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12/11/2016

Le coeur s'emballe sur les Canissals

 

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Mes petits loups ayant regagné leurs pénates septentrionales et mon ami Gibus étant indisponible, me voici parti seul sur les sentiers du Haut Languedoc. J’ai décidé d’explorer, carte et boussole en mains, un itinéraire non répertorié, ne sachant pas si certains chemins que j’envisage de suivre sont encore praticables. Parti du col du Layrac, je suis, pour le moment, en terrain connu. J’emprunte le chemin qui mène au col du Marcou, bordé d’un muret de pierres moussues et tapissé d’un lit de feuilles caramel tombées de hêtres, dont certains sont probablement nés sous l’ancien régime. Quand on marche on ne traverse pas seulement un territoire, mais on remonte aussi le cours de l’histoire !

 

canissals,marcou,nemrodIci l’influence méditerranéenne ne se fait plus sentir, l’air humide habille de mousse le tronc des arbres, faisant penser à quelque sortilège !

 

 

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Du Plo Auriol que je traverse, je découvre la combe Cave, environnée par les monts d’Orb, dont les champs cultivés témoignent de la présence de l’homme en ces lieux éloignés de toute agglomération. Bien que la France continue de connaître un inévitable exode rural, quelques agriculteurs acharnés continuent envers et contre tout, bravant la solitude et des conditions économiques déplorables, de maintenir une activité séculaire qui assure à la fois notre alimentation et évite la fermeture totale des paysages par un couvert forestier. Ils préservent ainsi la biodiversité, pour autant, bien sûr, qu’ils n’utilisent pas de produits chimiques dévastateurs, ce qui est malheureusement souvent le cas !

 

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Certes les arbres et forêts rendent un grand service à l’humanité car ce sont des capteurs de Co2, mais les garrigues et espaces ouverts sont tout aussi utiles. Ils abritent, en effet,   une grande diversité d'espèces végétales et animales qui leurs sont adaptées et nous rendent des services, comme le font les fleurs et les insectes butineurs par exemple.

 

 

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J’emprunte la piste herbeuse qui mène au sommet des Canissals, d’où je découvre en face le Marcou que j’ai gravi la semaine passée avec mes petits loups.

 

 

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De cette crête on découvre un paysage qui, avec la présence des nuages, ressemble plus au Jura qu’au sud méditerranéen.

 

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De fait ces mamelons couverts de hêtres et de sapins n’ont vraiment rien de méridional ! C’est le charme de l’Hérault, connu et apprécié plutôt pour ses plages, de recéler une extraordinaire variété de paysages. Les touristes connaissent plus les culs nus du cap d’Agde que les « mamelons » du nord du département !

 

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Après avoir descendu hors sentier une combe qui mène au col de Thalis, je gravis une piste quasiment verticale qui titille mes ventricules et me mène sur une ligne de crête environnée de toutes parts par des montagnes :  je m'arrête un instant et mon âme vole de sommet en sommet.

 

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Les bruyères succèdent aux genêts et aux graminées créant un patchwork de couleurs. Il manque à ce monde presque idyllique une présence animale : j’aimerais y voir courir des lièvres ou des chevreuils, voir s’envoler des faisans ou des perdrix mais hélas la présence au loin d’un affut de chasseur témoigne de la dévastation et la terreur que les « nemrods » provoquent dans les campagnes !

 

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Car notre belle terre est en train de se dépeupler de ses espèces animales : selon le dernier rapport du WWF, en l’espace de 40 ans les populations mondiales de poissons, d’oiseaux, de mammifères, d’amphibiens et de reptiles ont régressé de 58 %. Certes les chasseurs ne sont pas la première cause de ce cataclysme dû, pour l’essentiel, à la disparition des habitats, à la pollution et au réchauffement climatique, mais dans nos campagnes ils accélèrent le processus.

  

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Imaginez ce panorama foisonnant de vie animale, ce serait le paradis, comme l’était notre planète avant sa conquête par homo sapiens !

 

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Selon ce rapport, en 2012 l’humanité a utilisé 1,6 planète pour vivre obérant les chances de survie des générations futures. Cet arbre mort préfigure ce que sera l’aspect de notre berceau céleste dans quelques décennies si nous ne prenons pas les mesures appropriées.

