suivi de mon blog
Midilibre.fr
Tous les blogs | Alerter le modérateur| Envoyer à un ami | Créer un Blog

28/02/2015

Nous avons vogué vent debout sur le Caroux ! (Reprise d'Archive)

 

DSC02430.JPG

En cette saison, mon blog ressemble souvent à un catalogue de sports d’hiver. Pourtant je n’ai pas changé d’adresse, mon antre étant toujours situé près des rivages de la Méditerrannée. Mais les aléas climatiques font que nos modestes montagnes languedociennes prennent au cours de l'hiver une allure «Himalayenne». Et Gibus et moi  nous délectons à les arpenter !

Ainsi nous allons aujourd'hui faire l’ascension du Caroux dont les larges épaules n’ont jamais été aussi blanches. Il faut dire que ce colosse, qui malgré ses allures débonnaires met à mal nos mollets, est plus habitué aux tièdes effluves méditerranéennes parfumées de garrigue qu’aux vents glaciaux venus de Norvège aromatisés au sapin !

 

DSC02439.JPG

Nous partons du Verdier situé à l’entrée des Gorges d’Heric que domine le Roc du Miral du haut de ses 887 m. Le ciel est « bleu neige »   le vent est nul à cet endroit (précision importante, on le verra tout à l’heure) la température extérieure affiche un « agréable «  2° (pour des montagnards !) et nos sacs sont pourvus de réserves d’anti-gel pour affronter la froidure des sommets. Nous jouissons donc de conditions de « vol » idéales pour mener à bien notre expédition.

 

 

DSC02450.JPG

Très vite nous rencontrons la neige qui tapisse les sous bois de chênes verts dont les feuilles vivaces créent l’étonnant spectacle d’une frondaison verte dans un paysage hivernal.

 

 

DSC02469.JPG

Parvenus au pied du Rocher du Luchet qui nous toise de ses 1010m les choses se gâtent un peu, la couche de poudreuse devenant plus épaisse et masquant les chausses trappes du chemin empierré. Je me retrouve plusieurs fois le cul dans la neige tandis que Gibus , à qui on a dû greffer à la naissance un gyroscope, semble surfer sur le chemin.

 

DSC02486.JPG

Mais nous parvenons enfin sur le plateau sommital où nous imprimons les premières traces de bipèdes, instant pour nous aussi mémorables que les premiers pas d’Amstrong et d’Aldrin (celui que l’on oublie toujours ! malédiction des deuxièmes !) sur la lune. Vous verrez peut être dans cette affirmation un brin de prétention mais ce jour là nous étions assurément les seuls hommes sur ce lopin de terre.

 

 

DSC02489.JPG

Le moment étant venu de l’indispensable pause-repas (boissons comprises !) , nous nous réfugions dans le refuge de Font Salesse où nous vous avons souvent virtuellement accueillis. Nous y faisons un feu d’enfer et le plein d’énergie, le menu du jour étant, comme à l’accoutumée, constitué de vin chaud, de potage, de pâté, de salade de pâtes, de vin de pays d’Oc et pour conclure de café, thé, biscuits et chocolat : un festin auquel Amstrong, Aldrin et Collins - le troisième larron de l’expédition lunaire qui a fait tout le boulot en conduisant le module mais a été privé de sortie - n’ont jamais eu droit ! Mieux vaut donc partir à la conquête du Caroux que de cette « faucille d’or négligemment jetée par dieu dans le champ des étoiles » si chère au grand Victor !

 

 

DSC02499.JPG

Mais il nous faut nous arracher au confort du refuge pour prendre le chemin du retour. Le trajet commence sous de bons auspices, le ciel rayonne toujours d’un intense bleu neige, la hêtraie que nous traversons ressemble à d’immenses chandeliers dont les ombres des branches zèbrent d’éclairs le sol enneigé. .

 

 

DSC02498.JPG

L’eau d’un ruisseau que rien n’arrête (sauf nos gosiers !) grignote son chemin dans la couverture neigeuse et ouvre une plaie béante sur l ‘épiderme de Gaïa .

 

DSC02523.JPG

Mais nous approchons du coté nord du plateau où notre vieille et vigoureuse ennemie, la Tramontane, entraîne la poudreuse dans une valse infernale.

 

 

DSC02531.JPG

Après un instant d’hésitation nous nous lançons tête baissée sur la « piste de danse » espérant échapper rapidement à l’emprise de cette vigoureuse fille d’Eole dont le seul mérite est de balayer le chemin nous permettant de le suivre plus aisément .

