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12/12/2009

L’automne est enfin venu au Mont Agut (la digue , la digue…)

 

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Nous étions à la mi-novembre et le temps restait étonnamment doux. Les arbres dans la plaine avaient gardé leurs frondaisons vertes et seules les vignes montraient les stigmates de l’automne, épuisées sans doute d’avoir livré leur précieux nectar.

Inquiets nous étions donc,  car si l’automne ne venait pas dans le sud le risque était grand de nous voir passer, comme le dit le dicton, Noêl au balcon et Pâques aux tisons ! Or si  la perspective d’un Noêl au balcon nous enchantait (à la condition bien sûr d’avoir un balcon), celle de passer Pâques aux tisons, nous faisait frémir !

C’est en effet la période où les pêchers, les abricotiers, les  cerisiers ainsi que le thym dans la garrigue sont en fleurs ; c’est aussi  le moment où les abeilles sortent de leurs torpeurs et où la gent féminine sort ses décolletés !

Afin d’en avoir le cœur net, nous décidons donc de mener une expédition dans les hauts cantons afin de vérifier si l’automne y est arrivé, gage d’une descente prochaine jusqu’à la Méditerranée.

 

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A peine avons nous mis le pied à terre, après avoir garé notre carrosse à la sortie du village de Graissessac, que nous sommes rassurés. L’automne est bel et bien installé sur les contreforts du Mont Agut (la digue, la digue…) que nous avons prévu d’escalader.

Rassérénés par la vision de la toison d’or revêtant les feuillus à feuilles caduques prospérant dans cette zone plus fraîche et humide que la zone littorale, nous empruntons le chemin des crêtes. Notez au passage que contrairement à certains individus égoïstes qui  « prennent » sans vergogne les chemins alors que c’est un bien public (c’est d’ailleurs comme cela que les chemins disparaissent) nous ne faisons, nous, que les emprunter !

 

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Après un bel effort qui chahute un peu nos ventricules nous arrivons au col des Cabanes où nous faisons un pause « abricot sec » (c’est l’aliment anti-crampe indispensable au randonneur) près d’une jasse (bergerie) en ruine. Mais attention nous ne consommons que de l’abricot sec « bio » qui  présente, certes, une couleur maronnasse peu appétissante, mais qui sont éminemment diététique. Bannissez par contre ces abricots dorés vendus en sachets plastiques dans les supermarchés et qui ont été traités à l’anhydride sulfureux et  provoquent des allergies et des maux de tête.

 

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Devant le panorama enchanteur qui s’offre à nos yeux (la nature est le dernier domaine où l’ on reçoit sans avoir à donner)  livrons nous à quelques réflexions sur la finalité de la toison d’or qu’arborent les arbres à l ‘automne.

Nous savons, depuis Darwin, que les particularités physiques des êtres vivants sont la réponse de leur adaptation à leur environnement. Et le fait que les feuilles se parent de magnifiques couleurs avant de tomber en automne n’est pas l'effet d’une coquetterie végétale. Notons au passage  qu’il en va différemment chez l’espèce humaine où les femelles  se maquillent pour que les mâles leur tombent dans les bras.

La chute des feuilles est une adaptation des arbres pour survivre au froid hivernal pendant lequel ils vivent au ralenti. Elles sont en effet sacrifiées pour éviter une dépense d’énergie inutile.

Dès que l’amplitude du jour diminue et que la température chute, l’arbre secrète une hormone, l’éthylène, qui provoque la formation d’un bouchon de liège sur les canaux alimentant les feuilles en sève. La photosynthèse s’interrompt alors et la chlorophylle,  ce pigment vert dominant qui la provoque, se dégrade. Les pigments secondaires rouges, jaunes ou oranges présents dans les feuilles (carotènes et xantophyles) apparaissent alors.

 

 

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Pour celui qui a un brin de curiosité la nature est la meilleure école qui soit. Outre les lois de l’adaptation, on y révise aussi  la physique et notamment la loi relative à la gravité qui veut que la vitesse d’ascension d’un sommet soit inversement proportionnelle au nombre de carafons que l’on porte dans son sac. Et en l’espèce, que les carafons contiennent de l’eau ou du vin ne change rien à l’affaire, donc tant qu’à faire….

