29.06.2009
Périple en Auvergne - 3ème étape : de Picherande au Puy de sancy
Le lendemain matin nous prenons la direction du Puy de Sancy (1885m) Le GR 30 déroule son fil noir, qui trahit la nature volcanique du sol, au travers d'un paysage d'une luxuriante beauté. Nous découvrons, une fois de plus, que nous avons à portée de pieds, des paysages qui n'ont rien à envier à ceux que l'on va chercher au bout de la Terre. Et nous n'avons pas à subir l'effet du « jet lag » comme disent les « jetsetteurs » dont le seul bonheur, au demeurant, est de revenir de quelque part où vous n'êtes pas allés.
Par contre l'Auvergne vous offre un décalage temporel en vous transportant en un univers où l'homme et la nature sont en complète et harmonieuse interaction. Gaîa laisse les hommes lui planter quelques épines de bois dans son échine pour marquer leurs territoires et parquer leurs troupeaux et l'homme en retours lui brode, pour la remercier, des tabliers de fleurs ou des écharpes de forêts.
La pente se fait progressivement plus rude et un honorable hêtre s'incline sur notre passage pour saluer notre courage à entreprendre l'ascension du seigneur des lieux.
Sortant du bois, nous avons le bonheur d'apercevoir sa cîme vierge de tout nuage, ce qui n'avait pas été le cas les jours précédents. Mais nous modérons notre enthousiasme car comme le dit un proverbe ulysso-auvergnat (pardon Juliette !) « Qui grimpe au puy de sancy, ne doit pas craindre la pluie !
Nous longeons l'austère mais magnifique cirque de la Fontaine Salée qui tient son nom de la richesse en sels minéraux des sources qui en coulent. Il a été creusé par les glaciers qui couvraient le massif il y a 10.000ans et qui l'ont raboté, ramenant au fil du temps son altitude de plus de 3.000m à 1886 m aujourdhui. Quelques blocs morainiques abandonnés sur les flancs des montagnes témoignent de leur passage.
L'herbe y est verte et tendre et si l'on ne connaissait le destin des vaches qui s'en régalent on pourrait presque envier leur sort. Il ne manque guère que le passage de trains à contempler au moment de leur rumination pour qu'elles mènent une vie rêvée.
Le souci légitime de protéger cet espace unique - en cours de classement en réserve naturelle – oblige le GR 30 a jouer les sentiers buissonniers et à contourner par le sud-est le massif du Sancy, offrant en contrepartie des vues splendides sur les différents puys qui le constituent
Mais au fur et à mesure que nous avançons, les nuages font de même, ce qui fait que lorsque nous abordons enfin la pente terminale, un troupeau de cumulus patibulaires stationnent au dessus de nos têtes. Pour corser l'aventure, nous commençons à croiser des névés qui vous donnent une indication de la température extérieure. Notre température intérieure est encore acceptable, grâce au délicieux Chateaugay dégusté (et oui malgré les apparences, nous prenons le temps de déguster !) la veille au soir.
Soudain le GR 30 disparaît sous un gros névé qu'il nous faut escalader pour pouvoir poursuivre en vue du sommet. Nous sommes le 10 juin et, désolé Juliette, (elle se reconnaîtra) mais c'est encore l'hiver en certains coins de l'Auvergne ! (sans rancune, j'adore marcher sur les névés!)
Nous arrivons enfin au sommet, haletants comme des soufflets de forge, où nous croisons quelques congénères frais et dispos qui ont emprunté le téléphérique et le chemin en caillebotis dont est équipée la face nord du Massif pour y accéder. Cela gâche un peu notre plaisir, mais ne soyons pas trop puristes, il est louable que la beauté de la montagne soit rendue accessible à ceux qui n'ont pas l'habitude ou la possibilité physique de randonner. Et puis il y a suffisamment en Auvergne de puys vierges de tout appendice technique pour satisfaire à notre goût de la contemplation dans le recueillement et la solitude.
Des aiguilles de lave se dressent orgueilleusement au dessus de la vallée. Elles semblent figées pour l'éternité mais pourtant les experts n'excluent pas qu'un jour les volcans d'Auvergne sortent de leur torpeur. Pour le moment, soyez rassurés, malgré une longue et attentive scrutation, Gibus et moi n'en avons pas vu une osciller !
Le monde végétal en cet univers inhospitalier est réduit à une maigre couverture d'herbe qui pare l'ossature torturée du massif, dont la moindre fissure ou pliure se révèle sous cette toison élimée par la pluie, la neige et le vent. En ces lieux sauvages naissent les maigres et glacials ruisseaux de la Dorre et de la Dogne qui en se réunissant en aval donnent, étonnante descendance, la riante Dordogne.
