05.07.2008
L'Abbaye de Saint Martin du Canigou
Il faut avoir la foi ou à défaut être un passionné des chefs d'oeuvre architecturaux qu'elle a inspiré à
des hommes de génie pour se rendre l'Abbaye Saint Martin du Canigou. Car elle ne vous attend pas paisiblement
au bord d'une route ou d'un chemin où vous pourriez vous y rendre en carosse. Nenni, il vous faut, pour
l'atteindre, gravir pendant une bonne demi-heure les pentes du piton rocheux sur laquelle elle est perchée à
1080m d'altitude et qui surplombe le village de Casteil (66).
Plutôt que le chemin bétonné construit par les hommes de notre époque trop soucieux d' économiser en
toutes circonstances leurs efforts, je vous recommande le chemin séculaire emprunté par les moines et qui
grimpe dans une splendide forêt traversée de torrents dont le murmure vous prépare à la méditation.
Les efforts qu'il faut fournir avant d'apercevoir la silhouette de l'abbaye que l'on devine là haut à travers
le feuillage instillent dans nos esprits arrogants si prompts à trancher péremptoirement de tout, l'humilité
nécessaire pour mieux en percevoir la beauté que recèlent ses apparences austères.
Elle fut fondée en 1005 par le Comte de Cerdagne et de Conflent et dédiée à Saint Martin, ce soldat
romain qui au quatrième siècle de notre ère, au cours d'une ronde de nuit, offrit la doublure de son manteau à un
vagabond qui mourait de froid.
Ni ce parrainage ni sa position géographique ne l'ont hélas préservé des malheurs qui se sont
enchainés: mise à sac par des mercenaires, pillage par les armées des rois d'Aragon et de Majorque qui se font
la guerre pour contrôler la région, tremblement de terre de 1428 qui abat l'un des deux clochers. Placée ensuite
sous le régime de la commende qui permettait à un abbé d'en tirer un revenu sans y vivre, elle péricite jusqu'à
sa fermeture en 1783.
S'ensuit une période de désolation et de destruction progressive jusqu'à sa restauration dans la
première moitié du 20ème siècle sous l'action de Mgr Carsalade du Pont , évêque de Perpignan, et du père
Bernard de Chavannes.
Edifiée sur les fondations d'une église Carolingienne du 8ème siècle, elle est de style roman primitif qui
lui confère une allure austère. Mais la sobriété des lignes met en valeur l'élégance de la galerie qui surplombe la
vallée et la grande beauté des chapiteaux des colonnes aux motifs étonnants.
Ainsi y voit on des êtres humains enserrant des monstres (ici des lions), symbole sans doute de la lutte
de l'esprit humain contre les forces du mal (interprétation Ulyssienne) mais aussi plus surprenant encore,
Salomé dansant à demi nue entre deux personnages masculins (apparemment deux vieux barbons !) qui
semblent insensibles à ses charmes. Les plus optimistes y verront le symbole du triomphe de l'esprit sur la
tentation d'autres, sans doute plus réalistes, l'illustration du déclin des nos facultés auquel nous condamne
inexorablement les années qui passent
L'émotion nous submerge quand on contemple, incrustés dans le mur de la galerie, les visages du
fondateur de l'abbaye et de sa première épouse dont le regard semble nous fixer à travers les siècles et nous les
envions presque car nous savons qu'ils savent ce que nous ne savons pas encore !
L'altitude et cet échange muet sur le mystère de la destinée humaine nous rend songeur et donne le
vertige. On retrouve sa sérénité à contempler le jardin intérieur où pousse quelques roses, florale métamorphose
sans aucun doute des âmes des fondateurs qui y sont enterrés.
Texte & Photos Ulysse
15:15 Publié dans tourisme | Lien permanent | Commentaires (18) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : saint martin du canigou, abbaye
27.06.2008
Du Camp Rouch au Mas de Rouquet
La marche est comme les livres, source de connaissance et d'émotion. De surcroît elle vous oxygène le
cerveau, excellent antidote à la sénilité précoce, et vous fait de beaux mollets, atout non négligeable avec la
période estivale qui s'annonce.
Et je connais des lieux qui vous dispensent à la fois une leçon d'histoire, de botanique, d'entomologie et
de géologie. Vous êtes tentés ? Alors rejoignez le plateau du Larzac et abandonnez votre pétroleuse près du
Camp Rouch à quelques kilomètres au sud du Caylar. Je vous y attends, mais soyez matinal car nous avons un
bon bout de chemin à faire.
Suivant les traces laissées par les visiteurs nocturnes de ces lieux - renards, sangliers, blaireaux,
fouines, lapins qui « dînent » pendant que nous dormons - nous traversons un petit bois qui, en cette fin de
printemps généreusement arrosé, arbore une pléiade de verts. Les feuilles encore charnues laissent
parcimonieusement passer des confettis de soleil qui dessinent des pointillés de lumière sur le chemin et nous
font cligner des yeux.
Sortant du bois, nous découvrons le vrai visage du Causse : une mer de pelouses couverte en cette
saison de thym en fleurs où émergent par endroits des bosquets de buis et de genévriers cade, dont les baies
sont utilisées comme condiments dans diverses préparations culinaires (notamment la choucroute). L'huile que
l'on extrait de son bois est efficace contre les maladies de peau et entrait autrefois dans la composition du savon
Cadum qui permettait selon la réclame de l'époque d'avoir la peau douce comme une peau de bébé !
Aujourd'hui les marchands de cosmétique sont finalement plus modestes puisqu'ils ne vous promettent que de
vous rajeunir de 10 à 20 ans ! Mais en ce domaine comme en politique les promesses n'engagent et surtout ne
coûtent qu'à ceux qui les écoutent !
Le chemin passe à proximité des ruines de la chapelle St Vincent, dont la nef domine, comme un
vaisseau de pierre, cet océan vert qui va mourir au loin au pied des Cévennes.