 

 

DSC02526.JPG

Mais la drôlesse est susceptible et comme aucun de nous deux n’a daigné l’inviter à danser, elle commence à faire tourner autour de nous un tourbillon de poudreuse qui nous suffoque.

 

DSC02533.JPG

Nous tanguons, nous roulons voguant vent debout sur cet océan de neige. Par instants la Tramontane parvient à faire vaciller Gibus ce qui n’est pas un mince exploit. Mais celui ci plie mais ne rompt pas ! Quant à moi, je l’avoue humblement, je suis obligé plusieurs fois de mettre un genou en neige pour reprendre mon souffle ! Plier le genou devant madame Tramontane n'est pas une faiblesse mais un signe de galanterie! (je sauve mon amour propre comme je peux)

 

DSC02541.JPG

Sous l’effet de cette valse folle le chemin a disparu et nous naviguons à l’instinct traversant des dépressions de terrain où nous nous enfonçons jusqu’à mi-cuisse dans la poudreuse.

 

 

DSC02542.JPG

Chaque pas demande un effort intense pour extirper nos jambes de la gangue neigeuse mais l’infinie pureté et beauté du paysage nous fait oublier la difficulté de l’épreuve, notre corps étant assujetti à notre âme éblouie .

 

 

DSC02544.JPG

Car notre âme s’est émancipée de ce corps si contraint et pesant et vole de sommet en sommet, enivrée de pouvoir contempler une telle magnificence que peut être aucun homme ne reverra jamais. Voir autant de neige sous un ciel si bleu dans notre contrée est en effet plus rare que de voir fleurir un oranger sur le sol irlandais !

 

 

DSC02545.JPG

Nous plongeons dans les Gorges d’Héric espérant échapper à l’étreinte de la Tramontane, mais elle semble là aussi s’en donner à cœur joie. Nous prenons notre mal en patience car au fond de nous nous savourons secrètement ce défi qu’elle nous lance et qui sublime la sensation de nos existences.

 

DSC02547.JPG

Nous longeons les imposantes masses de gneiss déchiquetées du Roc du Caroux que l’haleine blanche de la tramontane rend aériennes.

 

 

DSC02549.JPG

Nous parvenons enfin sous le couvert d’antiques châtaigneraies où le calme règne. Nous reprenons nos esprits avec le sentiment d’avoir vécu un moment unique de notre vie, une idylle fougueuse avec la neige et la tramontane, deux redoutables et séduisantes filles de Dame Nature.

 

 

DSC02554.JPG

Un ruisseau qui coule non loin nous offre en prime une magnifique fleur-étoile de glace et nous jouissons de ce privilège d’être les seuls hommes qui pourront jamais la contempler.

 

 

DSC02560.JPG

Nous croyant tirés d’affaire et la température ayant remonté de quelques degrés, nous quittons nos anoraks quand soudain la Tramontane profitant d’une trouée dans la châtaigneraie nous impose une dernière « valse ». Après un instant d’hésitation, voyant que nous ne pouvons refuser une invitation aussi pressante, nous nous livrons contraints et forcés à ce dernier tour de piste…

 

 

DSC02558.JPG

Mais le hameau d’Heric est bientôt en vue à partir duquel le chemin descend au fond des gorges de l’Héric où la tramontane ne peut s’aventurer.

 

 

DSC02572.JPG

Le reste de notre périple devient alors idyllique, des lambeaux de neige illuminant la frondaison des arbres et les pierres du torrent tandis que les rayons du soleil retrouvent une température printanière.

 

 

DSC02581.JPG

Nous sommes un instant tentés de faire comme cette chute qui se précipite dans une vasque émeraude, mais les rives en sont ombragées et il se fait tard.

 

 

DSC02603.JPG

Et puis, pour dire le vrai, juste à coté la nature nous offre un fabuleux spectacle qui refroidit un peu notre envie de nous baigner !

 

Et maintenant si vous souhaitez vous réchauffer je vous invite à aller faire un tour à Madère sur mon blog PIQUESEL (cliquez sur le nom du blog).

