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17/06/2016

Périple en pays cathare - 5 - l'ascension du Bugarach (1230m)

 

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Après l’avoir maintes fois aperçu dans le lointain au cours de notre périple en pays cathare, la météo étant favorable, nous nous décidons à partir à l’assaut du Bugarach (1230) plus haut sommet du massif des Corbières. Comme je l’ai rappelé dans une note précédente, ce mont a connu une notoriété mondiale en 2012 lorsque quelques illuminés avaient déclaré que c’était le seul lieu sur la planète qui serait épargné par la fin du monde devant se produire le 21 décembre de cette même année. Il faut dire que ce mont est l’objet de nombreuses légendes dont l’une prétend que l’Arche d’Alliance serait cachée dans l’une des grottes dont il est truffé. Mais quelque soient les mystères qu’il recèle, une chose est évidente : son ascension exige d’avoir de bonnes jambes et un cœur solide.

 

 

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Après avoir cheminé dans une magnifique hêtraie, on émerge au pied d’aiguilles rocheuses que le sentier contourne en offrant de somptueuses vues sur la vallée en contrebas. On pénètre dans le domaine des vautours dont le tournoiement incessant nous laisse penser qu’ils espèrent une chute de notre part pour enfin déjeuner !

 

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Mais comment en vouloir à ces magnifiques oiseaux, maîtres des courants aériens. Le monde des animaux sauvages est régi par une loi fondamentale : manger ou être mangé ! Homo sapiens est la seule espèce qui tue sans nécessité.

 

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Ayant contourné les aiguilles rocheuses, nous apercevons au loin, bien au dessus de nous, le sommet où se profilent quelques silhouettes. A chaque randonnée en haute montagne je suis sidéré de constater les distances et difficultés que les « microbes » que nous sommes peuvent parcourir ou surmonter, simplement en mettant un pas devant l’autre et en recommençant obstinément sans autre but ou raison que de vouloir aller « au sommet » ! Faut être « fada » pour marcher pour « rien » me disent certains, mais ce « rien » là vaut « tout»!

 

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Car les efforts à accomplir pour parvenir au sommet, loin de nous coûter, nous stimulent au contraire, exacerbent notre bonheur d’exister, et sont la source d’une intense jouissance.

 

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Pas après pas, mètre après mètre, le sommet se rapproche….

 

 

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…et bientôt il est en vue….

 

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En se retournant, on est impressionné par le chemin parcouru qui sinue au pied de la barre rocheuse qui se déploie sous nos pieds.

 

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Nous longeons d’impressionnants à-pics qui nous incitent à délaisser pour un temps la contemplation du paysage et à regarder où nous posons les pieds…

 

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Et puis nous entamons la dernière pente, la joie d’être arrivés insufflant un sursaut d’énergie dans nos jambes qui commencent à ressentir les efforts de l’ascension.

 

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Les derniers mètres du sentier commencent à nous révéler un somptueux panorama sur les Pyrénées qui s’étalent vers le sud.

  

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Et nous y voici tous, unis par l’amitié et par le bonheur d’avoir gravi ensemble ce sommet symbolique. Un de plus à notre collection déjà bien fournie de sommets de France, de Navarre et de Suisse....

 

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Et la récompense suprême est cette vue imprenable sur le Canigou que nous allons avoir le loisir de contempler pendant notre pose pique-nique.

 

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Mais la récompense est aussi dans cette succulente galette charentaise, confectionnée par Ghis et portée à l’horizontale dans son sac à dos par Jean-Mi, que nous partageons confraternellement sous l’œil envieux des choucas qui passent et repassent au dessus de nos têtes par l’odeur alléchée !

 

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Avant de redescendre nous donnons un dernier coup d’œil à la chaine des Pyrénées encore en partie enneigée.

 

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Puis nous entamons prudemment la descente, le sol étant recouvert de rochers très glissants qui nous vaudront plusieurs chutes sans gravité.

 

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A ceux que tenterait l’aventure, je ne saurais que trop conseiller de prendre des bâtons de marche, auxiliaires indispensables dans ce genre de terrain.

 

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Mais bientôt nous apercevons le village de Bugarach où quelques « blondes » venues du nord nous réconforterons après tant d’efforts !