En gagnant la station du Mont Dore notre chemin croise la plaie béante d'une coulée de lave rougeoyante (de la trachyte) sur laquelle dame nature tisse patiemment sa broderie de verdure. D'aucuns (les femmes seront plus indulgentes car plus romantiques) vont trouver que ma plume devient trop mielleuse, et qu'à trop parcourir les estives je m'avachis, mais bon que voulez vous l' Auvergne avec ses bovins, pardon, ses beaux vins, m'émeuh, ah que zut, m' émeut.
A ses pieds, protégée du vent, se dresse une fleur de pavot (mais que fait la police ?) qu'une droséphile auvergnatus a repéré et sur laquelle elle déambule un peu « groggy », occasion unique pour moi de prendre une mouche en photo. Bien qu'ayant pris la mouche, je reste d'un calme olympien (très drôle hein !) ce qui me permet de pixeliser une superbe orchidée qui offre ses lèvres sensuelles aux lépidoptères en goguette. Ainsi après avoir rêvé d'être « vache » me vient l'envie d'être bourdon...(non, non je vous assure je n'ai pas goûté au pavot...)
Mais les nuages qui nous avaient épargnés sur le sommet du Puy de Sancy ouvrent soudain les vannes, malgré les remontrances de Juliette qui leur rappellent que c'est bientôt l'été et qu'à cette saison normalement il fait beau en Auvergne (voir les commentaires de la première étape) .
Cette saucée nous incite à rejoindre « fissa » notre chambre d'hôte et nos compagnes impatientes (du moins le croit-on, les femmes sont très fortes dit-on pour simuler !) où nous nous désaltérons d'un jus de houblon concocté par les moines de l'abbaye de Leffe (ceux là méritent vraiment le paradis !), mais ce n'est qu'un début et vous ne saurez rien du reste car je tiens à garder votre estime et considération...
A suivre
Texte & Photos Ulysse
18:37 Publié dans tourisme | Lien permanent | Commentaires (24) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : puy de sancy, auvergne, pavot, lave
25.06.2009
Périple en Auvergne : 2ème étape : de Besse en Chandesse à Picherande
Le lendemain matin nous poursuivons sur le GR 30 en direction du lac Pavin. Quel bonheur de déambuler seuls par monts et par vaux (qui sont parfois plutôt « vaches » pour nos jambes quinqua et sexagénaires) à l'heure où nos courageux congénères s'entassent et s'empilent dans les transports collectifs (qui n'ont rien d'amoureux, quoique, certains en profitent...) pour se rendre au travail ou, à défaut chez ce sinistre Paul Emploi.
Je suis aussi passé par là et j'apprécie de pouvoir aujourd'hui chaque matin décider du chemin que je vais suivre. Mais il faut être vigilant et veiller à ne pas gaspiller l'immense privilège dont jouissent les gens dans ma situation et faire de chacun de ses jours une ode à la vie et à la liberté.
Les branches effilées des étoiles n'ont pas réussi au cours de la nuit à percer les nuages qui se vautrent comme de gros chats siamois sur le sommet des collines. Par moment le soleil arrive à se faufiler entre leurs flancs et les genets se gavent alors des maigres rayons qu'ils arrivent à capter.
Certains hommes, qui aiment la solitude et ne craignent pas la compagnie parfois orageuse des éléments , se sont construits un refuge où ils peuvent sans limite s'abreuver de vent, s'ennivrer d'espace et contempler, pendant les nuits claires d'été, la danse des étoiles à laquelle nos vies, sans que nous nous en rendions compte, sont attachées.
Le squelette d'un vieux hêtre colonisé par les champignons nous parle aussi de cette danse perpéuelle qui nous fait passer des coulisses à la scène et prendre successivement différents rôles au terme desquels nous devenons, du moins c'est ma conviction, une âme sereine et épanouie. Ce qui me laisse penser que j'ai encore quelques vies à vivre tant sont intenses les tourments qui m'habitent quand il s'agit de choisir entre une bouteille de vin blanc, de rouge ou de rosé !
Mais nous voici arrivés au bord du lac Pavin ....ou plutôt devrais-je dire du « maar » Pavin.Ce qui appelle quelques mots d'explications. De fait les volcans auvergnats sont de trois types : les « péléens » les « stromboliens » et les « maars ». Les péléens correspondent à des volcans dont la lave assez peu visqueuse a fini par s'accumuler en haut du cône créant un dôme plus ou moins arrondi (tels que le Sancy ou le puy de Dôme) . Les stromboliens sont des volcans éruptifs dont la lave fluide a jailli et s'est répandue en longues coulées laissant un cratère vide. Quant aux maars, ils résultent d'une masse de magma qui remontant vers la surface à rencontré une nappe d'eau phréatique. Celle-ci portée à ébullition a alors explosé creusant un cratère dans le sol que l'eau a ensuite rempli.
