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22/10/2016

Louis XIV était un scélérat, comme on le voit au fort Liberia

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Non content d'avoir mis l'Europe à feu et à sang, d'avoir vidé les caisses du royaume, laissé un pays affamé et exangue, fait fuir les protestants, qui étaient d'actifs entrepreneurs, en révoquant l'Edit de Nantes, le Roi Louis XIV, despote parmi les despotes, était un scélérat ! Et le souvenir s'en perpétue dans les geôles du Fort Liberia !

Pour en avoir le coeur net, rendons nous dans ce formidable édifice édifié par Vauban en 1681 sur les hauteurs de Villefranche de Conflent pour défendre cette cité située au confluent de trois rivières, la Têt, le Cady, et la Rotja. Edifiée au XIème siècle par les Comtes de Cerdagne, Villefranche de Conflent est tombée dans l'escarcelle du Roi de France en 1654 lors de la signature du traité des Pyrénées.

 

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On peut aujourd'hui accéder au fort par une route en terre fort pentue, mais je vous conseille d'emprunter à l'aller ou au retour (pour les moins sportifs) le prodigieux escalier dit des « mille marches » (en fait 775) que Napoléon III fit creuser à travers la falaise. Cet escalier comporte opportunément à mi-distance une plateforme offrant une vue panoramique sur Villefranche de Conflent.

 

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Construit sur plusieurs niveaux, cet ouvrage illustre le génie et la capacité de Vauban à s'adapter à un terrain difficile.

 

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Comme les caisses du royaume avaient déjà été vidées à cette époque là par le grand train de vie mené à l'Elysée, heu ! pardon ! à Versailles, le fort ne fut doté que d'une petite garnison et de quelques pièces d'artillerie. Aussi, avait on imaginé une astuce pour ne pas informer l'ennemi potentiel du manque de puissance de feu : des volets furent installés aux fenêtres, ce qui devait permettre aux défenseurs de déplacer rapidement les canons d'une fenêtre à l'autre, faisant croire qu'il y en avait beaucoup plus.

 

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Ce stratagème ne fut toutefois jamais réellement utilisé, car grâce à ses formidables murailles et sa position abrupte, qui offre un point de vue magnifique sur les Pyrénées, le fort ne fut jamais attaqué.

 

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De fait, ce fort eut un rôle beaucoup moins glorieux que la défense du territoire puisqu'il servit principalement de geôle et de tombe à plusieurs femmes impliquées dans l'affaire des poisons qui éclata en 1675 par l'arrestation de la marquise de Brinvilliers et s'acheva en 1682 par la dissolution de la Chambre Ardente (cour de justice) créée pour l'occasion.

 
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Ce qui est choquant dans l'affaire n'est pas tant l'emprisonnement de ces femmes accusées de s'être livrées à des pratiques d'envoûtement ou de sorcellerie et d'avoir élaboré pour les besoins de certains « la poudre de succession » (de l'arsenic) mais plutôt le fait que des personnes de haut rang à la cour, accusées par certains d'y avoir participé, ne furent pas inquiétées.

 

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Ainsi, quand les attaques contre l'une des maîtresses de louis XIV, Mme de Montespan, se furent plus précises, menaçant d'éclabousser la cour, le roi, ce scélérat, ordonna aux magistrats de cesser les poursuites et d'étouffer l'affaire. Les grands personnages qui étaient impliqués furent épargnés mais la chambre ardente prononça contre des comparses secondaires trente six condamnations à mort ainsi que des envois aux galères et des emprisonnements à vie. Les accusateurs de Mme de Montespan eux mêmes furent enfermés dans des forteresses royales. C'est ainsi que Madeleine Gardet, dont on peut lire l'émouvante confession dans les geôles du fort, y a été emprisonnée jusqu'à la fin de sa vie en compagnie de plusieurs autres accusées.

