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20/06/2015

Un trio sur l’arête de St-Eutrope

Pris par d'autres activités, j'ai laissé les clés de mon blog à l'ami Gibus, mon inséparable compagnon de randonnée, auteur de cette note et des photos qui l'illustrent.

A bientôt... 

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st eutrope,roquendouire,genêts

Par une superbe météo, nous sommes partis à trois ; Marie, mon épouse, Pierrot , un ami suisse de longue date et moi, l’habituel Gibus du blog ! Notre objectif du jour est l’ascension de l’arête de St-Eutrope.

 

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Dès le début de la montée notre sente serpente au travers des genêts en fleurs, dont le parfum intense et sucré nous enivre de ses arômes. Marie, seule femme, se met au rythme des enjambées masculines. 

 

 

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Mais très vite, des escaliers de pierres rendent son ascension plus pénible, car elle n’a pas l’entraînement de l’ami Pierrot qui randonne deux fois par semaine dans les alpes. 

 

 

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Vous pouvez observer des vrais mollets de vieux suisses, garantis IGP. L’ami Pierrot, originaire du jura Neuchâtelois, nous vente depuis des décennies la beauté de sa région et tout particulièrement le Creux du Van, site qu’il tient à nous faire découvrir. Mais nous craignons que cela ne reste un vœu pieux car les années passent et comme le commun des mortels nous n’allons pas en rajeunissant…

 

 

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On aperçoit la chapelle de St-Eutrope hautement perchée  et Marie qui escalade péniblement ce rude escalier. De tout temps, des hommes se sont retirés, sous prétexte de méditation religieuse, dans des sites difficilement accessibles où des femmes montaient pour se confesser et se repentir de leurs péchés  ou en commettre d’autres avec ces ermites en manque de relations humaines.

 

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 La chapelle ne possédant aucun bien de valeur,  l’église est ouverte à tous les gens de passage, chose rare à notre époque où le vandalisme n’a plus de limite. L’abri de l’ermite est utilisé comme refuge pour les randonneurs de passage les jours de gros temps. Il y a quelques hivers, Ulysse et moi sommes montés chargés de fagots de bois pour faire un feu le temps du pique-nique de notre petite équipe. (voir une note dans l’historique du blog).

 

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Une croix fixée sur un rocher dominant fait face à la grande croix située au sommet du mont Marcou que l’on voit à l’horizon.

 

 

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Même si l’on juge inutile l’installation  d’un lieu de culte dans un endroit aussi inaccessible, on ne peut rester indifférent devant l’effort inhumain accompli pour sa construction.

 

 

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Mais la chapelle n’est qu’une étape et nous ne sommes qu’au quart de l’ascension de notre arête. Très vite le sentier disparaît et se sont des blocs de rochers qu’il nous faut enjamber.

 

 

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 Ou d’étroits couloirs où il faut se faufiler. Mais Marie s’accroche aux pas de Pierrot pour ne pas perdre la trace.

 

 

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Marie qui dans sa jeunesses a bien appris son catéchisme et l’histoire de la Genèse se demande pourquoi le créateur a voulu des océans plats comme la ligne d’horizon et des montagnes aussi chaotiques que celle-ci.

 

 

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Cette randonnée étant particulièrement difficile, chaque passage escarpé franchi est une nouvelle victoire qui nous rapproche  du sommet.

 

 

 

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Une touffe d’œillets sur le bord de la sente nous inspirer une pensée pour notre ami Ulysse, le poète de l’équipe, qui à cette heure doit commencer à faire sauter les bouchons !! A ta santé, l’ami !!

 

 

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Pierrot, arrivé au col le premier, s’étonne en regardant à droite et à gauche, de ne point voir de mat orné d’un grand drapeau comme c’est la tradition sur tous les cols et sommets de Suisse.

 

 

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Au sortir de l’arête, Marie débouche sur le Plo des Brus avec le sourire retrouvé. La montée fût longue et difficile mais la joie de l’avoir vaincue fait oublier toute fatigue.

 

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C’est donc tout sourire que nous posons devant le cairn sommital. Mais la randonnée est loin d’être terminée car nous avons décidé de nous rendre au refuge de Caïssenols pour déjeuner.

