brûlées par le soleil de l’été.

 

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 En nous retournant nous découvrons le Pic de la Serrera que nous avons gravi le matin même. C’est fou la distance que l’on peut parcourir en mettant un pied devant l’autre et en recommençant….

A suivre….

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Texte & Photos Ulysse 

09/10/2012

Vers les sommets andorrans - 2 - le Pic de l'Estanyo (2915m)


 

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Le matin du troisième jour le soleil daigne enfin se montrer et déverser sur les sommets ses bienfaisants photons qui dévalent ensuite leurs versants en lumineuses cascades  jusqu’au fond des vallées. Dans cette lumière laiteuse et dorée qui baigne alors le monde, les montagnes perdent toute consistance et semblent flotter. Nous nous sentons  comme Mary Poppins capables de voler de l’une à l’autre sans effort. Mais ce n’est, comme nous l’allons voir de ce pas , qu’une illusion !

 

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Nous décidons de partir à la conquête de l’Estanyo (2915m) qui était l’objectif du premier jour auquel nous avions dû renoncer à cause du mauvais temps. La marche d’approche emprunte des chemins pas trop pentus qui nous permettent de nous mettre progressivement en jambes.

 

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En montagne, chacun a son allure qui dépend de sa condition et de ses capacités physiques, de la taille de ses jambes, voir même de ses pieds - chausser comme moi du 46 vous fait gagner à chaque pas quelques centimètres ! – et du poids de son sac (afin d’être équitables, nous organisons un tour pour le transport des divins flacons) . La règle d’or en montagne est d’éviter le sur-régime car, à la différence des compétitions sportives, il y a généralement  (sauf accident !) un retour et il faut donc, comme l’on dit, « en garder sous le pied » ! Au demeurant, le bonheur de gravir  un sommet est le même que l’on soit le premier à y arriver ou le dernier. 

 

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Nous empruntons ensuite une pente  plus raide qui nous mène au col d’Arènes (2539m). Nous sentons alors  les sacs devenir de plus en plus lourds, étonnante distorsion de la loi de la gravité que contesteront  probablement les scientifiques mais pourtant vérifiée par tous les montagnards.

 

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 Du col d’Arènes, nous devons ensuite gravir un long pierrier herbeux qui mène sur la ligne de crête. Vue de là où vous êtes (c’est à dire assis devant votre ordinateur), notre ascension ne semble pas présenter de difficulté particulière et pourtant, croyez moi, nos articulations s’en souviennent encore car ces terrains là sont les plus fatigants qui soient, vu que les pieds ne reposent jamais à plat. Les pierres y sont souvent instables, les mottes d’herbes masquent des trous, bref, il y a là de quoi se « fusiller » les chevilles et  les genoux si l’on n’est pas constamment sur ses gardes.

 

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Par chance et aussi – ne soyons pas modestes – grâce à notre expérience, nous parvenons tous indemnes sur la ligne de crête et donc en état de jouir du somptueux panorama sur le vallon du lac de l’Estanyo, où nous avons prévu de pique-niquer  si tout se passe bien après notre ascension. Sinon ce seront les vautours qui pique-niqueront !

 

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Car nos efforts sont loin d’être terminés vu qu’il nous faut encore remonter quelques centaines de mètres sur la ligne de crêtes que l’on aperçoit devant nous pour atteindre le sommet .A priori la technique pour y parvenir est simple : il suffit de mettre une jambe de chaque coté de la ligne de crête pour limiter les risques de tomber dans le vide d’un coté ou de l’autre ; la mise en œuvre fut, comme vous allez pouvoir le vérifier,  un peu plus difficile !

 

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De fait, la ligne de crête étant hérissée de rochers disposés de façon chaotique, nous devons progresser en zigzags, parfois en nous aidant des mains et en prenant garde de ne pas trébucher.  Vous comprendrez que dans ces moments là on en oublie  de regarder le paysage !

 

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Fort heureusement il n’y a pas un brin de vent et les pierres sont sèches, ce qui permet d’assurer nos prises et nos pas.

 

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Toujours à la recherche de la meilleure ligne d’équilibre, nous ressemblons à des funambules progressant sur un fil invisible.

 

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Il nous  faut veiller à la stabilité de chaque endroit où l’on pose ses pieds, organes auxquels on prête généralement peu d’attention, sauf lors de la floraison hormonale adolescente !

 

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Ainsi mètre après mètre, rocher après rocher, butte après butte nous progressons concentrés et déterminés, vibrant d’une joie intense de défier les cimes.

 

 

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Car de cheminer ainsi à près de 2900 mètres d’altitude sur une arête rocheuse en défiant le vide procure un bonheur et une  griserie indicibles.

