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01/08/2013

Rando au frais dans le Vialay

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En ce matin de fin juillet qui, malgré les orages de la nuit, affiche une température quasi tropicale, nous avons décidé de remonter les Gorges du Vialay jusqu’au lac Blond que nous avions découvert l’automne dernier. Gibus, en montagnard avisé et prudent, emmène l’attirail adéquat sans lequel Eldorad’Oc risquerait de connaître une fin prématurée. Vous  verrez au cours de ce récit que cet équipement était loin d’être superflu.  Mais laissons venir chaque chose en son temps et, comme le dit un proverbe Bellopratain, les fleurs d’abricot donneront de la confiture .

 

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Après avoir pris le chemin des « poètes disparus » (mes fidèles lecteurs savent de quoi je parle) nous arrivons au point de vue d’où nous découvrons les magnifiques gorges creusées dans le massif du Caroux par le modeste (sauf en cas d’orage) torrent du Vialay.

 

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La part contemplative de notre âme ayant eu son dû, nous descendons vers le torrent pour offrir au vieux gamins que nous sommes restés une journée que l’on espère mémorable. Je vais vous confier un secret : pour ne pas vieillir, n’écoutez ni les cliquetis de vos articulations ni surtout les conseils de votre médecin, vivez à « donf » ! La dépense physique est le meilleur baume pour le mental et les cartilages ! Bon cela dit ne prenez pas de risques inutiles et je vous conseille de suivre à la lettre les conseils que Gibus est en train de donner si vous voulez revenir intact de notre périple .

Premier conseil : on garde ses chaussures car les cailloux du torrent peuvent vous blesser les pieds. Deuxième conseil : une fois que vos godasses sont mouillées méfiez vous, car ça glisse ! Troisième conseil qui découle du deuxième : mieux vaut  laisser son smartphone à 500 euros  à la maison ! Pour ce qui est de mon appareil photo, il est anti-choc et « waterproof », ce que j’ai pu vérifier !!

 

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Et un dernier conseil assurez bien vos prises à chaque pas car on a vite fait de se retrouver le postérieur dans l’eau. En soi, ce genre d’incident n’est pas dramatique, mais il y a par contre dans l’eau des rochers plus dur que notre postérieur, même pour des vieux pachydermes comme nous !

 

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Il y a heureusement des endroits plus aisés  à franchir  que d’autres, ce qui permet de jouir du paysage avec, citron vert dans le ti-punch (version antillaise de l’expression « cerise sur le gâteau »), le sentiment jouissif de savoir qu’assez peu de bipèdes ont eu le loisir d’admirer ces lieux qui ne sont fréquentés que par les experts en « canyoning ».

 

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L’intérêt premier de cette balade est que, malgré le soleil estival,  on ne souffre pas de la chaleur, car à peine avons vous quelques gouttes de sueur qui perlent sur votre front que nous voilà obligés de plonger la moitié de notre corps dans l’eau du torrent, dont la température n’a rien à voir avec celle de la mer des Antilles, en dépit du citron vert dont je viens de parler. Ce qui fait que notre température corporelle revient très vite à la normale.

 

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Pour une fois que j’arrive à grimper sur les rochers sans ressembler à une grosse marmotte je vous montre la photo, car je finis par être jaloux de mon copain Gibus dont de nombreuses lectrices célèbrent l’agilité et la belle musculature.

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Quand on fait ce genre de périple on est ébahi par la force de l’eau qui, lorsqu’elle dévale en furie dans ces gorges étroites à l’occasion d’épisodes orageux, roule des rochers de plusieurs tonnes comme si c’était des grains de sable.

 

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Par endroits les vasques sont  si profondes que l’eau menace de mouiller le sac et le pique-nique qui se trouve dedans. Or pour nous, comme vous le savez, le pique-nique en rando c’est sacré, surtout l’élément liquide blanc, rosé ou rouge qui l’accompagne et qui est fort heureusement dans son flacon à l’abri de cette substance ludique mais insipide dont nous ne faisons qu’un usage externe.

