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30/09/2017

Rêverie au bord de l'étang de Maguelonne

 

salins,lagune,avocette,maguelonne

Corps à corps entre la mer et la terre,

Lagune, tu accueilles ma solitude,

Et dissous mes confortables certitudes,

Dans tes mouvantes frontières.

 

La passerelle sur laquelle je m’engage,

Rend mon retour incertain,

Mais pourquoi se soucier de demain,

Puisque la mort est au bout du voyage !

 

salins,lagune,avocette,maguelonne

Des digues séparant les anciennes salines,

Ne subsistent que les pieux de châtaigniers

Qui forment une broderie argentée,

Ourlant une nappe d’eau opaline.

 

salins,lagune,avocette,maguelonne

Ils servent d’opportuns perchoirs,

Aux mouettes constamment à l’affût,

De poissons insouciants du péril imprévu,

Qui surgit d'un monde qu’ils ne peuvent voir.

  

salins,lagune,avocette,maguelonne

L’eau, ici, nous enseigne que les couleurs,

Ne sont que virtuelles et éphémères,

Passant du gris au bleu outremer

Comme nos vies, selon l’heure.

  

salins,lagune,avocette,maguelonne 

L’antique station de pompage,

Contemple nostalgique et désoeuvrée,

La mer généreuse dont les eaux salées,

Couvrait autrefois d’or blanc le paysage.

 

 

salins,lagune,avocette,maguelonne

Une élégante et impudique avocette,

Me montre sans gène aucune  ses dessous,

Affairée à traquer dans le sable mou,

Un festin de mollusques et de crevettes.

 

salins,lagune,avocette,maguelonne

Mais ma présence très vite l’indispose ,

Elle s’envole alors  d’un seul coup d’aile,

Sa grâce et sa beauté rayonnent dans  le ciel,

Et je me laisse aller à la douceur des choses. *

 

* Vers inspiré par un poème de  Paul-Jean Toulet "En Arles" 

 

salins,lagune,avocette,maguelonne

Des hordes de folle-avoine promènent,

Leur diaphane toison d’or sur les talus.

Quand l’homme de la terre aura disparu,

Reviendra alors le temps de l’Eden.

 

salins,lagune,avocette,maguelonne

Mais en ces lieux de paisible apparence ,

La mort rode à tout instant,

Un moucheron l’apprend à ses dépends,

Happé en plein vol : brève existence !

 

 

salins,lagune,avocette,maguelonne

La nature n’a pas de sentiment, tout l’indiffère,

Nous prenons pour de la cruauté,

Ce qui n’est que l’incessant ballet,

De la vie et de la mort : déroutant mystère !

 

 

salins,lagune,avocette,maguelonne

Un troupeau de moutons célestes

Animent soudain le paysage,

Comme eux nous ne sommes que de passage,

Jouissons des  jours qui nous restent.

 

 

salins,lagune,avocette,maguelonne

Ce ciel et ce nuage sont irréels,

Les choses auxquelles nous croyons,

Ne sont elles que des illusions,

Ballets d’atomes venus du ciel ?

 

 

salins,lagune,avocette,maguelonne 

Peu à peu le jour régresse,

Et doucement le monde sombre,

Dans un cotonneux manteau d’ombre,

Le monde meurt et renaît sans cesse.

 

 

salins,lagune,avocette,maguelonne

Captant les derniers rayons du soleil,

La lagune se couvre d’argent,

Sa beauté est au firmament,

La vie est elle un cadeau du ciel?

 

*****

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Clins d'oeil sur le monde

 

Texte & Photos Ulysse

 

 

 

 

26/08/2017

Rêverie vespérale au bord du bassin de Thau

 

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Nous voici à l'heure vespérale avant que le monde ne se dissolve dans la nuit. Le soleil commence à se glisser dans sa couette de nuages, des lambeaux de ciel bleu subsistent vers l'orient et se reflètent dans le bassin, lui donnant un air de Méditerranée. Deux voiliers, las de leur immobilité, attendent de prendre le large. Des promeneurs au loin contemplent le rivage, puis les voiliers : cèderont-ils à cette invitation au voyage ? Et toi cher(e) lecteur ou lectrice n’as tu pas envie de larguer les amarres et de partir ? Là bas, loin, très loin derrière les collines mauves se trouve Cipango le pays aux toîts d’or. Mais l’or justifie-t-il le voyage ? Ne part-on pas plutôt pour se trouver ?