 

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Il faut espérer pour les génération futures que  nous prendrons  enfin conscience que notre survie est en jeu. En attendant,  admirons et partageons les beautés du monde, car en la matière la pédagogie compte autant que la répression.

 

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Oui, espérons que dans mille ans d’ici un « Ulysse » continuera de partager les beautés de l’arrière pays de l’Hérault sur un nouveau blog « Eldorad’Oc » .

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La dernière postée ce jour, s'intitule "Les doudous et les blessures"

Piquesel : "bloc-note photos" où les photos sont accompagnées de commentaires humoristiques ou poétiques.

Vous pouvez y accéder en cliquant sur les noms figurant en haut de la colonne de droite.

 


Texte & photos Ulysse

 

05/11/2016

les petits loups à l'assaut du Marcou

 

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Hello, vous vous rappelez de moi ? Je m’appelle Romain, descendu des brumes nordiques, avec ma sœur Emilie, pour passer les vacances chez nos grands parents sous le généreux soleil languedocien. Nous vous invitons à aller contempler les splendeurs automnales de cette région bénie des dieux sur les pentes du Marcou (1093m), le plus haut sommet des monts d’Orb. Suivez le guide !

 

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Comme nous ne nous sommes pas levés aux aurores - vacances obligent - nous ne partons pas de la plaine, comme le font mon papi et son copain Gibus qui sont un peu « masos », mais du col de Leyrac situé à 770 mètres d’altitude, ce qui nous fait quand même un peu plus de 300mètres de dénivelé à grimper. Vu la longueur de mes jambes, c’est un exploit honorable ! Le parcours commence « moderato » et emprunte une allée bordée de hêtres qui sont au moins aussi vieux que mon papi, mais qui, eux, ont gardé leur ramure ! Je marche en tête avec les « grands » tandis que ma sœur traîne derrière comme toute pré-ado qui se respecte.

 

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Cette allée débouche sur une vaste prairie d’où l’on découvre l’imposant Marcou, dont le sommet est orné d’une croix. De fait, selon mon ancêtre Ulysse, le chemin le plus direct pour y accéder est un vrai chemin de croix ! Mais, comme il va de soi, nous allons prendre le chemin des « écoliers » dont la pente est plus douce, ce qui permettra aux lectrices et lecteurs les moins aguerris de nous suivre sans difficulté.

 

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Quelques chevaux se repaissent avidement de l’herbe dont les pluies récentes, après un été aride, ont permis la repousse.

 

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De nombreux adultes considèrent encore les animaux comme des êtres ne se préoccupant que de manger, boire et dormir. Mais nous, les enfants, savons par la fréquentation de nos doudous, que ce sont des êtres sensibles, comme en témoigne ce cheval perdu dans la contemplation du magnifique panorama qui s’offre à lui.

 

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Somptueux, effectivement, est le paysage qui se dévoile où le camaïeu d’or et de bruns des feuillages d’automne contraste avec le bleu des sommets noyés dans la brume venue de la mer. 

 

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Après une bonne heure de marche nous arrivons au sommet au dessus duquel tournoient quelques vautours, que notre présence ne semble pas inquiéter. Mais quel mal pourrions nous faire à ces seigneurs de l’air, nous, pauvres bipèdes collés à la terre par la loi de la gravité.

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Nous nous asseyons un instant au sommet et papi en profite pour nous donner une leçon de géographie, vu qu’il a grimpé la plupart des sommets que l’on aperçoit.

 

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Afin de nous protéger de la brise qui souffle de la mer, nous redescendons une vingtaine de mètres sur le flanc nord du Marcou pour pique-niquer. Le spectacle dont on jouit n’a rien à voir avec celui de la cantine scolaire.

 

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Après avoir festoyé, nous redescendons du Marcou pour poursuivre notre randonnée. Je reprends ma place en tête et cours en dévalant la pente et en étendant les bras, essayant vainement de décoller. Même les formules de Harry Potter, que je connais par cœur, sont inopérantes. Vous qui me lisez, faites le savoir autour de vous : Harry Potter est un imposteur !

 

 

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Mais mon papi me dit qu’avec un tel paysage, on n’a pas besoin de voler et que de toute façon, si on volait, on risquerait de se faire canarder par des « Nemrods » en vadrouille.