Le lac Pavin s'est formé il y a 6.000 ans et certains de nos ancêtres ont donc été témoins de l'éruption, ce qui a dû leur offrir un joli feu d'artifice. Dès le bord, sa profondeur est de 90m ce qui le rend peu propice à la baignade d'autant qu'il abrite ce délice gastronomique qu'est l'omble-chevalier. redoutable prédateur qui pourrait prendre un certains appendice humain pour un vairon, voire un moucheron si l'inconscient baigneur appartenait au genre "homo politicus". Le nom Pavin vient du patois « pavens », qui veut dire épouvantable, et lui aurait été donné car l'on disait autrefois que le fait d'y jeter un caillou provoquait des orages épouvantables. A chaque époque ses fariboles, pas plus énormes au demeurant que celles que nous content aujourd'hui les économistes et autre pévisionnistes.
Ce lac est situé sur le flanc du Puy de Montchal dans le cratère duquel nous descendons pour une rapide et discrète auscultation. Avec inquiétude nous croyons percevoir une rumeur mais ce n'est qu'un Rafale de notre très « chère » armée de l'air qui faute de trouver preneur à l'étranger doit de temps en temps voler pour éviter de rouiller.
A cet égard si notre pays est le champion du monde des inventions parfois brillantes mais inexportables (concorde, ordinateurs Bull , système Secam, 35 heures et dernier né, le Rafale etc...) ou des fiascos lamentables (abattoir de La Villette, Crédit Lyonnais, porte avion Foch, avions renifleurs et tant d'autres) cela est dû, sans aucun doute, au mode de sélection de son élite (ENA, polytechnique) où la sclérose intellectuelle, la prétention et l'arrogance sont de mise aux lieu et place de l'humilité, de l'ouverture d'esprit et du pragmatisme.
Il en est depuis longtemps ainsi comme l'illustre la rocambolesque aventure de la découverte des volcans en Auvergne, qui n'ont été reconnus comme tels qu'au milieu du XVIIIème siècle grâce à un modeste naturaliste parisien Jean Etienne Guettard. Mais ceci est une autre histoire que je vous conterai lors d'une prochaine étape....
Puis nous descendons vers le plateau de La Laspex et prenons la direction de la tourbières de la Barthe, mettant nos pas dans ceux d'hommes depuis longtemps retournés à la poussière et qui au cours des millénaires ont progressivement colonisés ces vastes étendues.
Cette tourbière, qu'on appelle la petite Sibérie d'Auvergne, reçoit plus de 1340mm d'eau par an et est recouverte en moyenne plus de 50 jours par la neige. Elle s'est formée il y plus de 10.000ans à l'occasion de la fonte des glaciers du massif de Sancy. Elle a une très grande valeur patrimoniale du fait de la richesse des espèces animales et végétales qu'elle abrite.Sa traversée se fait sur des caillebotis qui nous permettent de garder nos pieds au sec, encore que les nuages menacent à tout moment de tester une nouvelle fois l'imperméabilité de nos équipements.
Mais malgré le temps maussade notre humeur est au beau fixe. L'Auvergne déroule ses pentes fleuries qui illuminent le paysage et met le soleil dans nos coeurs. Allelluia, chantent en coeur angelots et angelettes dont on aperçoit les petits culs roses à travers les nuées, mais pudiques nous baissons la tête (pour être honnête, pas quand il s'agit d'une angelette, de plus de 18 ans bien entendu...) et discutons des mérites du Chateaugay (appellation d'Auvergne qui porte bien son nom) bu la veille au soir à Besse en Chandesse. De méchantes langues (dont vous n'êts pas j'en suis sûr, chers lectrices et lecteurs) diront que du vin aux visions divines, il n'y a que l'espace d'un goulôt !
Soudain l'immense miroir du lac Chauvet, autre « maar » auvergnat, illumine l'ensemble du paysage et les nuages, un brin narcissiques, s'arrêtent un instant de défiler pour s'y mirer. Nous profitons de l'occasion pour pique niquer mais au moment de faire une petite siestouille (appelée ainsi car le sol en montagne est généralement caillouteux) un cumulus incontinent sur nous se laisse aller....Soucieux toutefois d'accomplir au mieux notre mission, nous collons une oreille au sol et ne percevant aucune rumeur inquiétante, nous levons le camp.
Arrivant près de Picherande, terme de notre étape, nous passons près d'orgues basaltiques nées dans la fureur mais aujourd'hui, fort heureusement, silencieuses.
Puis nous traversons une coulée de lave ponctuée de mystérieuses alvéoles qui retiennent l'eau de pluie. Qui sait si ce ne sont pas les yeux de la terre qui contemplent le jour les nuages et les étoiles, la nuit.
Nous trouvons refuge à l'Hotel Central situé juste en face de l'église, garantie pour nous d'être réveillés aux matînes, car demain nous attend une rude étape : l'ascension du Puy de Sancy
La chaleur de l'accueil, conjuguée au savoir faire et à la générosité du maître-queue mis en valeur par un délicieux Chateaugay, nous préparent à une nuit réparatrice qu'aucun grondement suspect ne vient troubler...
A suivre....