 

 

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Nous arrivons au phare des Onglous posté à l’entrée du Canal du Midi dont le fil d’eau virtuel se poursuit jusqu’à Sète, ville édifiée sur le Mont Saint Clair que l’on aperçoit de l’autre coté du bassin. Son lampion est pour l’heure éteint car c’est un noctambule. Mais quand la nuit viendra, il fera de l’œil à son ami la lune. Dans le ciel passe une mouette, petite boule de vie dans cet univers figé. A-t-elle conscience de sa beauté ?

 

 

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Les pierres manquantes sur le chemin qui mène au phare et la rambarde en partie démantelée témoignent des tempêtes que le bassin affronte l'hiver. Qui le croirait à voir cette eau immobile, vaste miroir où le phare aime à se contempler ?

 

 

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Englués dans la routine de notre quotidien aux horizons bornés, l’infini de l’horizon marin nous fascine et nous rappelle la singularité et la puissance de notre esprit capable de l’appréhender.  Les poissons qui y nagent savent-ils que la mer est vaste ?

 

 

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 Les piquets qui tendent les filets qui traversent l’étang sont plus hauts que le Mont Saint Clair : magie de la perspective ! Prenez du recul par rapport à vos soucis, vous les verrez s’amenuiser !

 

 

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Sous la lumière rasante l’eau perd sa transparence et apparaît si dense que je suis un instant tenté d'y marcher. Mais étant un homme de peu de foi je ne m’y risque pas !

 

 

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Le soleil décline et le bassin devient une copie conforme du ciel. les reflets ont plus d’intensité que le monde réel. Ne vivons nous pas quand nous rêvons et ne rêvons nous pas quand nous croyons vivre ?

 

 

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 Soudain la terre semble s’être arrêtée de tourner, plus un mouvement n’affecte le paysage. Je  retiens mon souffle pour préserver cet instant qui a un air d’éternité.

 

 

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C’est l’heure où surgissent du fond des eaux les bateaux fantômes. Mais il faut ne pas succomber à la tentation de monter à bord si l’on ne veut pas  s’endormir à jamais dans les bras d'une sirène.

 

 

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L’or du soleil a déteint sur sa couette de nuages dont le reflet illumine les eaux du bassin de Thau.

 

 

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Quelques mouettes prennent alors un bain d'or avant d'affronter les frimas de la nuit.

 

 

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C'est l'heure où la contemplation du paysage nous fait partir en voyage au delà de l'horizon.

 

 

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Nous voguons alors en silence vers le lieu où le soleil sombre dans l'horizon. Et soudain nous étreint l'angoisse qu'éprouvaient les anciens égyptiens : reviendra-t-il demain ?

 

*****

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18/08/2017

Trois papis casse-cou au Casselouvre !

 

 

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En ces temps atteints de "jeunisme" où l'on est "has been" à trente ans, avec mes copains Gibus et Jo, tous trois vénérables papis,  nous allons vous montrer que les années n'enlèvent rien à l'esprit d'aventure et au goût du risque. Les fortiches "des pouces" n'ont qu'à bien se tenir !  Nous voilà partis pour une nouvelle descente de torrent après notre virée dans le Vialais, dont je vous ai fait le récit il y a quelques semaines. 

Nous grimpons tout d’abord au portail de Roquendouire - lieu que mes lecteurs connaissent bien - à partir duquel nous allons dévaler la pente pour rejoindre le cours du Casselouvre. Le ciel est menaçant, mais la météo étant optimiste pour la journée, nous ne nous laissons pas impressionner par cette éphémère manifestation  de mauvaise humeur de Jupiter. Une fois de plus Junon a dû carboniser ses œufs au bacon du petit déjeuner pour se venger de ses infidélités. Cela dit, malgré leurs sautes d’humeur, les dieux gréco-romains me sont plus sympathiques que ces dieux autoritaires, misogynes et rétrogrades qui prétendent nous imposer des règles alimentaires, vestimentaires et se mêlent de notre vie amoureuse.  Qu’ils se contentent de nous parler d’amour et de fraternité et ça ira mieux !

