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12/02/2010

Que la neige était douce sur l'Espinousse(fin)

 

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Ayant une nouvelle fois refait le monde, à vrai dire sans beaucoup d’illusion, nous prenons la direction du Mont Tahut en empruntant une piste forestière qui s’enfonce dans la pénombre des vastes pinèdes qui couvrent l’Espinousse..

Des grumes gisent sur le bord de la piste recouvertes d’un linceul de neige, nostalgiques, sans doute, des nuages que leurs cimes caressaient au passage et du vent avec lequel dansaient leurs branches.


 

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La neige symbole de pureté et d’innocence est aussi pleine de traîtrise. Elle guide infailliblement les prédateurs vers leurs proies dont les cheminements s’y inscrivent comme dans un livre.


 

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Mais quel bonheur de l’entendre crisser sous ses pas en se disant qu’on marche sur de l’eau. Alléluia ! Les miracles existent ! Mais bien que nous ayons des yeux, nous ne les voyons pas !


 

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Nous abordons les flancs du mont Tahut d’où l’on domine le roc d’Ourliades, la beauté du site justifiant pleinement …notre odyssée ! ( n’ayez pas honte d’avoir souri !)

 

 


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Avec de tels paysages, la marche devient une drogue mais qui ne présente aucun risque d'overdose !


 

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C’est un lieu sauvage où vit le loup blanc de l’Espinousse, que l’on aperçoit soudain en train de grignoter une pierre, faute d’avoir pu se saisir d’une autre proie. Les chasseurs ont du passer par là !


 

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Nous descendons alors vers les ruines de la jasse de Grassiot, ancienne bergerie, où un vieil arrosoir manchot fait le guet, espérant sans doute que quelqu’un, un jour, séduit par la beauté des lieux leur rendra vie .


 

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La jasse est idéalement située près d’un torrent que l’hiver a orné de dentelles et de broderies de glace. L’eau sans laquelle il n’y aurait pas de vie, ici encore est source de miracles ! Alleliua !


 

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Passant devant les ruines du hameau de Chavardès, je me surprends à fredonner la chanson « il pleut dans ma maison » de ce roqueur des sixeutises : Daniel Gérard . Allez on chante un couplet ensemble ! Qui chante faux ? Ben , heu,  mille excuses, je crois que c’est moi !

 

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Le joyau de ce hameau est sans conteste l’ancien four banal qui n’est plus chauffé, aujourd’hui, que par les rayons du soleil. En fermant les yeux et en faisant silence, on peut entendre le brouhaha des conversations de celles et ceux qui , au cours des siècles passés, sont venus porter leur pain à cuire, dont on peut humer la chaleureuse et appétissante odeur portée par la brise .

Les vies tissées d’amour, de joies, de peines, de souffrances, d’espoirs et de désespérance qui ont gravité autour de la gueule noire de ce four banal sont-elles inscrites quelque part dans les volutes de notre galaxie ?


 

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L’esprit taraudé par cette lancinante question dont j’espère, toutefois, avoir la réponse le plus tard possible, nous rejoignons les rives du lac d’Airette, terme de notre périple. Ah ! que la neige était douce sur le sommet de l'Espinousse !


Texte & Photos Ulysse

08/02/2010

Que la neige était douce sur l’Espinousse !(1ère partie)

 

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Quel privilège et quelle jouissance d’être libre de son temps et de pouvoir se mettre en chemin de bon matin pour aller « la haut » sur l’Espinousse où un tapis de neige fraîche vous attend….

Fleuron, avec le Caroux, des hauts cantons héraultais, le massif de l’Espinousse culmine à 1152 mètres. Contrefort méridional du Massif Central, il constitue une zone de transition entre climats océanique et méditerranéen, ainsi qu’une ligne de partage des eaux.

 

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Pour accéder au plateau sommital, on emprunte tout d'abord l'un de ces antiques chemins caladés bordés d’un muret de pierre qui reliaient autrefois les villages et permettaient d’accéder aux terrasses cultivées ou d’emmener, l’été, les troupeaux vers les pâtures d’altitude.

Dans cette zone plus fraîche au sol acide les chênes pubescents et les fougères se substituent aux chênes verts plus friands de chaleur et mieux adaptés au sol calcaire.


 

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On prend peu à peu de l’altitude et le chemin se fait plus chaotique étant bousculé par les éboulis tombés de la montagne qui s’effrite. Car les montagnes vieillissent aussi, bien qu’à un rythme si lent qu’elles nous paraissent éternelles. Mais n’avons nous pas, nous aussi, ce sentiment d’éternité qui fait que souvent nous gâchons les jours de notre vie à se préoccuper de billevesées ?


 

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Quatre jeunes mouflons, apparemment sereins, nous regardent approcher . Depuis quelques sorties, nous sommes étonnés de constater que les mouflons ne se sauvent plus à notre approche. A force d’arpenter le massif serions nous devenus un peu mouflons ? Peut être du moins en avons nous l’odeur ?


 

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Au fur et à mesure que nous nous rapprochons, ils gardent néanmoins leur distance et nous font une démonstration de leur agilité en cavalcadant dans les rochers ! Même Gibus, pourtant rompu à ce genre d’exercice, aurait du mal à les suivre.


 

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Vous comprenez sans doute en contemplant ce paysage pourquoi nous tenons tant à aller « la haut » au pays des mouflons et des nuages. Contrairement à ce que les « marchophobes » prétendent, nous ne marchons jamais pour rien, sauf si contempler la beauté du monde est « rien » . Et il est vrai que dans le monde « d’en bas », celui des hommes, où tout est monétarisé, soumis au critère de rentabilité, la beauté d’un paysage est une « non valeur » sauf si l’on peut y construire des hôtels de luxe pour en tirer profit.


 

 

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Nous faisons face au Roc Forcat qui domine le vallon du Vialay et dont le nom lui vient de son sommet fourchu. Sans doute un autre fait d’arme de Roland que l’histoire n’a pas retenu !


 

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Nous voici arrivés sur le plateau sommital à 1066 m d’altitude (chaque mètre compte !) où se tient la chapelle Saint Martin du Froid construite au XIXème siècle sur la base d’un édifice plus ancien, dans lequel on a retrouvé un sarcophage mérovingien.

Cette chapelle, dédiée à ce soldat romain qui partagea son manteau avec un pauvre mourant de froid aux portes d’Amiens, servait autrefois, dit-on, de signal et de refuge en hiver, en cas de tempête de neige ou de brouillard.

 

 

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De ce lieu le panorama porte jusqu’à la chaîne des Pyrénées, dominée par le Canigou qui émerge d’une mer de nuages. Nous avons l’impression d’être seuls au monde et pourtant dans les plis et replis des monts et des vallées qui s’étendent autour de nous, des milliers de gens vaquent à leurs occupations, souvent cloîtrés entre quatre murs, privés de la beauté et de la vastitude du monde.

L’homme trouvera-t-il un jour une alternative à nos sociétés qui nous enchaînent au travail dans une quête incessante de « l’avoir . Sans vouloir idéaliser le mode de vie des tribus amérindiennes, n’a-t-on pas perdu, en les exterminant, la possibilité de trouver une voie vers une existence équilibrée entre l’être et l’avoir et une relation harmonieuse avec la nature.


 

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Le problème, je le reconnais, n’est pas simple et je vous invite à nous rejoindre au café du commerce du coin, installé dans la maison forestière du Cruzet, pour en discuter autour d’un verre de vin chaud !

A suivre....

 

Texte & Photos Ulysse