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18/02/2017

Rando-raquettes dans le Queyras : Montée au col du Cascavelier

 

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Ce matin notre guide, Pierre, a projeté de nous emmener au col du Cascavelier, une rando plutôt facile destinée à nous tester. Pour pimenter un peu le parcours, il propose aux plus aventureux du groupe de marcher sur le lit d’un torrent recouvert de glace et de neige, que la piste longe au départ sur quelques centaines de mètres.

 

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Pour des promeneurs non avertis, le parcours semble sans risque. Mais nous apercevons ici et là des trous dans la couche de glace qui pourraient réserver au marcheur inattentif de mauvaises surprises !

 

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Pour éviter une telle mésaventure, Pierre nous conseille de garder un œil vigilant sur le sol et de le frapper de temps en temps avec nos bâtons pour nous assurer de l’épaisseur adéquate de la glace.

 

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Nous croisons un promeneur dont la légèreté et l’agilité le prémunissent contre tout risque de prendre un bain de pieds glacé ! Cet écureuil gris au demeurant est un intrus. Il est, en effet, originaire de l’Amérique du Nord et a été introduit en Europe à la fin du XIXème siècle. De plus grande taille, plus résistant et mieux habitué aux températures rigoureuses de l’hiver que l’écureuil roux, son cousin européen plus petit et timide, ce « yankee » est en train d’éliminer ce dernier qui est dorénavant protégé par la convention de Berne .

 

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Nous passons près d’un mélèze dont le tronc est incrusté de petites pommes dont on se demande bien comment elles ont pu arriver là. Pierre nous explique que c’est le Pic Epeiche qui les coince dans les anfractuosités de l’écorce de l’arbre pour pouvoir en extirper les graines, car cet oiseau, comme la plupart des pics, ne peuvent se nourrir qu’en position verticale.

  

 

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Quittant le lit du torrent – sans s’être mouillés les pieds ! - nous longeons une formidable barre rocheuse irisée de neige qui en magnifie la beauté.

 

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La neige rend les montagnes accueillantes, elle gomme l’austérité, l’agressivité que leur confère leur ossature minérale. Mais cette douceur est trompeuse car ce blanc manteau peut vite devenir un linceul pour l’imprudent montagnard qui s’y aventure sans les équipements et les précautions adéquates.

 

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Au fur et à mesure que nous progressons, les arbres se raréfient et nous abordons une ligne de crête qui offre une vue de plus en plus vaste sur les sommets environnants. Ces vastes panoramas ouvrent l’âme, le cœur et l’esprit. En les contemplant les frontières se dissolvent, les visions ratiocinées, hexagonales, frileuses du monde s’étiolent. Dans cet univers sauvage loin du babil ségrégationniste des « boni-menteurs », nous retrouvons le lien secret qui unit le monde vivant issu de la même cellule originelle, l’animal est un cousin, l’étranger, un frère.

 

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En ces lieux si près des cieux couverts d’une neige immaculée, nous avons le sentiment de marcher là où aucun autre homme n’a auparavant marché.

 

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Et nous voici au col où un renard nous a précédés. Loin d’être contrarié, je suis heureux qu’en ces contrées le monde animal puisse vaquer librement et jouer sa partition sauvage dans la symphonie du monde, à l’abri des « nemrods » ventripotents qui peuvent à distance d’un coup de fusil mettre fin à leur existence pour satisfaire leur ego mortifère.

 

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Au loin, un sommet est coiffé d’un nuage lenticulaire, phénomène classique en montagne provoqué par l’ascension le long des pentes de l’air réchauffé par le soleil et dont l’eau sous forme gazeuse se condense du fait de l’abaissement de la température liée à la moindre pression.

 

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Aton commençant sa lente descente vers l’horizon, nous suivons son exemple et rebroussons chemin.

 

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Notre guide apercevant une vaste pente de neige immaculée, nous propose de la dévaler pour rejoindre en contrebas la piste empruntée à l’aller.