Texte & Photos Ulysse
18:51 Publié dans tourisme | Lien permanent | Commentaires (22) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : volcan, pavin, chauvet, ena
18.06.2009
Au pays des sotchs et des dolines.....
Vous attendiez, sans doute, le récit de mon périple en Auvergne. Mais je vous demande un brin (ou deux, pour les plus généreux) de patience car ma plume a tendance a vite sécher avec ce soleil resplendissant dont nous jouissons dans le sud en ce moment (sincèrement désolés pour ceux qui n'y sont point). En attendant, voici le récit d'une balade faite avant ce périple.
D'aucuns pourraient se dire que depuis le temps que je marche à travers le pays d'Oc, j'ai fait le tour de ses attraits et découvert toutes ses pépites. Que nenni ! Ce pays est une vraie mine d'or touristique (d'où le nom de mon blog) et réserve au marcheur un tant soit peu curieux, à chaque fois qu'il s'aventure sur ses chemins, des sites étranges et inattendus.
Ainsi l'autre jour traînant mes guêtres sur le Causse du Larzac du coté de Sorbs, je découvris pour mon plus grand bonheur le royaume des dolines et des sotchs.
Rien que l'énoncé de ces mots fait rêver et voyager en pensée en un pays que l'on imagine riche en contes et légendes.
Mais avant que je vous révèle la nature et la beauté de ces sotchs et dolines, laissez moi vous dire quelques mots de Sorbs, ce modeste mais surprenant village du Causse doté d'un imposant et magnifique château.
La découverte de céramiques et de vestiges de construction dans le secteur atteste de la présence des romains dans l'antiquité. Mais Sorbs est mentionné pour la première fois en tant que « villa Sorbes» dans des archives du 8ème siècle. Dans celles de Ste Eulalie de Cernon, ancienne cité templière, on trouve mention de la présence de Templiers au mas de Vilaveilla (aujourd'hui Mas de Ville Vieille qui fait partie de Sorbs)) en 1247.
Mais une histoire étonnante nimbe le passé de ce village d'une aura de mystère. En effet, en 1858 des paysans découvrirent près de Tolède un trésor sans doute enfoui à l'épque de la prise de cette ville par les Arabes. Ce trésor comprenait notamment des couronnes en or dont l'une comporte cette étrange inscrition : « in dei nomine offeret Sonnica beate Marie in sorbaces » ce qui peut se traduire par « offert au nom de Dieu par Sonnica à Sainte Marie de Sorbaces »
Gérard de Sède, auteur, entre autres, d'ouvrages sur les templiers et le trésor de Rennes le Château a formulé l'hypothèse que la couronne de Sonnica, dont on trouve mention dans une charte de l'an 800 et qui aurait pu appartenir à un personnage wisigothique, a été consacrée à Sorbs dont le nom serait dérivé de Sorbaces.
Il avance à l'appui de sa thèse que les wisigoths, qui occupaient la Septimanie (dont faisait partie l'actuel Hérault) après la période romaine, en ont été chassés par les francs au VIIème siècle et se sont réfugiés en Espagne où ils auraient emporté ce trésor. Sans doute ne pourra-t-on jamais vérifié cette hypohèse, mais elle a le mérite de nous faire rêver.
Mais Sorbs présente aussi des attraits beaucoup plus concrets tel cet imposant château qui aurait été édifié par les seigneurs de la Treilhe au XVIème siècle (les différentes sources ne sont pas concordantes sur ce point)
Découvrir un tel édifice doté d'un jardin à la « française » avec pelouses géométriques et bassin sur le Causse est une surprise. Cerise sur le gateau, (le pays d'Oc est vraiment un pays de cocagne !) ce château récemment restauré a été classé monument historique et devrait être prochainement ouvert au public.
Non loin du château se trouve un étonnant calvaire sculpté sur les deux faces édifié en 1717 et couvert d'inscriptions que je serais bien en peine de vous traduire. Pour les croyants, c'est là un rappel de leur espérance en une vie éternelle, pour moi c'est une invitation à ne pas gaspiller mes jours. J'invite , au passage, ceux qui sont intéressés par les calvaires et les chemins de croix (moi je préfère les chemins de vignes) à aller baguenauder dans les « Jardins de la Fontaine » qui en affichent une belle collection.
Derrière le château se tient un autre chef d'oeuvre architectural : une magnifique ferme caussenarde, pour le moment assoupie, mais que la montée annoncée des mers ramènera à la vie lorsque les résidents du littoral seront contraints de se réfugier sur le Causse. Si vous cherchez un bon investissement à long terme à faire, songez y !
Au delà de la ferme caussenarde, la magie du Causse vous attend : voilà un étonnant pays où pendant des milliers d'années des générations d'hommes, après avoir défriché la forêt qui couvrait la région, ont « récolté » des myriades de pierres et en ont fait de grands tas, les « clapas » qui ornent le paysage comme autant de taupinières.