 

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Nous quittons les pentes du Marcou pour nous engager sur une piste qui sinue dans les sous-bois éclairés par une douce lumière tamisée par les feuilles d’or des hêtres.

 

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Je trouve surprenant que les feuilles se parent d’une telle beauté au moment de leur mort. Papi me dit que c’est un signal de la nature pour nous enseigner à révéler le beau et le bon qui est en nous avant de mourir. J’ai donc décidé à la rentrée prochaine de partager mes billes avec mes copains, mais bon je vous avoue que ça m’embête un peu !

 

 

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Dans une partie du sous-bois plus sombre colonisée par les sapins, un hêtre, dont le feuillage est éclairé par le soleil, brille comme une bougie dans cette obscurité.

 

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Nous nous arrêtons un instant pour laisser passer un éphippigère (grosse sauterelle) qui traverse le chemin insouciant de notre présence. J’avoue qu’à voir son rostre arrière en forme de glaive, je ne suis pas rassuré, mais mon papi m’affirme que cet insecte est inoffensif.

 

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Nous croisons ensuite un autre randonneur avec lequel – étant un enfant bien élevé - j’entame la conversation. Mais il est si dur de la feuille que je poursuis mon chemin. Dommage, car il avait l’air sympa le vieux !

 

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La randonnée s’achève par un sentier bordé de vieux hêtres majestueux qui ont dû voir de nombreuses générations d'hommes passer sur ce chemin et qui en verront encore d'innombrables. 

 

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Les pierres du muret qui borde le chemin sont recouvertes d’une épaisse couche de mousse qui confère au lieu une atmosphère féérique.

 

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 Finalement pas besoin de s’appeler Alice pour découvrir le pays des merveilles ! Il est ici !

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La dernière, nouvelle version postée ce jour, s'intitule "Ecoute ton âme"

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Texte & photos Ulysse

 

01/10/2016

Périple Andorran - 3 - du pic de la casamanya (2740m) au pic de l'Estanyo (2915m)

 

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Après avoir effectué, au cours des journées précédentes, quelques promenades de « santé » pour mettre à niveau nos jambes et nos coeurs, nous voici au pied du mur, ou pour être plus exact au pied de la Casamanya (2740m), que nous envisageons de gravir pour rejoindre ensuite par la ligne de crête le pic de l’Estanyo (2915m). Quand je dis « nous », de fait, seuls les hommes ont prévu de poursuivre jusqu’à l’Estanyo, car nous ne savons pas vraiment ce qui nous attend sur cette partie de l’itinéraire qui semble, d’après les cartes, très exposée au vide. Ce que nous avons pu constater, comme vous allez le voir .

 

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Pour le moment, nous grimpons avec nos chères et valeureuses compagnes la très grosse colline qu’est le pic de la Casamanya, grimpette qui représente quand même 700mètres de dénivelé ! Nos cœurs battent gentiment la chamade, intensifiant notre sentiment d’existence, ce qui n’est plus le cas de ces magnifiques cèdres qui semblent avoir été foudroyés. Il faut dire que les orages en montagne peuvent être terribles et les arbres – qui ne peuvent s’enfuir - sont les plus exposés aux colères célestes.

 

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Chacun va son train plus ou moins rapide, les plus prudents s’économisant pour la montée prévue dans l’après midi vers l’Estanyo qui s’annonce autrement plus rude.

 

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Par endroits, un petit raidillon sollicite un peu plus nos mollets et nos cœurs, mais cela reste une partie de plaisir par rapport à ce que nous allons devoir affronter l’après midi.

 

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Un vautour fait tranquillement sa ronde sans grand espoir de voir l’un de nous défaillir. Nous sommes étonnés de le voir en ces lieux peu escarpés, mais peut être qu’un randonneur lui fait de temps en temps l’aumône d’un bout de sandwich.

 

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Après une heure quarante de marche, nos sommes en vue du sommet, le sentier étant presque aussi fréquenté qu’un chemin de croix un week-end de Pâques !