 

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Le moelleux tapis de la neige nous donne le sentiment d’évoluer sur un tapis volant.

 

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Nous prolongeons au maximum ce plaisir indicible de gambader dans la neige poudreuse et Aton s’est depuis longtemps glissé sous son édredon de nuages quand nous apercevons le clocher de Saint Véran où nos traineaux à moteur sont garés. Cinq heures sonnent ! C’est l’heure du vin chaud !

 

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Texte & Photos (sauf la 3ème C. Harmoy) Ulysse

 

 

11:00 Publié dans tourisme | Lien permanent | Commentaires (16)

11/02/2017

Balades à la Blanche et à Pierre-Grosse !

 

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Nous voilà repartis pour une semaine de randos – raquettes dans le Queyras. Notre camp de base est le douillet et chaleureux gîte de la Vie Sauvage à Prats-Hauts (près de Molines) dont les patrons, Claudine et Marc, traitent les vacanciers qui viennent chez eux comme des amis. Aujourd’hui le temps étant au beau fixe, nous décidons de nous rendre au refuge de la Blanche, ce qui représente une virée de 18 km avec 500 mètres de dénivelé, une belle promenade de santé !

 

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La neige vierge est un livre sur lequel les animaux inscrivent leurs allées et venues. Ici nous voyons la trace d’un lièvre qui a grimpé le talus, les deux empreintes de devant ayant été formées par les pattes avant, puis arrières, qui se superposent dans la course du lièvre, tandis que la queue, qui sert d’appui pour bondir, laisse la trace finale.

 

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Un peu plus loin figurent les traces de la descente de cet animal, légèrement déformées du fait du léger dérapage provoqué par la pente. N’apercevant aucune empreinte de renard dans les parages, notre lièvre n’a, semble-t-il, fait aucune mauvaise rencontre au cours de ses pérégrinations nocturnes .

 

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Arrivés environ à mi-parcours, nous apercevons la chapelle de Clausis dominée par la Tête de Toillies ( dénommée aussi Tête Noire) superbe pic qui culmine à 3175 mètres.

 

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Nous admirons la symétrie qui existe entre le toit pentu de la chapelle et le pic. Le clocheton et la croix qui surplombent le toit sont le symbole de l’aspiration des hommes vers le ciel, où certains y placent leur créateur, tandis que le pic est le témoin des colossales forces telluriques qui poussent les entrailles de Gaïa vers ce ciel qui fascine les hommes. Gaïa serait–elle aussi mystique ?

 

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Ayant grimpé sur l’épaule rocheuse où est juchée la chapelle, nous abordons un vaste plateau que traversent au loin trois skieurs de fond. Comme ils paraissent frêles, perdus dans cette immensité minérale et neigeuse et, pourtant, inépuisable semble l’énergie qui les anime. Etonnant est l’homme, ce bipède qui se complait à conquérir l’inutile, comme l’a si bien décrit Lionel Terray, l’un des pionniers de l’alpinisme, dans son récit autobiographique. A Georges Mallory, autre alpiniste légendaire, mort lors d’une ascension de l’Everest, à qui un journaliste demandait pourquoi il voulait le gravir, celui-ci répondit « Parce qu’il est là »

 

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Ayant atteint le refuge de la Blanche, nous nous y régalons en premier lieu d'un vin chaud pour réchauffer nos abattis gelés, puis des inégalables « frichtis » et  Génépi de François, qui en est le sympathique patron.

 

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Nous sommes de retour à Prats-Hauts alors que l’air froid qui descend des cimes tisse, par condensation de l’humidité de l’air, une belle écharpe au pic de Rochebrune (3315m) qui domine la vallée.

 

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Un dicton proclame que « Souvent femme varie, bien fol qui s’y fie »; il en est de même du temps en montagne qui, d’un jour à l’autre, peut vous faire passer de l’été à l’hiver. Ainsi aujourd’hui nous affrontons une tempête de neige pour nous rendre au pittoresque village de Pierre-Grosse, situé à deux heures de marche de Prats-Hauts.