 

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Depuis lors la république a succédé à la monarchie mais la justice s'arrête toujours hélas aux portes des palais du « royaume » comme l'ont montré plusieurs affaires qui ont éclaté au cours de ces cinquante dernières années.

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Texte & Photos Uysse

15/10/2016

De l’arête de Ramendure à Montahut, c'est ainsi que la vie vaut d'être vécue !

 

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Après avoir arpenté les cimes andorranes, nous voici de retour, Gibus et moi, dans notre terrain de jeu habituel : les monts de l’Espinousse. Nos jambes étant « affutées » par nos ascensions précédentes, nous choisissons un itinéraire un peu sportif qui part du charmant village de Mauroul (dont je vous recommande l’Auberge) pour rejoindre le sommet du Montahut (1045m) en passant par l’arête rocheuse de Ramendure.

 

 

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Sur l’arête de Ramendure, où nous nous engageons, il n’y a pas vraiment de sentier, juste une vague piste qui sinue entre les rochers ponctuée par des cairns. Gibus et moi aimons ces itinéraires « sauvages » où l’empreinte de l’homme est minimale et où il faut sans cesse avoir l’œil aux aguets pour ne pas s’engager dans une impasse qui vous mène au pied d’une barre rocheuse ou au bord d’un précipice.

 

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Nous sommes ici dans un monde peuplé de créatures étranges, comme celle que l’on croise ici, mi chien–mi phoque - et qui dialogue avec deux arbustes sur la dureté de l’existence dans ces montagnes cramées par le soleil (il n’a quasiment pas plu depuis des semaines) et battues par les vents….

 

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….ou bien encore, comme ce gros moineau qui semble donner la becquée à son oisillon !

 

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Partout des rochers jaillissent du sol qui témoignent de la violence inouïe qui a accompagnée la naissance de ces montagnes.

 

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Mais de là aussi, on découvre la munificence de notre planète et la beauté particulière de notre région, quand le soleil met le feu à la Méditerranée et illumine le manteau vert-bleu des montagnes.

 

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Sans le petit cairn posé sur le rocher à gauche, nous ne saurions pas qu’il faut franchir cette petite barre rocheuse. C’est ainsi que la solidarité se noue entre tous ceux qui s’aventurent en ces lieux et dont les vies sont ainsi secrètement reliées par ces modestes tas de cailloux.

 

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Cela fait partie du plaisir de la randonnée que de tester ses capacités physiques, de les mettre à l’épreuve, de vaincre la pesanteur et parfois, pour ce qui me concerne, de maîtriser le vertige qui me saisit .

 

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Mais quel bonheur, de voir alors ce que voit le mouflon, de dominer ce que domine le vautour et de frôler les nuages.

 

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La contemplation de la montagne qui expose ses rides vieilles de millions d’années nous fait prendre conscience de l’éphémère de nos vies. Chaque instant redevient alors précieux, rendu intensément présent par l’effort fourni, l’ardeur du soleil ou le mordant du froid, la beauté des paysages.

 

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Quand on part ainsi marcher dans un milieu sauvage, où les manifestations de la société humaine ne sont pas visibles, nos vies sortent du temps et de la civilisation, pour pénétrer dans un espace intemporel de liberté. Les données de notre état civil sont pour un instant oubliées, nous ne sommes plus que des cœurs qui battent et des âmes enchantées par la beauté du monde.

 

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Gibus, qui est à la fois mon ami et mon guide, fait parfois les frais d’une erreur d’aiguillage comme ici où il s’est engagé sur une fausse piste pendant que j’attendais patiemment son verdict - c’est l’avantage de mon grand âge - ce qui l’a obligé à quelques contorsions pour descendre du perchoir où il s’était malencontreusement engagé !

 

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Mais à vrai dire c’est pour lui une partie de plaisir vu qu’il a hérité de ses ancêtres suisses quelques gènes de bouquetin ou de chamois .