 

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Au détour d’un coude du torrent nous  arrivons  soudain devant une cascade tombant dans une superbe vasque entourée de parois rocheuses. Ce site est sans conteste aussi beau que celui du lac Blond, le seul « hic » est que dans le sens où nous sommes il est infranchissable. Les « canyonneurs » qui fréquentent les lieux font la virée dans l’autre sens et descendent les chutes en rappel où en se jetant du haut. Mais, pour ce qui nous concerne, nous sommes, c’est le cas de le dire, « le bec dans l’eau » .

 

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Mais avant de chercher une issue pour nous sortir de cette impasse, nous décidons de mettre plus que notre bec dans l’eau et d’aller se faire masser sous la chute. Je peux vous dire que cela vaut toutes les séances de thermalisme du monde et c’est gratuit !

 

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Finalement nous décidons de monter dans la pente ultra raide - mais praticable grâce à quelques arbres qui nous tendent leurs branches secourables - qui borde la rive nord du torrent.

 

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Et après quelques frayeurs (pour ce qui me concerne) nous arrivons au dessus de la chute, magnifique flux d’énergie qui, à la suite d’une évolution en cours depuis la nuit des temps,  est à l’origine de celle qui coule dans nos veines de papis !

 

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Notre joie d’avoir franchi  cet obstacle est de courte durée, car de nouvelles vasques nous attendent, encore plus profondes que les précédentes qui nous obligent à porter les sacs sur nos têtes. A vrai dire nous jubilons intérieurement de retrouver le parfum d’aventure qu’avaient nos randos d’adolescent.

 

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Mais un nouveau et gros « hic » se présente à nous sous la forme d’une nouvelle chute tombant dans une vasque entourée de falaises. Gibus explore sans succès les bords pour vérifier si on peut y prendre appui afin de ne pas mouiller nos sacs. Il n’y a pas d’autre échappatoire que de grimper dans la falaise de la rive sud qui présente par chance quelques anfractuosités.

 

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L’ami Gibus qui possède une agilité de chat et ne craint pas le vide ouvre la voie et va accrocher la corde à un arbre à une dizaine de mètres au dessus afin que je puisse le rejoindre.

 

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Et nous grimpons, nous grimpons inlassablement, cherchant un passage permettant de rejoindre le bord du Vialay. Mais nenni, les seuls passages que l’on trouve nous mènent toujours plus haut. Ce qui fait que l’on aboutit sur une plateforme rocheuse d’où l’on domine le cours du torrent et où il n’y a,  à priori, pas d’autre issue que de héler un vautour ou notre ange gardien. La première solution apparaît au demeurant plus réalisable que la seconde car cela doit faire bien longtemps que nos ange-gardiens nous ont abandonnés à notre triste sort d’invétérés mécréants.

 

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Mais nous ne nous laissons jamais abattre et Gibus qui est, vous l’avez compris, le plus audacieux et le plus agile de nous deux, grimpe sur le promontoire qui domine la plateforme afin de voir si un passage est possible aux alentours. Il finit par découvrir une brèche dans les rochers qui mène vers une pente abrupte mais arborée dont on espère qu’elle nous permettra de sortir de cette nasse. Et « «bingo » au bout de quelques centaines de mètres d’un parcours en montagnes russes on finit par rejoindre la piste qui mène vers le pont du Vialay, là où le torrent, constitué de plusieurs affluents prend son nom. Pour cette fois, nous renonçons à rejoindre le lac Blanc qui était notre but initial, mais nous reviendrons !

 

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En trois quarts d’heure nous arrivons au pont pour la pause pique-nique et le traditionnel bain préalable (jamais d’eau après le rosé !), pas du tout lassés d’avoir mijoté dans ce rafraîchissant liquide toute la matinée. A vrai dire nous sommes insatiables car nous savons, pauvres mortels, que les heures de paradis qui nous restent à vivre nous sont comptées ! Ca sera toujours ça de pris vu que nous sommes plutôt dubitatifs sur le paradis post mortem.

 

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Nos agapes terminées, nous reprenons le chemin du retour avec l’idée de rejoindre le Vialay là où nous avons commencé notre périple le matin même, car nous avons repéré une superbe vasque en aval qui nous paraît mériter un détour.