 

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En chemin, nous traversons le hameau de Gaudissart dont certaines maisons sont ornées de cadrans solaires, comme il est de tradition dans cette région. Celui-ci nous fait sourire, vu les conditions météorologiques que nous affrontons.

 

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Cet autre cadran affirme que les amis sont bienvenus à toute heure. N’étant pas, hélas,  amis des propriétaires des lieux, nous n’osons pas frapper à la porte pour s’y faire offrir un café !

 

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Nous poursuivons notre chemin, bien que le temps ne montre aucune amélioration. A celles et ceux qui seraient légitimement étonnés d’une telle obstination, je dirai qu’indicible est le bonheur de sentir les baisers glacés des flocons de neige caressant le visage, d’ouïr le silence ouaté qui règne dans cet univers enneigé et de fouler le tapis moelleux de poudreuse vierge de toute trace, comme si nous étions les premiers hommes à passer en ces lieux

 

 

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Mais Zeus, sans doute admiratif de notre obstination, se décide à déchirer le voile de nuages pour nous révéler un coin de ciel bleu.

 

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Et la neige a cessé ce tomber lorsque nous arrivons au village de Pierre Grosse, nous permettant de baguenauder tranquillement dans ses ruelles bordées d’antiques chalets.

 

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Ici l’église et l’école se font face, autrefois lieux de confrontation quand la religion imposait ses dogmes et entendait régir la vie sociale. Mais aujourd’hui les églises sont la plupart du temps fermées, les hommes cherchant dorénavant le chemin du paradis sur la Terre sans attendre d’y être invités au ciel.

 

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Et d’ailleurs ce cadran solaire ornant un chalet nous invite à bien profiter de notre passage sur Terre (Le temps passe, passons le bien).

 

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Décidés à mettre en pratique ce sage conseil, nous cherchons un café-bar pour y prendre le vin chaud de fin d’après-midi, traditionnel dans ces contrées, mais nous ne trouvons que cet antique abreuvoir comme débit de boisson.

 

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C’est sous un soleil radieux que nous prenons le chemin du retour. Mais il ne nous faut pas trainer car l’ombre commence à envahir le fond de la vallée.

 

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Nous nous sommes réjouis trop vite du beau temps revenu car Eole, dieu imprévisible et facétieux, lance quelques bourrasques neigeuses glaciales à notre rencontre, qui redoublent notre désir d’un bon vin chaud. Notre courage et notre obstination ont quand même des limites !

 

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Mais tout est bien qui finit bien et c’est en contemplant à travers la baie vitrée de notre gîte le coucher de soleil sur les cimes, que nous dégustons finalement l’excellent vin chaud préparée par Claudine, notre maîtresse de maison .

A suivre…

 

PS :  Vous avez aimé la fantaisie et la créativité des cadrans solaires, alors vous apprécierez la peinture onirique et fantastique de mon amie Yllen sur son site. Cliquez ICI

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Texte  & Photos (sauf celle du "frichtis" prise par C.Harmoy) Ulysse

 

 

07/02/2017

Bien fol qui se baigne en janvier à Vezoles ! (reprise d'archive)

 

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La randonnée est une activité de plein air ouverte à tous. Elle ne nécessite aucun talent particulier sinon de pouvoir se servir de ses jambes et n’implique pas de dépenses somptuaires, encore qu’il ne faille pas mégotter sur la qualité des chaussures et des vêtements que l’on porte, ni des vins que l’on emporte en pique-nique . 

En outre, elle est bénéfique pour la santé et n'expose  ses pratiquants qu’à des risques modérés : prendre une bonne saucée, attraper (au début) quelques ampoules et quelques courbatures ou quelques coups de soleil, ou bien se perdre et être obligé de traverser pierriers, ronciers et terrains fangeux et revenir chez soi crotté et balafré comme un bagnard évadé de Cayenne .