 

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Je viens de mettre en ligne une nouvelle chanson "Marie-Galante"sur mon blog

PIQUESEL

Mes autres chansons sont publiées sur mon blog musical

OLD NUT

(cliquez sur le nom des blogs)

 

 Texte & Photos Ulysse

01/08/2013

Rando au frais dans le Vialay

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En ce matin de fin juillet qui, malgré les orages de la nuit, affiche une température quasi tropicale, nous avons décidé de remonter les Gorges du Vialay jusqu’au lac Blond que nous avions découvert l’automne dernier. Gibus, en montagnard avisé et prudent, emmène l’attirail adéquat sans lequel Eldorad’Oc risquerait de connaître une fin prématurée. Vous  verrez au cours de ce récit que cet équipement était loin d’être superflu.  Mais laissons venir chaque chose en son temps et, comme le dit un proverbe Bellopratain, les fleurs d’abricot donneront de la confiture .

 

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Après avoir pris le chemin des « poètes disparus » (mes fidèles lecteurs savent de quoi je parle) nous arrivons au point de vue d’où nous découvrons les magnifiques gorges creusées dans le massif du Caroux par le modeste (sauf en cas d’orage) torrent du Vialay.

 

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La part contemplative de notre âme ayant eu son dû, nous descendons vers le torrent pour offrir au vieux gamins que nous sommes restés une journée que l’on espère mémorable. Je vais vous confier un secret : pour ne pas vieillir, n’écoutez ni les cliquetis de vos articulations ni surtout les conseils de votre médecin, vivez à « donf » ! La dépense physique est le meilleur baume pour le mental et les cartilages ! Bon cela dit ne prenez pas de risques inutiles et je vous conseille de suivre à la lettre les conseils que Gibus est en train de donner si vous voulez revenir intact de notre périple .

Premier conseil : on garde ses chaussures car les cailloux du torrent peuvent vous blesser les pieds. Deuxième conseil : une fois que vos godasses sont mouillées méfiez vous, car ça glisse ! Troisième conseil qui découle du deuxième : mieux vaut  laisser son smartphone à 500 euros  à la maison ! Pour ce qui est de mon appareil photo, il est anti-choc et « waterproof », ce que j’ai pu vérifier !!

 

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Et un dernier conseil assurez bien vos prises à chaque pas car on a vite fait de se retrouver le postérieur dans l’eau. En soi, ce genre d’incident n’est pas dramatique, mais il y a par contre dans l’eau des rochers plus dur que notre postérieur, même pour des vieux pachydermes comme nous !

 

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Il y a heureusement des endroits plus aisés  à franchir  que d’autres, ce qui permet de jouir du paysage avec, citron vert dans le ti-punch (version antillaise de l’expression « cerise sur le gâteau »), le sentiment jouissif de savoir qu’assez peu de bipèdes ont eu le loisir d’admirer ces lieux qui ne sont fréquentés que par les experts en « canyoning ».

 

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L’intérêt premier de cette balade est que, malgré le soleil estival,  on ne souffre pas de la chaleur, car à peine avons vous quelques gouttes de sueur qui perlent sur votre front que nous voilà obligés de plonger la moitié de notre corps dans l’eau du torrent, dont la température n’a rien à voir avec celle de la mer des Antilles, en dépit du citron vert dont je viens de parler. Ce qui fait que notre température corporelle revient très vite à la normale.

 

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Pour une fois que j’arrive à grimper sur les rochers sans ressembler à une grosse marmotte je vous montre la photo, car je finis par être jaloux de mon copain Gibus dont de nombreuses lectrices célèbrent l’agilité et la belle musculature.

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Quand on fait ce genre de périple on est ébahi par la force de l’eau qui, lorsqu’elle dévale en furie dans ces gorges étroites à l’occasion d’épisodes orageux, roule des rochers de plusieurs tonnes comme si c’était des grains de sable.

 

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Par endroits les vasques sont  si profondes que l’eau menace de mouiller le sac et le pique-nique qui se trouve dedans. Or pour nous, comme vous le savez, le pique-nique en rando c’est sacré, surtout l’élément liquide blanc, rosé ou rouge qui l’accompagne et qui est fort heureusement dans son flacon à l’abri de cette substance ludique mais insipide dont nous ne faisons qu’un usage externe.

