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21/10/2012

Vers les sommets andorrans : Fin - le Pic de Tristaina (2878m)

 

andorre,tristaina,fourcat,vautour

En ce matin du 7 septembre 2012 le ciel  azurin est agrémenté d’une étole de nuées blanches du plus bel effet.  Nous sommes manifestement dans les petits papiers de Zeus qui décide du temps qu’il fait, comme chacun le sait, sauf à l’évidence Météo-France qui est la seule à croire que ses ordinateurs servent à quelque chose. Il faut dire que la veille au soir nous avons dédié à ce dieu fantasque quelques chopes de San Miguel en espérant qu’il nous gratifie d’une météo favorable.  Si jamais il lit ce blog qu’il sache que nous lui en sommes gré.

Nous prenons donc l’esprit serein la direction du Pic de Tristaina  (2878m) qui se mire dans les eaux du lac du même nom et dont l’ascension est réputée « assez » sportive. J’ouvre là une parenthèse sémantique pour souligner combien le sens du mot « assez » varie selon le contexte. Ainsi le « assez » « d’assez bien » n’a pas la même valeur que le « assez «  d’assez cher ou « d’assez sportif » comme nous l’allons voir tout à l’heure.

 

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Au fur et à mesure que nous nous rapprochons du Pic nous découvrons plus en détail la configuration de ses flancs qui nous laisse penser qu’effectivement son ascension ne sera pas des plus aisées. Mais bon, nous ne sommes pas venus là pour cueillir des pâquerettes, d’autant plus que ce n’est plus la saison.

 

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Parvenus au pied du Pic nous essayons de repérer la voie qui permet son ascension. A vrai dire nous ne voyons pas très bien par où il nous faudra passer, mais bon c’est le principe même et le charme de la vie : on ne sait pas de quoi le moment qui vient sera fait !

 

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Et nous voilà partis cherchant des yeux les quelques marques jaunes qui ponctuent la voie d’accès, avec pour seul motif de consolation l’espoir qu’en cas de chute nous avons quelques chances de finir  dans les eaux du lac en contrebas plutôt que contre un rocher.

 

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Nous escaladons quelques « cheminées », heureusement aidés par les conseils de l’ami Gibus, notre expert en la matière, qui arriverait à vous persuader qu’on peut grimper en haut de la Tour Eiffel sans prendre l’ascenseur ni les escaliers .

 

 

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Dans ce genre de situation mieux vaut ne pas jouer les fanfarons,  prendre son temps et  vérifier la solidité de ses appuis et puis si possible éviter de regarder le vide…..

 

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Cela dit,  quand vous avez les deux pieds bien calés et les mains bien arrimées il ne vous est pas interdit de regarder le paysage, surtout qu’à ces altitudes il est généralement somptueux, comme celui que l’on découvre ici avec la tache « bleuissime » du grand étang Fourcat situé en Ariège. Une bouffée de nostalgie nous envahit alors en découvrant notre pays natal que l’on ne reverra peut être jamais …bon je plaisante !

 

 

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Nous parvenons enfin sur l’arête terminale qui mène au sommet et qui fait à peine deux mètres de large. Mieux vaut donc s’assurer que les pierres sur lesquelles on marche sont bien stables, car les pierres en général ne sont pas fiables. Il ne faut pas oublier que Pierre a renié trois fois le christ ! Mais bon soyons indulgent, qu‘aurions nous fait à sa place ?

 

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Pour corser un peu plus notre affaire,  le chemin est hérissé par endroits de pierres pointues qui rendent notre progression plus périlleuse. Il faut être un peu « barjos» vous ne trouvez pas pour aller se balader dans des endroits pareils ?

 andorre,tristaina,fourcat,vautourNous sommes enfin en vue du cairn sommital. Le danger dans ce cas est de presser le pas pour y parvenir au plus vite, mais notre expérience de la montagne nous a appris à temporiser et nous restons calmes et concentrés jusqu’au but final.