 

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En descendant vers notre point de départ du matin, nous croisons un jeune mouflon de l’année qui apparemment n’a encore jamais vu d’homme et ne sait pas que notre espèce est la plus dangereuse qui soit. Il nous regarde, l’air ahuri, sans doute étonné de nous voir marcher sur deux jambes. Il finit par nous fausser compagnie, sans doute guidé par son instinct animal qui lui recommande de s’éloigner de tout inconnu.

 

 

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Nous arrivons au dessus de la vasque qui avait fait rêver Gibus le matin même et qu’il se prépare à descendre en rappel pour aller prendre un dernier bain. Pour ma part je préfère contourner l’obstacle par l’aval sous le prétexte de prendre des photos de la descente en rappel, mais secrètement bienheureux de me défiler !!

 

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Car pour pratiquer ce genre d’exercice il faut une souplesse et une agilité que ma carcasse bientôt septuagénaire ne possède plus.

 

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Gibus, qui n’est pas non plus né de la dernière pluie, se révèle par contre à son aise dans ce genre d’exercice et pourrait postuler pour doubler les scènes d’action si jamais on faisait un remake de « Tarzan ». Je suis sûr que dans ce cas plusieurs de mes lectrices postuleraient pour la doublure de Jane.

Admirez le style ! Bon, même si la corde craque l’ami Gibus ne risque pas grand chose,  mais la beauté du geste mérite qu’on enlève son chapeau !

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Le bonheur que l’on prend à faire ce type de sorties resplendit sur le visage de mon ami. Comme je vous le disais tout à l’heure ces sorties sont un élixir de vie et c’est ce qui nous permet de garder notre jeunesse d’esprit, garante de celle du corps !

 

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Allez,  il est temps de se rhabiller et de rentrer au petit trot car le périple nous a pris plus de temps que prévu. Et nos chères épouses vont commencer à s’inquiéter, du moins on l’espère ! On ne sait jamais, elles en ont peut être assez d’avoir deux vieux gamins à la maison !

 

Si vous appréciez Eldorad'Oc & Piquesel je vous invite à découvrir mon nouveau blog consacré à la photographie grand format 

 

 FOTORAMA

 

 

Texte & Photos Ulysse

 

29/11/2012

Le Caroux hors des sentiers battus : A la recherche du lac Blond

 

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Vous le savez, le Caroux est, pour Gibus et moi, une irrépressible passion. A peine vient-on de le quitter que l’on n’a qu’une envie : y revenir. Car malgré sa modeste altitude (il culmine à 1091m) ce massif est pour nous l’archétype de la montagne.  Sa diversité est sans équivalent : on y trouve des combes sauvages aux flancs couverts de hêtres ou de châtaigniers, des gorges vertigineuses où coulent d’impétueux torrents, des vallons verdoyants où règnent les prairies et les genêts, des clairières occupées par des bataillons de conifères, des aiguilles rocheuses dignes de leurs consoeurs alpines ou pyrénéennes, des plateaux rocheux balayés par les vents, royaume de la bruyère.  Ajoutez à cela  la présence de mouflons, dont c’est le terrain de jeu favori et dont la quête est notre « graal » ». Vous comprendrez donc, pourquoi, une fois que l’on a humé ses effluves et  caressé de ses pieds son « épiderme », on  devient « accro » à ce massif à nul autre pareil.

 

 

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Et après toutes ces années à le parcourir en long et en large, il nous reste encore des merveilles à explorer, comme ce lac Blond, dont nous avons découvert récemment l’existence en consultant un vieux « grimoire » sur le Caroux. Il faut dire que ce lac est niché au pied du Roc du Salis sur le cours du torrent du Vialay, dans un secteur où seuls les randonneurs qui ont quelques années de pistage de mouflons, à leur actif, peuvent accéder.

 

Nous voilà donc partis à la découverte de ce fameux lac. Après avoir atteint la base du Fourcat d’Heric par un chemin assez confortable, la situation se corse sérieusement. Nous passons en contrebas de l’arête de Mascar où le sentier a été emporté par un éboulis. L’éboulis traversé, non sans quelques difficultés, nous suivons alors une vague sente ponctuée de cairns qui évolue dans un terrain plutôt chaotique.