 

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Au détour d’un coude du torrent nous  arrivons  soudain devant une cascade tombant dans une superbe vasque entourée de parois rocheuses. Ce site est sans conteste aussi beau que celui du lac Blond, le seul « hic » est que dans le sens où nous sommes il est infranchissable. Les « canyonneurs » qui fréquentent les lieux font la virée dans l’autre sens et descendent les chutes en rappel où en se jetant du haut. Mais, pour ce qui nous concerne, nous sommes, c’est le cas de le dire, « le bec dans l’eau » .

 

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Mais avant de chercher une issue pour nous sortir de cette impasse, nous décidons de mettre plus que notre bec dans l’eau et d’aller se faire masser sous la chute. Je peux vous dire que cela vaut toutes les séances de thermalisme du monde et c’est gratuit !

 

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Finalement nous décidons de monter dans la pente ultra raide - mais praticable grâce à quelques arbres qui nous tendent leurs branches secourables - qui borde la rive nord du torrent.

 

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Et après quelques frayeurs (pour ce qui me concerne) nous arrivons au dessus de la chute, magnifique flux d’énergie qui, à la suite d’une évolution en cours depuis la nuit des temps,  est à l’origine de celle qui coule dans nos veines de papis !

 

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Notre joie d’avoir franchi  cet obstacle est de courte durée, car de nouvelles vasques nous attendent, encore plus profondes que les précédentes qui nous obligent à porter les sacs sur nos têtes. A vrai dire nous jubilons intérieurement de retrouver le parfum d’aventure qu’avaient nos randos d’adolescent.

 

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Mais un nouveau et gros « hic » se présente à nous sous la forme d’une nouvelle chute tombant dans une vasque entourée de falaises. Gibus explore sans succès les bords pour vérifier si on peut y prendre appui afin de ne pas mouiller nos sacs. Il n’y a pas d’autre échappatoire que de grimper dans la falaise de la rive sud qui présente par chance quelques anfractuosités.

 

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L’ami Gibus qui possède une agilité de chat et ne craint pas le vide ouvre la voie et va accrocher la corde à un arbre à une dizaine de mètres au dessus afin que je puisse le rejoindre.

 

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Et nous grimpons, nous grimpons inlassablement, cherchant un passage permettant de rejoindre le bord du Vialay. Mais nenni, les seuls passages que l’on trouve nous mènent toujours plus haut. Ce qui fait que l’on aboutit sur une plateforme rocheuse d’où l’on domine le cours du torrent et où il n’y a,  à priori, pas d’autre issue que de héler un vautour ou notre ange gardien. La première solution apparaît au demeurant plus réalisable que la seconde car cela doit faire bien longtemps que nos ange-gardiens nous ont abandonnés à notre triste sort d’invétérés mécréants.

 

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Mais nous ne nous laissons jamais abattre et Gibus qui est, vous l’avez compris, le plus audacieux et le plus agile de nous deux, grimpe sur le promontoire qui domine la plateforme afin de voir si un passage est possible aux alentours. Il finit par découvrir une brèche dans les rochers qui mène vers une pente abrupte mais arborée dont on espère qu’elle nous permettra de sortir de cette nasse. Et « «bingo » au bout de quelques centaines de mètres d’un parcours en montagnes russes on finit par rejoindre la piste qui mène vers le pont du Vialay, là où le torrent, constitué de plusieurs affluents prend son nom. Pour cette fois, nous renonçons à rejoindre le lac Blanc qui était notre but initial, mais nous reviendrons !

 

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En trois quarts d’heure nous arrivons au pont pour la pause pique-nique et le traditionnel bain préalable (jamais d’eau après le rosé !), pas du tout lassés d’avoir mijoté dans ce rafraîchissant liquide toute la matinée. A vrai dire nous sommes insatiables car nous savons, pauvres mortels, que les heures de paradis qui nous restent à vivre nous sont comptées ! Ca sera toujours ça de pris vu que nous sommes plutôt dubitatifs sur le paradis post mortem.