 

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L’ami Gibus étudie la topographie pour déterminer le meilleur cheminement pour atteindre notre objectif et nous dévalons la pente comme de jeunes cabris (l’image est un peu flatteuse, je l’avoue !) impatients d’aller nous rafraîchir dans les eaux claires du Casselouvre. Car malgré la couverture nuageuse il fait une température de 30°, idéale pour ce genre d‘aventure.

 

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Au début de notre périple nous prenons garde à ne pas nous enfoncer dans l’eau au dessus de la taille car notre pique-nique est dans le sac à dos qui n’est pas imperméable. Certes le rosé, lui, ne risque rien à l’abri de son bouchon, mais nous n’avons pas envie que nos sandwichs servent de nourriture aux truites qui abondent dans le torrent.

 

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Tous les moyens sont bons pour éviter ce genre de mésaventure et je suis reconnaissant à cet arbre de me tendre son tronc secourable pour me tirer d’un mauvais pas.

 

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Jo, qui est le plus petit de nous trois, préfère mettre son sac à dos sur son épaule, ce qui, toutefois,  ne présente aucune protection contre une éventuelle glissade.

 

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Le lit du torrent par endroits s’élargit, nous permettant de progresser sans avoir à marcher dans l’eau, ce qui nous permet de jeter un œil sur notre spectaculaire environnement. Et vous en avez l’exclusivité car à part les mouflons et les sangliers et quelques casse-cous comme nous,  peu d’êtres vivants doivent s’aventurer par ici.

 

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Nous sommes en des lieux - de plus en plus rares hélas sur notre planète - non affectés par les activités humaines et qui le resteront pour les millénaires à venir sauf si le réchauffement climatique tarit le Casselouvre, ce qui provoquerait la mort de l’abondante végétation à laquelle son eau donne vie.

 

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Des drames s’y déroulent aussi en silence quand des libellules se font prendre dans le piège fatal d’une toile d’araignée. De ces drames là, on n'en parle jamais au J.T alors qu'on nous bassine les oreilles pendant des jours au sujet du faramineux transfert d'un pauvre type qui passe son temps à taper dans un ballon. Le monde n'est pas sérieux !

  

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Pour ce qui nous concerne, nous avons d’autres pièges à éviter, en particulier les toboggans rocheux difficiles à aborder debout en raison de nos semelles glissantes. Jo et moi avons plutôt une technique basique pour les franchir….

 

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Alors que l’ami Gibus les évite  en empruntant la voie des airs. A chacun son style ! Je pense avec un brin de jalousie que mes lectrices ont leur préférence, mais je m’en tirerai en disant qu’il faut bien que quelqu’un prenne les photos !

 

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En tous les cas, il  y prend bien du plaisir et je tenais à vous le faire partager, car ici, vous le savez, on est entre amis et on est heureux de vous offrir de l’émotion par procuration.

 

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D’autres dangers nous guettent venant du ciel, comme la chute d’un rocher ou d’un arbre, mais bon il faudrait vraiment être malchanceux pour passer à ce moment là. 

 

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Nous arrivons à un endroit où le lit du torrent devient tellement étroit que nous sommes obligés de passer à la nage mettant en péril notre pique-nique. Nous le mettons à l’abri dans un sac plastique en espérant que ce sera plus efficace que d’adresser une prière à Saint Jacques, patron des randonneurs. D’autant que vu son âge canonique, il doit être sourd comme un pot.

 

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Nous parvenons au bout de la vasque pour découvrir que l’eau se précipite, un peu plus loin, une dizaine de mètres en contrebas, sans moyen de descendre avec la corde car rien ne permet de l’accrocher. Nous devons donc grimper sur la berge très pentue à cet endroit en espérant trouver une configuration de terrain qui nous permette de rejoindre le torrent en aval.

 

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La découverte d’un humérus de randonneur, qui a probablement dû faire une chute en ces lieux, nous donne une poussée d’adrénaline.

 

 

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Mais nous rejoignons sans encombre le lit du torrent au niveau d’une magnifique vasque qu’il a creusée dans la roche.

 

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Nous profitons d’un replat pour y faire la pause pique-nique, nos sandwiches ayant été fort heureusement épargnés malgré leur immersion dans l’eau.