Je suis toujours émerveille devant la foi des hommes et des femmes qui ont édifié leurs lieux de culte
dans des endroits aussi isolés. Sans doute le fait de quitter la ville, le bourg, le hameau et l'animation du
monde des humains pour aller prier, aide-t-il l'âme à se tourner vers le ciel. Dans de tels lieux l'oeuvre de
celui ou celle (ça me plairait assez que Dieu soit une Diva !) qui a créé l'univers se révèle dans son immensité
et force l'homme à l'humilité.
Un peu plus loin surgit l'impressionnant domaine du mas de Rouquet, constituant à lui seul un village et
dont les superbes bâtiments habillés de lierre sont aujourd'hui squattés par des belles de Salers et leur
progéniture.
Les magnifiques voutes de l'édifice principal témoignent d'un temps où les hommes ne ménageaient
ni leur temps ni leur peine et construisaient pour les siècles. Ils n'étaient peut être pas tous instruits mais leur
intelligence pratique était guidée par un sens inné de la beauté nourri par la contemplation de la nature.
Poursuivant notre chemin, nous empruntons d'anciennes drailles aujourd'hui désertées par l'homme,
suveillés du coin de l'oeil par un lézard vert , surpris de voir des bipèdes en ces lieux reculés.
Non loin de là un ophrys bécasse s'affiche en pleine lumière pour mieux séduire les insectes
pollinisateurs. Le labelle de cette familles de plantes imite en effet le corps d'un insecte pollinisateur déterminé.
Les mâles abusés par la ressemblance tentent une copulation au cours de laquelle leur corps s'enduit de pollen
qui ira féconder une autre fleur sur laquelle ils iront se poser.
Le chemin du retour longe le plateau qui surplombe la vallée de la Lergue. L'érosion a entaillé les
roches dolomitiques sculptant par endroits des figures fantasmagoriques, tel ce chien qui semble attendre le
retour des troupeaux transhumants ou ces pitons rocheux qui vont chatouiller les nuage du ciel.
Le circuit est décrit en fichier joint
Texte & Photos Ulysse
09:25 Publié dans tourisme | Lien permanent | Commentaires (18) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : camp rouch, mas de rouquet, causse du Larzac
16.06.2008
L'église de Rieux-Minervois et le Maître de Cabestany
Non loin de Minerve, cette splendide cité moyenageuse dominant le confluent de
la Cesse et du Brians, se tient une autre merveille dissimulée dans l'écrin de pierre d'un modeste et pittoresque
village : l'église de l'Assomption de Notre Dame à Rieux-Minervoix.
Cet édifice du XIIème siècle est encastré aujourd'hui au milieu des habitations et ne
vous éblouit pas au premier regard. D'un aspect assez massif, il vous intrigue pourtant. Il vous
faut quelques instants pour comprendre que son clocher a une forme inhabituelle et présente
sept pans, architecture unique dans le sud de la France.
Une fois le porche franchi, c'est l'éblouissement ! On découvre une nef aérienne en
forme de polygone à quatorze cotés, coiffée d'une coupole soutenue par sept colonnes. Certes
trois chapelles ont été ajoutées au XVème siècle qui rompent quelque peu l'harmonie de
l'ensemble, mais l'édifice reste d'une élégance et d'une beauté stupéfiante.
Certains voient dans l'utilisation du chiffre sept pour l'édification de cette église une
référence à un passage du Livre des proverbes de Salomon dans lequel il est écrit « La sagesse
a taillé sept colonnes et construit sa maison »
Le sentiment d'harmonie et de paix qui vous envahit dans cet édifice inspire une foi
sans dogme en un dieu sans diktat, débarassé de ses oripeaux de père fouettard misogyne et de
pisse-vinaigre, dont l'ont affublé les religions quelles qu'elles soient.
Et ce lieu a été richement orné de sculptures « divines » par un artiste de génie
anonyme, connu sous le nom de Maître de Cabestany. Du moins on le suppose, tant ces
scultures sont apparentées, en qualité et en style, avec celles qui figurent sur le tympan de
l'Assomption, vestige d'un portail disparu conservé dans l'église de Cabestany près de Perpignan
L'on trouve ses oeuvres, ou du moins celles de son atelier, en Catalogne, en Navarre
en Languedoc mais aussi en Toscane et on ne sait pas vraiment si ce maître était catalan,
italien ou languedocien. Selon Jean Nougaret, conservateur en chef du patrimoine au service
régional le l'inventaire du Languedoc-Roussillon, la densité des oeuvres sorties de son atelier
présentes dans notre région ferait pencher en faveur de cette dernière hypothèse. De fait il
s'agissait probablement d'un artiste itinérant allant avec son équipe de chantier en
chantier.
Pour Jean Nougaret « le vigoureux tempérament de l'artiste, affranchi des modes de
l'époque, sa « brutalité », sa « sauvagerie » même ne peuvent être confondues avec aucune
autre. Les visages sont triangulaires aux yeux nettement affirmés...au nez à l'arête tranchante,
les oreilles larges et décollées, les mains démesurément allongées, les proportions trapues dont
il dote le corps des personnages équivalent à une véritable signature »
Ainsi en est il en particulier pour le chapiteau représentant la Vierge emportée par les
anges : les yeux sont clos, la bouche fermée n'est qu'une incision tombant sur les cotés, les
mains aux doigts très allongés reposent le long du corps. Cette sculpture suscite un sentiment
étrange, le visage fermé et impassible de la vierge apparaissant comme un symbole du mystère
de la destinée humaine.
Sur d'autres chapitaux, qui ne sont pas du Maître mais probablement de son atelier, on
voit un lion se battant avec un monstre ou un homme se battant contre deux lions .
Un autre chapiteau arbore de fabuleux sonneurs de trompes dont la musique silencieuse
réveille notre âme et semble nous dire « mettez vous en chemin, il est plus tard que vous ne pensez ! »
D'autres sont plus apaisants, tel celui représentant ces élégants corps de canards
C'est à regret qu'on quitte ce lieu hautement spirituel qui divertit notre âme du
tintamarre et des babils du monde pour la ramener à l'essentiel c'est à dire à notre « essence »
(pas à celle polluante des émirs) et au ciel !