 

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Nos agapes terminées, nous reprenons le chemin du retour avec l’idée de rejoindre le Vialay là où nous avons commencé notre périple le matin même, car nous avons repéré une superbe vasque en aval qui nous paraît mériter un détour.

 

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En descendant vers notre point de départ du matin, nous croisons un jeune mouflon de l’année qui apparemment n’a encore jamais vu d’homme et ne sait pas que notre espèce est la plus dangereuse qui soit. Il nous regarde, l’air ahuri, sans doute étonné de nous voir marcher sur deux jambes. Il finit par nous fausser compagnie, sans doute guidé par son instinct animal qui lui recommande de s’éloigner de tout inconnu.

 

 

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Nous arrivons au dessus de la vasque qui avait fait rêver Gibus le matin même et qu’il se prépare à descendre en rappel pour aller prendre un dernier bain. Pour ma part je préfère contourner l’obstacle par l’aval sous le prétexte de prendre des photos de la descente en rappel, mais secrètement bienheureux de me défiler !!

 

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Car pour pratiquer ce genre d’exercice il faut une souplesse et une agilité que ma carcasse bientôt septuagénaire ne possède plus.

 

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Gibus, qui n’est pas non plus né de la dernière pluie, se révèle par contre à son aise dans ce genre d’exercice et pourrait postuler pour doubler les scènes d’action si jamais on faisait un remake de « Tarzan ». Je suis sûr que dans ce cas plusieurs de mes lectrices postuleraient pour la doublure de Jane.

Admirez le style ! Bon, même si la corde craque l’ami Gibus ne risque pas grand chose,  mais la beauté du geste mérite qu’on enlève son chapeau !

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Le bonheur que l’on prend à faire ce type de sorties resplendit sur le visage de mon ami. Comme je vous le disais tout à l’heure ces sorties sont un élixir de vie et c’est ce qui nous permet de garder notre jeunesse d’esprit, garante de celle du corps !

 

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Allez,  il est temps de se rhabiller et de rentrer au petit trot car le périple nous a pris plus de temps que prévu. Et nos chères épouses vont commencer à s’inquiéter, du moins on l’espère ! On ne sait jamais, elles en ont peut être assez d’avoir deux vieux gamins à la maison !

 

Si vous appréciez Eldorad'Oc & Piquesel je vous invite à découvrir mon nouveau blog consacré à la photographie grand format 

 

 FOTORAMA

 

 

Texte & Photos Ulysse

 

21/10/2012

Vers les sommets andorrans : Fin - le Pic de Tristaina (2878m)

 

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En ce matin du 7 septembre 2012 le ciel  azurin est agrémenté d’une étole de nuées blanches du plus bel effet.  Nous sommes manifestement dans les petits papiers de Zeus qui décide du temps qu’il fait, comme chacun le sait, sauf à l’évidence Météo-France qui est la seule à croire que ses ordinateurs servent à quelque chose. Il faut dire que la veille au soir nous avons dédié à ce dieu fantasque quelques chopes de San Miguel en espérant qu’il nous gratifie d’une météo favorable.  Si jamais il lit ce blog qu’il sache que nous lui en sommes gré.

Nous prenons donc l’esprit serein la direction du Pic de Tristaina  (2878m) qui se mire dans les eaux du lac du même nom et dont l’ascension est réputée « assez » sportive. J’ouvre là une parenthèse sémantique pour souligner combien le sens du mot « assez » varie selon le contexte. Ainsi le « assez » « d’assez bien » n’a pas la même valeur que le « assez «  d’assez cher ou « d’assez sportif » comme nous l’allons voir tout à l’heure.

 

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Au fur et à mesure que nous nous rapprochons du Pic nous découvrons plus en détail la configuration de ses flancs qui nous laisse penser qu’effectivement son ascension ne sera pas des plus aisées. Mais bon, nous ne sommes pas venus là pour cueillir des pâquerettes, d’autant plus que ce n’est plus la saison.

 

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Parvenus au pied du Pic nous essayons de repérer la voie qui permet son ascension. A vrai dire nous ne voyons pas très bien par où il nous faudra passer, mais bon c’est le principe même et le charme de la vie : on ne sait pas de quoi le moment qui vient sera fait !