 

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Revigoré et plein d’énergie Gibus nous fait une nouvelle démonstration de sa technique de franchissement d’obstacle en trois temps, trois mouvements. Et de un ….

 

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Et de deux ….

 

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Et de trois !

 

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Avec Jo nous n’avons pas d’autre choix que de le suivre mais avec moins de dynamisme. Nous entrons dans l’eau à la façon « Bidochon » c’est à dire en y mettant d’abord les pieds, puis les jambes, puis  le reste …(alouette, alouette !)

 

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Mais il y a des moments où malgré toute son agilité l’ami Gibus, trahit par une roche glissante, doit se raccrocher aux branches…..Il y a eu plus de peur que de mal fort heureusement !

 

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Et notre descente se poursuit ensuite sans encombre, avec le sentiment que nous sommes au paradis. Seul manque à notre bonheur la présence de naïades, mais s’il y en avait, nous ne serions pas sûrs de revenir et alors adieu Eldorad’OC!

 

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Comme je subodore que mes lectrices ont frissonné à la vue des sauts de l’ami Gibus, je vous en offre un dernier, le plus beau sans doute. J’espère que vous serez aussi sensibles au talent du photographe. Non mais ! Allez on compte ensemble : et de un….

 

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Et de deux…..

 

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Et de trois ! Ouf, il est passé pas loin du rocher mais c’était voulu pour pimenter la scène.  C’est le prix à payer pour attirer l’attention aujourd’hui : toujours plus  fort !

 

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Nous admirons au passage le fantastique et magnifique travail d’érosion de l’eau qui a crée en ces lieux une sculpture qu’aurait admirée Michel Ange. Mais n’est ce pas en observant la nature et en voulant la recréer pour se l’approprier et devenir ainsi l’égal des dieux que les hommes ont inventé les arts.

 

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Nous descendons un dernier goulet sous l’œil étonné d’une fleur qui s’est installée dans un endroit improbable et qui n’a sans doute jamais vu passer de tels êtres aquatiques.

 

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Nous arrivons au terme de notre périple, un brin fourbus mais heureux comme des gosses qui ont fait l’école buissonnière et ont vu des choses que peu d’hommes ont vu, ces beautés méconnues de l'Hérault que nous sommes heureux de vous faire découvrir.

 

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Une fois n’est pas coutume, mais le bonheur étant communicatif, je vous mets un gros  plan de nos visages qui rayonnent de celui que nous a procuré cette épopée. Voici tout d'abord celui de l'ami Gibus, sans l'expertise duquel ces aventures ne seraient pas possible. Merci l'ami !

 

casselouvre,jupiter,junon,libelluleVoici Jo, grand avaleur de cols, mais qui a, pour une fois, délaissé sa "petite reine" pour nous accompagner.  Merci aussi l'ami !

 

 

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Et puis, me voici, votre humble serviteur, tricoteur de mots, fauteur d'images et qui vous remercie, fidèles lecteurs et fidèles lectrices, pour votre fidélité à nous suivre. Mais aussi bienvenue aux nouveaux qui découvrent ce lieu d'aventures, de partage et de fraternité.

A la prochaine !

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15/07/2017

Rando aquatique dans le Vialay

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En ce matin de juillet qui, malgré les orages de la nuit, affiche une température quasi tropicale, nous avons décidé de remonter les Gorges du Vialay jusqu’au lac Blond que nous avons découvert l’automne dernier. Gibus, en montagnard avisé et prudent, emmène l’attirail adéquat sans lequel notre périple risquerait de ne pouvoir être conté sur Eldorad'Oc. Vous  verrez au cours de ce récit que cet équipement était loin d’être superflu.  

 

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Après avoir pris le chemin des « poètes disparus » (mes fidèles lecteurs savent de quoi je parle) nous arrivons au point de vue d’où nous découvrons les magnifiques gorges creusées dans le massif du Caroux par le modeste (sauf en cas d’orage) torrent du Vialay.

