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23/05/2009

En suivant le cours de la Dourbie....(1ère partie)

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Une fois n'est pas coutume, je vous emmène faire une balade « Michelin », histoire de soutenir nos

constructeurs automobiles et surtout ceux qui y travaillent encore et qui ont bien besoin qu'on leur

remonte le moral !


Certes, ce n'est pas très bon pour la santé de notre chère Gaïa qui toussotte déjà pas mal et, surtout,

cela contribue à enrichir un peu plus les cheicks, émirs et autres satrapes qui soumettent leurs peuples

à une épouvantable charia ou à une dictature policière, tout en appliquant à leur propre vie la devise

« cigarettes, whisky et petites pépées ! » que célébrait dans ma jeunesse, en me faisant rêver, Eddie

Constantine (cela remonte à loin !)


Mais bon, on sait bien que l'enfer est pavé de bonnes intentions et que toute action aussi bonne soit

elle a toujours son revers, à l'exemple de ce pêcheur qui voyant passer un homme affamé lui donne

un poisson. L'homme se confond en remerciements et s'en va un peu plus loin le faire cuire. A peine

est il cuit qu'il l'engloutit et se fiche une arête dans le gosier. Il en meurt étouffé ! Ainsi le pêcheur

qui croyait faire son bien a précipité sa fin. Tout est dit ici de la tragédie de la condition humaine !

Mais que cela ne vous dissuade pas d'inviter vos copains à dîner, en évitant toutefois les restaus de

plage de Sète ou d'offrir des fleurs à votre bien aimée, en choisissant de préférence celles auxquelles

elle n'est pas allergique (à moins que....) !

 

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Nous débutons notre périple à Nant, niché dans une vallée verdoyante ( à la belle saison, cela va de

soit !) au confluent du Durzon et de la Dourbie. Outre ses ruelles pittoresques, ce village possède

trois merveilles architecturales : l'abbatiale Saint Pierre du XIème siècle, les halles du début du XVIIIème

et surtout le pont de la Prade qui depuis six cents ans franchit la Dourbie de son unique arche aérienne


Pourquoi, vous demanderez vous, a-t-on construit un pont aussi audacieux pour franchir une rivière

aussi anémique et paisible ? C'est tout simplement que la bougresse a des colères terribles alimentées

par les dantesques pluies d'automne qui s'abattent sur les Cévennes où elle prend sa source dans

le massif du Lingas. Ainsi en septembre 1980 son débit moyen de 14m3/s est-il passé en quelques

jours à 728m3/s


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Après quelques tours de roue agrémentés d'au moins autant de tours de volant tant la Dourbie est

sinueuse, nous voilà à Saint Jean de Bruel où la Dourbie s'oxygène un brin en dévalant une mini cascade.

Ce village fut dans le passé un centre minier important et connut même la gloire grâce à se poteries

recherchées, dont notamment les faysselles dans lesquelles on met en forme le roquefort.


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Il faut prendre le temps d'aller boire, selon l'heure, un café, un rosé, un demi ou un pastis, voire même

un diabolo menthe (je ne suis pas raciste) sous les arcades de ses halles tricentenaires. C'est un

bien meilleur remède contre le stress que les cocktails d'antidépresseurs dont les médecins, inféodés aux

laboratoires, nous gavent pour mieux nous faire accepter nos vies déjantées


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Après avoir remonté les gorges patiemment creusées par la rivière, nous voilà à Dourbies dont les

maisons, à l'instar des tournesols, tournent leurs façades vers le sud.


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Sur la place trône une fontaine où les anciens du village tentent vainement de boire l'eau qui tombe

en une pluie facétieuse de la vasque supérieure.


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Pour se rafraichir mieux vaut descendre le chemin caladé qui descend jusqu'au bord de la Dourbie où

celle-ci se donne des airs de torrent de montagne.


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Mais quelques rochers déposés par les crues détournent une partie de son flot et créent des bras d'eaux

dormantes où les arbres admirent le reflet de leur parure éphémère.

 

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Redescendant les gorges sur l'autre rive nous atteignons Cantobre, nid d'aigle perché à 100m au

dessus du confluent de la Dourbie et du Trévezel

 

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Sur un espace aussi exigu le moindre mètre carré a été exploité, ce qui fait que ce village est à

déconseillé aux somnanbules !

 

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Cette batisse jouit d'une vue imprenable, formule souvent galvaudée par les agences immobilières peu

scrupuleuses (mais y en a-t-il qui le soit ?)


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L'église Saint Etienne, malgré ses neuf cents ans, se dresse vaillamment au sommet du village, alors que

le château qui la dominait a été détruit en 1629 sur l'ordre de Richelieu après que les protestants

aient pris possession de la ville.


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Ce village est hélas comme un beau fossile du passé, l'école depuis longtemps a fermé et seuls quelques

vacanciers et touristes parcourent ses ruelles dont les portes restent la majeure partie de l'année

désespérément fermées.


NB : je vous invite à aller sur le superbe  blog de Philippe Ibars "les jardins de la Fontaine"  qui traite

avec talent et humour de la question des langues régionales à partir de la mention "escolo" figurant sur 

cette ancienne école.


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Mais ne soyons pas passéiste, et reconnaissons qu'il serait difficile de vivre à l'année ici . Cela dit il faut

sauvegarder autant que faire se peut ce magnifique héritage, témoignage d'un monde ancien frugal, authentique

et tenace, pour en nourrir notre imagination et raviver quelques instants nos vies rongées par les

préoccupations matérialistes, la frénésie des divertissements et le souci du confort.


On se voudrait détaché de ce monde matériel et on se verrait bien contempler des nuits durant les écharpes

célestes d'étoiles chères à Giono, mais il faudrait avoir la force la force d'âme de nos ancêtres, ce qui n'est

pas mon cas, je l'avoue humblement.


À suivre....


Texte & Photos Ulysse