 

 

 

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Nous continuons notre chemin au travers d’une magnifique hêtraie, puis plus haut nous rejoignons la sapinière qui se dessine à l’horizon.

 

 

 

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A chaque fois que l’on passe au travers d’anciens hameaux, on ne peut s’empêcher de penser à la rude vie de ces gens d’antan et l’on oublie bien souvent  les  moments de bonheur que ses habitants ont vécu en ces temps ou l’entraide et le soutien entre voisins étaient la règle.

Imaginez ces habitations pleine de vie, les femmes travaillant en chantant, les jeunes filles, levées à l’aube, s’en allant après la traite matinale des chèvres mener le troupeau paître dans un proche pâturage. Alors que la rosée luit encore sur l’herbe tendre, elles se roulent en tenue d’Eve dans les prés humides pour conserver leur peau rose et douce., espérant sans doute que  des garçons y passeront en se rendant au bois ou aux champs accomplir leur ouvrage journalier, et alors je vous laisse deviner la suite….Que du bonheur en ce temps là ! Bon là je rêve un peu ….

 

 

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C’est dans un autre hameau déserté depuis longtemps ; Caïssenols le haut, que nous faisons notre pause déjeuner. Le petit blanc bien frais est apprécié de tous après cet effort soutenu. Bravo à Marie qui a vaillamment suivi le rythme imposé, il faut dire qu’elle n’avait aucune amie à qui parler en chemin et a pu ainsi garder  tout son souffle pour l’effort.

 

 

 

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Au retour, nous passons par le portail de Roquenduire entouré de genets en fleurs. Pour ma part, je n’ai d’or à offrir à Marie que ces genets fleuris, mais c’est un bonheur immense, car comme le chante l’ami Old Nut dans son disque Bidochon Dream, l’excès d’argent n’est pas source de bonheur !

 

 

 

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 Cette randonnée se termine selon notre tradition par un petit bain au pied du moulin de Nougairolle, dont les photos ne peuvent être publiées !!! et par la non moins traditionnelle bière bien fraîche !!!

 

Texte & Photos GIBUS  (  sauf photos 1840-42-46 Pierrot )

 

Si vous avez apprécié ma chanson  « Bidochon dream » sur le triste sort des ultra-riches, je vous invite à aller écouter sur Deezer (cliquez sur le nom pour accéder au site) )  la complainte de ce pauvre «Migrant boy » qui a trouvé refuge dans notre pays, ou celle de ce pauvre hère qui a eu le malheur de croiser le chemin de « Jennifer » ou encore de celui qui a eu la malencontreuse idée d’inviter « La trop belle fille du motel » à boire un verre . Vous pleurerez aussi sur le triste sort des oubliés de la "Star Ac" en écoutant "Mediadead" (Vous pouvez aussi les télécharger sur I-Tunes ou Amazon) N’hésitez pas à laisser un commentaire et à vous déclarer comme « fan » si vous aimez ! Merci d’avance !

        

Vous pouvez également vous tenir au courant de la parution de mes prochains albums en vous inscrivant sur ce nouveau blog Old Nut Zimbalam 

 

Ulysse

12/01/2011

Pèlerinage à St Eutrope pour chasser l’hiver….

 

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Un matin de la mi-décembre, malgré le froid de manchot qui régnait sur le sud, je faisais mon marché et attendais patiemment mon tour à un étal. Les sudistes étant généralement volubiles me voilà engagé dans une conversation météorologique avec un "papet" auquel je manifeste ma surprise au sujet des abondantes chutes de neige tombées la veille sur les sommets des hauts-cantons qui ont pris une allure alpine .

  « On m’avait que dans le sud, il n’y avait pas d’hiver et qu’on se baladait en chemisette en toutes saisons »  je lui susurre goguenard.

« jeunot , ici  dans ma jeunesse il n’y avait pas d’hiver car quand il osait pointer le bout de son nez gelé, on organisait un pèlerinage à la chapelle de St. Eutrope  pour y faire un grand feu et il s’en allait.  Aujourd’hui plus personne n’a le courage d’y monter. Mais attention pour que ça marche fallait monter le bois du bas de la vallée et sur un sentier que même les mouflons hésitent à prendre »

Outre le plaisir d’être appelé jeunot (ce qui ne m’arrive plus guère) l’histoire du papet m’intriguait. Depuis ma rencontre avec un magnétiseur au Montahut., j’étais prêt à admettre que des phénomènes qui choquent à priori nos esprits cartésiens pouvaient avoir une explication scientifique. Ainsi peut être que la colonne d’air chaud provoquée par le feu en cet endroit particulier avait une influence sur l’anticyclone des Açores. Certes l’obligation de n’utiliser que du bois de la vallée semblait relever de la superstition. Mais il fallait aller vérifier en respectant la tradition..