Une dernière précision importante en ces temps où les vandales (souvent de riches
collectionneurs voyous) dévalisent ou saccagent sans vergogne les églises , cet édifice placé
sous la protection des habitants du village est ouvert en permanence . Peut être que l'ambiance
spirituelle qui y règne inhibe les gens mal intentionnés !
Texte (sauf citations de J. Nougaret) et Photos Ulysse
14:25 Publié dans tourisme | Lien permanent | Commentaires (18) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : Rieux-Minervois, Maître de Cabestany, sculpture
11.06.2008
La carrière du Roy
Le roi Louis XIV, grand mégalo devant l'éternel qui a modestement déclaré « l'Etat
c'est moi » et se considérait à l'égal du Soleil a, par des guerres incessantes et des erreurs
politiques monstrueuses comme la révocation de l'édit de Nantes, ruiné le royaume de
France.
Dans ses délires mégalomaniaques il avait toutefois bon goût et s'entourait des
meilleurs architectes et artistes et choisissait les plus beaux matériaux.
Ainsi pour l'habillage du château de Versailles ainsi que du Petit et du Grand Trianon fit
il venir le marbre rouge (l'incarnat) de Caunes-Minervois situé sur les premiers contreforts de la
Montagne Noire
Utilisé par les sculpteurs au moyen age, notamment pour décorer l'abbaye de
Fontfroide, le marbre de Caunes va être pour un temps délaissé. Son exploitation va reprendre
au XVII ème siècle grâce à l'abbé Jean d'Alibert qui avait été frappé par la similitude des roches
affleurant au nord de son village avec le marbre taillé à Carare.
Assisté par des maîtres sculpteurs italiens il a ouvert plusieurs carrières dont les blocs
vont aller orner un grand nombre d'édifices religieux de la région.
Le Roi Louis XIV ayant découvert ce marbre sur des édifices lors d'un périple dans le
midi et conquis par sa beauté, se réserva l'exclusivité de la production de la plus belle carrière
sise au lieu dit des Terrables dénommée aujourd'hui « Carrière du Roy »
Depuis lors la demande pour ce magnifique marbre incarnat n'a pas cessé et il a été
utilisé pour décorer le Louvre, les Invalides, le Carrousel , l'Opéra et bien d'autres
monuments..Aujourd'hui il est notamment exporté au moyen orientt pour aller orner les fabuleux
palais des émirs arabes.
On peut librement visiter cette carrière . Elle est située sur une colline couverte de pins
d'Alep et de cades. On la rejoint en suivant une route fléchée partant de la rue principale de
Caunes Minervois en face d'une superbe tête de cheval en marbre. Le site est ponctué de
panneaux d'information expliquant le fonctionnement du site et son histoire
Quant à l'origine de ce magnifique marbre la légende veut qu'un centurion romain
revenant de Cana (ce qui fait un sacré bout de chemin) rapportait une amphore remplie de vin
des noces qui s'y étaient tenues. Arrivé à Caunes il se fit dérober son précieux souvenir. Son
voleur s'enfuit vers les Terrables où il trébucha et cassa l'amphore. Le vin se répandit sur le
calcaire donnant ainsi naissance au marbre incarnat.
Des gens plus sérieux vous diront que ce marbre est le résultat d'une fusion
metamorphique, sous l'effet d'énormes pressions, des dépôts calcaires déposés par l'ancêtre de
la Méditerranée qui remontait très haut à l'intérieur des terres. Ce sont les impuretés et les
éléments allogènes (coraux, oxyde de fer) emprisonnés dans le calcaire qui sont à l'origine de la
beauté du marbre de Caunes.
La carrière du Roy jouxte une carrière en exploitation (où ont été prises ces photos)
que l'on peut visiter le WE avec prudence et qui offre une vision spectaculaire sur le filon de
marbre et les modalités actuelles d'exploitation.
Texte & Photos Ulysse
07:46 Publié dans tourisme | Lien permanent | Commentaires (9) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : caunes-minervois, marbre, cerrière du roy
05.06.2008
Etonnez vous, allez au Salagou !
Avec le prix du kérosène qui grimpe plus vite que les avions qu'ils propulsent, les
voyages aériens seront bientôt réservés aux seuls ministres des affaires étrangères (fonction
oblige) et aux quelques "happy few" dont les revenus sont indexés sur les cours de l'or
noir.
Aussi vous qui rêviez d'exotisme pour vous changer de la morosité ambiante vous avez
le moral dans les chaussettes qui avaient déjà tendance à tomber sur vos chaussures (c'est
normal, vu qu'elles sont "merde in china" !)
Haut les coeurs sacrebleu ! car j'ai dans ma besace de randonneur de quoi vous
dépayser sans quitter notre doux et beau pays que le monde entier nous envie avec sa tour
Eiffel, ses 35 heures et sa première dame aussi sexy !.
Il s'agit d'un endroit étrange et fantastique, mélange de Polynésie et d'Arizona, que celles et
ceux qui me lisent régulièrement connaissent déjà : le lac Salagou !
Je vous sens ragaillardi(e)s par la perspective de pouvoir vous dépayser sans devoir
remplacer votre baguette et votre camembert par d'infâmes sushis, hamburgers ou autres
sauterelles grillées. Allez prenez votre gourde, votre maillot de bain et vos godasses de rando et
on y va !
Nous l'aborderons cette fois en nous faufilant le long de la berge en direction du Pioch
de la Roque qui arbore son chicot de basalte (neck) , vestige d'un temps où la chaine des
volcans d'auvergne, qui descendaient jusqu'à la mer, étaient encore en activité (- 700.000 ans)
Ce « neck » émerge aujourd'hui d'une masse de ruffes rouges faite de grès et d'argiles
déposés il y a 250 millions d'années et qui gardent la trace de leurs conditions de formation :
rides de courant, rainures de dessication, empreintes de pas de reptiles (voir la plaque de la
Lieude) et même gouttes de pluie !