 


andorre,tristaina,fourcat,vautourLe panorama qui s’offre alors à nous nous récompense au centuple de nos efforts et de nos  frayeurs. Nous sommes au pays où se fabriquent les nuages, là où la vapeur d’eau qui monte des lacs en contrebas se condense au contact de l’air plus froid

 

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Tout ici nous parle du mystère de l’univers. Les quelques touffes  d‘herbe jaunies qui nous disent la fragilité et la ténacité de la vie, les formidables montagnes qui nous rappellent les forces titanesques qui les ont soulevées, le vent, le bleu du ciel et le ballet des nuages qui nous amènent à réfléchir au délicat équilibre de ce monde complexe où nous  avons surgi pour on ne sait quel destin et que nous négligeons et détruisons sans vergogne.

 

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Au loin sur la droite nous apercevons le sommet de la Coma Pedrosa (2942m) plus haut sommet de l’Andorre, que nous avons gravi il y a deux ans. Celui là aussi était « assez » sportif  comme vous pouvez le découvrir en cliquant ICI !

 

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Au moment où nous nous apprêtons à redescendre un vautour se met à voler au dessus de nous avec sans doute l’espoir que l’un d’entre nous manifeste des signes de faiblesse. Mais il s’éloigne bien vite dépité de nous voir prendre le chemin du retour avec vigueur et détermination. Notre énergie est effectivement décuplée par le fait  nous avons prévu de pique-niquer au bord du lac avec les membres de notre groupe qui n’ont pas voulu faire l’ascension et qui ont la garde des précieux flacons. Il n’aurait pas fallu qu’on les casse en chutant !

 

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Nous retrouvons nos autres compagnons au bord du lac où je ne vous montre que le reflet de nos agapes car je risque de faire l’objet d’un procès par la ligue des buveurs d’eau pour incitation aux débauches « libatoires ». Mais quand on a risqué sa vie, on a le droit de fêter ça, Non ?

 

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Nous quittons à regret les lieux car ce sont nos dernières heures dans ces magnifiques montagnes andorranes. Mais c’est décidé : l’année prochaine nous reviendrons !


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Mais qui ne reviendrait pas dans un pays dont même le mauvais temps n'altère pas la beauté !


Texte & Photos Ulysse

06/10/2009

Périple en Andorre- Dernière partie : Les lacs de Tristaina

 

 

 

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Des quatre éléments  identifiés par les philosophes grecs : terre, air, feu et eau, celui qui sans conteste m’apparaît le plus  étonnant est l’eau. C’est au demeurant l’élément dominant de notre planète et le principal constituant de nos organismes. Elle me semble en outre supérieure aux autres éléments puisque  elle vole dans l’air sous forme de nuages, elle rend la terre fertile et éteint le feu. De surcroît elle modifie son apparence selon qu’elle est pluie, neige, glace ou vapeur d’eau.

 Et ce matin alors que nous partons pour faire le circuit des lacs de Tristaina, et éventuellement faire l’ascension du pic du même nom (2874m) réputé très difficile, l’eau nous offre le spectacle éblouissant d’une multitude de ruisselets  sinuant paresseusement au fond du vallon que nous longeons  pour rejoindre les lacs.

 

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Quand on a gardé son âme d’enfant la nature vous livre ses secrets et ses merveilles . Pour ma part  je n’ai aucun problème vu que j’ai 8 ans d’age mental , mais heureusement plus de 18ans d’age « gosier-tal », ce qui m’autorise à consommer des breuvages bacchusiens, car mon admiration pour l’eau se limite à ses usages externes.