Nous voilà donc partis le lendemain avec Gibus et notre bande de copains sans peurs et sans reproches à l’assaut des pentes enneigées de la Serre de Majoux où se dresse la Chapelle de St Eutrope. Les routes étant enneigées nous partons du village de  Compeyre situé près de Saint Gervais sur Mare  pour emprunter le GR 653 qui  mène au pied de la Serre de Majoux.

 

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Nous passons près de jeunes et tendres hêtres dépouillés d’une partie de leur écorce par des cervidés affamés.  Si jamais grâce à notre expédition nous arrivons à chasser l’hiver, les hôtes de ces bois, que le manteau neigeux prive de nourriture, nous devrons une fière chandelle.   Par gratitude peut être se laisseront-ils plus volontiers approcher et photographier !

 

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Un compère de Sylvebarbe du peuple des Ents  nous hèle au passage pour nous demander où nous allons par un temps si peu propice à la randonnée.  Ayant pris connaissance de notre projet il nous encourage dans notre expédition. Il nous confie qu’au cours de ces 254 années d’existence il n’a jamais vu tomber autant de neige dans la région et se fait du souci pour la survie de ses compagnons forestiers.

 

 

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Nous gravissons une colline boisée dont les arbres dépouillés  laissent voir entre  leurs branches les terrasses édifiées par les anciens, titanesque travail aujourd’hui ignoré, abandonné, mais qui témoigne de leur courage. Tandis qu’ils façonnaient le monde dans lequel ils vivaient, ce travail pétrissait leur propre vie qui plongeait ses racines dans la terre qui les avait vus naître.  Le monde moderne a, pour la plupart d’entre nous, coupé ce cordon ombilical avec la terre mère et c’est sans doute pour cela que nous en prenons si peu soin.

 

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Et pourtant quelle magnificence est la sienne en tous lieux et en toutes saisons pour qui a la chance de pouvoir  s’immerger dans la nature et la contempler.

 

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Nous voici arrivés au pied de l’un des contreforts de la serre de Majoux dont  le sommet échancré laisse voir le bout du clocher de la chapelle St  Eutrope.

Le sentier qui y mène - qui par temps clément n’est pas des plus aisé à gravir – est ce jour là une véritable patinoire. Mais préoccupés avant tout par le seul bien être général qui dépend de l’accomplissement de notre mission, nous battons les fourrés environnants afin de recueillir le bois nécessaire au feu que nous devons allumer dans la chapelle.

 

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Notre récolte faite, nous entamons notre ascension Gibus - le plus audacieux et expérimenté d’entre nous - en tête comme il se doit .

 

 

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Votre serviteur lui emboîte le pas tanguant et dérapant sur le sentier verglacé tandis que Gibus semble avoir des semelles en « post it ».

 

 

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Nos compagnes suivent derrière emmenées par Marie la savoyarde qui avec son mari Gibus a connu des situations bien plus périlleuses.

 

 

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Mais nous parvenons tous sains et saufs à la Chapelle qu’un rayon de soleil inopinément éclaire, dû sans doute  à la débauche d’énergie que nous avons déployée pour grimper jusqu’ici.

 

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Mais ce rayon de soleil peine à faire grimper la température et nous nous réfugions « fissa »  à l’intérieur de l’abri qui jouxte la chapelle et où autrefois vivait un ermite.

 

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Le local n’ayant pas de fenêtre nous suspendons une bougie pour nous éclairer ce qui crée une ambiance magique propice à l’allumage du feu « sacré » qui doit chasser l’hiver .

 

 

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Le feu est enfin allumé qui boute bientôt la température hivernale hors des lieux, ce qui est déjà un premier résultat !