Lorsque l'on contourne le Pioch de la Roque on découvre de l'aute coté du lac le village
de Celles niché au pied du Cébérou. Ce village qui a failli disparaître lors de la création du lac
(voir ma note du ...) renaît peu à peu et l'on peut rêver de le voir devenir un centre
d'information sur l'histoire du lac et de sa région (mais on préfère donner de l'argent aux
thoniers pour qu'ils aillent dévaster la mer!)
On contourne ensuite le pioch de la Sure dont les flancs érodés par les violents orages
qui sévissent parfois dans la région n'ont rien à envier au relief tourmenté des parcs nationaux
de l'Arizona
Le Pioch est couronné par une impressionnante masse d'orgues basaltiques dont la
musique wagnérienne s'est tue depuis quelques centaines de milliers d'années.
En face se dresse l'imposante pyramide du Rouens, énorme meringue au chocolat que
semble convoiter deux pêcheurs qui s'en approchent an catimini dans leur minuscule
raffiot.
Nous prenons de la hauteur et découvrons un paysage digne de la Toscane d'où
émerge au loin la montagne de Liausson derrière laquelle se cache le magnifique cirque de
Mourèze (que l'on retournera visiter un de ces jours!)
Notre horizon s'élargissant à l'infini, la pyramide du Rouens revient à des dimensions plus
modestes dans un décor magnifié par les touffes de lilas d'Espagne et les genêts
Notre périple s'achève et nous revenons en vue du Pioch de la Roque en dévalant un
sinueux canyon qui nous donne le tournis
Nous jetons un dernier coup d'oeil au Lac à l'endroit où les vignes viennent y puiser
l'eau pour la transformer en un breuvage plus digeste, que l'on dégustera pour en célébrer la
beauté !
Texte & Photos Ulysse
08:43 Publié dans tourisme | Lien permanent | Commentaires (18) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : salagou, pioch, volcan, ruffes
30.05.2008
Retour à la terre : le mas de l'Estagnol (fin)
Après avoir longuement flâné et rêvé sur le site du mas d'Agre qu'aurait aimé le poète
Virgile et remis un peu de « charbon dans la machine » à l'aide d'un roboratif pique
nique agrémenté d'un « rosé des dunes » produit dans l'île de Ré (les gosiers du pays d'Oc sont
moins snobs que ceux du bordelais et sont ouverts à toutes les expériences), nous nous
remettons en chemin en direction du Mas de l'Estagnol.
La forêt nous accompagne un moment en nous offrant son ombre rafaîchissante avant
de nous abandonner sur le flanc du Roc de la Vigne. Nous nous contentons de le contourner
car son sommet porte déjà l'empreinte de nos semelles.
Du chemin l'on aperçoit l'immense "dent de requin" du Pic Saint Loup qui émerge à
l'horizon, impressionnant vestige du socle sédimentaire laissé par la Méditerranée il y a 100
millions d'années que le surgissement des Pyrénées il y a 40 millions d'années a renversé à la
verticale.
Dans ce monde minéral la flore apporte une note de poésie et de douceur, telle la
hampe d'une asphodèle dont un bourdon dérobe le nectar tout en assurant ainsi sa
pérennité.
Au détour du chemin le hameau de l'Estagnol dévoile soudain ses magnifiques bâtisses
de pierres. Comme au mas d'Agre on ne peut s'empêcher de prêter l'oreille espérant entendre
l'écho des voix humaines qui ont autrefois résonné en ces lieux. Mais seul le buzzement des
insectes et le pépiement des oiseaux se font entendre. Parfois, dit-on, un vieux berger solitaire
y trouve refuge avec ses chèvres, mais d'aucuns pensent qu'il s'agit d'un fantôme! .
Une terrasse ouverte vers le sud s'offre à notre rêverie et, pour quelques instants,
nous nous mettons à la place de celles et ceux qui ont vécu ici et ont contemplé ce paysage,
en rêvant peut être des villes et pays situés bien au delà de la ligne d'horizon.
Mais ainsi est l'homme qui rêve souvent de vivre ailleurs que là où le sort l'a fait naître
et qui s'en va découvrir le monde pour revenir en fin de compte au bout de son age là où il est
né. C'est un peu comme si notre corps avait la mémoire et la nostalgie du sol dans lequel ont
été puisés les éléments dont il est constitué.
De toute façon peut être qu'un jour nous n'aurons pas le choix et qu'il se produira un
exode urbain, les gens fuyant les villes pour retourner à la terre de leurs ancêtres et y produire
de quoi subsister. La France n'a pas de pétrole mais on peut encore y cultiver les topinambours
et les rutabagas
La fin de la randonnée emprunte une piste confortable que dominent
d'impressionnantes falaises. On peut ainsi mettre le pilotage automatique et se laisser aller aux
méditations métaphysico-bacchusiennes (pour ce qui me concerne) qu'inspire immanquablement
la marche.
Parfois l'on est tiré de sa rêverie par une rencontre surprenante, tel ce cyclope
égaré qui cherchait les Cyclades et que j'ai remis sur le droit chemin en l'emmenant avec moi au
bord de l'Hérault.
De là il a pris le premier canoé venu pour descendre jusqu'à la mer et embarquer à Sète
sur un bateau en partance pour la mer Egée.
Pour celles et ceux intéressés par la découverte des mas d'Agre t de l'Estagnol , le
circuit est décrit dans l'ouvrage "Garrigues Montpelliéraines" Eitions Edisud (Itinéraire 28). La
première partie jusqu'au mas d'Agre comporte deux passages T3 (petite escalade) etdemande un
bon sens de l'orientation
Texte & photos Ulysse
12:15 Publié dans tourisme | Lien permanent | Commentaires (16) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : mas de l'estagnol, cyclope, cyclades
27.05.2008
Retour à la terre : le mas d'Agre (1ère partie)
Il y a une dizaine d'années, au moment où internet prenait son essor, les experts nous
prédisaient l'avènement d'une économie immatérielle fondée sur l'information. Exit l'agriculture et
l'industrie vestiges ringards d'économies primitives, à la trappe les bouseux et les cols bleus,
pour faire place nette aux cols ultra blancs qui, les oreilles collées à leurs mobiles et leurs doigts
plantés sur leurs claviers d'ordinateurs portables, produiraient et échangeraient des
informations, seule matière noble du monde de demain, assurant ainsi un avenir radieux à nos
économies.