 

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La part contemplative de notre âme ayant eu son dû, nous descendons vers le torrent pour offrir, au vieux gamins que nous sommes restés, une journée que l’on espère mémorable. Je vais vous confier un secret : pour ne pas vieillir, n’écoutez ni les cliquetis de vos articulations ni surtout les conseils de votre médecin, vivez à « donf » ! La dépense physique est le meilleur baume pour le mental et les cartilages ! Bon cela dit ne prenez pas de risques inutiles et je vous conseille de suivre à la lettre les conseils de Gibus si vous voulez revenir intact de notre périple .

Premier conseil : on garde ses chaussures car les cailloux du torrent peuvent vous blesser les pieds. Deuxième conseil : une fois que vos godasses sont mouillées méfiez vous en grimpant sur les rochers, car ça glisse ! Troisième conseil qui découle du deuxième : mieux vaut  laisser son smartphone à 500 euros  à la maison ! Pour ce qui est de mon appareil photo, il est anti-choc et « waterproof », ce que j’ai pu vérifier !!

 

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Un dernier conseil assurez bien vos prises à chaque pas car on a vite fait de se retrouver le postérieur dans l’eau. En soi, ce genre d’incident n’est pas dramatique, mais il y a par contre dans l’eau des rochers plus dur que notre postérieur, même pour des vieux pachydermes comme nous !

 

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Il y a heureusement des endroits plus aisés  à franchir  que d’autres, ce qui permet de jouir d'un paysage qu’assez peu de bipèdes ont le loisir d’admirer. Nous sommes , on peut le dire, à l'écart des sentiers battus !

 

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L’intérêt premier de cette balade est que, malgré le soleil estival,  on ne souffre pas de la chaleur car, d'une part, une partie de l'itinéraire très encaissé est à l'ombre et, d'autre part,  la température du torrent dans lequel nous évoluons n’a rien à voir avec celle de la mer des Antilles .

 

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Stimulé par la fraicheur de l'eau, j’arrive à grimper sur les rochers sans ressembler à une grosse marmotte. Pour une fois je fais la pige à mon copain Gibus dont de nombreuses lectrices célèbrent l’agilité et la belle musculature.

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Quand on fait ce genre de périple on est ébahi par la force de l’eau qui, lorsqu’elle dévale en furie dans ces gorges étroites à l’occasion d’épisodes orageux, roule des rochers de plusieurs tonnes comme si c’était des grains de sable.

 

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Par endroits les vasques sont  si profondes que l’eau menace de mouiller le sac et le pique-nique qu'il contient. Or le pique-nique en rando c’est sacré, surtout l’élément liquide blanc, rosé ou rouge qui l’accompagne et qui est fort heureusement dans son flacon à l’abri de cette substance ludique mais insipide dans laquelle nous évoluons et dont nous ne faisons qu’un usage externe.

 

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Au détour d’un coude du torrent nous  arrivons  soudain devant une cascade tombant dans une superbe vasque entourée de parois rocheuses. Ce site est sans conteste aussi beau que celui du lac Blond, le seul « hic » est que dans le sens où nous sommes il est infranchissable. Les « canyonneurs » qui fréquentent les lieux font la virée dans l’autre sens et descendent les chutes en rappel. Mais, pour ce qui nous concerne, nous sommes, c’est le cas de le dire, « le bec dans l’eau » .

 

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Mais avant de chercher une issue pour nous sortir de cette impasse, nous décidons de mettre plus que notre bec dans l’eau et d’aller se faire masser sous la chute. Je peux vous dire que cela vaut toutes les séances de thermalisme du monde et c’est gratuit !

 

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Finalement nous décidons de monter dans la pente ultra raide - mais praticable grâce à quelques arbres qui nous tendent leurs branches secourables - qui borde la rive nord du torrent.

 

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Et après quelques frayeurs (pour ce qui me concerne) nous arrivons au dessus de la chute. 

 

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Notre soulagement d’avoir franchi cet obstacle est de courte durée, car de nouvelles vasques nous attendent, encore plus profondes que les précédentes qui nous obligent à porter les sacs sur nos têtes. A vrai dire nous jubilons intérieurement de ce parfum d’aventure qui imprègne notre périple.

 

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Nous arrivons au pied d’une nouvelle chute tombant dans une vasque entourée de falaises. Gibus explore sans succès les rives pour vérifier si on peut y prendre appui afin de ne pas mouiller nos sacs. Il n’y a pas d’autre échappatoire que de grimper dans la falaise de la rive sud qui présente par chance quelques anfractuosités.