 

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Quand nous sortons pour prendre le chemin du retour, il fait étonnamment beau, ce qui est de bon augure quand au succès de notre entreprise. La neige est néanmoins toujours là et la descente  va se révéler périlleuse.

 

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Mais, après avoir à plusieurs reprises posé involontairement nos fesses sur le sentier, nous arrivons sans encombre dans la vallée où nous constatons avec stupeur que le soleil s’enhardit et commence à faire fondre la couche de neige qui recouvre la montagne du Marcou en face de nous : le papet avait raison, notre feu est en train de faire partir l’hiver !

 

 

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D’ailleurs l’un des descendants des éléphants perdu par Hannibal quand il est passé dans la région pour aller conquérir Rome barrit de contentement à la perspective de retrouver enfin des températures plus clémentes auxquelles il est accoutumé.

 

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Un Ent, sans doute mis au courant de notre expédition par son congénère rencontré le matin (les oiseaux sont les messagers de ce peuple), nous félicite pour notre courage et se réjouit des rayons du soleil qui commencent à chauffer le haut de sa ramure.

 


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Et, suprême récompense, des mouflons, d'ordinaire si farouches mais probablement informés  par les Ents, viennent saluer ces humains auxquels ils doivent ce réchauffement soudain de l’atmosphère.

 

 

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Une minuscule feuille de hêtre qui avait vaillamment résisté à l’hiver et  refusait de choir avant de revoir une dernière fois le soleil, accueille avec un bonheur immense le rayon qui la traverse .

 

 

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Et un vieux châtaignier nous ouvre son cœur pour nous remercier au nom de l’ensemble des êtres de la forêt de ce que nous avons fait.  Emus par ces témoignages de reconnaissance, nous sentons renaître en nous ce lien charnel et fraternel qui nous unit à la nature. Et nous comprenons que si l’homme ne prend pas soin de son « berceau » il prépare sa tombe.

 

Et si jamais l’hiver revient roder dans les parages nous savons ce qu’il nous reste à faire !

 

PS : Passez les frontières en cliquant ici pour visiter mon autre Blog PIQUESEL

Texte & Photos Ulysse

21/11/2008

De Saint Eutrope au vallon de l'Ourtigas

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Bien que mécréant, je reconnais aux religieux du passé, en dépit de leurs nombreux forfaits, une immense

qualité : ils avaient un talent certain pour choisir le lieu de leur méditation.



Ainsi en témoigne la chapelle Saint Eutrope, bâtie à 683 mètres d'altitude sur les contreforts de la Serre de

Majous dominant la vallée de la Mare. Elle fut édifiée au moyen age à l'endroit ou le saint, qui lui a donné son nom,

venu du lointain Saintonge pour évangéliser la région, avait coutume de se retirer pour médite
r.

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On y accède par une sentier de chèvres, en partant de l'ancien moulin du Nougayrol situé au bord de la « Mare »

non loin du village de Castanet-le Haut . Autrefois source d'énergie, ses eaux fraiches et limpides

ne sont plus aujourd'hui recherchées par les hommes que pour y folâtrer à la belle saison avec les truites.

Vu la température de l'eau, mieux vaut d'ailleurs éviter de nager en tenue d'Adam si l'on veut éviter que notre

« signe distinctif » ne soit confondu avec un vermisseau par ces carnassières réputées.



Si la chapelle Saint Eutrope montre aux croyants le chemin du ciel, elle est aussi un marche-pied vers

d'autres merveilles plus concrètes et tout aussi gratifiantes. Mais pour y accéder il faut accepter de cheminer

sur une esquisse de sentier aussi abrupte q'une échelle de meunier et qui mène sur la serre de Majous à près

de 1000 mètres d'altitude.


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Au cours de l'ascension les chaines de montagnes avoisinantes se dévoilent à nos yeux. Pour jouir de ce

spectacle sublime un arbre plus audacieux que ses congénères et sans doute moins frileux s'est installé sur l'une

des crêtes.


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Et puis soudain, le souffle court et le coeur dansant la carmagnole, nous émergeons sur l'arête

sommitale de la serre revêtue d'une parure d'herbes fauves. Les rares arbres ayant pu s'y acclimater

expriment par leur corps torturé la direction du vent dominant.