Seulement nos économistes en chambre, dont les prévisions sont aussi fiables que
celles de météo-france, ont oublié que l'homme de base mange, s'habille, se chauffe, voyage et
reste attaché aux biens matériels de ce monde. Et ce qu'un enfant de CM2 pouvait anticiper
s'est donc produit : la croissance de la population mondiale conjuguée à la progression du
niveau de vie dans les pays émergents à conduit à un accroissement rapide de la demande de
biens matériels et alimentaires et donc à un renchérissement brutal des matières premières et
des produits agricoles.
Ainsi dans nos économies dites évoluées l'industrie et l'agriculture font un retour en
force et les paysans après avoir été snobés sont de nouveau courtisés
C'est l'heure du retour à la terre et les heureux possesseurs de 4X4 qui exhibent leur
statut social dans les quartiers chics urbains vont pouvoir se réjouir. Leurs véhicules vont enfin
servir à ce pourquoi il ont été construits et rouler dans les bouses de vaches aveyronnaises
plutôt que dans les merdes de canidés neuillysiens dégénérés.
C'est le moment de vendre sa villa du Cap Ferrat ou du Cap Ferret ou son chalet à
Genève et de partir à la recherche d'un mas en ruine avant que les prix ne montent sous l'effet
de la reconversion des golden boys, victimes de la déconfiture des « subprimes » (encore une
invention géniale des experts financiers), aux joies de la culture de l'olivier ou de la production
du fromage de chèvre.
Si vous êtes intéressés, j'ai repéré deux magnifiques Mas « virgiliens » (pour en savoir
plus sur le poète Virgile cliquez ici) dont je veux bien, chers lecteurs et lectrices, vous
réserver la primeur. Si jamais vous vous y installez, je compte sur votre hospitalité pour m'y
accueillir, étant entendu que j'apporterai le pain et le vin lors de mes visites, du moins tant que
vous ne serez pas à même de vivre en totale autarcie.
Pour s'y rendre, il faut d'abord remonter la sauvage combe du Bouys à partir des rives
de l'Hérault, quelques kilomètres en amont de saint Guilhem le Désert. Au démarrage on suit
une piste confortable qui se transforme ensuite progressivement en un vague chemin qui finit par
suivre le lit caillouteux d'un oued, heureusement la plupart du temps à sec.
On progresse alors au coeur d'une jungle méditerranéenne dont le sol est en
permanence labouré par les hardes de sangliers qui pullulent à cet endroit. D'ailleurs, on les
entend aller et venir en grognant, irrités et inquiets de la présence de bipèdes, les parois du
canyon leur interdisant toute échappée. Il faut dire que c'est un endroit apprécié des chasseurs
car ils peuvent ici faire un carton comme dans les fêtes foraines sans trop se bouger le cul,
mieux vaut donc éviter la période de chasse si l'on veut avoir le bonheur de bénéficier de sa
retraite si chèrement acquise.
Après deux brefs passages rocheux qui testent notre souplesse, le chemin s'élève
tranquillement sur la rive gauche de la Gallinière. En approchant du plateau les oiseaux soudain
se taisent dans les bois environnants et une ambiance mystérieuse s'installe. Intrigué on
avance alors le souffle court en faisant le moins de bruit possible pour découvrir stupéfait, en
surplomb du chemin, le visage d'un géant pétrifié qui semble supplier une fée ou une princesse,
assise de l'autre côté du vallon, de venir le délivrer ou peut être de lever le sort qu'elle lui a
jeté parce qu'il s'est sans doute montré trop entreprenant !
Laissant nos tourteraux à leur éternel face à face, on progresse alors sur le plateau
couvert de magnifiques pins à la recherche du Mas d'Agre.
La découverte d'un antique puits nous confirme que nous sommes sur la bonne voie et, de fait, le mas se révèle bientôt dans ses habits de lierre au milieu d'une clairière sauvage.Depuis que les derniers occupants ont quitté les lieux, l'ombre de milliers d'heures a caressé le cadran solaire qui orne sa façade.

On prête vainement l'oreille pour tenter de saisir l'écho des chansons, des rires, des
pleurs, des colères qui ont résonné sous ces magnifiques arches de pierres qui soutenaient les
toitures.
Sont elles à jamais éteintes les flambées généreuses qui cuisaient le pain dans ce four,
dont les senteurs revigoraient les coeurs ?
Aujourd'hui le four ouvre sa gueule froide comme la mort mais peut être suffirait-il d'une
flambée pour faire sortir de leur éternelle léthargie les fantômes qui hantent les lieux.
Derrière le mas s'étend un ancien verger où les squelettes d'antiques cerisiers semblent
s'affronter comme des chevaliers figés par Merlin l'Enchanteur.....
Avec quelques barrils d'huile de coude, ce mas pourrait retrouver son lustre
antan .....Qui veut tenter l'expérience ?
A suivre.....
Texte & Photos Ulysse
09:05 Publié dans tourisme | Lien permanent | Commentaires (22) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : mas d'agre, cadran solaire, puits
20.05.2008
Dans Arles où sont les Alyscamps ...(suite et fin)
On ne peut parler d'Arles ou la visiter sans évoquer la mémoire de Frédéric Mistral
(1830-1914) cet écrivain provençal fondateur en 1854 de « Lou Félibrige » association littéraire
ayant vocation à assurer la défense des cultures régionales traditionnelles et la sauvegarde de
la langue d'Oc. Après avoir reçu le prix nobel de littérature en 1904, il fonda à Arles le "Museon
Arlaten" consacré à l'art de vivre dans l'ancienne Provence et contenant des collections
représentatives des arts, de l'ethnologie et de l'histoire du pays d'Arles.