Ou alors à aller écouter ma dernière chanson "La tête dans les étoiles" sur mon blog OLD NUT (cliquez sur le nom du blog)

 

Texte & Photos Ulysse

 

29/01/2012

Il a neigé dru sur le plo des Brus (fin)

   ACTUALISATION D'ARCHIVE

Etant indisponible jusqu'au début du mois de  février j'ai programmé quelques "archives" pour vous faire patienter. Merci de votre visite


DSC01539.JPG

(Suite de la note précédente)

Quittant la hêtraie qui préfère les versants au nord plus frais et humides, nous basculons vers le sud et  pénétrons au cœur d’une sapinière. Les troncs  sont ornés de mouchetis de neige qui captent et renvoient la lumière donnant un aspect féerique à ce lieu habituellement austère et sombre.


DSC01543.JPG

Nous croisons deux duellistes saisis par le gel. Quelle était donc la cause de leur querelle ? Une rivalité en amour ? Une affaire d’honneur ? Nous ne le saurons jamais comme nous ne saurons jamais de notre vivant si le vin est à volonté et gratuit au paradis ! (C’est pour cette raison que je prends un peu d’avance ici-bas !)


DSC01546.JPG

Même ce lièvre des neiges, familier des lieux, n’a pu nous donner le fin mot de l’histoire ! Avouez que c’est assez énervant de ne pas savoir ! Je lance un appel à celles et ceux qui auraient des informations sur ce drame de me mettre un commentaire. Il ou elle aura droit à ma gratitude éternelle (ce n’est pas rien !)


DSC01548.JPG

Nous ne prenons même pas la peine de poser la question à cet éléphant rescapé de l’armée d’Hannibal car chacun sait que les éléphants ça trompent énormément.

 

DSC01549.JPG

Cet « Ent-chataigner » séculaire aurait, peut être, pu nous tuyauter mais il a oublié la langue des humains apprise dans sa jeunesse du temps où les hommes vivaient dans le vallon et s’occupaient de lui en échange de ses châtaignes. Qu’allons nous devenir si les hommes et les arbres ne peuvent plus communiquer entre eux ?


DSC01550.JPG

Le chemin traverse le ruisseau de l’Ourtigas et Gibus, plus audacieux que je ne le suis, emprunte la passerelle branlante et couverte de neige masquant traîtreusement une couche verglacée. Il en sort indemne en se rattrapant aux branches tandis que je prends le parti moins glorieux de franchir le ruisseau au niveau d’un gué.


DSC01553.JPG

Et c’est l’arrivée à Caissenols le Haut, promesse d’un bon feu de cheminée , agrémenté d’un vin chaud que nous buvons à votre santé chères lectrices et lecteurs en saluant votre fidélité à nous suivre.



DSC01558.JPGIl est toujours émouvant de penser que des gens au cours des siècles passés ont été assis face à ce foyer la tête emplie de soucis, d’espoirs, de rêves. Qu’ils ont ri, discuté, pleuré, qu’ils se sont querellés, embrassés, aimés. Nous nous joignons en pensée à ce peuple de fantômes sachant qu’un jour viendra où nos visages s’estomperont dans le néant comme les flocons de neige dehors dès que reviendra le printemps. Vivons ! vivons ! il est plus tard que nous le croyons ! (cliquer sur la photo pour l'agrandir et vous verrez, enfin, nos bobinettes. Laquelle de vous, chères lectrices, a poussé un soupir de déception ?).

 

DSC01561.JPG

Réchauffés et rassasiés nous prenons le chemin qui mène au portail de Roquenduire. La remise en route, en cette saison qui ne nous permet pas de sacrifier à la sacro sainte tradition de la sieste, est un peu difficile, d’autant que l’ascension du matin a été rude.

 

DSC01567.JPG

Notre chemin traverse le ruisseau de la Raille auquel le gel a brodé de magnifiques suspensions de glace, chefs-d’œuvre éphémères et rares en notre contrée

 

DSC01572.JPG

Les œuvres qui ornent le ruisseau de la Taillade n’ont rien à leur envier. L’hiver doit être follement amoureux de Gaïa pour lui sculpter de tels pendentifs ! Sans doute craint-il d’être bientôt éconduit en raison de l’irresponsabilité des hommes.

 

DSC01575.JPG

Les yeux éblouis par tant de merveilles je marche par inadvertance sur la queue d’un chat sauvage qui s’en prend à mes mollets me forçant à précipiter l’allure

 

DSC01576.JPG

Nous arrivons en vue de la Serre de Majous qui dépasse les 800 mètres mais que l’hiver a déserté du fait d’une généreuse exposition au soleil. Ainsi en quelques kilomètres nous changeons de zone climatique, parfaite illustration de ce patchwork de micro-climats que constitue la zone des hauts-cantons située à la croisée des influences océanique, montagnarde et méditerranéenne.