 

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Il faut dire que ce sommet d’accès facile, mais qui est décalé par rapport à l’axe de la chaine des Pyrénées, offre une vue extraordinaire sur les massifs environnants. Pour moins de deux heures de marche vous avez droit à une vue « cinq étoiles » et cela n’a pas de prix ! La richesse n’est pas dans ce que l’on possède mais dans ce que l’on vit !

 

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Et nous voici tous réunis au sommet pour une photo de groupe qui sera peut être la dernière vu ce qui nous attend l’après midi ! Bon, là je fais de l’humour noir pour créer un peu de suspense, mais vous découvrirez la semaine prochaine que nous étions un peu moins souriants quelques heures plus tard!

 

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Le pique-nique avalé, les hommes s’engagent sur la sente qui contourne par le sud les mamelons qui prolongent le pic de la Casamaya.

 

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Cette sente, qui a un profil de montagnes russes, traverse un pierrier qui rend ardue notre progression. Nous retournant, nous lançons un dernier salut à nos compagnes, debout au sommet, et que l’on devine vaguement inquiètes (du moins le suppose-t-on mais peut être nous faisons nous des illusions !)

 

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Nous poursuivons notre chemin qui contourne un second mamelon dont le flanc sud est également recouvert d’un pierrier.

 

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 Nous jetons un coup d’œil en arrière qui nous montre que les montagnes que nous contournons ne sont que d’immenses tas de pierres qui semblent prêt à s’écrouler. Que Vichnou (le seul dieu au nom de qui aucun crime n’a jamais été commis) fasse qu’elles ne s’effondrent pas sous nos pieds !

 

 

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Puis nous parvenons sur un vaste et étonnant replat parcouru de lignes parallèles de rochers dressés à la verticale.

 

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C’est sans doute lors de la surrection des Pyrénées que ces couches sédimentaires gréseuses ont été soulevées.

 

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J’y vois (mais c’est sans doute l’abus de rosé au pique-nique) les dents de Gaïa qui s’en sert pour mordre dans les nuages qui parfois se vautrent sur les cimes et lui permettent ainsi de se désaltérer.

 

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Mais aujourd’hui les nuages sont rares et les crocs de la terre se dressent inutiles vers les cieux radieux.

 

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Mais soudain les vents rabattent vers ces crocs menaçants un nuage qui échappe de peu à l’éventration.

 

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Mais à vrai dire ce n’est pas tant le sort des nuages qui nous préoccupe que le nôtre, car nous devons rejoindre le sommet de l’Estanyo, la pyramide que l’on aperçoit devant nous, et il reste un bon bout de chemin à faire. Enfin, le terme « chemin » n’est pas vraiment approprié comme nous allons le voir la semaine prochaine !

 A suivre…..

 

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Texte & Photos (sauf 12 & 13 Gibus) Ulysse

 

24/09/2016

Périple Andorran 2 - Partis pour la Cabaneta (2848m) nous avons gravi la Serrera (2913m)

 

 

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Après avoir, pendant les deux jours précédents, baguenaudé de lac en lac pour se mettre en jambes, les choses sérieuses commencent. Le groupe des hommes décide de faire l’ascension du Pic de la Cabaneta (2848m) avant de rejoindre leurs épouses à la Collada del Meners (2713m) pour le pique-nique. Partis de bon matin de Sorteny (1780m), nous filons donc bon train pour être à l’heure au rendez-vous. Les maris délicats ne font jamais attendre leurs épouses !

 

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Après une heure de montée agréable ménageant notre cœur et notre souffle et permettant à nos esprits de papillonner de pensée en pensée aussi éphémères que futiles, nous découvrons la masse sombre et imposante du Pic de la Cabaneta (2848m) que nous avons prévu de gravir. Vu à contre jour il paraît assez hostile mais nous ne sommes pas du genre à nous laisser impressionner et nous poursuivons allègrement notre ascension.

 

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Nous abordons la partie terminale – beaucoup plus pentue - du sentier d’approche qui mène à la Collada del Meners (col de la Mina 2713m) d’où part le sentier qui mène au pic de la Cabaneta. Le papillon qu’était notre esprit reste alors scotché sur le bout de nos souliers !

 

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Arrivés au col, nous posons nos sacs afin de nous alléger pour l’ascension du Pic de la Cabaneta et nous nous engageons sur une vague sente pierreuse supposée nous mener au sommet.