Dans des cas exceptionnels toutefois, le « ciel » risque de vous tomber sur la tête  à l’instar de cet arbre balayé par la chute d’un rocher. Mais il ne faut pas que cet accident rarissime vous dissuade de vous lancer sur les sentiers, car les beautés qui vous attendent vous récompensent au multiple des efforts accomplis et des quelques risques encourus.

  

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Nous vous invitons donc aujourd’hui, Gibus et moi,  à nous suivre sur l’un des plus beaux parcours de notre région  qui remonte les gorges du torrent de Vezoles et permet d’accéder au lac du même nom, perché à  1000m d’altitude dans les monts du Sommail.

 

 

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Il est vrai que ce sentier est un peu "technique" pour les débutants, mais avec un peu d’entraînement et en évitant les jours de pluie ou de gel on a de bonnes chances d’arriver sain et sauf au sommet .

  

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Le plus grand danger qui vous guette sur ce parcours est le lion du Sommail perché sur son monticule. Mais comme il est d’un age vénérable et se déplace avec difficulté, si vous n’allez pas le narguer de trop près il vous laissera tranquille.

 

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Même les gens du nord, habitants d'un plat pays, qui n’ont que de vieux terrils pour montagne et sont plus coutumiers des "cols" de leurs bocks de bière que des cols montagnards, empruntent ce chemin, ce qui ne peut que vous encourager à suivre leur valeureux exemple ! 

 

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Parvenus sur le plateau sommital nous sommes remboursés - sans franchise - de nos efforts (c’est mieux que la sécu !) . Le regard porte alors jusqu’aux sommets enneigés de la chaîne des Pyrénées qui barre l’horizon. Face à un tel panorama notre existence jusque là ratatinée, ratiocinée, gangrenée par les soucis triviaux et les verbiages cancaniers et vains du monde, s’oxygène, se dilate, et est gagnée par la douce euphorie que suscite la beauté.

 

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Mais aujourd’hui, un spectacle plus beau encore nous attend : le lac de Vézoles est aux trois quarts gelé et recouvert par endroits de neige.

 

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La toile bleutée de la glace est déchirée par des flèches d’eau libre reflétant la neige couvrant les rives, blanc lumignon plongé dans les eaux sombres du lac.

 

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Les épicéas qui bordent par endroits les rives du lac et qui, habituellement, s’enorgueillissent de leurs majestueux reflets, souffrent de ne plus voir que leurs pointes dans une déchirure de la glace.

 

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Peut être ne sont-ils pas non plus très heureux d’avoir les pieds dans la neige, car ils se sont établis dans le sud pour y trouver la chaleur et ne plus avoir à affronter les frimas de leur contrée d’origine.

 

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Apercevant une petite zone d’eau libre au bord du lac, l’idée  soudain nous traverse l’esprit de nous baigner. C’est en quelque sorte un défi lancé à l’hiver qui s’éternise de façon inhabituelle dans notre région.  Mais ce bain n'est pas sans risque car une fois dans l’eau, celle-ci commence à se transformer en glace, selon le phénomène bien connu de surfusion dont ont été victimes les chevaux du lac Ladoga

Mais fort heureusement les rayons du soleil se mettent soudain et à notre grande surprise à chauffer plus fort, ce qui nous permet de nous libérer de l’emprise de la glace. Le vent colporte alors des murmures bizarres qui nous intriguent. Nous allongeant sur de larges pierres de la rive pour nous faire sécher, un bref assoupissement nous saisit pendant lequel Gibus fait un rêve étrange qui nous donne la clé de ce curieux événement (voir le fichier joint)

 

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Rhabillés de pied en cap, nous traversons un bosquet de vieux fayards  bordant le lac et qui se tordent de rire. Ils nous demandent "N'avez vous rien perdu dans l'eau ?". Rougissant devant cette allusion ironique à « notre pistolet à bébés » escamoté par l’eau glacée, nous leur rétorquons "Ce que l’hiver a gelé, le printemps le fera revivre".  Nous croyons alors entendre dans le vent des rires féminins, mais regardant de tous cotés nous ne voyons personne !