 

DSC01582.JPG

Sur le versant couvert de genets Gibus qui a un regard d’aigle repère un intrus qui nous observe. Saurez vous vous aussi le repérer?

 

DSC01583.JPG

Nous franchissons enfin l’étonnant portail de Roquandouire pour redescendre en direction de Nougayrol. Vous l'avez déjà franchi en ma compagnie au moins une dizaine de fois mais on ne s'en lasse pas, n'est ce pas ?

 

DSC01588.JPG

Quelle meilleure façon de tirer le rideau sur cette randonnée que de vous montrer ce rideau de glace tissé par le ruisseau du Devois du Fayet que nous traversons avant d'arriver. Il est vrai qu’avec un nom pareil on a le droit de parader !

 

Texte & Photos Ulysse

A ceux qui envisagent l'achat d'un appareil photo je déconseille l'achat d'un appareil SONY qui comme le souligne ce site sont de fabrication légère, ce que je confirme car mon SONYAlpha 55 a eu une panne fatale alors qu'il était encore sous garantie que la société a refusé d'appliquer prétextant un mauvais usage de l'appareil. 

 

Remonter



24/01/2012

Il a neigé dru sur le Plo des Brus (1ère partie)

  ACTUALISATION D'ARCHIVE

Etant indisponible jusqu'au début du mois de  février j'ai programmé quelques "archives" pour vous faire patienter. Merci de votre visite

 
DSC01445.JPG

Parcourir les chemins du haut-languedoc c’est revisiter son histoire. Il ne s’y trouve guère de lieu qui, par sa végétation, l’aménagement de l’espace ou les ruines que l’on y trouve, ne parle des siècles passés.

Nous voilà donc partis, Gibus et moi, pour un haut lieu à la fois géographique et historique de notre région : le plo des Brus, perché à plus de 1000 mètres dans le massif de l’Espinousse. En lisant ce nom, les esprits retors pourraient s’imaginer (aurais je l’esprit retors ?) que sur ce plateau (plo) haut perché, autrefois les brus en délicatesse avec leurs belles mamans (ce sont des choses qui arrivent, n’est ce pas !) venaient s’y échanger des recettes de soupe à la cigüe et autres « délices » pour mettre fin à leur problème, d’où le nom donné à ce lieu.

Que nenni ! l’origine en est beaucoup plus passionnante et viendrait de l’existence d’un camp romain qui aurait été commandé par Brutus, l’un des lieutenants de César (et plus tard l’un de ses assassins)  avec la mission de réduire les Ruthènes et les Avernes, soulevés par Vercingétorix.

Car ce plo situé sur le chemin menant de Béziers à Cahors occupait une position stratégique et présentait sur la majeure partie de son périmètre des défenses naturelles inexpugnables. Des restes de fortifications, des traces de roues de chars  gravées dans les dalles du sol et d’innombrables fragments de porteries attestent de cette présence romaine (Source « Mon Blason de Jules Anton Ed.  les Amis des Cévennes).

 

DSC01451.JPG

Nous partons donc du vieux moulin de Nougayrol situé au bord de la Mare (affluent de l’Orb) quelques kilomètres après Andabre et grimpons vers la chapelle de St Eutrope, notre  première étape. Derrière nous s’élève la montagne de Marcou (1087m) coiffée de neige qui donne une note de fantaisie à son allure habituellement austère.

 

DSC01463.JPG

La plateforme rocheuse sur laquelle est installée la chapelle nous permet de reprendre notre souffle. La croix qui la coiffe est comme un  défi de l’esprit au monde minéral et inhospitalier qui l’entoure .

 

DSC01473.JPG

Mais nous avons nous aussi un défi à relever qui est de franchir  sans encombre la formidable barre rocheuse qui protège le plo des brus, malgré la neige qui recouvre ses pentes

 

DSC01478.JPG

A peine sommes nous en route sur une vague trace encombrée de rocs, que nous apercevons un vénérable mouflon qui doit se trouver très heureux, en nous voyant tanguer sur le sentier, d’avoir quatre pattes plutôt que deux ! Malgré les cornes qu’il nous faudrait porter, sûr que l’on aimerait nous aussi à ce moment être mouflons !