 Ainsi ce matin, les yeux encore éblouis par ces eaux miroitantes, j’aperçois dormant allongé sur la crête d’en face le visage d’un géant . Sans doute s’agit il du « Beau au mont dormant » dont parle une légende Andorrane et qui ne se réveille qu’une fois par mois lorsque la lumière de la lune rousse vient effleurer ses lèvres (d’où sans doute la réputation de sensualité que l’on attribue aux rousses)

 

 

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Mais nous voici au bord du premier lac. Il est encore un peu tôt pour s’y baigner car l’air froid qui descend des cîmes n’a pas encore eu le temps d’être réchauffé par le soleil, ni l’eau du lac  à fortiori !

 

 

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Nous prenons un peu d’altitude et découvrons le second lac de Tristaina, plateau d’argent suspendu au dessus du vide. On nous apprend dès l’enfance à attribuer une couleur fixe aux objets : l’orange est orange,  la tomate est rouge, les feuilles au printemps sont vertes , le ciel est bleu etc..

 Mais comme nous l’ont montré les impressionnistes les objets peuvent avoir une myriade de couleurs selon les jeux d’ombre et de lumière auxquels ils sont exposés. C’est ainsi que les lacs de montagne peuvent être blanc, gris, bleu, violet, vert, émeraude,argent, or , rose selon l’heure du jour et l’état du ciel. La sagesse populaire dit aussi que la nuit tous les chats, même les blancs, sont gris ! Qui a osé ricané en disant que la nuit Ulysse était aussi toujours gris ?  Attention je vous ai à l’œil avec ma webcam !

 

 

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Parfaite et merveilleuse illustration de mes propos précédents le troisième lac de Tristaina aux eaux outremer teintées par endroits d’émeraude se révèle enfin  à nos yeux

 

 

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Au fur et à mesure que nous grimpons, la vue sur les lacs s’élargit et ceux qui après avoir contemplé ce panorama  s’interrogeraient encore sur  l’utilité de «  marcher pour rien » en montagne sont à mon avis  à classer parmi ceux auxquels le sinistre Lelay pensait quand il disait qu’il offrait aux annonceurs de TF Hun « du temps de cerveau disponible ! »

Les plus observateurs de mes lecteurs et lectrices auront sans doute repéré une scène troublante concernant le lac  figurant à droite de la photo.

 

 

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On voit en effet dans la partie inférieure droite du lac, la montagne poser une main affectueuse autour du cou d’un visage d’homme. De fait une légende prétend qu’une jeune femme Tristaina (d’où le nom des lacs) s’est noyée à cet endroit et que son amant inconsolable s’est aussitôt jeté dans les flots.

Mais la montagne est tombée amoureuse du jeune homme et le tient depuis ce temps dans ses bras l’empêchant de se noyer .  Selon la légende quiconque tenterait de le libérer serait enseveli aussitôt sous une avalanche de rochers. Courageux mais pas téméraires nous n’avons pas essayé ! (je sais je vous déçois un peu Mesdames mais je ne peux pas avoir toutes las qualités !)

 

 

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Nous arrivons près de la pancarte indiquant le sentier pour accéder au sommet du Pic de Tristaina qualifié de « molt difficile » (« molt » auquel correspond chez nous le terme ancien « moult » voulant dire très) et de fait selon nos renseignements pris la veille, il y a eu deux accidents mortels récents sur cet itinéraire.

Nous posons nos sacs et tergiversons pour savoir si nous tentons malgré tout l’ascension, quand soudain le « destin » décide pour nous …ou peut être est ce la montagne qui admirative de nos  exploits des jours précédents a voulu nous épargner un sort funeste !

 

 

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En effet une énorme masse nuageuse déborde soudain de la crête et dévale la montagne...

 

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La masse de nuages s’écrase au sol et commence à dévaler vers nous  comme la mer à marée montante au Mont Saint Michel.

 

 

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Ce « tsunami » nuageux met fin à nos tergiversations et nous remettons prestement sur le dos nos équipements avec une seule idée en tête : redescendre le plus vite possible ! Nous pensons avec effroi à la difficile situation dans laquelle nous aurions été si ce phénomène météorologique avait été plus tardif et nous avait surpris au cours de l'ascension du Pic ! Une leçon  à tirer pour les apprentis montagnards : même par grand beau temps ne jamais partir sans sa boussole, son mobile, sa polaire, son coupe vent, son coupe-faim et bien sur son anti-gel !