Sa statue trône sur la place du forum où Van Gogh, qui vécut à Arles de février 1888 à
mai 1889, a peint son magnifique tableau intitulé « Terrasse du café le soir » qui montre une
terrasse de café illuminée sous un somptueux ciel étoilé.
Que vous soyez ou non croyant, il faut aller visiter l'église St Trophime située au coeur
de la vieille ville et dont le portail est l'un des chefs-d'oeuvre de l'école romane provençale de la
fin du XIIème siècle ainsi que son cloitre. Saint-Trophime, premier évêque d'Arles, aurait été un
des sept missionnaires envoyés par Rome pour évangéliser la Gaule, sous le règne de l'empereur
Dèce. Il serait arrivé à Arles en 46
On découvre au centre du tympan le Christ qui, d'après les commentaires officiels, bénit
l'assistance les deux doigts levés en tenant l'évangile sur ses genoux. Il est entouré des
symboles des quatre évangélistes : l'aigle de Saint jean, le lion de St Marc, le boeuf de St Luc
et l'ange de St Mathieu.
Quant à moi, qui suis un parfait mécréant, j'ai plutôt l'impression que ce pauvre Jésus
semble nous dire « arrêtez un peu vos âneries et vos querelles de
chiffonniers et faites un effort pour vous entendre car je ne reviendrai pas une seconde fois
pour vous épargner les colères de mon père qui risque un jour de perdre patience et de vous
envoyer tous rôtir dans les chaudrons de Lucifer ! »
Bien évidemment quand on va à Arles une visite s'impose aux Alyscamps immortalisés
par les vers de Jean Paul Toulet (1867- 1920) :
Dans Arles, où sont les Alyscamps
Quand l'ombre est rouge, sous les roses,
Et clair le temps,
Prends garde à la douceur des choses,
Lorsque tu sens battre sans cause
Ton coeur trop lourd,
Et que se taisent les colombes:
Parle tout bas si c'est d'amour,
Au bord des tombes.
Le nom de ce « cimetierre » étonnant vient d'Alysii campi (c'est-à-dire les champs
Elysées, la voie qui conduisait au royaume des morts les guerriers valeureux)
Son implantation remonte à l'antiquité, les cimetierres étaient à l'époque toujours
construits à l'extérieur des cités le long des grands axes routiers afin que l'on puisse en
permanence rendre hommage aux morts.
A Arles dès le début de l'empire les sarcophages et les mausolées s'égrenèrent au bord
de la via Aurelia, pratique qui s'est ensuite perpétuée à l'époque chrétienne avec l'installation de
la sépulture des premiers évêques d'Arles entourée par des milliers de tombes pressées sur
plusieurs rangs
Cette sépulture est devenue en 1040 un prieuré sous le nom de Saint Honorat qui fut
lui même au XIIème siècle transformé en église de style roman couronnée par une splendide tour
lanterne octogonale.
Devenue une étape obligée du pélerinage de Saint jacques de Compostelle, son charme
romantique a attiré de nombreux artistes, dont Gauguin et Van Gogh qui y posèrent leurs
chevalets.
Pour conclure en beauté une visite d'Arles il faut faire pédibus jambus un pélerinage à
l'un des sites les plus pittoresques également immortalisé par Van Gogh : il s'agit du pont
basculant « Réginel » situé sur le canal d'Arles à Port le Bouc
Vincent Van gogh lui a donné le nom de pont Langlois qui était le nom de celui chargé
d'actionner le pont, il l'a peint car il lui rappelait son pays natal la Hollande. Certes à l'époque ce
site avec ses lavandières et sa voiture à cheval avait plus d'allure qu'aujourd'hui !
Si vous aimez ce peintre vous pouvez également visiter à Arles sa chambre
reconstituée telle qu'il l'a peinte, aller faire un tour à la magnifique Fondation Van Gogh et
suivre un cheminement piétonnier dans la ville comportant une dizaine de haltes où figurent des
reproductions d'oeuvres qu'il a peintes (voir le circuit au SI)
C'est avec regret que nous quittons cette cité si vivante où le cheminement dans ses
ruelles nous fait franchir les siècles et où rode l'ombre tourmentée de Vincent Van Gogh.
Texte & Photos Ulysse
20:40 Publié dans tourisme | Lien permanent | Commentaires (19) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : arles, van gogh, alyscamps, saint trophime
17.05.2008
Dans Arles où sont les Alyscamps....(première partie)
Qui n'a pas entendu parler d'Arles, ou du moins de ses Arlésiennes, celles que l'on attend toujours et
que l'on ne voit jamais ! Mais peut être n'avez vous pas encore visité cette ville provençale très
animée, et si c'est le cas je vous invite à la faire "fissa", d'une
part pour les merveilles architecturales de l'époque romaine et du haut moyen age qu'elle recèle
et d'autre part, pour l'accueil chaleureux de ses habitants.
Les Arlésiens, ont hérité de leurs ancêtres romains une stature impressionnante
digne d'Hercule. Ils sont certes un peu peu exhibitionnistes mais sont aussi forts affables
Quant aux Arlésiennes, elles ont le tempérament ombrageux et impudique des filles du
sud, mais n'allez pas croire pour autant qu'elles soient complaisantes !
C'est d'ailleurs la beauté des Arlésiennes qui conduisit à la colonisation de la région dès
le 6ème siècle avant J.C par les Grecs puis par les Romains. Arles devint sous le règne de César
(50avant J.C) un grand port fluvial et maritime, puis préfecture des Gaules sous le règne
d'Auguste. On vient d'ailleurs de retrouver dans le rhône une magnifique collection d'oeuvres
d'art de l'époque romaine dont un exceptionnel buste de César qui étaient transportés par une
péniche qui a fait naufrage
Rendons nous tout d'abord au théatre antique en franchissant la tour de Roland
aménagée au moyen age dans l'une des travées de l'enceinte extérieure
Ce théatre (en cours de restauration) était l'un des plus importants du 1er siècle
avant J.C. Il conserve deux superbes colonnes de marbre qui se dressent orgueilleusement vers
le ciel, ultime défi de Rome à travers le temps aux barbares qui ont mis fin à son règne.