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Nous sommes dans un secteur très exposé aux chutes de rochers et nous sommes assez heureux que d’énormes châtaigniers nous servent de gardes du corps au cas où …

 

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Notre itinéraire présente un profil de montagnes russes, du fait du franchissement de plusieurs barres rocheuses d’où nous apercevons les gorges creusées par le Vialay. L’une des particularités du Caroux est l’harmonieuse union du règne végétal et du règne minéral qui règne quasiment en tous lieux, du fait de sa modeste altitude. Il conserve ainsi, généralement, un aspect riant malgré un relief tourmenté de « haute-montagne ».

 

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Nous descendons vers le ruisseau de Paillargues dans un fouillis végétal digne d’une forêt tropicale. Le tronc d’un vénérable hêtre gît au sol. Il a dans sa chute déraciné et brisé un congénère dont le haut du tronc est resté suspendu dans les frondaisons environnantes. Ces lieux sauvages, où la mort et la vie sont ainsi étroitement mêlés dans un flux perpétuel, rassérènent notre âme. Ne témoignent-ils pas d’une réalité suprême qui nous est cachée et que la mort nous révèle. Peut-être d’ailleurs que nous sommes morts et que ce que l’on appelle la mort est la vraie vie ? Ce qui expliquerait que la terre soit souvent un enfer, au mieux un purgatoire (quand on a au moins du bon vin à boire ) et que l’on y revient tant que l’on n’a pas gagné son billet pour le paradis ! Bon, ce n’est qu’une théorie !

 

 

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Après avoir dévalé une pente abrupte au « jugé » à travers des taillis, toute trace de sentier ayant disparue, nous parvenons au bord du Paillargues, modeste ruisseau aux eaux dormantes. Mais les rochers qui jonchent son lit nous laissent penser qu’il ne faut pas se fier aux apparences, son cours devant être plutôt tumultueux lorsque des orages sévissent sur le massif. Nous descendons son cours, rassurés par le ciel aujourd’hui serein, afin de rejoindre le torrent du Vialay dans lequel il se jette.

 

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Ayant atteint le torrent du Vialay, nous le remontons sur une centaine de mètres en direction de l’impressionnant Roc du Salis, au pied duquel est caché le mythique lac Blond.


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Après avoir chevauché quelques arbres abattus en travers du cours du torrent, nous apercevons enfin le lac Blond alimenté par une superbe cascade. Nous sommes un peu dans l’état d’excitation de Richard Burton et John Speke lorsqu’ils ont découvert en 1858 le lac Tanganyika croyant qu’il s’agissait de la source du Nil.

 

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D’aucuns pourraient juger que le terme « lac » est un brin exagéré pour cette superbe vasque, mais il faut mettre cela sur le compte de la latitude à laquelle il se situe. Ce que l’on appelle sardine à Dunkerque devient un thon à Sète !  Il n’empêche que, « lac » ou « vasque », le site est de toute beauté, son aspect secret et sauvage n’étant pas le moindre de ses attraits. Le nom de « lac Blond »  lui a été donné par Jean Prioton (1898-1985) - forestier visionnaire, grand défenseur du Caroux, du Larzac et de la préservation de la nature sauvage  - car ses eaux prennent une couleur dorée au soleil couchant, du fait du réfléchissement des rayons sur les rochers environnants.

 

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Et d’ailleurs bien que nous ne soyons qu’au mitan de la journée, une partie des eaux est déjà illuminée par ce reflet, leur conférant un aspect un peu plus engageant pour s’y baigner .

 

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Car vous pensez bien que nous n’allions pas laisser passer une occasion pareille de nous baigner là où peut être jamais aucun homme n’a eu l’audace de le faire ! Car, outre le fait, que le lieu est peu connu, je peux vous dire qu’au fond de cette gorge sauvage l’eau n’a pas l’occasion de beaucoup chauffer !

 

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Après ce bain revigorant, nous grimpons sur un promontoire rocheux qui domine le lac opportunément exposé au soleil, ce qui nous permet de nous réchauffer. La vue sur les gorges sauvages du Vialay, hérissée d’aiguilles rocheuses, est somptueuse. On aperçoit sur la droite la pente que nous avons descendue pour y accéder. Vous en déduirez qu’à notre âge quasi-canonique nous avons encore bon pied bon œil, les mauvaises langues ajouteront… « et aussi  bon gosier » !