Ce travail titanesque était nécessaire pour leur permettre de cultiver le foin ou les céréales nécessaires à leur subsistance ainsi qu'à celle de leur troupeaux de chèvres et de moutons.
Aujourd'hui les arbres recolonisent progressivement les lieux abandonnés par les troupeaux, les cotelettes d'agneau qui grillent sur nos barbecues venant par avion de nouvelle Zélande. Mais qui voudrait être berger en ces lieux magnifiques certes, mais sans boulangerie, ni superette, ou pire encore, sans caviste et qui connaissent l'été, l'enfer et, l'hiver, un froid polaire?
Les quelques traces que l'on peut voir du passage de l'homme moderne en disent long sur son inculture profonde et son mépris du travail de ceux qui l'ont précédé. Laisser faire et gain maximum sont les deux mamelles polluées de notre société qui mourra comme le roi Midas d'avoir tout voulu transformer en or. Nous avons d'ailleurs déjà hérité de ses oreilles d'âne !
Mais je sens que mes digressions oiseuses vous font perdre patience et que vous souhaitez que j'en vienne au vif du sujet : à ces mystérieux sotchs et dolines...
Mieux qu'un discours voici un schéma posté sur le site à l'initiative du département (qu'il en soit félicité) qui illustre ce qu'est un sotch. Il s'agit d'une dépression circulaire particulièrement profonde en forme d'entonnoir. Sa formation résulte du comblement d'un aven (gouffre creusé par le ruissellement de la pluie à travers les roches calcaires qui constituent le causse) ou du soutirage des argiles colmatant le fonds d'une dépression.
On trouve trois sotchs dans les environs de Sorbs dont les plus spectaculaire sont ceux de Robert (200m de diamètre et 30m de profondeur) et surtout de la Parade (200m de diamètre et 45m de profondeur)
Quant aux dolines, ce sont des dépressions du même type mais de faible profondeur (quelques mètres) Le fonds des sotchs et des dolines qui sont tapissés d'argile plus fertile apportée par le ravinement étaient autrefois cultivés.
Il faut parcourir ces vastes espaces seul pour entendre le murmure des pierres qui vous parlent d'un temps où la vie de l'homme était en prise directe avec les éléments et s'y était adaptée. Aujourd'hui nous sommes "désenvironnés" par l'appareillage technologique qui nous donne le sentiment fallacieux d'être puissants, alors que nous sommes de plus en plus fragiles et démunis.
Relique des temps anciens où un climat tropical règnait dans la région, une panthère noire erre traquant les quelques lapins épargnés par les chasseurs. j'en profite pour adresser un clin d'oeil au blog Bénis soient les félés car ils laissent passer la lumière qui nous révèle la réalité derrière l'apparence des choses...
Seule note de douceur dans ce paysage austère et minéral, un gazé se délecte du nectar d'une vesce à épis. Je termine là mon périple, en espérant que vous en sortirez heureux, empiérrés, avec au coeur la joie simple de savoir que vous vous endormirez plus instruits que vous ne vous étiez réveillés, sauf si bien sur vous étiez déjà un spécialiste des sotchs et des dolines !
Pour vous rendre en ce lieu munissez vous des cartes IGN Promenade 65 Béziers/Montpellier ainsi que des séries Bleue 2642 O et ET. Garez vous à Sorbs puis rendez vous à pied à Ville Vieille d'où part une piste forestière qui mène aux sotchs.
PS: je vous donne rendez vous la semaine prochaine pour le début du récit de mon périple en Auvergne
Texte & Photos Ulysse
ysse
11:48 Publié dans tourisme | Lien permanent | Commentaires (26) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : sotch, doline, sorbs, gérard de sède
04.06.2009
Il faisait un temps de salamandre (fin)
Lorsque nous repartons, le brouillard est toujours présent, la chaleur de notre feu n'ayant pas
réussi à le dissiper. Un arbre griffe le ciel de ses branches pour tenter de déchirer la couverture
de nuages et libérer les rayons du soleil qu'il attend désespérément pour faire éclore sa
frondaison d'été. Sans feuillage aucun oiseau ne vient s'y réfugier et les longs mois de solitude
qu'il doit affronter l'hiver commencent à lui peser.
Soudain au détour du chemin nous apercevons un Septimanien (ancêtre des Héraultais) perdu
dans ses rêves. Nous sommes à la fois ravis et surpris car ils sont supposés avoir disparus
depuis 8000ans. Mais dans les forêts denses qui couvrent une partie de la montagne de Rosis
et qui sont aujourd'hui désertées subsistent de nombreux êtres légendaires que seuls les
randonneurs aventureux (d'aucuns diraient un peu barjo) qui ne craignent ni le froid ni la pluie
ont des chances de rencontrer.