Quelques blocs de pierre sculptés subsistent qui donnent une idée de la richesse des
décorations qui ornaient le fronton du théatre. Ces pierres témoignent d'une époque où le souci
de la beauté imprégnait l'ensemble des oeuvres humaines qu'elles fussent grandioses ou
modestes.
Aujourd'hui dans tous les domaines la notion d'utilité l'a emporté sur l'esthétique ou le
sens moral et l'homme lui même est devenu « jetable » et mis au rebut dès que l'on considère
qu'il n'est plus à même de servir aux besoins des entreprises.
En pénétrant plus au coeur de la ville, on voit soudain se dresser les impressionnantes
arcades des arênes (amphitéatre) construites par Vespasien (75 après JC) et qui peuvent
contenir 20.000 spectateurs
On y donne aujourd'hui des corridas qui ne déparrent pas des spectacles sanguinolents
organisés par les romains. Ainsi est l'homme, capable d'édifier des oeuvres grandioses pour y
commettre des massacres. Mais peut être qu'en assistant dans le confort d'un fauteuil à des
scènes de mise à mort, les spectateurs exorcisent-ils la terreur que leur inspire la perspective
de leur propre mort
Il faut arpenter les galeries qui font sur plusieurs niveaux le tour des arênes pour
apprécier la magnificence et la prouesse architecturale que représente l'édifice. Les galeries
situées au niveau de la scène centrale semblent encore retentir des rugissements des lions et
des clameurs des gladiateurs qui s'y affrontaient
Plus paisibles étaient les thermes de Constantin construits vers le IVème siècle en
bordure du Rhône où, chaque après midi, toute la population, les femmes d'abord, les hommes
ensuite, allaient au sauna, puis se plongeaient dans des bains chauds, tièdes et froids avant
de conclure par un massage.
Les différentes pièces et piscines étaient chauffées par de l'air chaud circulant sous le
plancher dans des conduits en briques. Ce sens de la propreté s'est hélas perdu en occident
avec la chute de l'empire Romain et il a fallu l'invention de la savonnette Cadum en 1907 par
l'américain Michaël Winburn pour redonner aux Gaulois, qui se lavaient juste le gosier avec de la
cervoise, le goût de l'eau !
Et les Alyscamps me direz vous ? Ils sont comme les Arlésiennes vous en parlez et on
ne les voit pas ! Patience mes cher(e) ami(e)s , nous irons les visiter lors de la prochaine
note....
A SUIVRE....
Texte & photos Ulysse
10:35 Publié dans tourisme | Lien permanent | Commentaires (14) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : arles, arlésienne, van gogh, thermes
13.05.2008
Un site paradisiaque.....
.......qui, par endroits, a des allures de cloaque !
Le 31 mars 2006 j'ai posté une note sur cette petite merveille géographique et
touristique qu'est le bassin de Thau, dans laquelle je déplorais les négligences et méfaits dont il
est victime de la part de ceux là même qui en vivent ou qui résident sur ses rives pas toujours
enchantées.
Depuis le déclassement du bassin de catégorie « A » en « B », qui a créé un véritable
électrochoc, les choses ont un peu évolué, les communes riveraines et les autorités
départementales et régionales se sont concertées pour tenter de sauver le bassin d'une mort
(biologique) certaine !
L'ancienne décharge ( et oui , il y avait autrefois une énorme décharge au bord de
l'étang !) du secteur de Maldormir a été réhabilitée, mais les masures, dont beaucoup sont en
situation illégale et polluent le sous sol (donc le bassin), sont encore là et pour longtemps. Des
zones de lagunage ont été créées du coté de Marseillan pour réduire la pollution des eaux de
ruissellement et des mesures devraient être prises pour réduire l'urbanisation dans les zones
sensibles. Des actions pédagogiques sont organisées à l'initiative du dynamique Alain Sacaze,
président de l'Organisation des Producteurs, à l'intention des conchyliculteurs - qui ne sont pas
les plus respectueux de ce bassin qui les fait pourtant vivre - et des étudiants engagés dans la
filière.
Espérons que ces initiatives parviendront à sauver, et pourquoi ne pas rêver, à rétablir
dans sa beauté originelle le bassin de Thau qui, vu de loin ou d'en haut, a des aspects
paradisiaques, mais qui en de trop nombreux endroits présente des allures d'un cloaque du fait
de la négligence, de la bêtise ou du « j'menfoutisme » de trop nombreux individus qui le prennent
(sans doute comme le reste de leur environnement) pour une poubelle !
Vous pensez que j'exagère ? Suivez mes pas et visitons d'abord le coté « jardin » avant
de chausser nos bottes pour aller regarder ce qui se passe du coté « cour »!
Nous voilà grimpés sur la butte du Domaine de Bellevue qui appartient désormais au
conservatoire du Littoral d'où l'on a vue splendide sur l'ensemble du bassin qui présente à cet
endroit (on le voit de loin!) des aspects de lagon polynésien.
De cet endroit on domine les tables des ostréiculteurs qui sont l'un des emblèmes
paysagers du bassin
Parmi les villages installés sur les berges du bassin, le plus pittoresque est sans
conteste celui de Bouzigues dont les huitres sont réputées (quand elles sont consommables !)
Quelques barques traditionnelles somnolent en rêvant du temps où les berges du bassin
n'étaient pas jonchées de vieux pneus, de sacs plastiques et d'objets divers (je n'exagère rien,
attendez de voir !)
Les flamants roses semblent apprécier l'endroit , mais celà n'a rien d'étonnant vu quils
passent leur existence la tête dans l'eau à chercher leur nourriture et se soucient comme d'une
guigne du paysage
et leur envol est l'un des plus beaus spectacles que l'on puisse voir sur le bassin .