 

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Et nous voilà partis cherchant des yeux les quelques marques jaunes qui ponctuent la voie d’accès, avec pour seul motif de consolation l’espoir qu’en cas de chute nous avons quelques chances de finir  dans les eaux du lac en contrebas plutôt que contre un rocher.

 

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Nous escaladons quelques « cheminées », heureusement aidés par les conseils de l’ami Gibus, notre expert en la matière, qui arriverait à vous persuader qu’on peut grimper en haut de la Tour Eiffel sans prendre l’ascenseur ni les escaliers .

 

 

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Dans ce genre de situation mieux vaut ne pas jouer les fanfarons,  prendre son temps et  vérifier la solidité de ses appuis et puis si possible éviter de regarder le vide…..

 

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Cela dit,  quand vous avez les deux pieds bien calés et les mains bien arrimées il ne vous est pas interdit de regarder le paysage, surtout qu’à ces altitudes il est généralement somptueux, comme celui que l’on découvre ici avec la tache « bleuissime » du grand étang Fourcat situé en Ariège. Une bouffée de nostalgie nous envahit alors en découvrant notre pays natal que l’on ne reverra peut être jamais …bon je plaisante !

 

 

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Nous parvenons enfin sur l’arête terminale qui mène au sommet et qui fait à peine deux mètres de large. Mieux vaut donc s’assurer que les pierres sur lesquelles on marche sont bien stables, car les pierres en général ne sont pas fiables. Il ne faut pas oublier que Pierre a renié trois fois le christ ! Mais bon soyons indulgent, qu‘aurions nous fait à sa place ?

 

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Pour corser un peu plus notre affaire,  le chemin est hérissé par endroits de pierres pointues qui rendent notre progression plus périlleuse. Il faut être un peu « barjos» vous ne trouvez pas pour aller se balader dans des endroits pareils ?

 andorre,tristaina,fourcat,vautourNous sommes enfin en vue du cairn sommital. Le danger dans ce cas est de presser le pas pour y parvenir au plus vite, mais notre expérience de la montagne nous a appris à temporiser et nous restons calmes et concentrés jusqu’au but final.

 


andorre,tristaina,fourcat,vautourLe panorama qui s’offre alors à nous nous récompense au centuple de nos efforts et de nos  frayeurs. Nous sommes au pays où se fabriquent les nuages, là où la vapeur d’eau qui monte des lacs en contrebas se condense au contact de l’air plus froid

 

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Tout ici nous parle du mystère de l’univers. Les quelques touffes  d‘herbe jaunies qui nous disent la fragilité et la ténacité de la vie, les formidables montagnes qui nous rappellent les forces titanesques qui les ont soulevées, le vent, le bleu du ciel et le ballet des nuages qui nous amènent à réfléchir au délicat équilibre de ce monde complexe où nous  avons surgi pour on ne sait quel destin et que nous négligeons et détruisons sans vergogne.

 

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Au loin sur la droite nous apercevons le sommet de la Coma Pedrosa (2942m) plus haut sommet de l’Andorre, que nous avons gravi il y a deux ans. Celui là aussi était « assez » sportif  comme vous pouvez le découvrir en cliquant ICI !

 

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Au moment où nous nous apprêtons à redescendre un vautour se met à voler au dessus de nous avec sans doute l’espoir que l’un d’entre nous manifeste des signes de faiblesse. Mais il s’éloigne bien vite dépité de nous voir prendre le chemin du retour avec vigueur et détermination. Notre énergie est effectivement décuplée par le fait  nous avons prévu de pique-niquer au bord du lac avec les membres de notre groupe qui n’ont pas voulu faire l’ascension et qui ont la garde des précieux flacons. Il n’aurait pas fallu qu’on les casse en chutant !

 

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Nous retrouvons nos autres compagnons au bord du lac où je ne vous montre que le reflet de nos agapes car je risque de faire l’objet d’un procès par la ligue des buveurs d’eau pour incitation aux débauches « libatoires ». Mais quand on a risqué sa vie, on a le droit de fêter ça, Non ?

 

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Nous quittons à regret les lieux car ce sont nos dernières heures dans ces magnifiques montagnes andorranes. Mais c’est décidé : l’année prochaine nous reviendrons !