 

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L’ami Gibus qui possède une agilité de félin ouvre la voie et accroche la corde à un arbre à une dizaine de mètres au dessus afin que je puisse le rejoindre.

 

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Et nous grimpons, nous grimpons inlassablement, cherchant un passage permettant de rejoindre le bord du Vialay. Mais nenni, les seuls passages que l’on trouve nous mènent toujours plus haut. Ce qui fait que l’on aboutit sur une plateforme rocheuse d’où l’on domine le cours du torrent et où il n’y a,  à priori, pas d’autre issue que de héler un vautour ou notre ange gardien. La première solution apparaît au demeurant plus réalisable que la seconde car cela doit faire bien longtemps que nos ange-gardiens nous ont abandonnés à notre triste sort d’invétérés mécréants.

 

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Gibus qui est, vous l’avez compris, le plus audacieux et le plus agile de nous deux, grimpe sur le promontoire qui domine la plateforme afin de voir si un passage est possible aux alentours. Il finit par découvrir une brèche dans les rochers qui mène vers une pente abrupte mais arborée dont on espère qu’elle nous permettra de sortir de cette nasse. Et « «bingo » au bout de quelques centaines de mètres d’un parcours en montagnes russes on finit par rejoindre la piste qui mène vers le pont du Vialay, là où le torrent, constitué de plusieurs affluents prend son nom. Pour cette fois, nous renonçons à rejoindre le lac Blanc qui était notre but initial, mais nous reviendrons !

 

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En trois quarts d’heure nous arrivons au pont pour la pause pique-nique et le traditionnel bain préalable pas du tout lassés d’avoir mijoté dans ce rafraîchissant liquide toute la matinée. A vrai dire nous sommes insatiables car nous savons, pauvres mortels, que les heures de paradis qui nous restent à vivre nous sont comptées ! Ca sera toujours ça de pris vu que nous sommes plutôt dubitatifs sur le paradis post mortem.

 

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Nos agapes terminées, nous reprenons le chemin du retour avec l’idée de rejoindre le Vialay là où nous avons commencé notre périple le matin même, car nous avons repéré une superbe vasque en aval qui nous paraît mériter un détour.

 

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En descendant vers notre point de départ du matin, nous croisons un jeune mouflon de l’année qui apparemment n’a encore jamais vu d’homme et ne sait pas que notre espèce est la plus dangereuse qui soit. Il nous regarde, l’air ahuri, sans doute étonné de nous voir marcher sur deux jambes. Il finit par nous fausser compagnie, sans doute guidé par son instinct animal qui lui recommande de s’éloigner de tout inconnu.

 

 

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Nous arrivons au dessus de la vasque qui avait fait rêver Gibus le matin même et qu’il se prépare à descendre en rappel pour  prendre un dernier bain. Pour ma part je préfère contourner l’obstacle par l’aval sous le prétexte de prendre des photos de la descente en rappel, mais secrètement bienheureux de me défiler !

 

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Car pour pratiquer ce genre d’exercice il faut une souplesse et une agilité que ma carcasse  septuagénaire ne possède plus.

 

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Gibus, qui n’est pas non plus né de la dernière pluie, se révèle par contre à son aise dans ce genre d’exercice et pourrait postuler pour doubler les scènes d’action si jamais on faisait un remake de « Tarzan ». Je suis sûr que dans ce cas plusieurs de mes lectrices postuleraient pour la doublure de Jane.

Admirez le style ! Bon, même si la corde craque l’ami Gibus ne risque pas grand chose,  mais la beauté du geste mérite qu’on enlève son chapeau !

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Le bonheur que l’on prend à faire ce type de sorties resplendit sur le visage de mon ami. Ces sorties sont de fait pour nous un élixir de vie et c’est ce qui nous permet de garder notre jeunesse d’esprit, garante de celle du corps !

 

vialay,vautour,paradis,canyoning Allez,  il est temps de se rhabiller et de rentrer au petit trot car le périple nous a pris plus de temps que prévu. Et nos chères épouses vont commencer à s’inquiéter, du moins on l’espère ! On ne sait jamais, elles en ont peut être assez d’avoir deux vieux gamins à la maison!

 

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