 

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Notre bonheur est décuplé quand nous apercevons soudain deux isards que notre approche a délogés. Ils nous regardent étonnés de nous voir en des endroits aussi escarpés qu’ils considèrent, sans doute, comme leur territoire.

 

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Il nous reste une dernière grosse butte à gravir avant de parvenir au sommet. Mais avec l’entraînement que nous avons acquis ce n’est plus qu’une simple formalité.


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Et nous voilà en vue du sommet dont la forme plus arrondie nous permet de relâcher  enfin notre concentration et de jouir  sans crainte du panorama environnant

 

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Et le panorama mérite vraiment que l’on s’y attarde, car l’on découvre une grande partie des sommets andorrans partiellement ennuagés, dont notamment sur la gauche, en face, le Pic de la Serrera (2913m) que nous avons gravi il y a deux ans.

 

A suivre….


Texte & photos Ulysse

28/09/2009

Périple en Andorre - 3ème partie : L’ascension de la Serrera 2.913 m

 

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Nous voilà au matin du troisième jour de notre périple. Rappelons que, selon les écritures, c’est au matin du troisième jour que le Dieu des chrétiens créa la végétation dont Vitis Vinifera et rien que pour ça, on peut l’en féliciter. Au demeurant, vu son ancienneté, il doit avoir une de ces caves,  je ne vous dis pas ! Cela me fait saliver d’avance car je ne doute pas qu’il m’y invitera le moment venu, vu que j’ai toujours célébré les vignes du seigneur et le sang de son fils présumé (en l’absence de preuve ADN, mieux vaut être prudent).

 Mais revenons à l’objet de cette chronique qui est de vous conter par le menu notre ascension du jour qui a pour objectif le Pic de la Serrera,  qui domine de ses 2.913m le parc naturel du Val de Sorteny.

 Nous voilà donc partis dès potron-minet alors que les nuages s’étirent encore dans le fond des vallées, prêts à reprendre leur périple dans le ciel.  Pour ceux qui ne connaîtraient pas cette expression de « potron-minet » (ce qui est tout à fait excusable ) précisons qu’elle veut dire « dès que l’on voit poindre le cul du chat ». La locution d’origine était « dès le poitron-jacquet » ce qui en ancien français signifiait « dès que l’on voit poindre le derrière de l’écureuil » (le poitron était le postérieur et le jacquet : l’écureuil)  Les  chats étant aujourd’hui plus fréquents que les écureuils (n’est ce pas Jean Mi !) la locution s’est donc modernisée.

 

 

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Après avoir dépassé le refuge de Borda de Santeny nous progressons en remontant le torrent qui donne son nom au vallon. Le fond de l’air est encore un peu frais pour y chercher une « gouille » (vasque en haut savayarois) et y faire trempette mais nous nous promettons de le faire à la descente.

 

 

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Puis les choses sérieuses commencent ! Nous abordons  une pente plus rude qui mène à la portella des Méners à 2724m (en montagne, on n’arrondit pas, car chaque mètre compte !)  Soudain le sac se fait un peu plus lourd, surtout pour celui qui porte la bouteille de « fortifiant », cette honorable responsabilité étant confiée à tour de rôle à chacun des mâles du groupe (avoir des mollets de yéti n’empêche pas la galanterie !)

 La montagne est une école de volonté, je l’ai déjà dit et quand on aborde des pentes à 30% celle-ci est mise à rude épreuve ! La montagne trempe le caractère (quand ce ne sont pas nos os !) et pour citer Bergson elle nous aide à faire en sorte que pour nous l’avenir ne soit pas ce qui va arriver mais ce que nous voulons en faire.

 

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Et pour ce qui concerne notre avenir immédiat , il se résume à un mot : grimper !  Mettre un pied devant l’autre et recommencer !  la montagne nous ramène à l’aube de l’humanité quand les premiers homo sapiens-sapiens ont colonisé le monde pédibus jambus . La sueur qui perle sur votre front, les râles de votre souffle court, la sensation de brûlures dans les muscles trop sollicités , l’inquiétude devant des nuages qui se font menaçants , rien n’a vraiment changé depuis 30.000ans, si ce n’est que nos peaux de bêtes et nos chausses portent les nom de Salomon, Technica, Millet , Lafuma….et que l’on mange du jambon Beurka et pas de l’auroch fumé.

 

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C’est cela le grand bonheur de la randonnée en montagne : débrancher sa vie de tous les appendices technologiques qui,  sous prétexte de la faciliter, vous prive de vous même en vous emmaillotant dans des mondes virtuels où l’on ne se sent plus vraiment exister.  Que sait on encore de la pluie,  du vent , des senteurs des pins et de l’herbe quand on voyage à l’abri de vitres fumées, l’oreille collée à son mobile et l’œil rivé sur son GPS ?