 

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« Couvrez ce sein, que je ne saurais voir. Par de pareils objets les âmes sont blessées, Et cela fait venir de coupables pensées" se serait écrié Tartuffe, si jamais il était passé en cet endroit où Gaïa arbore fièrement l’un de ses nombreux tétons. Pour ma part, j’en ai été émoustillé et je me suis dit qu’il était bien ferme malgré son grand âge !

 

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Nous arrivons enfin sur le plateau des Bourdils, où nous nous engageons sur un confortable sentier qui nous mène vers le magnifique roc d’Ourliades, que nous n’avons encore jamais grimpé.

 

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Nous nous promettons de l’ajouter à notre palmarès dès que possible (avoir des projets empêche de vieillir !)

 

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Dans la foulée nous grimpons au sommet du Montahut, ce qui ne présente aucune difficulté, cette montagne n’étant qu’un gros tas de cailloux érodé. Mais elle offre une vue somptueuse sur les Pyrénées quand, par chance, ils ne sont pas masqués par la brume comme aujourd’hui ! Gibus et moi nous disons alors que c’est sans doute parce que nous n’avons pas fait assez d’offrandes aux dieux que les Pyrénées nous sont cachées. Nous décidons derechef de prendre notre pique-nique en ces lieux et de procéder à des libations en l’honneur de Bacchus, Vichnou et quelques autres divinités, en espérant que l’une d’entre elles voudra bien dissiper les nuées.

 

 

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Mais les dieux restent sourds à notre prière et la seule chose que l’on voit apparaître dans le ciel est un rapace sans doute intéressé par notre déjeuner. Et puis, preuve que le monde est vraiment petit et qu’il appartient à ceux qui se lèvent tôt, surgit l’ami Bernard, que l’on a connu en parcourant les sentiers du Caroux - passion qui nous est commune – et qui tient un superbe blog photo-poétique que je vous invite à découvrir en cliquant ICI ! La montagne est vraiment un lieu de beauté et d’amitié ! Si vous en avez l'opportunité, allez donc de Ramendure à Montahut, c'est ainsi que la vie vaut d'être vécue !

 

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Texte & photos Ulysse 

 

08/10/2016

Périple andorran – 4 – Du pic de la Casamanya (2740m) au pic de l’Estanyo (2915m) (fin)

 

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Dans ma dernière note, nous vous avions laissés, chères lectrices et chers lecteurs, sur un vaste plateau rocheux d’où nous apercevions dans le lointain le but de notre équipée : le pic de l’Estanyo (2915m). Nous nous doutions que l’affaire ne serait pas des plus faciles et nous n’avons pas été « déçus » sur ce point ! Nous voici en effet au sommet d’une barre rocheuse qui par chance a été équipée de chaines par des montagnards prévenants - qu’ils en soient remerciés - pour que l’on puisse la descendre sans mettre trop en péril notre existence.

 

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Gibus en tête, nous nous engageons prudemment dans un goulet fort pentu - pas vraiment fait pour les grands-pères de mon âge - soucieux avant tout de ne pas déraper sur une pierre, incident qui ferait le bonheur des vautours qui planent au dessus de nos têtes (Il faut bien dramatiser un peu n’est ce pas, pour avoir de l’audience !)

 

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Mais après quelques poussées d’adrénaline, nous arrivons en vue d’un second plateau qui semble devoir nous permettre de retrouver notre statut de bipède, alors que pour le moment nous sommes plutôt du genre « coccypède » !

 

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Et c’est donc avec une joie non dissimulée que nous foulons le sol de ce plateau, laissant derrière nous la barre rocheuse qui nous a valu quelques délicieuses frayeurs (mais nous sommes tous un peu masos).

 

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Nous traversons alors un monde idyllique peuplé de chevaux quasi sauvages et nous croyons un court instant être entré par inadvertance au paradis !

 

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Mais ni Saint pierre ni aucun ange ne viennent à notre rencontre et nous en concluons que nous sommes encore sur notre bonne vieille planète.