Nous laissons le Septimanien, qui n'a pas remarqué notre présence, à ses rêves sans doute
peuplés de plantureuses septimaniennes en tenue d'Eve et de civets de sangliers (les rêves
de l'héraultais d'aujourd'hui-dont je suis- ne sont guère différents)
Un peu plus loin, une autre rencontre émouvante nous attend : une mouflonne et son petit broutent
l'herbe d'une clairière, bucolique spectacle qui attendrit nos coeurs endurcis . Grâce au brouillard
et à notre discrétion , ils ne nous ont pas décelés et poursuivent leur collation.
Mais soudain notre odeur leur parvient (malgré Sanex qui soi disant assure une protection
24H sur 24 ! Ah la publicité mensongère!) et les voilà qui se sauvent, triste manifestation
de la terreur que l'homme inspire au règne animal.
Nous approchons du portail de Roquendouire (curiosié géologique dont je vous ai maintes fois
parlé) sur lequel sont perchés des animaux fantasmagoriques qui profitent du brouillard pour
sortir de leurs caches dans lesquelles ils se terrent habituellement.
Le brouillard est si dense que nous ne trouvons pas le chemin du retour et nous devons graisser
la patte et rafraîchir le gosier du vieux et grincheux gardien du Portail pour qu'il veuille bien
nous l'indiquer.
En perdant de l'altitude, le brouillard s'estompe un peu et nous pressons le pas, la bruine qui
tombe commençant à nous transformer en éponges.
Nous retrouvons le couvert des chataigneraies où nous longeons d'antiques séchoirs à chataignes
appelés « clèdes » Ce nom vient de l'occitan « cleda » qui désigne la claie ou plancher à claire
voie sur lequel on déposait les châtaignes fraîches pour les sécher au moyen d'un feu sans flamme
que l'on entretenait au rez de chaussée.
Quand les « blanchettes » (chataignes fraîches) étaient déshydratées on les débarassaient de
leurs peaux et elles étaient conservées pour préparer pendant l'hiver la soupe de châtaignes,
la « bajhana »
Les chataigneraies de la montagne de Rosis ne sont plus exploitées et les Septimaniens, Ourgas,
Lutins, Elfes, et autres êtres légendaires se nourissent des châtaignes délaissées par les hommes.
Mais peut être qu'un jour les hommes y reviendront, quand, à force de pesticides herbicides et
autres saloperies vendues à prix d'or par les grands groupes chimiques, leurs champs seront
devenus stériles.
Il nous reste un dernier ruisseau à franchir pour rejoindre nos canassons à vapeur. Si le temps
avait été plus clément, il est certain que nous y aurons fait trempette, seul usage de l'eau
que j'apprécie !
FIN
Texte et photos Ulysse
18:15 Publié dans tourisme | Lien permanent | Commentaires (20) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : salamandre, rosis, randonnée, septimanie
01.06.2009
Il faisait un temps de salamandre......(1ère partie)
Dans le nord, quand il pleut, les gens disent qu'il fait un temps de cochon, mais dans le pays d'Oc, où
les cochons ne sont pas courants (du moins ceux du genre animal, car pour ceux du genre humain, c'est
différent !), on dit qu'il fait un temps de salamandre. En effet, cet amphibien ne sort pour chasser
que la nuit venue ou les jours où il pleut .
Aussi l'autre matin, alors que la ligne des monts des hauts cantons affichait une mine sombre , nous
nous sommes dits, mon ami Gibus et moi, que nous irions traquer cet animal légendaire sur les pentes
de la montagne de Rosis.
Abandonnant notre carosse dans le village de Cours le Haut (au dessus de Compeyre) nous empruntons un
chemin remontant le ruisseau du Banissou. Les murs dressés par les anciens se sont par endroits effondrés
et les arbres séculaires s'accrochent désespérément au sol de leurs racines titanesques pour ne pas dévaler
la pente. Combien de temps tiendront ils encore ainsi ? Quand donc les hommes comprendront ils que leur
indifférence par rapport à la nature met en péril leur existence ? A quand l'institution d'un délit pour non a
ssistance à arbre en danger ?
Le chemin croise le Banissou qui court joyeux et volubile à travers la forêt, heureux de ce printemps pluvieux.
Les arbres et plantes se gavent de son eau fraîche dans la perspective de la sécheresse de l'été à venir....
si jamais il vient !
Les araignées quant à elles sont moins ravies de ce printemps humide qui transforment leurs toiles en
sapins de noël.
Soudain, pour notre plus grand bonheur (Gibus et moi, vous l'aviez deviné, sommes de grands enfants) une
salamandre traverse notre chemin d'un pas de sénateur (c'est l'un des animaux les plus lents avec le paresseux....
les sénateurs ont quant à eux l'excuse de l'age....bien qu'ils trouvent le moyen de galoper quand il s'agit
d'aller à leur restaurant quatre étoiles).