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La litanie des randonneurs qui sont passés en ce lieu ont édifié un cairn dont les pierres défient les lois

de la pesanteur. Autour de cet ouvrage rudimentaire tournoie une galaxie de monts bleutés qui constituent la trame

des Hauts Cantons.


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De de point névralgique - que Dali, s'il l'avait fréquenté, aurait sans doute choisi comme centre du

monde aux lieu et place de la Gare de Perpignan – nous nous dirigeons vers l'austère et aride Plo des Drus.

Sur cet ancien lieu de transhumance, aujourd'hui colonisé par les bruyères, une avant garde de pins vient établir

son campement en vue d'une invasion future par leurs congénères.


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Ainsi peu à peu un manteau forestier engloutit dans ces contrées reculées les traces de l'ancienne présence

humaine. On peut craindre qu'un jour l'ensemble de l'humanité ne soit ainsi balancée par dessus bord d'un coup

d'épaule de Gaïa (notre planète) irritée de notre irrespect à son égard.


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A l'extrémité du Plo des Brus nous apercevons au loin le roc Traucat , semblable à la machoire d'un requin

émergeant des terres et dressée vers le ciel comme s'il tentait de gober la lune ou quelques étoiles.



Puis c'est la descente dans le vallon sauvage de l'Ourtigas, l'un de ces lieux où il vous faut mettre votre

raison dans une poche de votre sac à dos et ne pas vous étonner des « merveilles « que l'on y rencontre.


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Les anciens dénommaient en effet cet endroit le vallon des « Ourbas » ces êtres légendaires qui vivaient dans

des avens secrets et ne sortaient généralement que la nuit pour chasser et prélever leur « dîme «  sur les cultures

(chataignes, céréales, pommes) des hommes qui occupaient leur territoire. Ils avaient la réputation de confectionner

avec la peau des chevreuils des bottes « magiques » qui leur permettaient d'échapper aux hommes qui tentaient de

les poursuivre.


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Nous ne sommes d'ailleurs qu'à demi stupéfaits d'apercevoir posée contre un rocher l'une des bottes

qu'un « Ourba » (ou plutôt qu'une Ourba, vu l'élégance de la botte !) a du retirer, sans doute pour enlever un caillou

qui s'y était glissé. Surpris par notre approche "il" ou "elle" a du prendre la fuite sans avoir le temps de la remettre.

Respectueux du bien d'autrui et soucieux de donner une meilleure image des hommes, nous laissons la botte

en place et descendons dans le vallon


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Nous faisons bientôt une autre rencontre extraordinaire. Un taureau fulminant surgit des profondeurs

de la forêt et tente de nous encorner. Sans doute cherche-t-il à venger ses frères de la plaine que des pantins

couverts de paillettes et armés d'épée assassinent après qu'ils aient été épuisés par des banderilleros aussi veules

que cruels. Mais notre attitude pacifique le ramène à de meilleurs sentiments à notre égard.


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Mais à peine sommes nous remis de notre frayeur que se dresse devant nous un vénérable représentant

des "Ents" ces êtres mi-animaux mi-arbres qui prennent la défense des êtres démunis de la forêt contre leurs

prédateurs, les plus redoutables d'entre eux étant les hommes. Mais par chance, ayant lu leur épopée dans

le Seigneur des Anneaux (Oeuvre de R Tolkien dont je vous recommande la lecture) et connaissant quelques

mots de leur langue, je réussis à lui faire comprendre que nous sommes animés des meilleures intentions du monde

à l'égard des êtres de la forêt .


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Mais pour pouvoir repartir, nous devons lui jurer que jamais, au grand jamais, nous n'avions cueilli

ni consommé de champignons qui sont les grands amis des « Ents». Que le grand horloger un peu foutraque

qui préside aux destinées de l'univers nous pardonne ce mensonge. Mais comment faire admetre à un « Ent »

qu'il n'y a pas de mets plus succulent qu'une omelette aux giroles !



Reprenant notre chemin nous finissons notre périple sans encombre en passant par le hameau de

Caissenols puis le Portail de Roquandouire que mes fidèles lecteurs et lectices connaissent bien.


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PS Si vous souhaitez randonner dans ce secteur consultez le fichier joint dont le circuit varie un peu

par rapport à la balade décrite dans cette note



Texte & Photos Ulysse