 

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Je me dis que si les hommes le voulaient vraiment, toute notre Terre pourrait devenir comme ce lieu enchanteur. Mais je crains que cela ne reste à jamais un vœu pieux, quand on voit la barbarie qui sévit à nos portes et un peu partout dans le monde.

 

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Mais nous nous étions réjouis trop vite, car cet ersatz de paradis mène en fait à un enfer minéral : la ligne de crête qui doit nous mener jusqu’au sommet de l’Estanyo, dont le sommet frôle les nuages en haut de la photo. Nous nous lançons vaillamment à l’assaut de ce chaos rocheux qui va nous servir de « chemin » jusqu’à notre objectif .

 

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Nous apprécions finalement d’avoir emmené nos bâtons de marche, qui nous ont quelque peu gênés lors de la descente de la barrière rocheuse. Car ils nous servent mainteant de garde-fou face aux abimes qui nous cernent des deux cotés.

 

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Par endroits de gros rochers nous obligent à quelques contorsions peu élégantes, mais à part les vautours, personne n’est là pour nous observer .

 

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Chacun de nous vérifie de temps à autre que celui qui le suit n’a pas de difficulté. Les montagnards sont comme les mousquetaires, leur devise est « tous pour un, un pour tous ».

 

 

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Gibus qui est toujours devant - comme le petit cheval blanc de la chanson de Georges - recherche le meilleur itinéraire, nous évitant ainsi de nous engager dans des endroits trop risqués.

 

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Mètre après mètre, nous progressons, concentrés sur les endroits où poser nos pieds et inconscients du temps qui passe. Faisant de temps en temps une pose pour souffler, nous sommes étonnés de voir le chemin parcouru malgré les difficultés. La montagne développe notre endurance, fortifie notre mental et nous enseigne la patience, la persévérance ainsi que la solidarité. C’est la plus belle école de la vie.

 

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A l’approche du sommet, les choses se corsent encore un peu plus, les amas rocheux deviennent plus chaotiques et les pentes latérales plus raides.

 

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A certains endroits les bâtons deviennent une gêne et l’entraide est de rigueur.

 

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Et nous, fiers bipèdes, rois de la création, redevenons de piètres quadrupèdes se trainant lamentablement de rocher en rocher.

 

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Mais ouf ! Nous arrivons enfin au sommet, fourbus mais envahis d’un bonheur immense d’être parvenus au but sans qu’aucun de nous n’ait finit ses jours dans le ventre d’un vautour ! (ça c’est un commentaire d’écrivaillon pour dramatiser un peu notre aventure).

 

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Cet « exploit » mérite que l’on vous montre notre bobine afin que nous ayons tous notre quart d’heure de célébrité mondiale (Eldorad’Oc est lu à travers le monde !), comme l’avait prédit Andy Warhol.

 

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Nous avons en face de nous le pic de la Serrera (2913m) que nous avons gravi deux jours auparavant et qui nous demble être aujourd’hui une grosse colline que l’on peut grimper à cloche-pied (bon là j’avoue que je me vante un peu !).

 

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Le Pic de la Serrera et les montagnes qui le prolongent marquent la frontière avec l’Ariège dont les vallées sont submergées par les nuages.

 

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Magique est le spectacle des sommets émergeant de cette mer de nuages. Mais nous préférons ne pas trop nous attarder, car si les nuages avaient la malencontreuse idée de dévaler les pentes andorannes, cela rendrait problématique notre descente vers la plaine.

 

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Nous décidons donc de « plier bagages » et d’aller retrouver nos compagnes qui – le supposons nous - doivent commencer à s’inquiéter (nous nous croyons tous irremplaçables).

 

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Le temps restant finalement au beau, nous prenons néanmoins le temps de nous rafraîchir et surtout de ravigoter nos abattis fourbus dans l’eau plus que fraîche du lac de l’Estanyo.

 

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Revigorés par ce bain « cryogénique », le retour se fait ensuite au pas de course, pressés nous sommes de retrouver nos compagnes mais également nos chères blondes du nord : Heine et Kein ! Aucun membre du groupe ne vous avouera, à ce moment précis, vers lesquelles vont ses pensées !