  

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Nous poursuivons alors notre périple autour du lac dont la partie la moins profonde est recouverte d’un voile argenté.

 
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Nous avons conscience de vivre là des moments précieux, inhabituels dans notre région. Inattendues et innombrables sont les merveilles qui vous sont offertes quand on met un pied devant l’autre et que l’on part à la découverte du monde !

 

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Le soleil  gommera  bientôt ce paysage unique et éphémère. Aussi, nous le savourons à pleines pupilles et ralentissons notre pas habituellement martial pour ne pas en perdre une miette Nous sommes très heureux de pouvoir partager ces moments avec vous !

 

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Texte & photos Ulysse (sauf le conte joint 'A Vezoles les saisons s'affolent" écrit par Gibus)

 

10:37 Publié dans tourisme | Lien permanent | Commentaires (32) | Tags : vezoles, lion, langlade, ladoga

27/01/2017

« Tranquillou » sur le Caroux

 

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A lire le titre de cet article, vous allez vous dire chères lectrices et chers lecteurs, que je suis devenu « mou du genou » et que je suis bon pour m’inscrire dans un E.H.P.A.D. Je vous rassure tout de suite, cette balade « tranquillou » n’est qu’une parenthèse, dues aux circonstances, dans mes pérégrinations aventureuses. La raison en est qu’il avait neigé l’avant veille sur le Caroux et qu’il faisait un froid de canard avec une Tramontane désireuse de nous faire danser la valse malgré nos gros godillots. Avec l’ami Bernard, qui au demeurant souffrait d’un refroidissement, nous nous sommes dit que nous nous contenterions, pour le coup, d’une balade contemplative et photographique sur la plateau sommital, avec déjeuner au chaud dans le refuge de Font Salesse. Nous voici donc tranquillement partis, provision de bois sec sur le dos, à l’assaut du sommet arrondi du plateau carrousien.

 

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Le sommet, matérialisé par un imposant cairn, offre une vue circulaire sur les environs. Si Dali avait connu ce lieu, sans doute l’aurait-il désigné comme étant le centre du monde plutôt que la gare de Perpignan. Car ici aucun obstacle ne bouche la vue et l’on voit aussi loin que la courbure de la terre le permet.

 

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Nous nous dirigeons ensuite vers le Lucadou en empruntant une piste qui domine les vertigineuses gorges d’Héric. Un tapis élimé de neige recouvre le pelage roux du Caroux, tandis qu’au loin un polochon de nuages se traine sur le Sommail et la Montagne Noire.

 

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Puisque l’humeur du jour est à la contemplation, nous nous arrêtons un instant pour admirer l’océan de collines bleutées qui vient battre les flancs du Caroux.

 

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Le tapis de neige est un livre dont les pages blanches racontent, à ceux qui savent le lire, la vie intense qui va et vient en ces lieux quand l’homme, ce prédateur sans pitié craint de tous, n’y est pas.

 

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L’heure du déjeuner approchant, nous ramassons quelques branches mortes pour compléter notre fagot de bois et nous prenons possession du refuge de Font Salesse où un feu réchauffe bientôt nos abattis transis. Je ne dirai jamais assez la colère que m’inspire les stupides graffitis que des promeneurs se croient obligés de laisser pour immortaliser leur passage. Alors que les animaux urinent pour marquer leur territoire, ce qui n’a aucun effet délétère sur l’environnement et ne laisse aucune trace, l’homme lui y laisse ses immondices et vomissures matérielles ou cérébrales.

 

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Nous repartons en direction du secteur des Barmelles qui offre une vue somptueuse sur la vallée de l’Orb. Un arbuste installé au bord de la falaise y jouit d’une vue imprenable sur la mer qui gît comme un filon d’or au bout de la plaine bleutée.