 

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Après la traditionnelle pause « pique-nique-siestouille », il nous faut songer à repartir. Ne souhaitant pas revenir par le même itinéraire, nous cherchons une voie d’accès nous permettant de rejoindre le col du Salis qui doit se situer à environ 250mètres de dénivelé au dessus de nous. La ligne droite étant le plus court chemin pour se rendre d’un point à un autre, nous décidons de grimper en pleine pente sur le flanc ouest du Roc du Salis, espérant ne pas tomber sur une barre rocheuse infranchissable. Nous sommes fort opportunément aidés par nos amis les arbres qui nous tendent leurs branches, leurs racines et leurs troncs secourables.

 

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Puis nous devons nous faufiler dans « le chas » de quelques aiguilles rocheuses qui, malgré leur aspect rébarbatif, se révèlent finalement plus faciles à franchir que la pente de terre humide et glissante que nous venons de gravir.

 

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Les lieux sont si sauvages que nous tombons nez à nez avec deux jeunes mouflons qui ne s’attendaient certainement pas à croiser des bipèdes en ces lieux.

 

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Mais rencontre plus étonnante encore dans le Caroux, où nous n’en avions, jusque là, jamais aperçus, nous débusquons trois jeunes sangliers qui fuient en maugréant. Désolés de vous importuner, chers amis, mais nous ne faisons que passer !

 

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Nous parvenons sur une plate-forme rocheuse où nous jouissons sans partage (sauf que nous sommes heureux de la partager aujourd’hui avec vous !) d’une vue imprenable sur les Gorges du Vialay dominées par le Roc Fourcat.

 

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Il nous reste à gravir une modeste pente encombrée de rochers pour pouvoir rejoindre le col du Salis où passe un bon sentier qui doit nous ramener à bon port.

 

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Nous arrivons sans encombre au col où le bruit de nos pas tire de sa somnolence un diablotin assoupi sur le bas coté. « Vous sortez d’où comme ça ? »  nous dit-il « je ne vous ai pas entendu venir par le chemin ! » Nous lui indiquons que nous sommes montés directement du fond des gorges du Vialay par la pente qui longe le roc du Salis. « Vous êtes un peu fous, non ! pourtant vous n’êtes pas nés de la dernière pluie ! vous semblez même remonter au déluge ! Remarquez des gars comme vous, ça fait notre affaire car si vous vous dézinguez vous allez directement chez nous, vu qu’à voir vos bobines vous ne devez pas aller souvent à confesse. Mais  vous ne le regretteriez pas, car chez nous il y a du vin chaud et des saucisses grillées à volonté, alors que chez l’Autre on boit de l’eau bénite et les gens s’ennuient à mourir et ça pour l’éternité » « Nous en sommes convaincus"  lui répond-t-on « mais nous ne sommes pas pressés ». « Je ne suis pas pressé non plus, mais votre heure viendra, alors profitez en bien d’ici là » nous rétorque-t-il . Ca, ce sont des choses que l’on n’a pas besoin de nous rappeler, car pour en profiter -  comme vous le savez, vous qui nous suivez depuis si longtemps - nous en profitons ! Et nous vous invitons à faire de même ! Allez, zou! Tous sur le caroux !

 Carpe diem !

 

Texte (sauf propos du diablotin) & photos Ulysse

 

03/12/2009

Etonnez vous, allez sur le caroux ! (fin)

 

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Nous nous remettons en chemin après un déjeuner que bien des chefs étoilés ne sauraient nous offrir car il manque à leurs menus, aussi raffinés soient-ils, le buzzetis des abeilles attirées par l’odeur des mets, la caresse des rayons du soleil sur nos maxillaires affairés, le clapotis du torrent qui coule à nos pieds et la mignardise suprême d’une sieste, allongés dans l’herbe avec la frondaison des arbres pour ombrelle.

Notre sentier, qui escalade le versant nord du massif du Caroux, est bordé de hêtres qui y trouvent la fraîcheur et l’humidité qu’ils affectionnent. J’aime leur écorce claire tachetée et le vert lumineux de leurs feuilles qui leur confèrent une grâce particulière.

Outre leur dénomination habituelle qui vient de l’allemand « heister », ces arbres sont appelés aussi « fayard » qui vient du latin « fagus ». Leurs fruits ou « faînes » sont appréciés des animaux sauvages et le bois est recherché en ébénisterie et pour le chauffage.