Nous sommes sur le point d’atteindre le sommet du Mont Agut (la digue, la digue….) qui culmine à 1022m après avoir gravi le mont Paréviol à 977m. Remarquez la différence de végétation entre le versant exposé au nord-ouest,   couvert de pins noirs d’Autriche, et le versant orienté sud-est plus dépouillé et envahi par les genets. C’est l’homme qui a procédé ici au reboisement pour empêcher l’érosion des sols sur les versants les plus exposés aux pluies.

 

 

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Du sommet du Mont Agut (la digue, la digue…) la vue est tout simplement somptueuse et si cela se savait les marchands d’écrans plats auraient du souci à se faire, car les gens y amèneraient leurs canapés pour y passer leurs soirées à voir la nuit tomber.

 

 

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Ecarquillez bien les yeux et ouvrez grand vos oreilles pour ouïr la nouvelle : ce champ de montagnes qui s’étend à perte de vue c’est l’Hérault, considéré par certains ignorants comme le pays des plages et de la bronzette ! Mais après tout il n’est pas plus mal que ceux qui croient cela –et ils sont des millions- en restent persuadés car leur ignorance préserve  la sérénité de ces montagnes.

 

 

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En redescendant vers la vallée les pins nous font une haie d’honneur sans doute pour rendre  hommage à notre courage . Il faut dire qu’après avoir grimpé le Mont  Paréviol et le Mont Agut (la digue, la digue..) nous avons aussi gravi le mont des Trois Terres(963m) le mont Redon (939m) et enfin La capuce (882m) qui forment une chaîne de montagnes russes reliées par une piste coupe feu.

 

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A la sortie de la pinède Gaïa nous dévoile l’une de ses épaules couvertes d’une magnifique toison de feuillus aux couleurs automnales. Un bataillon de pins couvre la partie la plus haute comme des soldats encerclés. Quelle espèce l’emportera sur l’autre ? Espérons que ce seront les feuillus, car le peuple des résineux est assez inhospitalier, voire xénophobe.

Aucune plante, en effet, ne prospère sous leur ombrage du fait de l’acidification des sols qu’ils provoquent et de la couverture d’aiguilles imputrescibles. En l’absence de fleurs ou de baies, il n’y a pas d’insectes, donc pas d’oiseaux. Un véritable désert vert en quelque sorte qui brûle qui plus est à la première étincelle ! Leur seul avantage est qu’ils poussent vite et sont donc précieux pour retenir les sols.

 

 

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En descendant vers le ruisseau de l’Espère nous traversons une magnifique hêtraie où quelques vieux et beaux sujets affichent les stigmates des épreuves – tempêtes, coups de hache, morsures de cerfs affamés – subies pendant les siècles passés. Les micro-kinésithérapeutes prétendent que nos corps mémorisent également les évènements tragiques de nos existences qui ressortent sous forme de douleurs ou de tensions.

 

 

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Nous poursuivons notre descente en longeant le cours du ruisseau de La Provère dans lequel se jette l’Espère.  Le roc Camprémau émerge au dessus des frondaisons et je ne doute pas qu’en dépit de son cœur de pierre il soit sensible à une telle beauté.

 

 

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Car qui peut rester de marbre devant ce feu d’artifice qui jaillit dans les forêts d’automne, chant du cygne de feuilles qui, après s’être gavées de soleil et fourni aux arbres l’énergie nécessaire à la fabrication de la sève nourricière,j vont retourner à la terre, d’où leur substance même vient, pour entrer dans un nouveau cycle. Ainsi sommes nous aussi les feuilles de l’arbre de vie apparu mystérieusement sur Gaïa notre terre Mère.

 

 

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Mélancoliques d’avoir perdu leur si beau feuillage les arbres contemplent leurs corps décharnés dans l’eau de la Provère : long et triste sera l’hiver !

Si vous avez apprécié cette note, vous aimez la nature et je vous confie donc à aller signer la pétition sur le blog de Julien pour sauver les mers dont notre survie dépend

PS : Si vous voulez randonner dans ce secteur munissez vous de la carte IGN TOP 25 2543 OT . Quelques circuits sont balisés en jaune.

Texte & photos Ulysse