 

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Non loin de là, un aigle reste niché dans son aire indifférent à notre présence. Sans doute attend-il la sortie de ses proies habituelles, serpents, lapins, mulots et autres campagnols, blottis dans leurs terriers du fait des conditions hivernales.

 

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En cheminant sur le plateau le matin même, Bernard m’avait indiqué que, selon des observateurs, le loup serait revenu dans notre région. Ce n’est donc qu’à moitié étonnés que nous le surprenons soudain au détour d’un chemin, à l’affût, gueule ouverte, attendant le passage de mouflons. Soit le bienvenu oh ! loup, toi qui, contrairement aux légendes, n’a jamais croqué de grand-mère, ni de chaperon rouge ni quiconque d’ailleurs ! Je te crains bien moins que les « nemrods » en vadrouille qui chaque année tuent ou blessent nombre de leurs congénères (146 en 2016 !!). Et ce ne sont pas les quelques moutons que tu croques ici et là (grassement indemnisés) qui me feront changer d’avis. Ce n’est qu’une peccadille - au demeurant justifiée par la nécessité de te nourrir – par rapport aux massacres de masse perpétrés par l’homme dans le monde animal et qui font qu’en l’espace de 40 ans plus de la moitié des vertébrés ont disparu de la planète. La génération à naître ne verra plus de lion, de guépard, d’éléphant, de rhinocéros, d’ours blanc ainsi que nos cousins les singes et bien d’autres espèces autrement que dans les zoos.

 

 

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Bernard m’emmène ensuite à la découverte du dolmen du Caroux qui atteste que ces lieux sont fréquentés et appréciés par l’homme depuis des millénaires. Il n’ y a pas de plus bel endroit pour y mettre une dépouille mortuaire afin qu’une fois dissoute par le gel, la pluie et le soleil ses atomes rejoignent le grand bal des atomes de l’univers.

 

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Nous traversons le cours de l’Albine dont les eaux en partie gelées offrent à Gaïa de magnifiques pendentifs de cristal.

 

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 Ceux qui ont vu au cinéma, le Seigneur des Anneaux reconnaitront tout de suite Golum que l’on aperçoit juché sur une énorme tortue à la recherche de son anneau magique perdu. J’aurais bien aimé le trouver moi même pour me rendre invisible et approcher ainsi les mouflons sans les effaroucher.

 

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Nous traversons le ruisseau de Combe Gairau qui lui aussi offre à Gaïa une magnifique parure en cristal. L’homme qui maltraite notre belle planète ferait bien de suivre l’exemple de ces modestes ruisseaux et respecter et honorer celle qui lui a permis de naître.

 

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Cet arbuste, que le hasard a fait naître dans l’étroite faille d’un rocher, atteste de la puissance de la vie. Il nous incite à faire face vaillamment à nos soucis et problèmes, à lutter avec courage contre le sort contraire qui peut nous assaillir. « Ne lâchez rien, ne cédez pas au découragement » semble-t-il nous dire   et me vient alors à l’esprit le souvenir de mon ami Marc qui fit preuve de tant de courage face à la maladie funeste qui l’a emporté. 

 

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Nous reprenons notre marche, petits hommes perdus sur ce vaste plateau, enivrés par l’air vif, éblouis par la lumière radieuse et la beauté austère des champs de bruyère fanées saupoudrées de neige.

 

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Nous nous arrêtons un instant pour admirer la beauté simple et subtile de ces graminées dorées jaillissant de la neige et y projetant leurs fines ombres bleutées.

 

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Et c’est le retour à notre point de départ dans le vallon de Douch, où la lumière rasante du soleil illumine les ramures dénudées des hêtraies qui occupent les flancs et le creux du vallon, leur conférant une apparence de boules de coton poussées là par le vent !

 

NB: Je pars faire de la  rando-raquette dans le Queyras et répondrai à vos commentaires à mon retour

 

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