Nous continuons de progresser vers le Portella en tournant le dos au Pic de l’Estanyo (2915m) qui arbore une mine sombre face à notre désinvolture. Sûr qu’il nous le fera payer cher demain, jour où nous avons prévu de l’ascensionner ! Mais à chaque jour suffit sa peine, et celle d’aujourd’hui vaut son pesant de cailloux et demain est un autre jour !

 

 

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Nous voilà parvenus à la Portella dels Meners après avoir grimpé 900m de dénivelé . Il en reste encore un peu moins de 200 pour parvenir au sommet du Pic de la Serrera,  mais quand on aime on ne compte pas ! (c’est ce que disent généralement les amants pingres qui achètent des bagues à dix sous à leurs mal-aimées)

L’ascension ne semble pas présenter de difficulté majeure et c’est confiants que nous nous mettons en chemin, ou du moins en route, car la chemin se réduit à une vague trace au milieu des éboulis

 

 

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Nous contournons tout d’abord une barre rocheuse où le pic arbore des chicots de pierre qui trahissent son age respectable. Quarante millions d’années pour une montagne c’est un peu équivalent à la quarantaine chez des humains : les première rides apparaissent et  les formes doucement s’affaissent

 

 

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Quelques dépressions piègent l’eau de pluie qui se souvient qu’elle a été nuages et contemple avec nostalgie ses anciens congénères qui s’étirent voluptueusement dans le ciel.

 

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Le sommet n’est plus qu’à quelques encablures et nous avons soudain des ailes à nos chaussures qui auparavant étaient lestées de plomb !

 

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J’y suis  et j’ai bien envie d’y rester semble nous dire  Georges, mais qui arrosera alors mes tomates ? C’est ainsi souvent que des obligations triviales brisent de grandes destinées !

 

 

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L’âme et le cœur réjouits d’avoir, notre devoir, envers nous même accompli (c’est le plus impérieux, car qui ne se respecte et ne s’aime pas ne peut aimer ni respecter les autres) nous entamons en roue libre la descension (c’est plus majestueux que « la descente » terme plus approprié pour les vulgaires escaliers) alors que lentement les nuages ensevelissent les cimes.

 

 

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La descension est un moment de détente qui nous donne l’occasion d’admirer l’étonnante flore montagnarde, telles ces anémones pulsatilles que le vent a passablement décoiffées

 

 

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Mais soudain un être étrange nous barre le chemin et nous interpelle en nous demandant d’où nous venons. Lui ayant précisé que nous avons fait l’ascension du Pic de la Serrera, il s’écrie « je suis mandaté par le co-prince d’Andorre, Nicolas, pour percevoir les droits d’ascension et de descension des sommets d’Andorre, ces droits étant destinés à financer les frais de chaussures des douaniers qui surveillent la frontière entre la France et l’Andorre. Vous êtes dix, ça fait 50 euros à moins que vous ne bénéficiez du bouclier fiscal! »

Eberlués,et n'étant pas fiscalement  "boucliérisés" mais plutôt "masse-d'armisés" nous dénonçons le scandale qui veut que d’honnêtes randonneurs financent des dépenses liées à la surveillance des malfrats. « Vous  payez bien  vos impôts sans sourciller depuis 40 ans pour payer le train de vie somptuaire des monarques de l’Elysée, vous n’allez pas faire un pataquès pour quelques paires de grolles de douaniers. » nous rétorque-t-il du tac au tac (pas gagnant celui là !)

Nous restons quelques instants cois devant cet imparable argument, puis osons timidement  une dernière remarque « Va, pour un droit à l’ascension , mais pour la descension ça nous apparaît abusif ! »

« Vous n’étiez pas obligé de redescendre » nous répond-t-il et sur ces paroles dites d’un ton comminatoire, il nous invite à payer. Piteusement nous nous exécutons, mais en nous disant dans notre fort intérieur « Nicolas, tu nous revaudras ça ! » (si tu me lis Nicolas et que tu nous envoies un chèque de 50 euros , on passera l’éponge)

 

 

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Fort heureusement, nous retrouvons le torrent que nous avions suivi à la montée, dont les eaux aident à rafraîchir nos esprits échauffés…..

 

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Nous retrouvons bien vite notre sérénité car nous savons qu’après cette eau bien fraîche d’autres « liquides » bien plus délicieux, car buvables, nous attendent à l’arrivée…

A suivre....


Texte & Photos Ulysse