 

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Mais la masse nuageuse nous engloutit et nous pressons le pas afin de ne pas perdre notre chemin. Nous n’avons pas envie de jouer aux marmottes et de se terrer dans un creux du terrain en attendant que ce tsunami passe. Nous avons certes un peu de « soleil liquide » venant du pays d’oc dans nos sacs mais pas assez pour  maintenir longtemps nos corps  à une température vitale.  Car le cœur du nuage étant à 8°, ce ne sont pas les 13° du breuvage en question qui nous sauvera d’une hypothermie certaine.

 

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Heureusement l’air tiède qui monte de la vallée stoppe pour un moment la vague nuageuse et nous pouvons faire une halte et reprendre notre souffle auprès du premier lac de Tristaina qui a de nouveau changé de couleur.  Preuve est faite que les objets n’ont pas de couleur propre. Celle-ci résulte de l’interaction de leur structure et de la lumière qui les touche. Mais ne sommes nous pas nous même multiple, notre « être » variant selon le milieu dans lequel ils se trouve ?

 

 

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Narguant les nuages arrêtés dans leur élan par la brise  ascendante, nous plongeons une tête dans le lac dont les eaux étonnamment tièdes (au moins 17°) témoignent du réchauffement climatique en cours. Au train où vont les choses, les générations futures connaîtront elles encore ce bonheur de jouer les grenouilles (en l'occurrence les crapauds!)  dans les lacs de montagne ?

 

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Mais la masse de nuages accumulés finit par l’emporter sur la brise (certains gros nuages d’orage peuvent peser des millions de tonnes !) et à engloutir le pourtour du lac . Nous levons précipitamment le camp pour rejoindre  nos pénates.

 

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Sur le chemin du retour, nous surprenons soudain deux êtres étranges qui, profitant du brouillard ambiant, s’apprêtaient à s’embrasser. D’après une légende andorrane, il s’agirait de deux amants que la fée Armoise a transformé en pierres après que le jeune homme ait refusé ses avances.  Après avoir vu un  tel spectacle comment oser dire de quelqu’un d'insensible qu’il a un cœur de pierre ?

 

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Ayant retrouvé la sécurité de nos pénates, vous avez droit à une photo de notre groupe dont les mines réjouies témoignent des effets  bénéfiques de la randonnée…… ainsi que de la sangria sur le moral !

 

 

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Le lendemain matin, au moment du départ, l’ensemble des nuages qui couvraient les monts sont tombés au fond de la vallée comme si la montagne voulait nous dissuader de retourner dans les miasmes du monde urbanisé.

Restez ! Jouissez de mes torrents ! Caracolez sur mes sommets ! Dévalez mes pentes ! Enivrez vous de mon air limpide ! semble-t-elle nous dire. Mais bon, nous n’avons pas la capacité qu’ont nos gouvernants  de financer leurs dépenses en creusant un peu plus l’abyssal  déficit public et il nous faut rentrer ! Mais c’est promis, si Nicolas ne casse pas notre tirelire on reviendra !

Merci de tout cœur chers lectrices et lecteurs de nous avoir accompagner ; lors de notre prochaine rencontre nous ne manquerons pas boire à votre santé (ça fera une occasion de plus !)

PS : pour un séjour en Andorre nous vous recommandons vivement de séjourner aux portes du parc Naturel de Sorteny à l’hotel Bringué (***) situé dans le village d’El Serrat fort calme et qui offre un excellent rapport qualité prix (salle de gym/piscine/sauna)

 

A la prochaine.....


Texte & Photos Ulysse (sauf celles signées J.M-P et Marie.B que je remercie pour leur copyright)