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Mais qui ne reviendrait pas dans un pays dont même le mauvais temps n'altère pas la beauté !


Texte & Photos Ulysse

03/10/2012

Vers les sommets andorrans : 1 : Le Pla de l’Estany et le Port de Siguer

 

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 Début septembre avec mes amis Gibus & Cie, je suis retrourné en Andorre pour une nouvelle petite semaine de randonnées par monts et par vaux, les premiers étant, par définition, plus difficiles d’accès que les seconds, mais plus gratifiants aussi pour les panoramas qu’ils offrent.  A condition bien sûr que le temps soit propice, sinon il faut se contenter des panoramas reproduits sur les dépliants touristiques qui n’en donnent, au demeurant, qu’une pâle idée.  Et c’est ce qui s’est malheureusement produit pour nos deux premiers jours de randonnée.

Nous avions prévu, le premier matin, de gravir le pic de l’Estanyo (2915m) mais, les cimes étant noyées dans un épais matelas de nuages, nous changeons d’objectif et décidons d’explorer le plateau de l’Estany où se trouve un refuge permettant, en cas d’averses, d’abriter nos agapes du midi. Car si marcher sous la pluie est l’un des aléas de la randonnée auquel nous sommes habitués, risquer de recevoir lors du pique-nique une goutte d’eau dans nos verres emplis de divin nectar, ça nous ne pouvons l’accepter !

 

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Partir en montagne par temps de brouillard n’est pas sans danger et chaque année quelques randonneurs y meurent de froid et d’épuisement pour s’être égarés. J’ai, personnellement, il y a un bon nombre d’années, été pris dans une tempête de neige en plein mois de juillet et seule la couverture de survie m’a sauvé de l’hypothermie. D’autres risques nous guettent, au demeurant comme les avalanches, les chutes dans un ravin ou sur un névé ainsi que les orages auxquels les animaux comme les hommes paient un lourd tribut.  Bref vous avez compris que la randonnée en montagne ne s’apparente pas à l’ascension de la dune du Pyla, ce qui n’empêche pas que l’on croise parfois sur les sentiers des inconscients en tongs et tee-shirt pour seul équipement.

D’ailleurs nous passons à coté d’ossements dont nous jugeons  à première vue, en l’absence de chaussures de randonnée, qu’ils ne sont heureusement pas humains, à moins que les chaussures n’aient été ramenées par d’autres randonneurs aux objets trouvés. Mais vu la taille des os nous estimons qu’il s’agit plutôt de ceux d’une vache ou d’un cheval foudroyé par l’orage.

 

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Apercevoir des chevaux en liberté dans la montagne est toujours un émouvant spectacle. Car voilà l’animal – que l’on considère à juste titre comme la plus noble conquête de l’homme - qui a le plus contribué à façonner l’histoire de l’humanité. Sans le cheval, en effet, qu’aurait été l’empire de Gengis Khan, celui des romains ou d’Alexandre le Grand ? Sans le cheval, les conquistadores espagnols n’auraient peut être pas vaincu les peuples amérindiens qui, les voyant juchés sur leurs montures, les ont pris pour des êtres surhumains, les yankees ne seraient pas partis aussi facilement à la conquête de l’ouest et des hordes de turfistes, incapables de distinguer un étalon d’une jument, ne joueraient pas au P.M.U. La face du monde en aurait été ainsi  changée. Monsieur de la Palice aurait rajouté que sans le cheval il n’y aurait pas non plus  de boucherie chevaline !

 

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Nous poursuivons notre chemin en direction du refuge sous le regard d’un jeune poulain  sans doute intrigué par ces bipèdes qui ne prennent même pas le temps de s’arrêter pour brouter quelques touffes d’herbes, certes desséchées par un été inhabituellement sec mais délicieusement odorantes. Car c’est un fait que l’herbe qui pousse dans les montagnes est riche en plantes aromatiques  qui donnent aux fromages de ces régions leur goût si prononcé.