Il est rare de voir cet animal, objet de tant de légendes. Au moyen age sa forme de mini dragon le faisait
redouter; on pensait qu'il pouvait traverser le feu sans se brûler et voire même l'éteindre. Cette croyance
vient sans doute du fait qu'il est recouvert d'une substance laiteuse qui le protège un moment de la chaleur
et surtout qui brûle les doigts si on la touche. Cette substance peut intoxiquer voire tuer les mammifères
qui voudraient en faire leur repas (voir l'excellent site fait par Gaëlle, Mickaël, Steve et Théo de l'école de
Voissant 38620 consacré à cet animal)
Quittant un instant les sous bois nous grimpons à travers le brouillard jusqu'aux Tourelles (1012m) sommet de
la Montagne de Rosis. Par moments nous troublons la quiétude des mouflons qui paissent paisiblement sur
les bords de la piste et s'enfuient, ombres fantomatiques effrayées par l'odeur de l'homme, ce prédateur
impitoyable, le seul à jouir de la mort infligée aux autres espèces.
Puis nous regagnons le sous bois pour dévaler vers le hameau de Caissenols. Profitant du brouillard, un hêtre
majestueux déploie ses branches vigoureuses pour caresser une belle hêtresse qui ne semble pas s'offusquer
de la manoeuvre de l'impudent.
Le soleil en embuscade au dessus du brouillard diffuse une lumière laiteuse et humide qui se teinte de vert
en glissant sur le feuillage des arbres.
La peur nous saisit de rouiller, voire de nous dissoudre et de disparaître dans cette athmosphère saturée d'eau,
et nous ingurgitons vite une gorgée de café brûlant arrosé de quelques gouttes "d'âme de la vigne", antirouille
efficace contre le brouillard et la pluie.
Mais bientôt nous franchissons le pont traversant le Casselouvre, dont le lit encombré de pierres moussues
témoigne de son caractère tranquille. Les ruisseaux héraultais ne sont pas tous aussi placides.
Les ruines du hameau de Caissenols émergent enfin du brouillard, promesse d'une halte auprès d'un bon
feu qui nous mettra définitivement à l'abri de la rouille ....
A suivre.....
Texte et photos Ulysse
18:32 Publié dans tourisme | Lien permanent | Commentaires (27) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : salamandre, cochon, sénateur, rosis
28.05.2009
En suivant le cours de la Dourbie (fin)
Ayant quitté Cantobre, nous continuons de suivre les méandres indolents de la Dourbie où quelques
timides rayons du soleil viennent par endroits se rafraichir.
Ses vielles ruelles caladées bordées de maisons cossues témoignent d'un riche passé.
Les lichens habillent les murs,, émouvante patine posée par le passage des siècles. et qui protègent
l'hiver les pierres de la morsure du gel
L'harmonie des formes des habitations et la noblesse des matériaux lavent notre regard des
horreurs urbaines dont le Languedoc « moderne » est progressivement couvert par les dévots
du « cairon » qui semblent vouloir faire concurrence à la muraille de Chine !
Même les cheminées sont des modèles d'élégance et sont au diapason du paysage sublime
qu'elles dominent
Au pied du village, l'église a elle aussi belle allure. Mais l'état d'abandon du cimetierre témoigne
que l'on ne meurt plus dans ce village, signe évident que les vivants l'ont quitté.
Ces villages « musées» sont nos racines. Leur beauté, leur harmonie, leur union intime avec
le paysage témoignent de la haute culture de ceux qui nous ont précédés. Ce sont des messages de
pierres qu'ils nous ont légués et qu'il faut préserver si l'on veut que nos sociétés modernes ne meurent
pas un jour d'inanité faute d'avoir perdu le fil de leur destinée. Quand un bateau ne trouve pas de point
pour s'ancrer il dérive et finit par s'échouer.
Texte & photos ulysse
16:15 Publié dans tourisme | Lien permanent | Commentaires (32) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : st véran, dourbie, héritage
23.05.2009
En suivant le cours de la Dourbie....(1ère partie)
Une fois n'est pas coutume, je vous emmène faire une balade « Michelin », histoire de soutenir nos
constructeurs automobiles et surtout ceux qui y travaillent encore et qui ont bien besoin qu'on leur
remonte le moral !
Certes, ce n'est pas très bon pour la santé de notre chère Gaïa qui toussotte déjà pas mal et, surtout,
cela contribue à enrichir un peu plus les cheicks, émirs et autres satrapes qui soumettent leurs peuples
à une épouvantable charia ou à une dictature policière, tout en appliquant à leur propre vie la devise
« cigarettes, whisky et petites pépées ! » que célébrait dans ma jeunesse, en me faisant rêver, Eddie
Constantine (cela remonte à loin !)
Mais bon, on sait bien que l'enfer est pavé de bonnes intentions et que toute action aussi bonne soit
elle a toujours son revers, à l'exemple de ce pêcheur qui voyant passer un homme affamé lui donne
un poisson. L'homme se confond en remerciements et s'en va un peu plus loin le faire cuire. A peine
est il cuit qu'il l'engloutit et se fiche une arête dans le gosier. Il en meurt étouffé ! Ainsi le pêcheur
qui croyait faire son bien a précipité sa fin. Tout est dit ici de la tragédie de la condition humaine !