 

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Texte & Photos Ulysse (sauf Gibus 1,4,19 )

03/09/2016

En ruine mais sublime : l’abbaye de Villelongue

 

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Bien qu’agnostique j’aime visiter les lieux de culte : chapelles, églises, abbayes et quand c’est possible, temples et mosquées. Car si je suis sceptique sur les prétendues vérités révélées à quelques élus par un "dieu" - qui semble au passage avoir superbement ignoré amérindiens, africains et asiatiques, ce qui laisse dubitatif sur son œcuménisme - je suis toujours admiratif des édifices que la foi a conduits à édifier. En ces lieux, en effet, se manifestent de façon éclatante le génie de l’homme et son orgueil aussi.

 

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L’abbaye de Villelongue, où le hasard de mes pérégrinations m’a conduit, en est un magnifique exemple. Située dans le vallon sauvage de la Vernassonne – appelée la vallée longue - à 15 kilomètres au nord ouest de Carcassonne, ses ruines majestueuses sont un éblouissement pour les yeux et l’esprit. Certes la formule relève un peu du poncif, mais dans ce cas elle est pleinement justifiée, comme vous allez en jugez. 

D’obédience cistercienne, elle fut édifiée au XIIème siècle et connut une riche histoire, au demeurant pas toujours glorieuse. Quatre de ses abbés, en effet, participèrent à l’infâme croisade contre les Albigeois (plus communément connue sous le nom de Cathares) menée par l’odieux Simon de Montfort qui, ce n’est que justice, en mourut lors du siège de la ville de Toulouse. Pour la petite histoire, il est plaisant de noter que sa mort fut provoquée par une «bricole», machine de jet utilisée sur les remparts de la ville et actionnée par un groupe de femmes, qui lui lancèrent une pierre d'une demi-douzaine de kilos qui l’envoya derechef « ad patres »

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En récompense de cette assistance, le roi Saint Louis intervint en faveur de cette abbaye qui devint puissante et riche. Notons au passage que contrairement à sa légende, Saint Louis, s’il fut juste, ne fut pas bon. Car si on lui doit la création d’une justice royale indépendante à laquelle chacun pouvait avoir recours, en revanche il persécuta les juifs de France et gaspilla l’argent public dans de vaines et orgueilleuses croisades qui provoquèrent d’ailleurs sa mort d’un dysenterie à Tunis.


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L’enrichissement de l’abbaye l’a conduit à s’écarter de l’austérité cistercienne voulue par le fondateur Saint Bernard et a permis d’édifier au XIVème siècle dans le cloître et l’abbatiale  de nouveaux chapiteaux et culots ornés de sculptures de style gothique méridional languedocien. Afin toutefois de ménager la règle bannissant les représentations humaines, les visages sculptés sont cachés sous les chapiteaux, hypocrisie dont le clergé s’accommode souvent, adhérant pleinement à la formule « pas vu , pas pris »

 

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Certaines sculptures semblent vouées à rappeler aux moines que le diable les attend dans l’au delà (dont l’adresse est restée jusqu’ici non identifiée malgré les prouesses du télescope de Hubbles) si jamais ils leur arrivaient de commettre quelques "péchés".

 

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Mais on est surpris de trouver sur le chapiteau d’à coté, le visage d’une femme avenante qui semble dire « baliverne que l’enfer, on ne vit qu’une fois, profitez en pendant qu’il est temps !». Discours auquel je souscris pleinement vous vous en doutez !

 

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Une splendide abbatiale aujourd’hui hélas ouverte à tous vents jouxte le cloître . Elle arbore de magnifiques croisées d’ogives, de grandes fenêtres gothiques ainsi qu’une superbe rosace privée malheureusement de son vitrail

 

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L’absence de toit, qui permet de voir le ciel quand on est dans la nef, met en valeur le génie des constructeurs qui ont réalisé un travail de broderie avec des pierres. Respectons ces hommes qui n’ayant à leurs dispositions que parchemins et plumes d’oies ont pu imaginer des édifices projetant vers le ciel des tonnes de pierre dans des arches et des colonnes qui défient les lois de la gravité.