 

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Après avoir déjeuné dans le refuge, le temps ne s’étant pas amélioré, nous redescendons vers la vallée, le cou rentré dans les épaules et le corps un brin recroquevillé sous l’effet du refroidissement provoqué par la langue humide du brouillard sur notre dos. En cette saison les rêves qui nous habitent habituellement  à la descente sont peuplés de chopes emplies de breuvages dorés coiffés d’une mousse blanche, mais aujourd’hui nous préfèrerions de beaucoup croiser un Saint Bernard muni de son tonnelet !

 

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Cela dit, malgré le temps couvert et l’humidité ambiante nous ne sommes pas insensible à la beauté des lieux, car même si le ciel est bas, le paysage est néanmoins grandiose. Les nuages qui coiffent le sommet des montagnes leur confèrent une aura de mystère et l’on se demande si les dieux n’en profitent pas pour venir y batifoler.

 

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Le lendemain matin le ciel affiche un coin de ciel bleu qui nous ravit et nous donne l’espoir de pouvoir enfin gravir un sommet. Mais nous renonçons vite à ce projet car les nuages venus de l’Ariège, ignorant la frontière, se mettent soudain à engloutir les sommets et à dévaler le versant andorran. A quoi servent donc les douaniers ?

 

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Et nous devons donc comme la veille nous limiter à arpenter les plateaux intermédiaires en prenant garde à rester sous le matelas de nuages.  Mais ces balades par temps couvert ne sont pas sans attrait, bien au contraire. Le défilement continu des nuages modifie sans cesse le panorama, les cimes se voilant et dévoilant tour à tour, nous offrant un somptueux strip-tease minéral.

 

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Nous remontons une vallée glaciaire où des rochers laissés en chemin par la fonte des glaces attendent patiemment la prochaine glaciation pour reprendre leur périple vers la plaine . Il n’y a pas  de voyageurs plus patients que les cailloux, sauf ceux qui en ont assez de se faire marcher dessus et se faufilent subrepticement dans nos chaussures.

 

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Soudain, nous voyons s’envoler,  à environ une centaine de mètres au dessus de nous, un couple de vautours, tandis que trois autres restent au sol.  Nous sommes intrigués par leur présence car il est rare que les vautours évoluent à une si basse altitude.

 

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Nous comprenons bien vite la raison de leur présence en ces lieux en apercevant le cadavre d’une vache qui, sans doute perdue dans le brouillard, a dû faire une chute mortelle dans les heures qui précèdent car elle n’est pas encore dépecée.

 

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Nous nous approchons de la scène espérant pouvoir prendre les vautours en train de festoyer  ( c’est moins barbare que d’assister à une corrida !). Mais ces volatiles préfèrent, comme au demeurant la plupart des êtres à plumes et à poils, prendre le large, manifestant ainsi le peu de confiance que le règne animal a en l’homme, ce prédateur sans merci, le seul qui tue par plaisir. La vue de cet énorme « bifteck » nous ayant donné faim, nous nous installons pour pique-niquer sur la plateforme située devant un abri de berger, seul endroit qui garantisse à nos postérieurs un endroit à peu près sec !

 

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Le plafond des nuages s’étant quelque peu relevé, nous décidons de grimper vers le Port (ou col) de Siguer  situé à 2395 mètres d’altitude. Nous  croisons en chemin de magnifiques chevaux que ne trouble aucunement notre présence. Au sein de cet univers exclusivement minéral et végétal dépourvu de toute trace humaine  nous avons le sentiment d’être de retour au paradis perdu ! Et, pour sûr, si jamais une belle Napée me tendait une pomme je ne la croquerai point.  Enfin, je n'en suis pas si sûr.....

 

 

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Parvenus au col, les nuées daignent s’écarter un instant pour laisser passer un rayon de soleil qui éclaire quelques secondes une partie du versant ariégeois, subtil reflet de nos existences où la gaîté succède  à la mélancolie.

 

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Grimpant sur un promontoire qui domine le col nous découvrons alors l’Etang « Blaou »  (bleu), l’un des plus grands lacs naturels d’Ariège, qui aujourd’hui affiche une mine sombre. Mais malgré cette humeur maussade, le panorama qui s’offre à nous n’en est  pas moins beau pour autant !

 

A suivre….


Texte & Photos Ulysse 


 

22:42 Publié dans tourisme | Lien permanent | Commentaires (45) | Tags : andoore, siguer, blaou, vautour