Mais que cela ne vous dissuade pas d'inviter vos copains à dîner, en évitant toutefois les restaus de
plage de Sète ou d'offrir des fleurs à votre bien aimée, en choisissant de préférence celles auxquelles
elle n'est pas allergique (à moins que....) !
Nous débutons notre périple à Nant, niché dans une vallée verdoyante ( à la belle saison, cela va de
soit !) au confluent du Durzon et de la Dourbie. Outre ses ruelles pittoresques, ce village possède
trois merveilles architecturales : l'abbatiale Saint Pierre du XIème siècle, les halles du début du XVIIIème
et surtout le pont de la Prade qui depuis six cents ans franchit la Dourbie de son unique arche aérienne
Pourquoi, vous demanderez vous, a-t-on construit un pont aussi audacieux pour franchir une rivière
aussi anémique et paisible ? C'est tout simplement que la bougresse a des colères terribles alimentées
par les dantesques pluies d'automne qui s'abattent sur les Cévennes où elle prend sa source dans
le massif du Lingas. Ainsi en septembre 1980 son débit moyen de 14m3/s est-il passé en quelques
jours à 728m3/s
Après quelques tours de roue agrémentés d'au moins autant de tours de volant tant la Dourbie est
sinueuse, nous voilà à Saint Jean de Bruel où la Dourbie s'oxygène un brin en dévalant une mini cascade.
Ce village fut dans le passé un centre minier important et connut même la gloire grâce à se poteries
recherchées, dont notamment les faysselles dans lesquelles on met en forme le roquefort.
Il faut prendre le temps d'aller boire, selon l'heure, un café, un rosé, un demi ou un pastis, voire même
un diabolo menthe (je ne suis pas raciste) sous les arcades de ses halles tricentenaires. C'est un
bien meilleur remède contre le stress que les cocktails d'antidépresseurs dont les médecins, inféodés aux
laboratoires, nous gavent pour mieux nous faire accepter nos vies déjantées
Après avoir remonté les gorges patiemment creusées par la rivière, nous voilà à Dourbies dont les
maisons, à l'instar des tournesols, tournent leurs façades vers le sud.
Sur la place trône une fontaine où les anciens du village tentent vainement de boire l'eau qui tombe
en une pluie facétieuse de la vasque supérieure.
Pour se rafraichir mieux vaut descendre le chemin caladé qui descend jusqu'au bord de la Dourbie où
celle-ci se donne des airs de torrent de montagne.
Mais quelques rochers déposés par les crues détournent une partie de son flot et créent des bras d'eaux
dormantes où les arbres admirent le reflet de leur parure éphémère.
Redescendant les gorges sur l'autre rive nous atteignons Cantobre, nid d'aigle perché à 100m au
dessus du confluent de la Dourbie et du Trévezel
Sur un espace aussi exigu le moindre mètre carré a été exploité, ce qui fait que ce village est à
déconseillé aux somnanbules !
Cette batisse jouit d'une vue imprenable, formule souvent galvaudée par les agences immobilières peu
scrupuleuses (mais y en a-t-il qui le soit ?)
L'église Saint Etienne, malgré ses neuf cents ans, se dresse vaillamment au sommet du village, alors que
le château qui la dominait a été détruit en 1629 sur l'ordre de Richelieu après que les protestants
aient pris possession de la ville.
Ce village est hélas comme un beau fossile du passé, l'école depuis longtemps a fermé et seuls quelques
vacanciers et touristes parcourent ses ruelles dont les portes restent la majeure partie de l'année
désespérément fermées.
NB : je vous invite à aller sur le superbe blog de Philippe Ibars "les jardins de la Fontaine" qui traite
avec talent et humour de la question des langues régionales à partir de la mention "escolo" figurant sur
cette ancienne école.
Mais ne soyons pas passéiste, et reconnaissons qu'il serait difficile de vivre à l'année ici . Cela dit il faut
sauvegarder autant que faire se peut ce magnifique héritage, témoignage d'un monde ancien frugal, authentique
et tenace, pour en nourrir notre imagination et raviver quelques instants nos vies rongées par les
préoccupations matérialistes, la frénésie des divertissements et le souci du confort.
On se voudrait détaché de ce monde matériel et on se verrait bien contempler des nuits durant les écharpes
célestes d'étoiles chères à Giono, mais il faudrait avoir la force la force d'âme de nos ancêtres, ce qui n'est
pas mon cas, je l'avoue humblement.
À suivre....
Texte & Photos Ulysse
11:12 Publié dans tourisme | Lien permanent | Commentaires (31) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : dourbie, nant, st jean de bruel, cantobre
16.05.2009
Dès que sonnent les matines, partons pour le peyre Martine !