Quand le vent se calme, l'eau se fait miroir et dédouble l'univers
Le phare des Onglous qui n'a jamais connu de tempête rêve de vacances en Bretagne
Par endroits des roselières facétieuses chatouillent le ventre des nuages
Par moments le bleu de la mer voisine submerge le paysage
et fait place quand le soleil se retire à un vaste incendie qui dévore les nuages du ciel avant d'enflammer les eaux de l'étang
Paradisiaque is not it ? Mais ces clichés sont trompeurs, suivez moi maintenant dans les coulisses pour voir l'envers du décor !
Commençons par la baie de Ste Marie située à proximité de l'Ecole des Glénans; prière d'amener un rateau si vous voulez y étendre votre serviette !Poursuivons par ce cliché pris sur le chemin qui va de l'école des Glénans au phare des Onglous : les chasseurs de canards tiennent apparamment à leur confort !

Un peu plus loin, une opération "vide-grenier" est ouverte en permanence !
Le Loch Ness a son serpent et le bassin de Thau ses pneus flottants dont voici un beau spécimen flottant entre deux eaux dans la crique de l'angle .Et voici quelques vestiges antiques en face de la station d'ostréiculture du Mourre Blanc (pas comme neige !)

Petit aperçu du rivage au niveau d'une exploitation de conchyliculture ! Ah l'inimitable goût de noisette des huitres du Bassin de Thau (dixit la pub!)Faites votre "shopping" le long de la promenade cotière à la sortie de Marseillan : crème solaire, paquet de cigarette, canette de bière, sont à votre entière dispostion!

Belle collection aussi du coté du secteur de Maldormir ...mais apparamment ce ne sont pas ces déchets qui les empêchent de
dormir !
Après avoir exterminé les canards, certains chasseurs s'entraînent sur des canettes
bière (une fois qu'ils les ont vidées bien sur !) dont les tessons et les débris jonchent leur zone
de tir dans la zone des salins du Quinzième!

Devant la beauté du site un admirateur en est tombé à la renverse et a oublié de ramener son fauteuil !Et pour finir assistons au même coucher de soleil que tout à l'heure, pris au travers d'un
pneu qui traînait sur le rivage !

Triste bilan, n'est ce pas, pour un site pourtant magnifique qui illustre à loisir les
dépliants touristiques de la région. Mais il ne faut pas désespérer de voir sa situation
s'améliorer. Les villages riverains (Mèze, Balaruc, Bouzigues, Marseillan) ont pris conscience du
problème et font de louables efforts pour protéger et embellir les rives de l'étang mais dans un
périmètre qui reste limité.
En outre, début avril l'Organisation des Producteurs à co-organisé au Lycée de la Mer
de Sète les journées de la Conchyliculture afin de sensibiliser les futurs professionnels aux
menaces qui pèsent sur le Bassin de Thau. A cette occasion Alain Lacaze le Président de l'OP a
déclaré dans une interview accordé au Midi Libre (dont je salue au passage la sensibilité aux
problèmes de l'environnement) "Il appartient à l'OP de communiquer aux jeunes de bonnes
habitudes à prendre.Et leur dire que pour sauver l'étang et la profession il faut être plus blanc
que blanc, puisque c'est nous qui vivons de ce milieu. Si nous balayons devant notre porte,
nous serons ensuite mieux placés pour rouspeter quand d'autres polluent".
Ce message concerne aussi les riverains, les plaisanciers, les chasseurs et les
promeneurs qui fréquentent le Bassin et l'initiative devrait être prise par l'ensemble des
communes riveraines d'organiser des journées de rnettoyage des rives afin de rendre au Bassin
l'aspect paradisiaque qu'il a sur les photos "touristiques"
Texte & Photos Ulysse
11:35 Publié dans tourisme | Lien permanent | Commentaires (33) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : Thau, Bouzigues, huitre
03.05.2008
A travers la garrigue de Castelnau de Guers...(fin)
(suite et fin de la précédente note)
Vous avez dormi comme une souche, la paille du gite était chaude et confortable et le
spectacle de la voie lactée au travers des trous de la toîture a avantageusement remplacé le JT
du 20heures. Certes, il n'y avait pas d'eau chaude, les toilettes étaient parcourues par les
araignées et les courants d'air et il ne restait plus une seule bouteille de Picpoul de Pinet dans
la cave. Mais vous êtes néanmoins enchanté(e) et prêt(e) à reprendre la visite de la garrigue
malgré le temps qui tourne à l'orage. Alors allons y !
Prenons tout d'abord la direction du Tempot de Buard que domine un pioch de ruffe
rouge et dont le nom plutôt exotique m'a longtemps plongé dans un abîme de
perplexité.
Mes recherches sur Internet et dans les dictionnaires occitan ne m'ont rien appris sur la
signification de Tempot, étant noté que Buard est probablement le patronyme de celui qui
possédait ou exploitait à l'origine ce lieu. C'est un lecteur de mon blog, Robert Jaeger, familier
des lieux puisqu'il y possède des vignes (je parlerai prochainement de ses vins) qui m'a donné la
clef de l'énigme. Je vous livre les précisions qu'il m'a apportées : "En patois un tempot
(prononcer le t final) est un récipient qui servait a recueillir les jus de raisons ou les vins bruts à
la sortie des pressoirs. C'est donc un récipient. Par extension cela peut-être une mare. Cette
mare existe juste derrière le Pioch pris en photo "
Le Pioch qui domine le Tempot de Buard est coiffé d'une strate de calcaire
sédimentaire déposé par la mer il y a 35 millions d'années. Sous l'effet de l'érosion cette strate
se morcelle en énormes morceaux de « sucre » que la pluie mettra également quelques millions
d'années à dissoudre.
Un magnifique amandier dresse sa toison blanche vers la mer de nuages menaçants qui
semblent vouloir submerger la terre