 

DSC01485.JPG

Il rejoint nonchalamment sa harde qui se réchauffe la couenne au soleil, sans doute heureuse de retrouver un temps plus clément après les tempêtes des derniers jours.

 

DSC01497.JPG

La pente se fait plus raide et la neige plus profonde, ce qui ne facilite pas notre progression. Mais la tramontane est en congé et le froid reste supportable, ce qui nous permet de nous concentrer sur le sentier.

 

DSC01502.JPG

A l ‘approche de la dernière barre rocheuse les choses se corsent car la couche de neige rend les roches sous jacentes glissantes et, oh stupeur ! Gibus, qui habituellement semble flotter sur les chemins, patine un peu dans la semoule ….Quant à moi je progresse à quatre pattes  sur un air de tango, deux pas en avant, un pas en arrière !

 

DSC01506.JPG

Mais de nos efforts nous sommes largement récompensés par la vue que l’on a une fois parvenus sur le plo.  On comprend que les romains aient choisi d’installer leur camp à cet endroit qui offre une vue à 360° (voire plus) sur le paysage environnant.

 

DSC01508.JPG

Vu d’ici, l’orgueilleux Marcou n’est plus qu’un pauvre tas de caillou, lointain cousin du Mont valérien (il faudra que je me méfie la prochaine fois que j’irai lui gratter le dos, si jamais on lui rapporte mes propos !). Comme quoi tout est affaire de perspective : tel problème dont on se faisait une montagne nous fait sourire après l'avoir surmonté !

 

DSC01520.JPG

Nous nous arrachons à grand peine à cette vue ensorcelante pour descendre vers le hameau de Caissenols le Haut, où nous avons prévu de pique-niquer.

 

DSC01516.JPG

Alors que nous suivons les traces d’un mouflon, je vérifie la véracité d’un dicton languedocien qui dit que si l’on met ses pas dans ceux de cet ongulé , on peut lire dans ses pensées. Je n’ose le dire, mais ayant agi de la sorte, je vis apparaître le postérieur d’une mouflonne ! Comme quoi les mouflons et les hommes ont des valeurs communes !

 

DSC01528.JPG

Nous croisons un hippopotame des neiges, descendant d’une espèce qui occupait les lieux il y deux cents millions d’années alors que le climat était tropical. La faculté d’adaptation du monde vivant est étonnante. Qui pourrait imaginer que nos avortons politiques actuels sont des descendants de Vercingétorix et de Charlemagne?

 

DSC01529.JPG

Etre ou ne pas être, voilà une question que ne se pose pas ce formidable hêtre qui a lui seul constitue une forêt. Les arbres sont dans le monde vivant les êtres qui ont la vie intérieure la plus riche et la plus intense, du fait de leur immobilité qui les conduit  à passer leur existence à méditer en faisant fi des éléments. D’ailleurs, faites l’essai un jour d’enlacer un bel arbre pendant plusieurs minutes et vous en serez revigoré.

La tempête Klaus de janvier 2009 l’a malheureusement sérieusement blessé mais pas terrassé et je lui souhaite  de voir passer de nombreuses générations de randonneurs.

A suivre....

Texte & photos Ulysse

A ceux qui envisagent l'achat d'un appareil photo je déconseille l'achat d'un appareil SONY qui comme le souligne ce site sont de fabrication légère, ce que je confirme car mon SONYAlpha 55 a eu une panne fatale alors qu'il était encore sous garantie que la société a refusé d'appliquer prétextant un mauvais usage de l'appareil. 

 

Remonter

 

17/01/2012

Neige, blizzard et deux fous sur le Caroux (fin)

  ACTUALISATION D'ARCHIVE

Etant indisponible jusqu'au début du mois de  février j'ai programmé quelques "archives" pour vous faire patienter. Merci de votre visite

 
DSC01247.JPG

(Suite de la note précédente)

Sortant du couvert des arbres nous abordons la traversée du plateau central du Caroux occupé en partie par la tourbière de la Lande que l'on traverse sur des pilotis de bois glissants comme une savonnette. Nous nous dirigeons vers le hameau de la Fage situé sur le flanc « Est » du Caroux, bousculés par la Tramontane qui s’est levée et souffle à près de 100km/heure.

Nous dépassons un arbrisseau qui s’est témérairement installé sur le plateau, aussi fou que nous le sommes, sauf que nous avons l’avantage sur lui de ne pas être condamnés à rester plantés en ce lieu qui, aujourd’hui, prend des airs de Sibérie.