 
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Et même quand l’usure du temps  déchausse en partie ces pierres , elles restent en place comme si le génie de ces hommes les avaient rendu solidaires.

 

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Alors que les temps étaient troublés et que les campagnes étaient souvent mal famées, il devait faire bon vivre à l’abri dans des lieux d’une telle beauté. D’ailleurs ceux qui ont été affectés au soutien des colonnes ne les ont pas encore quittés et affichent une mine réjouie, trop heureux que l'on ait encore besoin d'eux.

J’admire leur abnégation et leur égalité d’humeur alors que nous français contemporains faisons la grimace sous le poids croissant de la dette accumulée en raison des inepties de gestion et du train de vie princier de ceux qui nous gouvernent. Il n’y a jamais autant eu de conseillers dans les palais ministériels et tout le monde sait que les conseilleurs ne sont pas les payeurs !

 

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Certains aimeraient sans doute qu’on les débarrasse un moment de leur fardeau, histoire de se dégourdir un peu les jambes dans une taverne de Carcassonne, mais la peur de perdre son job en ces temps de crise met fin à toute velléité d’aller baguenauder.

 

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Après une période flamboyante, le sort tourna pour cette abbaye qui subit les ravages successifs de la peste noire, des guerres de religion et de mauvais gestionnaires pour finir par être vendue comme bien national en 1791. Laissée depuis lors à l’abandon, elle fut rachetée en 1963 par le Docteur André Eloffe, dont la famille vit aujourd’hui dans les lieux et s’emploie peu à peu, avec l’aide d’une association, à la réhabiliter.

Les actuels propriétaires ont eu la judicieuse idée d’aménager à coté de l’abbatiale un jardin fort romantique où d’énormes coloquintes prennent le soleil juchées sur un escabeau, attendant sans doute la venue d’un prince charmant pour se transformer en princesse. Ma visite ne leur à fait, à mon grand regret, aucun effet !

 

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D'ailleurs pour le jour où cet heureux événement se produira, l’apéritif est prêt à être servi …mais l’on constate qu’il faudra sans doute que la coloquinte s’arme de patience !

 

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Apparemment, nombreuses sont celles qui lassées d’attendre se sont précipitées au téléphone pour appeler un éventuel prétendant, sans plus de succès à l’évidence.
 
 
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Un figuier qui s’était blotti à l’abri du mur n’a pu empêché l’automne de l’effleurer et le voilà qui commence à perdre sa parure de feuilles

 
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Voyant ces belles coloquintes pendantes en ce lieu autrefois consacré à la célébration de dieu, je ne peux m’empêcher de penser  à la formule latine « duas et bene pendantes » qui veut dire, en ce qui concerne les parties intimes du pape, qu’elles « sont deux et bien pendantes » l. Les femmes ne pouvant être pape, la rumeur veut, en effet, que le nouveau pape, une fois élu après l’émission de la fumée blanche, doive en secret se soumettre à un rite très discret : s'asseoir sur un trône troué, se faire vérifier manuellement par un officiant qui déclare en toute solennité au terme de l'examen: il en a deux et elles sont bien pendantes !

C'est pourquoi je suis plus que réservé vit à vis d'une religion qui réserve le rôle de porte parole de dieu aux porteurs de testicules. Une autre la réserve aux barbus, ce qui est plus facile à contrôler mais tout aussi insensé. Ce n'est, à mon humble et sacrilège avis, qu'un complot de "mecs" dans une arrière salle d'estaminet qui ont trouvé là le meilleur moyen de mettre à la raison un sexe, dit faible, mais, de fait, beaucoup plus subtil et intelligent que nous les hommes, pauvres "couillus" !

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