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Après avoir rejoint le col de l’Ourtigas, nous grimpons un dernier raidillon  qui accède au plateau sommital dominant le vallon du Vialay, où nous suivons la piste qui descend vers le hameau de Douch.

Vous qui étouffez dans l’espace restreint de vos bureaux, de vos ateliers, de vos chaumières , voire de vos jardinets entourés de murs, venez un jour en cet endroit pour découvrir ou retrouver l’ivresse des vastes espaces où seule la courbure de la terre fixe une limite à votre vision.

 

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Marchant comme un funambule sur le fil blanc de la piste tendu à travers un océan de bruyères, notre esprit progressivement sort de sa carapace et empli l’espace, ravivant cette sensation enfantine de ne faire qu’un avec l’univers qui nous entoure.

 

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L’égo se dissout alors dans l’éther et vous devenez l’oiseau qui passe, le nuage qui s’effiloche , l’air chaud qui vibrionne au loin.

 

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De telles balades sont un excellent antidote à la frénésie qui nous gagne tous de temps en temps de posséder, de consommer, d’être reconnu ou admiré, actes qui nous rassurent et nous donnent un sentiment de pouvoir éphémère dans un monde qui nous échappe et où nous sommes ballottés en quête d’un sens à donner à nos existences.

 

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Sur ces chemins, nos vies retrouvent la simplicité de la vie des cailloux, des arbres, des oiseaux : je suis, tu es, il ou elle est, nous sommes  vous êtes, ils ou elles sont, . Ici nous conjuguons le verbe être sans avoir besoin de paraître ou d’avoir ! 

Il n’y a qu’un autre lieu où je me retrouve ainsi en communion avec le monde : au fond de ma cave car j’y trouve un chemin liquide qui me conduit du cœur de la terre au ciel!

 

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Admirez ces arbres courageux postés en sentinelle en haut de la colline. Ils ont été envoyés par leurs congénères du vallon pour trouver de nouvelles terres propices à leur développement. Certains ne survivront pas à leur audace, mais d’autres donneront naissance à une nouvelle génération qui colonisera peu à peu ces nouveaux espaces.

 

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Nous parvenons bientôt au niveau d’anciennes terrasses autrefois cultivées par les hommes qui ont déserté ces lieux austères pour rejoindre les villes. Qui pourrait les en blâmer ? Ce sol est aussi aride qu’il est majestueux et qui accepterait aujourd’hui de mener une vie battue par le vent, brûlée par le gel ou le soleil et privée du confort de nos demeures et du « régénérant » spectacle des « feux de l’amour ( trop souvent devenus des braises)  ou de la « roue de l’Infortune »

 

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Mais nous approchons du hameau de Douch dont les habitants ont serré leurs maisons les unes contre les autres au creux du vallon afin de mieux se protéger du vent. On a beau être à 40 km à vol d’oiseau de la Méditerrannée , il n’est pas rare en l’hiver de voir le Caroux balayé par des blizzards de neige, comme nous en avons affronté un en décembre 2008 . Celles et ceux qui me lisent régulièrement s’en souviennent peut être ?

 

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Deux magnifiques murs de pierres, comme seuls les anciens savaient en monter, nous guident vers l’entrée du village. Des sorbiers aux oiseaux offrent généreusement leurs fruits à la gent ailée, dernier festin qu’ils peuvent faire avant les frimas de l’hiver qui est souvent pour eux une longue période de disette.

Heureux est l’homme qui a su maîtriser son destin en inventant le placard qui lui permet de ranger ses stocks de nourriture pour affronter la mauvaise saison. On peut d’ailleurs vivre sans yacht, sans rolex, sans 4X4, sans ferrari, éléments superflus d’une existence sans substance, mais pas sans placard plein, symbole du capitalisme triomphant !

Encore plus heureux et aussi plus finaud est celui qui a pris la précaution de se creuser une cave et qui n’a pas à battre la campagne en hiver pour trouver par moins dix degrés un caviste ouvert !

Heureux et finaud donc je suis !

Texte & photos Ulysse

10:38 Publié dans tourisme | Lien permanent | Commentaires (25) | Tags : caroux, douch, vialay, caviste