 

DSC01249.JPG

Oui, fous nous sommes, mais de cette douce folie qui habite les enfants qui courent dehors débraillés pour faire des batailles de boule de neige ou pataugent les pieds gelés dans les flaques d’eau en niquant leurs chaussures, comme l'a si bien chanté  l'ami Renaud.


DSC01260.JPG

Par endroits le chemin disparaît sous la neige et seuls les cairns qui émergent ici et là nous confirment que nous avançons dans la bonne direction

 

DSC01250.JPG

Mais soudain la tramontane, sans doute vexée de notre indifférence à son égard, redouble de violence et nous environne dans un blizzard de cristaux de neige qui nous aveugle et nous cingle le visage. Le Caroux se met alors à ressembler à une mer gelée et démontée. Il nous faut impérativement marcher car s'arrêter c'est prendre le risque d'être transformés en quelques minutes en bonhommes de neige ! Le corps à corps avec les intempéries nous procure un bonheur intense en faisant vibrer la corde de vie qui nous traverse et diffuse à travers notre corps des ondes de plaisir.

 


DSC01253.JPG

Plus la tramontane se déchaîne et plus notre plaisir redouble ! La saveur de la vie est magnifiée quand vous êtes ainsi soumis à des conditions extrêmes mais que votre existence n’est pas vraiment en péril.

 

DSC01255.JPG

Nous approchons du bord du plateau et allons quitter à regret ce monde inhospitalier mais d’une beauté austère et vivifiante. La contemplation d’un monde vierge, sauvage, exempt de toute autre présence humaine permet de ressentir le lien intime qui nous relie à l’univers. Dans le blizzard de neige nous étions deux « flocons » pensant …

 

 

DSC01265.JPG

Le chemin bascule vers les gorges de Colombières où nous sommes protégés de la Tramontane. Faisant une halte pour nous désaltérer- car le vent et le froid déshydratent - je découvre que pendant la traversée du plateau ma gourde a gelé ! C’est  « une première »  depuis des années que nous randonnons dans l’Hérault et qui me fait regretter de ne pas avoir emmener une flasque de pastis !

 

 

DSC01268.JPG

On aperçoit bientôt le fil argenté du ruisseau d’Arles qui coule au fond des gorges. Bien qu’adeptes, comme vous le savez, des bains « nordiques » nous ne sommes pas tentés cette fois ci d’y mettre ne serait- ce que la moitié du quart d’un petit doigt de pied .

 

 

DSC01287.JPG

Les rives rocheuses qui le surplombent sont décorées comme des sapins de noêl et témoignent de la température ambiante !

 

 

DSC01286.JPG

L’eau habituellement insaisissable est ainsi condamnée par le froid à l’arrêt, mais que la chaleur revienne et elle reprendra son cours ! Après la mort qui nous saisit, nos vies reprennent elles aussi ailleurs leur cours ?

 

DSC01275.JPG

Des brindilles s’habillent de glace et parent Gaïa, notre terre,  de somptueuses boucles d’oreilles. Gaïa est coquette  mais hélas , homo sapiens, son amant est un rustre qui ne prête guère attention à elle !

 

 

DSC01284.JPG

Nous plongeons un peu plus avant dans les gorges de Colombières dont les falaises déchiquetées témoignent d’une histoire tourmentée. C’est toujours une source d’étonnement de voir de si petits ruisseaux éventrer ainsi les roches parmi les plus dures qui soient !

 

 

DSC01281.JPG

Le chemin taillé par les hommes traverse de nombreux éboulis rocheux…on peut dire que les gaulois nos ancêtres ont fait un travail de 'romains !

 

 

DSC01288.JPG

Plus avant le chemin  surplombe le torrent en d’étroits passages qui lui donne un air de « chemin des incas ». Mais c’est sans encombre que nous revenons à notre point de départ, revigorés par cette journée qui ferait le bonheur d’un « Inuit ».

Texte & Photos Ulysse

A ceux qui envisagent l'achat d'un appareil photo je déconseille l'achat d'un appareil SONY qui comme le souligne ce site sont de fabrication légère, ce que je confirme car mon SONYAlpha 55 a eu une panne fatale alors qu'il était encore sous garantie que la société a refusé d'appliquer prétextant un mauvais usage de l'appareil. 

 

Remonter