 

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La sente est de plus en plus aléatoire et nous ne trouvons notre chemin que grâce aux balises jaunes qui ornent de temps à autre un rocher. Ces balises nous mènent au pied d’une petite barre rocheuse d’où nous essayons de deviner le sentier qui mène au sommet.

 

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Après quelques minutes d’observation, nous devinons une trace qui traverse en diagonale un immense pierrier. Gibus le guide du groupe estime risqué de s’engager sur un tel sentier sans éléments de sécurité (cordes, piolets).

 

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A la fois dépités, car nous devons renoncer à l’ascension du sommet prévu, et soulagés car cette ascension semblait véritablement périlleuse, nous retournons vers le col. Pour apaiser notre frustration (c’est mauvais pour la santé et le moral d’être frustrés !) nous décidons de faire l’ascension du Pic de la Serrera (2913m) qui se trouve de l’autre coté du col et dont nous apercevons les contreforts en haut à gauche de la photo. Nous avons déjà gravi ce sommet relativement facile d’accès il y a quelques années mais, comme l’on dit, faute de grives, on mange des merles !

 

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En vingt minutes nous arrivons au sommet (une vraie balade de santé que je vous recommande !) qui est presque aussi fréquenté que le parvis de la Tour Eiffel (bon, j’exagère un peu !)

 

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De là haut on a une vue plongeante sur le pic de la Cabaneta qui nous confirme que l’ascension sans équipements en était risquée. Le Pic de l’Estanyo (2915m) qui se trouve à droite de la photo nous intéresse au plus haut point, car nous avons prévu d’y accéder en partant du Pic de la Casamanya qui se trouve hors champ et en empruntant la ligne de crête que l’on devine à l’extrémité de la photo. Vous découvrirez dans une prochaine note que nous avons rencontré à cette occasion quelques difficultés.

 

 

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Pour l’heure nous jouissons sereinement, comme ce montagnard et son compagnon à poils, de la vue à 360° sur le massif des Pyrénées que nous offre le sommet. Lorsque l’on contemple ainsi les montagnes, on les croit immuables, éternelles et pourtant leurs pentes déchiquetées nous montre qu’elles subissent, comme nos corps et le reste de l’univers, la loi de l’entropie. L’alternance de la pluie et du soleil, du froid et de la chaleur érode, fracture, emporte, grain par grain, pierre par pierre ces gigantesques pyramides qui finiront dans quelques millions d’années en pâtés de sable sur de lointains rivages que feront les enfants de nos très lointains descendants.

 

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Nous nous décidons à regret à redescendre au col pour retrouver nos épouses que l’on a vues arriver. Et nous nous dirigeons tous ensemble vers le lac del Meners qui se trouve au pied du pic de la Serrera pour pique-niquer.

 

 

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En raison de la chaleur et de la sécheresse qui ont sévit tout l’été et fait évaporer tous les névés, le lac n’est plus qu’une vague mare peu propice à la baignade et seul l’ami Gibus ose s’y aventurer. Malgré les évidences qui se manifestent dans de nombreux pays (canicules et incendies en Californie, au Canada, au Portugal, en Australie, fonte dramatique des glaces de l’Antartique, pluies diluviennes et tornades ailleurs) Zozo Sarko ose affirmer que l’homme n’est pour rien dans le réchauffement climatique actuel. Triste guignol !

 

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Après nos agapes dignement arrosées de nectars espagnols (la sécheresse ne sévit pas partout) nous prenons paisiblement le chemin du retour.

 

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Bien que nous soyons passé en ces lieux le matin même, c’est un tout autre paysage que nous découvrons, ayant inversé le sens de la marche. C’est l’un des charmes de la montagne d’offrir une infinie diversité scénique selon l’angle sous lequel on la contemple.

 

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La lenteur de notre allure nous laisse le temps d’admirer les beautés qui ornent en tous lieux la nature, telles ces micro-cascades vers lesquelles se penchent - probablement pour se rafraîchir - des ombellifères brûlées par le soleil de l’été.

 

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 En nous retournant nous découvrons le Pic de la Serrera que nous avons gravi le matin même. C’est fou la distance que l’on peut parcourir en mettant un pied devant l’autre et en recommençant….

A suivre….

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